‹ L'eucharistie intimeChapitre 39 sur 84 · I. El l IIARISTIE ET L EGLISE · texte numérisé non relu

I. El l IIARISTIE ET L EGLISE

amour la divine Réalité que figurait le Serpent d'airain, afin que vous me guérissiez et me sanctifiiez. Moi prêtre, surtout, je vous ai à loisir sous mes yeux me demandant mon cœur.

Et quand je ne vous ai plus ainsi sous mon Action par la

. , . , Communion

regard, je veux souvent vous désirer, par la spirituelle. Communion spirituelle. Dans l'Évangile une des choses les plus simples et les moins remarquées, c'est combien les foules désiraient vous voir. Elles vous buvaient des yeux. Nous pouvons continuer ce mystère, non seulement vous désirer vous-même, Personne infiniment désirable, mais vous désirer dans l'Eucharistie, désirer votre Chair, votre Sang, comme l'affamé désire le pain et le vin, tout ce qui peut apaiser sa faim, étancher sa soif. Oui, ô Jésus, c'est vous Aliment, c'est vous Breuvage, que je désire. Je désire vous manger et je désire vous boire. Et je sais que pour répondre à ce désir, vous agissez puissamment dans les âmes ferventes.

Il est un temps où je désire plus que jamais me nourrir de vous. Alors pour moi commencera le grand voyage, un voyage plus redoutable que celui d'Elie marchant pendant quarante jours, dans le Désert, vers l'Horeb, après avoir été nourri d'un pain miraculeux. J'aurai besoin de l'aliment le meilleur, le plus fortifiant, le plus consolant.

Et c'est vous-même qui voulez être, en per-

Action par le saint Viatique.

sonne, la nourriture de mes derniers jours comme de mon enfance...

Vous viendrez, vous agirez dans mon âme, — et daignez agir de même en tant d'âmes qui reçoivent le Saint Viatique aujourd'hui, demain, chaque jour, — avec un surcroît de miséricorde et d'amour.

Vous viendrez; alors faites-moi enfin comprendre que « celui qui mange le pain du ciel ne mourra jamais »; faites-moi désirer souverainement la grâce et la charité, votre amitié, l'union, l'intimité avec vous; donnez-moi un avant-goût de l'intimité éternelle.

Vous viendrez, et que votre visite me donne la componction plus parfaite, la confiance plus profonde, qu'elle écarte les démons, qu'elle me pacifie et me réjouisse.

Que « son influence bienfaisante adoucisse pour moi la sévérité du jugement et tempère l'ardeur des flammes du purgatoire * ».

Toutes les grâces que vous me donniez, ô Jésus-Hostie, pendant la vie, vous me les donnerez encore, je l'espère, vous y mettrez le comble.

Et puisque vous avez, ô divin Sauveur, des secours proportionnés aux mille manières, — chaque âme à la sienne, — dont les âmes s'approchent de la mort et la franchissent, donnezmoi alors la grâce choisie qui convient à mon âme, pour qu'elle vous aime mieux dans la suprême maladie et dans la mort.

l'eucharistie et l'église 181

Si pauvre que je sois, du moment que je Jésus-Hostie demeure « dans la charité », je suis véritablement "e doisvivre" votre membre, ô Jésus-Hostie. • parfaitement

de sa vie.

Et le membre d'un Chef parfait, pour peu • i joan. 16. qu'il ait de sens et de générosité, doit vivre pleinement de sa vie.

Le membre, cela se voit souvent, doit même se sacrifier souvent pour que la tête vive.

Et du moins, faut-il qu'il sacrifie ses aises, ses plaisirs, son repos, en l'honneur du Chef et pour que le Chef prenne l'intérêt du corps.

Ce n'est, du reste, que pour les vivifier, ô Chef adorable, que vous sacrifiez ou mortifiez vos membres. Vous leur réservez en retour de leur sacrifice la vie éternelle.

En attendant, nous devons déjà vivre de votre vie par la foi.

Et de quelle charité, de quelles adorations, de quel dévouement, le membre d'un Chef si saint et si aimable doit-il le prévenir, l'entourer, l'honorer!

L'Eucharistie lui crie l'amour envers Jésus, Chef de notre âme, Chef de notre Corps, Chef de notre personne, aussi réellement qu'il est Chef de son Eglise.

