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LES NEGOCIATIONS ORIENTALES

26 mai 1913.

La conférence des ambassadeurs se réunit de nouveau cet après-midi à Londres. Il est à peu près certain qu'elle ne décidera encore rien d'important aujourd'hui et qu'elle se bornera à examiner quelques-uns des nombreux problèmes restant à résoudre dans l'espoir d'aboutir à un accord à l'une de ses prochaines séances. On est toujours dans la même incertitude au sujet des préliminaires de paix et de la Commission financière. Nous ne pouvons que répéter ce que nous avons déjà dit : si l'on s'obstine à vouloir signer tout d'abord un traité qui engage définitivement tous les belligérants sur toutes les questions importantes, les signatures ne seront pas échangées avant des mois. De même pour la Commission financière de Paris ; si elle est investie

de la mission de régler en dernier ressort les nombreuses et délicates questions portées sur son programme, sa convocation sera ajournée indéfiniment. En effet, dans les assemblées diplomatiques chargées de décider, l'unanimité est de règle. Or, comment pourrait-on espérer que l'unanimité se ferait dans cette immense Commission, qui comprendra plus de soixante-dix membres,si l'on se reporte aux listes publiées ? Comment, notamment, se ferait-elle parmi les délégués des belligérants ? On ne peut songer sérieusement à réunir une Commission dans de pareilles conditions. De deux choses l'une : ou bien la Commission sera chargée seulement de formuler des propositions et, dans ce cas, l'unanimité n'étant point nécessaire, elle peut être convoquée tout de suite sans inconvénient ; ou bien elle possédera le pouvoir de décision, et alors les belligérants ne peuvent plus y avoir que voix consultative, car autrement il suffirait de la mauvaise volonté de l'un d'eux pour tout arrêter.

Nous continuons de croire que le moyen le plus pratique d'aboutir est de signer tout d'abord des préliminaires de paix avec un protocole annexe contenant les desiderata de certains belligérants et de conférer un pouvoir simplement consultatif à la Commission financière. Si l'on choisit l'autre méthode, les diplomates se disperseront dans les villégiatures estivales avant qu'on ait rien signé du tout.

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