LE DIFFEREND FRANCO-ALLEMAND
LA QUESTION DU POINT D*HONNEUR, — l'aRBITRAGE.
5 novembre 1908.
DEPUIS hier, le désaccord entre les gouvernements français et allemand, au sujet du règlement de l'affaire de Casablanca, s'est précisé. Il semble établi aujourd'hui que le Cabinet de Berlin ne se refuse plus à soumettre au tribunal arbitral l'incident du 25 septembre dans son ensemble. Seulement, par une singulière contradiction, il persiste à demander que, préalablement à la signature du compromis, il lui soit exprimé des regrets pour les voies de fait dont son agent consulaire aurait été victime au cours de la bagarre. En outre, les officieux de la chancellerie dé la Wilhelmlstrasse déclarent qu'il s'agit là d'un point d'honneur, que l'honneur national est engagé.
Ce sont de graves paroles. Elles ne nous paraissent absolument pas justifiées par l'importance des faits. Il est survenu à Casablanca un malencontreux incident dont les détails, encore mal connus du public, sont présentés sous un aspect entièrement difiPérent dans les rapports des représentants des deux pays. Le drogman du consulat d'Allemagne a été bousculé, ou menacé, dans des circonstances telles qu'à l'heure actuelle on ne peut dire d'aucun côté, avec certitude, qui a pris l'initiative des voies de fait. On ne sait même pas si c'est le détachement français lancé à