Quel amour aussi doit-il concevoir pour les autres membres de Jésus! Le bras secourt le bras ou le pied. Ainsi, sous un Chef si aimant de chacun de ses membres, ces membres doivent-

ils s'aimer, se secourir, au besoin se sacrifier l'un pour l'autre. Aussi bien, s'ils se sacrifient jusqu'à la mort, c'est pour retrouver la vie plus parfaite, éternellement, sous leur Chef à jamais glorieux.

TRENTE-TROISIÈME ÉLÉVATION

L'EUCHARISTIE ET L'ORDRE SURNATUREL

« C'est en lui que toutes choses ont été créées, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles.

Trônes, Dominations Principautés, Puissances; tout a été créé par lui et pour lui. »

Coloss. i, 15.

■ Tout est à vous... et le monde, et la vie, et la mort, et les choses présentes, et les choses à venir. Tout est à vous, mais vous, vous êtes à Jésus- Christ, et Jésus-Christ est à Dieu. ■

I Cor. m, 22, 23.

TRENTE-TROISIÈME ÉLÉVATION

L'Eucharistie et l'Ordre surnaturel.

(Elle le concentre ou le rappelle.)

Nous estimerons, nous admirerons davantage, on ne se rait nous aimerons plus profondément l'Eucharistie p°"^ ""tce '^e si nous méditons ses rapports avec tout l'Ordre l'Eucharistie

. , si on ne la voit

surnaturel. Mais que nos pensées et notre cœur pas dans ses seront encore loin de compte quand nous aurons ^ouTi'ordre0 balbutié quelques idées sur ces harmonies! Si surnaturel. Marie, qui les sait et les admire mieux que toutes les créatures, pouvait nous donner ses lumières et son amour, nous serions toujours bien loin encore d'en comprendre à fond les charmes et les beautés, les trésors d'amour, car l'Infini est là.

Voir l'Eucharistie isolée dans un coin de cet immense monde divin conçu par l'Amour éternel, ou même isolée de l'ordre naturel qui, en fait, n'en a jamais été séparé dans ses pensées et ses visées adorables, c'est la voir d'une vue misérablement incomplète.

Car l'Eucharistie, dans l'état actuel de la Pro- Elle en est le vidence, est nécessairement le Centre ici-bas des choses divines, humaines et cosmologiques, et un centre au loin rayonnant. Nous ferions-nous une vraie idée de notre système solaire si nous n" en voyions pas le centre partout et toujours

centre ici-bas.

en action dans cette sphère qui est notre monde?

Mais l'étoile centre d'un monde, jamais, à

moins d'une catastrophe, ne se mêle aux astres

qui dépendent d'elle, bien qu'elle leur fasse

sentir toujours son attraction, sinon voir sa

lumière.

combien plus Tout autre est cet Astre adorable que nous

que" fes6 astres nommons l'Eucharistie. Il est au centre et il

qui sont cen- es{. réellement et substantiellement en mille et

très d autres

astres dans la mille endroits de la sphère et de la circonférence. Que dis-je! il est dans des milliers d'âmes qui ne peuvent songer à être centre de quelque chose et surtout à être comme le centre de l'Infini, et qui semblent pourtant bien l'être puisque Jésus, Centre et Roi de toutes choses, vient en elles et demeure là pour elles.

Quand nous sommes une heure par la Communion le centre du monde et du Créateur du monde, avec quelle générosité il faut nous mettre plus intimement et plus résolument sous son influence, son attraction, sa flamme! Comme il faut entrer aussi dans son désir de rayonner en nous et, par nos prières apostoliques, dans son désir de rayonner sur l'Église, sur le monde entier, pour l'éclairer et y allumer le feu de l'amour divin!

Elle est le cen- Car l'Eucharistie est le Centre qui éclaire

trc oui éclaire

et vivifie. tout. Tout de l'ordre surnaturel et même de l'ordre naturel prend un autre aspect si on re-

l'eucharistie et l'ordre surnaturel 1S7

garde les choses à partir d'elle, c'est-à-dire de Dieu Aliment et Victime du genre humain.

Elle est le Centre qui vivifie et dirige tout. Est-ce que toute la sainteté individuelle, sociale, ne vient pas d'elle'.''

