I. EUCHARISTIE ET L ÉGLISE
Procession encore que la Présentation au Temple, qui ravit et mûrit pour le ciel ses témoins.
Procession que la marche au Calvaire.
Procession que la marche des disciples au jardin des Oliviers, où ils allaient voir leur divin Maître monter au ciel.
Mais la procession la plus typique c'est celle des Rameaux. Cette procession a un caractère de triomphe comme Dieu l'aime et tel que la Liturgie le veut.
Et nos processions eucharistiques ont admirablement ce cachet : d'être le triomphe de Jésus, de l'Église et de l'âme, mais triomphe aussi modeste et simple qu'il est sincère et vrai. Sur les pas de Jésus-Hostie, à défaut, trop souvent, des palmes ou des fleurs, jetons nos cœurs enchantés de ce qu'il règne, du moins sur nous.
Un dernier exemple des mystères évangéliques, continués particulièrement par l'Eucharistie : on peut dire que beaucoup des mystères de Jésus étaient comme une Exposition anticipée du Saint Sacrement. Dans plusieurs, on pouvait contempler Jésus à loisir et s'ouvrir plus facilement à ses divins rayonnements.
Deux mystères réalisent cette idée d'exposition d'une manière plus touchante. A sa naissance l'Enfant Jésus est exposé dans la Crèche devant les Bergers et les Mages, devant quiconque veut le voir. Il peut nous être utile et doux de retrouver
Action par l'Exposition du Saint Sacrement.
17S L EUCnABISTIE INTIME
dans l'Exposition du Saint Sacrement le renouvellement de ce mystère de Bethléem et de nous tenir humblement comme Marie et Joseph sous le regard et l'influence de Jésus.
Quelle exposition encore que celle de Jésus en Croix! Pas de spectacle auquel revienne plus volontiers une âme bien chrétienne. L'Exposition du Saint Sacrement peut aider beaucoup et rendre plus féconde cette contemplation. Car c'est Jésus sacrifié qui s'offre à vos regards dans l'Ostensoir. Et, s'il n'a plus à endurer dans l'Hostie de souffrances réelles, car il ne peut pas plus y souffrir qu'y mourir, néanmoins il y endure des souffrances mystiques (1) dont la méditation peut beaucoup édifier, nous toucher, nous changer : et, par exemple, la souffrance de l'Amour oublié, abandonné, outragé.
Pie X a loué et indulgencié la pratique de lever les yeux pour regarder Jésus, au moment de la Consécration, lorsque le prêtre élève l'Hostie ou le Calice, et de les adorer en même temps par ces mots de l'Apôtre saint Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu! »
Je veux souvent, ô Jésus, quand l'Église vous expose à mes yeux, regarder et adorer avec
(1) Nous rappelons encore ici que les pages où le P. Faber étudie plusieurs de ces souffrances mystiques : l'impuissance, l'obéissance, l'amour outragé, l'abjection insultée, la solitude et l'absence d'adorateurs, sont des plus belles de son beau et profond livre : Le Saint- Sqçrement, pp. 406 et s.