EPILOGUE
prêtres doivent être dans leur intérieur. Il faut qu'ils soient tout transformés et tout divins : il faut, en un mot, qu'ils soient si consommés en Dieu et en ses divines perfections, que, quoiqu'ils ne nous paraissent rien au dehors, ils aient pourtant une perfection tout extraordinaire sous une vie commune.
« Le prêtre doit être comme le Dieu de l'Eglise, au travers duquel, comme au travers du cristal, on puisse voir éclater et reluire les perfections adorables de Dieu *. »
Toute cette transformation (1) ne se fait pas sans souffrances et de toutes sortes; toutes ces vertus qui nous assimilent à Jésus et que l'Eucharistie développe si grandement, ne se pratiquent pas sans mortification des facultés qu'elles divinisent; ainsi la mortification s'impose-t-elle à chaque instant : imbibée dans l'exercice de quelque vertu.
Il est un autre mot qui doit nous être particu- portement de lièrement cher : c'est le mot de croix, avec le mot d'abnégation. Jésus les a dits dans la même phrase : « Si quelqu'un veut venir après moi,
* Cf.
M. Olier :
Lettre 414e, t. II, p. 561.
Cf. aussi Lettre 415. (Paris- Lecoflre.)
la croix.
(1) En prêchant cette belle doctrine de la transformation nécessairement douloureuse à notre nature abaissée et dépravée par le péché, nous avons à prendre garde — et c'est facile — de pousser l'idée de transformation jusqu'à V identité entre Dieu et nous, comme le fit Eckard. (Cf. Denzixger-b., n. 510, 10e proposition.) Nous parlons évidemment d'une transformation d'imitation, de similitude : (étudiée avec soin dans V Homme Intime).
qu'il fasse abnégation de lui-même et qu'il porte
* Matth. xvi, sa croix *. » On ferait une immense bibliothèque 24i Duc. rx, g- j»Qn voujaj^ recueillir tous les commentaires
de la Tradition sur cette parole adorable : depuis saint André s'écriant à la vue de la Croix sur laquelle il allait être cloué : « O bonne Croix! » jusqu'au bienheureux Grignion de Montfort dont les accents sur la Croix sont si saisissants et si
* Lire surtout: pénétrants *.
Circulaire aux r\ i > > 1 ■• v» j
amis de la Quelque voie, générale ou particulière, de
Crofar. (Paris, mortification, de réparation ou de victime...
Oudin.) x
que nous suivrons, croyons que toutes nos peines peuvent devenir une communion au sacrifice de Notre-Seigneur. Un des buts de la Communion à son Corps brisé sur l'Autel, à son Sang répandu, est évidemment la communion continuelle et par toute souffrance, par toute croix, à son Sacrifice.
Soyez bien, en personne, de fait et très réellement comme vous avez droit de l'être, ô Jésus- Hostie, le centre de nos croix, de nos tristesses, Le calvaire, de nos angoisses, car le Crucifié du Calvaire, N^tahr,eétehmet ce n'est pas seulement votre image, c'est vouscest Lui: même. L'Eucharistie, la Victime immolée sur
Celui qui doit . ,
«tre tout pour r Autel, ce n est pas seulement le symbole de votre Corps et de votre Sang, c'est vous-même. Rien plus efficacement que la Communion ne nous dit que vous êtes là, Jésus, centre de tout. C'est à vous que j'ai affaire en tout, dans toutes mes souffrances, dans toutes mes actions comme
nous.