Est-ce que les Sacrements, ces sept grandes artères du monde surnaturel, ne puisent pas là leurs eaux qui jaillissent pour la vie éternelle?

Est-ce que tout pouvoir surnaturel, comme toute grâce, ne vient pas, fût-ce par des voies invisibles, de ce Chef?

Nous voulons méditer l'Eucharistie dans ses rapports avec l'Ordre surnaturel pour le présent et pour le passé, passé surtout de l'Evangile.

L'EUCHARISTIE ET DIEU

Je puis méditer les rapports de l'Eucharistie soit avec Dieu, soit avec les œuvres de Dieu.

Et pour méditer ces points de vue, souvent des plus graves, je ne saurais mieux faire que de rappeler l'enseignement de l'Eglise sur l'Eucharistie, pour en laisser entrevoir les conséquences dogmatiques et morales. Le Concile on rappelle de Trente * nous dit qu'après la consécration e T°ente. ' nous avons « sous les espèces du pain et du * sess. 13, vin, le vrai Corps et le vrai Sang de Xotre-Sei-

1S.S l'eucharistie intime

gncur avec son Ame et sa Divinité : le Corps sous l'espèce du pain et le Sang sous l'espèce du vin par la force des paroles. Nous avons l'Ame en vertu de son union naturelle (connexion! s et concomitantiœ), — maintenant indissoluble par la mort — avec le Corps... Nous avons sa Divinité à cause de son admirable union hypostatique avec le Corps et l'Ame. »

Nous n'avons Ce n'est donc pas simplement l'œuvre capitale pas seulement d Dieu, i'lnCarnation, l'existence de la Sainte

dans 1 Eucha- '

ristie l'Œuvre Humanité continuée sous les espèces du pain pieu,1 mais je- et du vin, que je trouve. C'est le Verbe en percentre'de^a sonne que j'adore : car sa Personne — m'affirme vie de Dieu. ja fQ[ — s'es+ enchaînée pour jamais à son Humanité, non seulement par un amour immense, mais par l'union hypostatique, dès le premier moment où cette Humanité s'est éveillée à l'être. J'adore donc dans l'Hostie le Verbe et sa Divinité; je sais que la Personne du Verbe et sa Divinité sont une même chose. Le Verbe est Dieu et Dieu est Verbe. L'Eucharistie est ainsi plus que le centre des choses divines, elle est le Centre même de Dieu. C'est le Verbe Dieu que je possède, c'est l'Infini, l'Éternel, l'Immense, le Tout- Puissant, le trois fois Saint, la Lumière de la lumière...

Mais si vous êtes attiré infailliblement, ô Verbe

Nous avons le

pire et l'Es- éternel, par votre union hypostatique là où sont

avec le Fils, votre Corps, votre Sang, votre Ame, vous attirez,

vous-même, votre Père et l'Esprit-Saint, parce

L EUCHARISTIE ET L'ORDRE SURNATUREL 189

qu'ils ne sont avec vous qu'une seule Divinité, une seule Éternité, un seul Infini, une seule Toute-Puissance, une seule Sagesse.

Et votre Eucharistie va me dire, avec l'Unité parfaite, d'autres abîmes de perfections divines.

On a eu bien raison *, pour provoquer une * p. fabeb : adoration plus respectueuse et plus aimante îe*Hvre m* envers l'Eucharistie, d'y montrer des abîmes cr- Dieu In-

, ,,. . „ . ., . , , . __ Urne, passim.

délicieux et formidables : 1 unité de la Nature divine, les relations des trois Personnes, les attributs particuliers à chaque Personne, l'égalité des Personnes, la vie mutuelle des Personnes Tune dans l'autre...

La sainte Eucharistie, à la fois, me révèle ces L'Eucharistie abîmes et les répand en moi; tant elle est un à ,a fois me

* dit ces

mystère de foi qui illumine et un mystère d'amour merveilles

. -, de vie et elle

qui donne. me les donne.

Elle me parle de l'Unité infiniment parfaite de la Nature divine dans sa distinction la plus réelle des Personnes, dans le relief infiniment marqué de leurs propriétés respectives.

Cette Unité de la Nature divine, elle me la dit par cette unité du Saint Sacrement qui fait que partout, chaque hostie contient, chaque âme reçoit, chose prodigieuse! absolument la même Chair, le même Sang, la même Ame, la même Divinité, en un mot le même Jésus.

