‹ L'eucharistie intimeChapitre 7 sur 84 · CECI EST MON CORPS... CECI EST LE CALICE DE MON" SANG · texte numérisé non relu

CECI EST MON CORPS... CECI EST LE CALICE DE MON" SANG

ces paroles Ces paroles dites par Jésus à la Cène et que nous donnent t t prêtre doit redire à la sainte Messe, sont

pour victime r

la réalité du claires comme le soleil. Elles signifient qu'on

San- de .lésus, n'offre pas à la Cène et à la Messe, seulement

lui-même. un symbole du Corps et du Sang de Jésus, mais

son Corps lui-même, son Sang lui-même. Jésus

donc par son Corps et par son Sang est le Sacrifice

nouveau.

Non pas un II ne saurait mentir, quand il dit, par lui-même

svmbole de son *. ■■ • i~i • ±.

corps, mais ou par ses prêtres, sur le pain : « Ceci est mon s°" m°mn 'ui Corps »; non pas : Ceci est le signe de mon Corps, mais mon Corps lui-même; non pas : Ceci est mon Corps avec du pain, mais : Ceci est mon Corps, mon Corps purement et simplement.

Aussi bien, nous avait -il promis, non pas une image de sa Chair, mais sa Chair elle-même, en aliment, donc en victime. Voilà donc la matière définitive, infiniment sainte, adorable, de notre Sacrifice. La matière éloignée était le pain. Du pain, Jésus a fait son Corps. Son Corps, — et donc Jésus lui-même — : voilà ce que nous offrons, ce que nous immolons à Dieu dans le saint Sacrifice. Et cela est de foi! Faut-il que je

même.

COMMENT JÉSUS Y EST-IL SACRIFIÉ

* I Cor., ibid., 27.

sois si peu attentif à cette perle des vérités de foi : Jésus, lui-même, en personne, par son Corps et par son Sang, veut être ma Victime !

Jésus sur le vin ne dit pas, non plus, ni ne Non pas seuiefait dire à ses prêtres : Ceci est un calice de vin "bo^e d" ^ qui rappelle mon Sang, ni : Ceci est mon Sang Sans> mais son avec le vin, mais : Ceci est mon Sang purement et lui-même. simplement.

Aussi bien, encore, nous avait-il promis comme breuvage, non pas un mémorial de son Sang, mais son Sang lui-même. Il ne nous donne donc rien de moins que son Sang pour victime comme pour breuvage.

Et saint Paul * nous avertit que celui qui mange cet Aliment et qui boit ce Calice indignement « est responsable du Corps et du Sang de Jésus », tant c'est bien le Corps et le Sang de Jésus qui sont là et non plus du pain et du vin. Ce malheureux ne pèche, pas seulement contre un signe de ce Corps et de ce Sang, mais contre le Corps et le Sang lui-même, contre Jésus en personne.

Et comme le Corps et le Sang de Jésus ne peuvent plus être séparés de son Ame, et qu'ils sont pour jamais, ainsi que son Ame, unis personnellement au Verbe, voici donc que c'est Jésus lui-même qui veut être en personne notre Victime comme notre Aliment.

Victime, il ne lui suffit pas de l'avoir été une fois pour toutes, au Calvaire, mais il veut l'être

Elles nous

donnent donc

pour victime le

même Jésus

qu'à la Croix.

28 I. El CHARÏSTIE INTH1K

tous les jours d'une manière actuelle, réelle, substantielle.

Le sacrifice de la Messe n'est donc pas du tout inférieur au sacrifice de la Croix. Il est de foi que nous y avons pour victime le même Jésus qui est mort sur la Croix, le même Jésus infiniment saint, éternel, immense... aimable pardessus toutes les créatures, en un mot Dieu connue son Père.

Jésus p.rson- Et il vient ici à l'esprit une pensée souveraifice* songe"à ucmcut encourageante : c'est donc le Corps, cette vér'té en c'est \e Sang de Jésus, c'est Jésus en personne

tout sacrifice. ° ' L

qui est immolé tous les jours et par toute la terre. Le sacrifice n'est donc plus sur la terre à l'état abstrait. Le Sacrifice par excellence, c'est Jésus en personne. Et tout divin sacrifice se rattache à lui. Dans ce monde des sacrifices petits ou grands, qui m'environne et m'étreint, je veux voir le centre, la vie, l'âme, le consolateur de tous les sacrifices : Jésus.

