LE DISCOURS DU TRONE ITALIEN
LE CINQUANTENAIRE DU « RISORGIMENTO ». — PRETERITION DE
LA France. — discrétion des déclarations sur la politique EXTÉRIEURE.
25 mars 1909.
LA nouvelle Chambre des députés italienne a été ouverte hier. C'est la vingt-troisième « législature » du Parlement italien. Elle coïncide avec le cinquantenaire du triomphe du risorgimento. Ce n'est qu'au mois de mars 1861 que les députés des anciens Etats de la péninsule, à l'exception de la Vénétie et des Etats pontificaux, se sont constitués en Parlement national et ont décerné au roi de Sardaigne le titre de roi d'Italie. Mais c'est en 1859, en réalité, qu'a été fondée l'unité sur les champs de bataille de Lombardie. Dans le discours du trône qu'il a prononcé hier, le roi Victor-Emmanuel a rappelé ce grand anniversaire. Il a célébré l'œuvre héroïque de la résurrection et les bienfaits de l'union pendant le demisiècle écoulé. Il n'a fait aucune mention des circonstances dans lesquelles s'est accomplie la libération. Est-ce parce qu'il est aujourd'hui l'allié de l'ancien détenteur de la couronne de fer ? Est-ce que les souvenirs sont obscurcis par le temps ? Est-ce que la gravité de la crise européenne lui a paru interdire toute allusion à une ancienne confraternité d'armes ? Est-ce encore que l'état des esprits dans le royaume, depuis la mémorable séance où