Mais aussi elle me la donne. Je reçois en moi, si compliqué, si divisé, si éparpillé que je sois, l'Unité infinie. Quand donc, tout au moins par

Relations et Personnes divines.

La vie des Personnes l'une dans l'autre.

* Cf.

P. Fabf.iî, ibid., p. 21 ; et nos Litanies du Sacré- Cœur, 3e édit., p. f>, note.

la poursuite de l'Unique Bien, Jésus, deviendrai-je un et simple?

Elle me parle des Relations et des Personnes divines. L'Hostie, en effet, regarde le Père. La Filiation éternelle est là qui réplique à l'éternelle génération. Et je sais qu'au Père et au Fils s'aimant à l'Infini, répond le divin Esprit, le Soupir, la Joie éternelle, Terme de leur amour.

Ce mystère encore, non contente de me le rappeler, l'Hostie me le donne, et veut m'y faire communier en me rendant toujours plus filial et plus aimant.

L'Hostie me dit aussi, par exemple, la vie mutuelle des Personnes divines l'une dans les autres. Elles s' 'inhabitent et se pénètrent réciproquement; une éternelle activité fait qu'elles demeurent, qu'elles circulent l'une dans l'autre sans se retirer ou s'éloigner, ou changer. Et j'aime à penser que cette inhabitation et cette vie l'une dans l'autre est autant un mystère d'amour que de nécessité. N'est-il pas ravissant de songer à ce mystère d'amour : amour du Père pour le Fils, du Père pour l'Esprit-Saint; amour du Fils pour le Père et le Saint-Esprit; amour du Saint-Esprit pour le Père, et pour le Fils; enfin amour du Père et du Fils produisant le Saint-Esprit *? L'Eucharistie nous invite à admirer là des mystères magnifiques d'amitié et d'intimité éternelles, puisque, par elle, nous sommes en Jésus et Jésus en nous, comme le Père

L EUCHARISTIE ET L'ORDRE SURNATUREL

et le Fils sont l'un dans l'autre par la vie et l'amour.

Oui, nous recevons en nous ces mystères d'intimité, ne faut-il pas les imiter moins mal : par plus d'intimité avec l'Eucharistie et par elle avec les divines Personnes? Aussi bien, l'Eucharistie vient-elle me dire que les divines Personnes, qui habitent l'une dans l'autre, viennent aussi habiter en nous.

Le Corps et le Sang de Jésus ne descendent-ils pas réellement en moi comme pour me dire que par la grâce sanctifiante, par tout accroissement d'elle, l'Esprit-Saint et le Verbe sont envoyés invisiblement en moi, que le Père y vient spontanément? Que cela est grand et quelle divine intimité cela réclame!

Il nous serait utile encore de méditer comment l'Eucharistie proclame les attributs divins. Quelques exemples .: si petite, l'Hostie me dit, cependant, par le Sacrifice offert de l'Orient à l'Occident, dans le monde entier, et par la Présence réelle entière en chaque parcelle, l'immensité, l'ubiquité divine. Et elle me les donne. J'aurais l'immensité des mondes, que serait-ce au prix de la Communion qui m'apporte l'Immense en personne?

L'Eucharistie, bien fragile par ses espèces, me dit l'Éternité divine. Ce renouvellement, chaque jour, à chaque heure, du Sacrifice et de la Présence réelle, me parle d'une vie qui ne change

Les missions des Personnesdivines.

Les attributs de Dieu : quelques exemples :

l'Immensité.

L'Éternité divine.

pas, « d'années qui ne défaillent pas », c'est l'Éternité de la Vie divine. Et cette Eternité, j'en jouis. Oui, l'Éternel est à moi, pour bien des merveilles, mais tout particulièrement pour donner à mes désirs, à mon amour, à ma vie, quelque chose de permanent.

La vie divine. L'Eucharistie, malgré l'inertie des saintes Espèces, me dit cependant, ô Jésus, par votre bouche, que j'y reçois la vie de vous comme vous la recevez du Père, que Dieu c'est la vie infinie, que vous êtes « la Vie même ». Et Dieu, vie infinie, l'Eucharistie, non contente de me le montrer, va le mettre en moi. Et tous les attributs divins, Intelligence, Puissance, Sainteté, Amour immense, Justice parfaite sans doute mais qui, à moins d'y être contrainte, ne veut que laisser libre carrière à la Bonté, à la Miséricorde, à la Libéralité, je sais que tous ces attributs sont présents pour venir dans mon âme.

