‹ L'Europe au jour le jour (volume 2)Chapitre 51 sur 112 · EXPOSE DU COMTE STURGKH A LA CHAMBRE AUTRICHIENNE · texte numérisé non relu

EXPOSE DU COMTE STURGKH A LA CHAMBRE AUTRICHIENNE

21 mai 1913.

Le président du Conseil autrichien a fait hier à la Chambre des députés cisleithane un exposé de la politique extérieure à propos de la discussion du budget. II n'a rien dit que les journaux officieux viennois n'aient déjà écrit à maintes reprises. Il a répété cette affirmation plusieurs fois formulée dans la seconde partie de la crise, •que l'Autriche-Hongrie avait pour principe de favoriser autant que possible le développement et l'indépendance des peuples balkaniques et qu'en conséquence l'élément albanais devait être pris en considération comme les autres. On pourrait répondre que les Serbes, les Bulgares et les Grecs de Macédoine et de Thrace se rattachent naturellement à des États existant actuellement et ayant existé autrefois, tandis qu'il n'y a pas et n'y a jamais eu d'État albanais proprement dit. L'Europe, il est vrai, a déjà décidé la création d'une Albanie indépendante, et la controverse est vidée diplomatiquement. Mais il n'en résulte pas que les Albanais soient en droit d'élever les mêmes revendications qu'un État vivant, ayant pris part à une grande lutte et doté d'un long passé historique. Évidemment, dans la crise actuelle, ils servent seulement de prétexte à l'Autriche-Hongrie et à l'Italie qui défendent leurs intérêts particuliers sous couleur de protéger les Skipétars. Le comte Stûrgkh l'a avoué indirectement hier en indiquant les mesures concertées avec le Cabinet de Rome lors de la reddition de Scutari.

Le comte Stûrgkh a fait un autre aveu. Il a déclaré que le

personnel du bureau de la presse du Ballplatz s'était borné à se conformer aux instructions du ministre. On sait la besogne qu'a faite ce bureau et les fausses nouvelles qu'il a propagées, notamment dans l'affaire Prochaska. Désormais le public ne se trompera plus ; lorsque des nouvelles sensationnelles seront mises en circulation dans la presse officieuse viennoise, on saura d'où elles viennent.

La Chambre des députés n'a pas recueilli des déclarations plus rassurantes sur le reste. Le président du Conseil a annoncé que le licenciement des réservistes serait limité aux quelques dizaines de mille hommes dont on a parlé et que les concentrations militaires sur la frontière sud-est seraient maintenues jusqu'à 1 1 fin de la crise. Voilà une agréable perspective pour les sujets de François- Joseph.

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