LA DEFENSE DE L'ANGLETERRE
DISCOURS DE SIR EDWARD GREY A SCARNBOROUGH. — DISCOURS DE LORD ROBERTS A LA CHAMBRE DES LORDS. — LA QUESTION DU SERVICE MILITAIRE.
24 novembre 1908.
LE discours que Sir Edward Grey a prononcé jeudi à Scarnborough a généralement été considéré comme de bon augure pour le maintien de la paix. Le ministre des Affaires étrangères britannique semble s'être attaché à convaincre ses auditeurs que les inquiétudes présentes ne tarderont pas à se dissiper s'il ne se manifeste nulle part de mauvaise volonté. «Je pense souvent, a-t-il. ajouté, que si^ nous étions moins enclins à soupçonner des desseins ou des motifs profonds, les affaires du monde progresseraient plus doucement. » Toutefois, la question actuelle est précisément de savoir s'il n'existe pas quelque part de la mauvaise volonté et des desseins profonds. Sir Edward Grey n'était sans doute pas entièrement rassuré lui-même sur ce point, car, a-t-il ajouté, ceux qui disent que rien ne se produira disent très probablement la vérité, mais il faut quelque temps pour en avoir la preuve. Dans la bouche d'un ministre responsable et d'un homme aussi prudent, cette réserve avait sa valeur. C'est ainsi que paraissent l'avoir compris beaucoup d'Anglais auxquels une longue expérience des choses et des hommes inspire de sérieuses
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préoccupations sur l'avenir de leur pays. La discussion d'hier à la Chambre des Lords est significative à ce sujet. Lord Roberts a posé franchement devant la Chambre Haute la question de la défense de l'Angleterre contre une entreprise de l'Allemagne. Dans un long exposé très documenté, il a prouvé que la situation n'était pas la même aujourd'hui qu'en 1905, qu'on ne pouvait plus dire aujourd'hui, comme l'avait alors assuré M. Balfour, qu'une invasion des côtes anglaises était impossible. Il a soutenu qu'avec les moyens de tout genre dont elle dispose actuellement, l'Allemagne pouvait concentrer en secret une armée de 200.000 hommes, l'embarquer sur ses transports, et la débarquer sur les rives de^la mer du Nord, où des atterrissages s'offrent en grand nombre, avec des chances sérieuses d'échapper à la flotte britannique. Or, que trouverait devant lui ce corps de débarquement, composé de troupes d'élite parfaitement entraînées } Déduction faite des malades, des indisponibles de toute sorte, on pourrait difficilement mettre en ligne plus de 240.000 soldatscitoyens. Cette légère supériorité numérique serait plus que compensée par l'infériorité dans l'instruction et la préparation militaires. Lord Roberts a qualifié cette situation d'eflFrayante. D'après lui, non seulement la flotte ne garantirait pas l'Angleterre contre les risques d'un coup de main habilement combiné, mais elle ne pourrait pas protéger efficacement les intérêts britanniques dans les diverses parties du monde où ils seraient menacés. En cas de danger, en eft'et, par prudence et par considération pour les craintes du public, elle resterait prisonnière dans les eaux territoriales. Le vieux maréchal a donc déclaré qu'il ne suffisait pas à la marine britannique d'être la plus forte ; elle devrait jouir encore d'une liberté stratégique complète, c'est-à-dire n'être pas enchaînée aux rivages
nationaux par suite de l'insuffisance de l'armée de terre. Pour cela, la présence d'une armée permanente de 600.000 hommes était absolument nécessaire. En conséquence, Lord Roberts a déposé un ordre du jour demandant au gouvernement de changer les conditions stratégiques de la mer du Nord ou de publier les conclusions du Comité de défense impériale sur le problème de l'invasion de l'Angleterre. Plusieurs de ses collègues se sont associés à cette demande.