Certains carac- L'Eucharistie nous instruit encore sur certains 'révélés pàV caractères de la Divinité que la raison ne devine l'Eucharistie pas ou devine bien peu.

et que la raison

devine peu. Se peut-il, par exemple, que la Sagesse et Quelques l'Éloquence infinie aime à garder le silence?

exemples : Dis- ^ °

crétion divine. C'est pourtant vrai. Les hommes font le plus qu'il leur est possible d'éclat, Dieu parle peu. Et si vous me dites qu'il parle par la Nature, par la Révélation, la Bible, l'Église, je n'en disconviens pas; mais remarquez comme presque toujours sa voix se cache sous une autre voix :

l'eucharistie et l'ordre surnaturel 10.3

voix du tonnerre, voix du prophète... Adorable image que l'Eucharistie, de la discrétion de Dieu ! Sans doute, elle a parfois paru sortir de son silence. Elle a parlé par le langage muet des apparitions, surtout du divin Enfant. Mais, d'ordinaire, c'est le silence profond. Et Dieu si discret vient en nous par elle. Qu'il nous apprenne à parler quand il le faut, mais puisse-t-il aussi nous révéler le prix du silence dans la mesure où la Providence le veut et des choses si précieuses qu'il nous dit dans ce silence.

Notre-Seigneur reproche aux ennemis du conception di Royaume de Dieu d'aimer mieux la gloire des v'n? d,u sVc.ce

J & et de la gloire

hommes que la gloire de Dieu *. Dieu n'entend * joan. xu. donc pas la gloire comme les hommes. 13

Il n'entend pas non plus comme eux le succès. Presque toujours ses œuvres ont à nos yeux quelque chose d'inachevé, et prennent parfois un air de faillite.

Nous attendons toujours quelque grand triomphe complet, oubliant qu'un pareil triomphe est peut-être réservé à l'éternité, qu'en tout cas sur la terre il est bien rare d'après les lois que la Providence surnaturelle s'est fixées. L'Eucharistie nous rappelle à merveille ces mœurs de la Divinité. Nous savons que chaque sacrifice de la messe est d'une fécondité infinie, nous savons que la plénitude de la vie palpite dans le Saint Sacrement; et pourtant combien d'âmes ne vivent pas, combien d'autres n'ont qu'une vie

19 i l'eucharistie intime

bien pauvre! Et, nous-mêmes, qui connaissons si bien ce foyer de vie, quelle est, après des milliers de communions ou de messes, notre ardeur à aimer, notre générosité à servir Celui qui nous aime au point de se faire notre Nourriture et notre Victime? Voilà le succès qu'obtient la plus touchante, la plus sublime des œuvres divines sur la terre, puisqu'elle rappelle et concentre toutes les autres! O Jésus, vos voies ne sont pas nos voies. Nous prosternons notre petite sagesse devant votre Sagesse infinie.

Dieu se ca- Lisez les réflexions profondes du P. Faber raire^her^hen sur un autre caractère bien mystérieux de Dieu! Il est un « Dieu caché » qui veut être cherché. Tout en se révélant, il se cache pour se faire chercher. L'Eucharistie peut nous aider à saisir ce caractère et à en profiter pour chercher Dieu. Elle révèle magnifiquement Dieu, mais en même temps comme elle le voile, sous la petitesse, l'impuissance, l'oubli, les outrages! Et comme Jésus nous invite à l'y chercher ainsi que le Père et l'Esprit-Saint! Si vous suivez la direction qu'elle vous donne, de même que vous aimez à chercher Dieu dans l'Eucharistie, vous aimerez à le chercher dans le monde matériel lui-même, dans le monde de l'intelligence, de la volonté, et de la grâce qui les travaille et les divinise; dans la théologie, partout en un mot : chercher Dieu, voilà une des grandes leçons du Saint Sacrement. Comme par la Communion, il nous invite, en

L EUCHARISTIE ET L ORDRE SURNATUREL

particulier, à le chercher en nous, où il se cache sous tant d'infirmités, sous tant d'imperfections et peut-être de fautes, mais où il veut vivre partout toujours plus richement!

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