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LE DISCOURS DU TRÔNE ITALIEN

M. Giolitti se jeta dans les bras de M. Fortis, impose une prudence particulière? Toujours est-il que le nom de la France n'est pas venu sur les lèvres du roi quand il a évoqué les journées historiques de 1859. Nous voulons croire qu'il le garde néanmoins dans son cœur.

La partie du discours du trône relative à la politique extérieure est empreinte de la même discrétion. On y remarque surtout le désir de maintenir la paix. Quant aux alliances et aux amitiés, elles sont brièvement rappelées sans commentaires : « L'Italie est restée constamment fidèle à son système d'alliances, qui a été le facteur essentiel de l'équilibre pacifique européen. Sincèrement cordiale dans ses amitiés avec les autres puissances, elle peut affirmer qu'elle a contribué à assurer la concorde internationale ; elle reste fermement décidée à maintenir cette résolution. » Ce passage du discours a été salué par de maigres applaudissements partis de la droite. C'était évidemment le plus faible. Mais il ne pouvait guère être différent. On ne pouvait, dans les conjonctures actuelles, attendre de M. Giolitti des déclarations plus nettes. S'il est interpellé sur la politique extérieure du Cabinet, il ne pourra guère que paraphraser les phrases que nous venons de citer. Seulement, il ne manquera pas de les compléter, de les corriger,^ pour ainsi dire, en exposant, avec la chaleur nécessaire, les mesures militaires et maritimes indispensables pour garantir la défense du pays. Ce sera une répétition de la scène Fortis. Les Italiens comprendront. La seule question est de savoir si M. Tittoni gardera le portefeuille des Affaires étrangères. Les élections finies, sa collaboration devient plus inquiétante qu'utile. Mais rien ne prouve qu'il ne possède plus la confiance du roi.

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