« MON' CORPS BRISE POUR VOUS... » « LE CALICE DE MON SANG REPANDU POUR VOUS... >,

Le sacrifice de Jésus est victime actuelle. Si l'on se reporte l3s™riSficeeSac-n au texte original de ses paroles, le Divin Sauveur tuei numéri- ne veut pas dire seulement : « Ceci est mon

COMMENT JÉSUS Y EST-IL SACRIFIÉ

Corps qui doit être brisé sur la Croix; mais : Ceci est mon Corps brisé dans le présent, actuellement, à l'instant où je vous parle (1). Il ne s'agit donc pas seulement de l'immolation du Calvaire, future au regard de la Cène, passée par rapport à notre Messe, mais aussi de l'immolation qui se lait dans la Cène même, ou dans la Messe même.

Jésus ne dit pas non plus seulement (2) : Ceci est le calice de mon Sang qui sera répandu ou qui a été répandu pour vous, mais : « Ceci est mon Sang répandu », répandu actuellement, donc répandu dans la Cène, répandu à la Messe. L'idée d'effusion actuelle éblouit, dans ces paroles, la pensée attentive. Nous vous avons donc bien. ô Jésus, comme victime quotidienne, actuelle.

A l'instant même où vos paroles sont dites, nous devons adorer, en vous, une immolation, non sanglante, mais réelle dans le présent, et qui rappelle au vif l'immolation passée. Ces paroles : « Ceci est mon Corps », poseraient d'un côté votre Corps s'il n'était pas désormais inséparable du Sang. Les paroles sur le Calice pose-

quement distinct, non quant ù la victime, mais quant à l'immolation. On le prouve par leS paroles de Nôtre-Seigneur.

L'immolation actuelle, immolation réelle, mystique, différente numériquement de celle de la Croix, mais la rappelant au vif et la renouvelant.

(1) Saint Luc : S'.SôfJievov : actuellement donné. — Saint Paul : xXiifjLEvov : actuellement brisé : ce que la Vul^rate traduit par le futur : tradetur. Cf. P. Sas>e, loc. ci!., pp. 497 — et 316.

(2) Loc. cil., saint Mathieu, saint Marc. saint Luc. parlent au temps présent : Ceci est mon Sang... qui se répand, répandu actuellement : Ix^owôjJtevo^ : Ce (pic la Virlgate traduit encore par le futur : cffhndetur.

30 lie II \ RISTIE INTIME

raient de l'autre côté votre Sang si cette séparation n'était désormais impossible.

Elles sont un glaive qui diviserait en deux,

qui mettrait en pièces votre très sainte et très

aimable Humanité si elle pouvait mourir encore.

Et ainsi rappellent-elles le glaive des clous

qui percèrent vos mains et vos pieds et, en effet,

séparèrent par la mort votre Corps et votre

Sang.

Jésus ne veut Jésus, vraiment présent en vertu des paroles

Vqu'immoiéS consécratrices dans toutes vos grandeurs et dans

même dans le tous Vos charmes infinis, vous saisissez mon

présent.

cœur, — à moins qu'il ne soit de glace, — par votre physionomie actuelle de victime, par votre caractère d'immolation. Ce caractère qui est le trait le plus touchant de votre passé, est le trait souverainement pénétrant de votre présent.

Comme si vous n'étiez pas encore assez digne de notre amour, ô Jésus, assez assuré de notre cœur par vos adorables perfections divines et humaines, par vos travaux, vos souffrances, votre mort sur la Croix... vous ne voulez vous présenter à nous, si je l'ose dire, qu'immolé. C'est un fait que vous ne vous donnez en nourriture à nous, que vous ne voulez demeurer pour nous dans le Tabernacle qu'en passant par le Sacrifice, j'entends la Consécration et la Transsubstantiation.

Les paroles de l'Évangile et de saint Paul nous transmettent l'enseignement oral de Notre-

COMMENT JÉSUS Y EST-IL SACRIFIÉ

Seigneur d'une manière si évidente que jamais il n'y eut à cet endroit la moindre hésitation dans la Tradition *. Des hérétiques, il est bien vrai, se sont rencontrés pour se révolter ici contre la Tradition : mais aucun d'eux ne l'a niée.

