LA GUERRE INTERBALKANIQUE 3IJ
Utile. Mais elle est insuffisante. Les hommes d'État russes sont trop avisés pour ne point apercevoir les inconvénients d'une médiation qui tendrait à se transformer en pression sur les coalisés. Il en est de même des hommes d'Etat de la Triple-Entente dont le rôle ne peut consister à peser sur les vainqueurs, qui ont été provoqués. Certainement, à Paris et à Londres comme à Pétersbourg, on ne manquera point de conseiller la modération aux adversaires de la Bulgarie. Mais la Serbie et le Monténégro ne réclament rien d'excessif et la Roumanie limite pour l'instant ses revendications à ce que tout le monde prévoyait. La Grèce ^ il est vrai, est portée à quelque exagération sur la mer Egée^ Toutefois elle réduira certainement ses prétentions si l'on conclut rapidement. C'est donc à Sofia qu'il faut tout d'abord agir afin d'obtenir une prompte décision. Cette pression, d'ailleurs, sera tout amicale, car elle s'exercera dans l'intérêt même de la Bulgarie, qui est de liquider au plus tôt une mauvaise affaire.
Il reste à savoir quel est le véritable état d'esprit à Sofia. A en juger d'après le Mir^ organe officieux, il serait inquiétant. Le Mir, en effet, s'obstine à essayer de prouver que la responsabilité de l'initiative des hostilités remonte à la Serbie, et il invoque à l'appui de ses allégations un ordre du jour belliqueux à l'armée serbe, signé du roi Pierre et daté du 18 juin/i^r juillet. Que prouve cet ordre du jour s'il est authentique ? Il prouve uniquement que le roi Pierre répond à l'attaque bulgare prescrite officiellement par des ordres du généralissime datés du 16/29 j^^^- Le Mir rend un mauvais service à son pays. Le devoir le plus strict de la presse patriote bulgare serait d'éclairer le pays sur les catastrophes provoquées par l'Organisation intérieure et de jeter sur ces criminels l'opprobre qu'ils méritent.