Le gouvernement a bien senti lui-même toute la force de ces arguments. Lord Crewe, son interprète, a reconnu sans détour la nécessité pour l'Angleterre de posséder une armée telle que le débarquement de troupes assez nombreuses pour en avoir raison fût effectivement à peu près impossible. Il a informé la Chambre des Lords que l'étatmajor général de l'armée s'occupait de dresser des plans en ce sens. Seulement, d'après le gouvernement, le projet de loi déposé par M. Haldane répond à toutes les exigences, tandis que l'opposition est d'un avis contraire. En réalité, sur le fond, tous les Lords étaient d'accord qu'une réforme radicale de l'armée était indispensable pour assurer la sécurité du pays. Sur les instances de quelques-uns de' ses amis. Lord Roberts a retiré de son ordre du jour le paragraphe relatif à la communication des conclusions du Comité de défense impériale. Cette communication eût été peu correcte et contraire aux précédents. Mais, par 74 voix contre 32, la Chambre des Lords a voté le reste de l'ordre du jour, portant que la défense des Iles Britanniques exigeait « que la marine fût doublée d'une armée assez forte en nombre et en valeur pour faire hésiter le plus entreprenant des envahisseurs ».
Ce vote n'a pas d'importance parlementaire puisque la Chambre Haute est composée en grande majorité de
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membres de l'opposition et que les destinées du ministère ne dépendent pas d'elle. Mais, l\ titre de manifestation, il aura un grand retentissement. Quoique la minorité gouvernementale ait voté contre l'ordre du jour Roberts, envisagé comme témoignage de défiance, il est sûr qu'elle était de cœur avec la majorité. Dans les rangs mêmes du parti libéral, beaucoup de personnes regrettent qu'on ait réduit les effectifs de l'armée régulière avant d'avoir mis en application les réformes militaires projetées. On sent de plus en plus que le vieux système croule. Les antipathies traditionnelles contre le service militaire, jointes aux répugnances des contribuables, avaient été jusqu'ici plus fortes que l'appréhension d'un vague danger, auquel presque personne ne voulait penser. Les derniers événements ont ouvert bien des yeux. Ils feront aussi ouvrir les bourses. Les 625 millions d'impôts annuels nouveaux que demande le prince de Bûlov^ au peuple allemand doivent en grande partie être consacrés au budget de la marine. Si l'Allemagne doit disposer dans quelques années de flottes assez puissantes pour lutter avec celles de T Angleterre dans les eaux européennes, l'Angleterre doit nécessairement disposer d'une armée assez forte pour rejeter à la mer une armée allemande qui aurait réussi à débarquer sur le sol britannique. Aucune considération ne peut prévaloir contre ce raisonnement. Les échanges officiels d'assurances pacifiques sont des garanties insuffisantes de l'indépendance des nations.
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LE BOYCOTTAGE DE l'aUTRICHE PAR LA TURQUIE. — l'aU- TRICHE DEMANDE A LA FRANCE d'INTERVENIR.
26 novembre 1908.
LA grande politique autrichienne ne va pas tout à fait comme on l'espérait à Vienne. En Occident et en Orient, elle se heurte à des obstacles qui ne seront pas surmontés aussi facilement que se l'imaginait le baron d'Aehrenthal. Malgré les pressantes démarches et l'abondance d'arguments divers des ambassadeurs de Sa Majesté apostolique, l'Occident ne s'est pas laissé prendre aux sophismes de la littérature diplomatique du Ballplatz. L'opinion publique européenne se refuse à voir des agresseurs dans les victimes des convoitises austro-hongroises. Dans la monarchie dualiste elle-même, l'enthousiasme pour le risorgimento n'est plus aussi vif. Les fidèles sujets de l'empereur-roi commencent à s'apercevoir que la mise en œuvre d'une politique aussi flatteuse pour l'amour-propre national comporte certains inconvénients matériels. Satisfaits dans leur orgueil patriotique par l'annexion de deux provinces, ils se voient maintenant atteints dans leur bourse. C'est dans tous les pays un point très sensible. Il l'est particulièrement en ce moment en Autriche et en Hongrie où les commerçants, les industriels, ont à lutter contre les consé-
qiiences du ralentissement général des affaires avec des disponibilités financières réduites. Le boycottage de leurs marchandises dans l'empire ottoman a jeté dans leurs opérations la plus fâcheuse perturbation. Ils en éprouvent de si graves dommages que le gouvernement a dû se préoccuper de les rassurer. Il a recouru tout de suite aux moyens extrêmes. Le Conseil des ministres, réuni dimanche dernier à Vienne, a décidé que la Turquie serait immédiatement invitée à mettre fin au boycottage avant le 2 décembre, faute de quoi l'ambassadeur de François-Joseph partirait en congé.
