VI. Normal X normal
Résultats : Encore 25 °/, de nulliplex.
D'où les conclusions suivantes : Deux parents épileptiques ne produisent que des enfants défectueux.
L'épilepsie tend dans la génération suivante à former une grande part de la population.
Les parents normaux d'épilepliques ne sont pas normaux, mais bien simplex et descendent d'ancètres teintés.
Nous avons là un mode de génétique qui se réclame des lois de Mendel; toutes les affections ne se transmellent pas ainsi. Mott finit même par établir, par de nombreux pedigrees, que la formule mendelienne est beaucoup trop mathématique. I arrive souvent qu'une maladie ou un caractère saute plusieurs générations, ou, au contraire, affecte tous les membres de la descendance. On peut voir (page 4%) le schéma d'une généralion de choréiques (chorée de Huntinglon) dans laquelle, malgré des unions avec des souches saines, on finit par arriver à une génc-
(Les carrés noirs représentent les mâles choréiques ; les ronds noirs, les femmes choréiques)
Génétique de la chorée d’'Huntington, meltant en défaut les lois de Mendel (d’après Mott)
ration tout entière de choréiques. Nous pourrions citer d’autres exemples, mais il faut tenir compte des difficultés énormes que présente une telle étude chez l’homme à cause des erreurs, erreurs impossibles à éviter. Tout d'abord, il est impossible à un même observateur de suivre une série assez longue de généralions pour être sûr de la pureté de la race. On a cru peut-être avec raison que la couleur des yeux suivait la loi de Mendel, la couleur brune étant dominante, la couleur bleue récessive. On a, en ellet, obtenu quelques pedigrees dans ce sens, mais d'autres aussi dans un sens opposé. C'est qu'il y a chez l'homme des éléments qui troublent la descendance, on ne peut les éliminer, car ils sont naturels et inhérents à la faiblesse humaine, «le caprice féminin ne choisit pas loujours celui que la loi désigne, et, d’après les couleurs de l'iris, certains savants affirment gravement que le taux des infidélités conjugales ne dépasse pas 6078
I ne faut donc pas conclure que le cas de l’épilepsie est général et que les affections nerveuses se transmettent suivant le mode mendelien.
AU
Génétique du génie (Mott). — Le génie d’un poète, d'un prophète, d’un artiste ou d’un grand conducteur d'hommes est fréquemment associé d’une façon plus ou moins étroite à une teinte névropathique. Les Anciens connaissaient déjà l’association du génie et de la folie. Toutes les grandes actions de la Grèce, dit Pline, ont jailli de la folie. Il n'y a pas d'esprit sans folie, disait Aristote, et déjà il établissait que sous l’influence de l'excitation cérébrale des médiocres devenaient supérieurs. Alexandre, César, Mahomet sont nés de souche névropathique ; de même l’apôlre Paul et Luther. Du côté des écrivains, nous voyons Flaubert épileptique, Byron également et la moindre chose provoquait chez ce dernier une crise de convulsions. Il avait d’ailleurs une hérédité très chargée : sa grand’mère maternelle était atteinte de mélancolie et se suicida; un autre de ses parents s’empoisonna, son père également, sa mère était une « excentrique ». Le père de Charles Lamb était fou, sa fille épileptique. Nous possédons une généalogie où l’on voit dans la même lignée : un homme supérieur épousant une femme normale, ils ont un fils ainé imbécile qui se suicide, un second fils épileptique, une fille saine, enfin un dernier fils d’une intelligence remarquable.
Mode de génétique de la folie en général, suivant le sexe, la race, l'élat de santé des générateurs. — W résulte des conclusions de Moit, dans son rapport au Congrès de Londres, que, parmi les descendants tarés, de parents tarés, les filles sont en plus grand nombre que les hommes dans la proportion de 292 à 208, soit 1,6. Parmi les membres tarés de la même famille, les sœurs sont plus nombreuses que les frères.
Quelles sont les raisons de la prédilection de la folie pour le sexe féminin et son accroissement dùment constaté dans ces dernières années ? Selon toute vraisemblance, c’est vers la fonction de reproduction qu'il faut tourner nos regards. La femme a trois périodes critiques, véritables appels de psychoses.
La puberté, la maternité, la ménopause. Mais, indépendamment de ces causes physiologiques, il y en a une autre d'ordre social, mais qui retentit sur l'organisme féminin : c'est la sup-
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pression, la contention du besoin de maternité à la fois physique et psychique qu'ont les femmes et que notre état social actuel annihile de plus en plus.
Du côté de la race, certains peuples sont plus frappés que d'autres; nous en avons un exemple dans la race juive. Les juifs sont beaucoup plus sujets aux affections nerveuses que les chrétiens. Dans le seul asile de Colney Hatch, ils forment le einquième de la clientèle.
Un des principaux arguments des partisans de la stérilisation des aliénés est la possibilité pour le maniaque, par exemple, d’enfanter dans l'intervalle de ses séjours à l'asile. Il faut d'abord savoir quelle est la proportion des affections à rechutes plus ou moins éloignées, et qui ne comportent pas un internement total et perpétuel.
Asile de Hanwell Claybury Cane Hill
En 1911, admissions totales... 16% 259 219 : psychoses périodiques 32 64 52
Soit, sur 642 femmes, 148 cas. Sur ces 148 cas, 32, soit 21 c/,, eurent des eufants dans les intervalles lucides. C'est-à-dire 1/5 des femmes à folie périodique et 1/20 de la totalité. Il serait très intéressant de suivre la progéniture. Malheureusement cela est encore à faire.
Dans une stalistique sur 590 parents ayant eu 581 enfants tarés, 49 de ces derniers, soit 1/12, étaient nés après un premier accès chez l’un des parents. C'est-à-dire que 1/12 de ces enfants larés auraient été évilés si l'on avait pratiqué l'internement forcé ou la stérilisation. Mais il y avait également de ces mêmes parents un grand nombre d’autres enfants non tarés et qui n’auraient pas vu le jour si ces mêmes mesures avaient été adoptées.