La Messe est donc un sacrifice actuel. La victime est la même à l'Autel qu'à la Croix, mais son immolation est numériquement distincte à chaque messe. Cette immolation toujours nouvelle n'est pas seulement, nous a dit le Concile de Trente, au nom de la Tradition, un sacrifice commémoratif, mais un sacrifice vrai et proprement dit : Verum et proprium Sacrificium.

Comment est-elle un sacrifice proprement dit? D'abord l'acte sacrificateur, — il consiste dans les paroles de la Consécration, — rappelle au vif le sacrifice du Calvaire, puisqu'il va à séparer le Corps du Sang, en posant, s'il se pouvait, le Corps d'un côté, sous les espèces du pain, et le Sang de l'autre, sous les espèces du vin.

De plus l'acte sacrificateur ne pouvant se traduire par la mort, se traduit par un changement que nous pouvons qualifier de violent au regard de l'état actuel de Notre-Seigneur. Il réduit le Corps et le Sang de Jésus, Jésus luimême, à l'état de nourriture et de breuvage. Il y a dans la Transsubstantiation un prodigieux abaissement (1) du Fils de Dieu. C'est le passage

• Cf. P. Sasse, op cit., p. 502

Comment y at-il à la Messe sacrifice objectif?

La transsubstantiation l'explique par elle-même et par l'état qu'elle produit.

(1) Quand même on ne fait pas rentrer ces abaissements

de la gloire suprême à un abîme d'obscurité, d'impuissance, d'obéissance. Le temps des souffrances est passé, niais non celui de la captivité, des humiliations, de l'abjection, des méconnaissances, des outrages...

J'adore, ô Fils éternel de Dieu, les condescendances de votre amour infini qui vous abaissent dans l'Eucharistie plus encore que dans l'Incarnation, plus même que dans le sacrifice du Calvaire : car « sur la croix, votre Divinité seule était cachée. Ici votre Humanité elle-même s'abîme ». Elle n'est pas seulement cachée, elle est comme ensevelie dans l'impuissance à tout mouvement, à tout acte des sens, ... à moins de miracle.

L'idée abs- Nous voulons finir sur une pensée que nous

Sacrifice touchions tout à l'heure et qui pourrait changer

touche toute notre vie, la vouer au sacrifice, si nous en étions

Ame élevée.

plus saisis. Assez souvent l'on parle de sacrifice d'une manière abstraite. Même ainsi présentée l'idée du sacrifice est si belle, elle fait un appel si direct à ce qu'il y a de plus délicat, de plus généreux en nous, qu'elle peut déjà faire vibrer les meilleurs fibres du cœur humain.

Que sera-ce du Mais que dirons-nous du Sacrifice envisagé tel

sacrifice con- , , ,, , .. ,,

cret. de Jésus qu en réalité Dieu la voulu et que Jésus 1 a réalise !

dans l'essence du sacrifice, ils sont du moins un fait indéniable et profondément touchant, capable de ravir en extase une âme vraiment attentive et aimante.

COMMENT JÉSUS Y EST-IL SACRIFIÉ? 33

Le Sacrifice, Idéal et Source suprême du immolé, si l'on sacrifice, où tout sacrifice devrait chercher ' deerr.esa lumière et force, ô Jésus, c'est votre sacrifice : c'est vous-même immolé sur- la Croix et sur l'Autel.

X'êtes-vous pas le sacrifice en personne, ô Verbe crucifié sur le Calvaire, immolé tous les jours sur mille et mille autels?

« Le Verbe, disait un de vos saints, est tout ce qu'il y a de beau et de bon : et quand je parle de la sagesse, c'est de lui; quand je parle de la vertu, c'est de lui; quand je parle de la justice, c'est de lui; quand je parle de la paix, c'est de lui; quand je parle de la vérité et de la vie, c'est de lui, c'est toujours de lui *. » * s. Am-

Quand je parle de sacrifice, c'est aussi de lui. in^^^"3À

Si héroïque qu'il puisse être, le sacrifice qui ne n° 65.

, * t > • Cf. Pailler,

rayonne pas de vous, o Jésus, ou ne revient pas t. iv, P. 9. à vous, est bien incomplet et bien imparfait. Aussi je veux vous voir et vous montrer aux âmes au fond de tous nos sacrifices. Que tout sacrifice soit pour nous une communion au vôtre,... à votre Cœur, centre de tous les sacrifices.

VINGT-CINQUIÈME ÉLÉVATION

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