‹ L'Europe au jour le jour (volume 3)Chapitre 118 sur 134 · PUBLICATION DE LA NOTE SERBE · texte numérisé non relu

PUBLICATION DE LA NOTE SERBE

II mars 1909.

MMilovanovitch a télégraphié hier soir aux mi- • nistres de Serbie à Paris, Saint-Pétersbourg, Londres, Rome, BerHn, Vienne et Constantinople, et a remis aux représentants des puissances à Belgrade le texte de la note qu'on attendait avec tant de curiosité depuis une semaine. Voici la teneur de cet important document :

Répondant aux conseils amicaux du gouvernement impérial russe, le gouvernement royal serbe a P honneur de vous transmettre la déclaration suivante avec prière de la faire connaître au gouvernement auprès duquf vous êtes accrédité ;

Partant de V opinion que la situation juridique de la Serbie vis-à-vis de V Autriche-Hongrie , après la proclamation de r annexion de la Bosnie et de V Herzégovine, est restée normale, la Serbie n'a ni V intention de provoquer la guerre avec la monarchie voisine, ni le désir de changer ses relations juridiques avec elle, en continuant- sur la base de la réciprocité à remplir ses devoirs de voisinage et à entretenir avec elle, comme par le passé, des relations provenant d'intérêts

matériels l'éciproqiies dans un esprit de droiture auquel la Serbie s'est toujours conformée ;

Considérant que la question de la Bosnie et de l'Herzégovine étant une question européenne, il appartient aux puissances signataires du traité de Berlin de prendre une décision concernant non seulement V annexion, mais aussi la nouvelle rédaction de V article 25 du traité de Berlin, la Serbie, ayant confiance dans la sagesse et la justice des puissances, remet sa cause sans réserve aux puissances comme au tribunal compétent et ne demande en conséquence, à cette occasion, de V Autriche-Hongrie aucune compensation, ni territoriale, ni politique, ni économique.

Il résulte de là les constatations suivantes : La Serbie déclare que la proclamation de l'annexion de la Bosnie-Herzégovine ne modifie pas son intention de continuer avec l'Autriche-Hongrie des relations normales et amicales. Comme elle n'a pris, de son côté, aucune disposition militaire qui dépasse la mesure des précautions indispensables, le Cabinet de Vienne ne saurait plus lui faire un grief d'intentions hypothétiques solennellement désavouées. S'il donnait suite maijitenant aux sommations de sa presse officieuse et du président du Conseil hongrois, il provoquerait dans toute l'Europe une émotion qui ne s'exprimerait pas seulement dans des articles de journaux. La Serbie ne réclame à l'Autriche-Hongrie aucune compensation ni territoriale, ni politique, ni économique. Il n'existe donc pas, officiellement, de conflit austroserbe pouvant donner lieu à un accord spécial entre les deux Etats. L'obstination du baron d'Aehrenthal à presser M. Milovanovitch d'engager avec lui des négociations spéciales avant la réunion de la Conférence est donc de moins en moinr justifiable. Il est absolument extraordi-

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