MARCHE DES ROUMAINS SUR SOFIA. — DÉMISSION DU CABINET DANEF
i6 juillet 1913.
Chaque jour qui s'écoule aggrave la situation de la Bulgarie. Les Roumains ont passé le Danube à Rahovo et les Turcs ont franchi la ligne Enos-Midia. Andrinople et Sofia sont menacées. L'incurable habitude des faux-fuyants accule les Bulgares à un désastre. Le subterfuge de la médiation russe a fait perdre plus d'une semaine. Si M. Danef, au lieu de recourir à de pitoyables expédients, avait franchement mis le pays en face des réalités et engagé directement des négociations avec les Serbes et les Grecs, il aurait prévenu l'invasion roumaine, la conquête de Cavalla par les Grecs, et il aurait épargné aux vainqueurs de Kirk- Kilissé et de Lulé-Bourgas l'humiliation de la réoccupation de ces deux glorieux champs de bataille par les Ottomans. Aujourd'hui, même àPétersbourg, on ne parle plus de médiation russe, et pourtant il faut traiter. Peut-être M. Danef se sentait-il la conscience trop lourde pour reparaître devant MM. Pachitch et Venizélos. Aujourd'hui qu'il a sombré dans une catastrophe — résultat de cette fameuse politique de bascule chère à certains de nos diplomates amateurs — il reste encore une chance à la Bulgarie de sortir de la crise sans trop grands sacrifices. Elle doit ouvrir des négociations directes avec les coalisés sans perdre un instant.
Il serait puéril,de la part du nouveau ministère, d'alléguer les protestations de Topinion publique. L'opinion publique bulgare a été méthodiquement trompée par les organes