Le marquis Pallavicini s'est en effet acquitté de cette mission près de la Porte. Conformément à ses instructions, il aurait ajouté que, si les bateaux austro-hongrois ne pouvaient pas procéder librement au débarquement de leur cargaison dans les ports ottomans, ils seraient accompagnés de vaisseaux de guerre qui assureraient par la force le débarquement. Nous ne croyons pas que cette démarche comminatoire intimide le gouvernement ottoman. Elle dépasse vraiment les bornes de la discussion diplomatique. La situation est très simple. En réponse à l'annexion de deux de leurs provinces, les Turcs n'ont ni déclaré la guerre, ni exercé de représailles. La Porte s'est contentée de notifier une protestation aux puissances signataires du traité de Berlin et de demander la réunion d'une Conférence. Mais la population a témoigné son ressentiment en mettant à l'index les marchandises de l'Etat spoliateur. Spontanément, d'un mouvement unanime, d'un bout de l'empire à l'autre, elle a refusé d'acheter et de consommer les produits austro-hongrois. C'est là l'exercice d'un droit absolu de chaque habitant. Le Cabinet de Constantinople n'en est à aucun degré responsable. On ne peut ni lui en demander raison, ni le sommer d'inter-
venir près des consommateurs. Le boycottage, il est vrai, a pris une autre forme, en ce sens que les portefaix ont refusé de coopérer au débarquement et à l'emmagasinage des marchandises austro-hongroises dans les ports. Si ces hamals étaient des fonctionnaires, les réclamations des commerçants lésés se comprendraient. Mais ce sont des ouvriers comme les autres, et l'on ne voit pas comment on pourrait les contraindre à effectuer un travail dont ils ne veulent pas se charger. Les plaintes ne seraient légitimes que si les fonctionnaires des ports s'étaient rendus coupables d'actes illicites ou incorrects. Mais ils n'ont ni le droit ni le pouvoir de forcer les hamals à travailler contre leur gré.
Il règne à Vienne, depuis les derniers événements, au moins dans les cercles officiels, un état d'esprit bien curieux. On y proclame qu'en se déclarant propriétaire de deux provinces dont on avait la simple jouissance, on n'a rien changé à l'état de fait et de droit en Europe. On feint de s'étonner de l'indignation des victimes. Lundi dernier, la Montags-Revue traitait les Serbes de voleurs. Maintenant, le gouvernement austro-hongrois prétend introduire de force, en Turquie, les articles de ses commerçants. Il dépouille les gens, et veut encore leur faire acheter sa marchandise. Bien plus, il prie les Etats étrangers de joindre ses instances aux siennes. Il vient de demander au Cabinet de Paris d'agir à Constantinople pour que M.Constans, de concert avec le marquis Pallavicini, exerce une pression sur la Porte. A ce point, l'inconscience est un danger public. Nous comptons fermement que M. Pichon éclairera le comte de Khevenhueller sur le rôle de la France dans les affaires d'Orient. Nous avons déjà donné, à Constantinople, à Belgrade, à Sofia, tous les conseils de modération désirables. Ils ont été suivis jusqu'ici. Peut-être
même avons-nous assumé de ce fait une responsabilité trop lourde. Nous n'irons pas plus loin en ce sens. C'est à Vienne aujourd'hui qu'il importe de conseiller la modération. Depuis que les négociations relatives à la réunion de la Conférence sont ouvertes, Vienne n'a pas fait un pas vers la conciliation. Le baron d'Aehrenthal s'est persuadé que son obstination aurait raison de la justice et de l'Europe. Quand il rencontre des obstacles, il nous convie à les abaisser pour lui. Le gouvernement français ne peut pas se charger de ces besognes. Ses intérêts propres, ses relations avec la Turquie, le sentiment de sa dignité et l'état actuel de l'opinion publique ne le lui permettraient pas.
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DISCOURS DE MM. DE PRESSENSé, JAURÈS, PAUL DESCHANEL ET PICHON. — LES QUESTIONS DU MAROC ET d'ORIENT NE DOIVENT PAS ÊTRE LIÉES.
27 novembre 1908.
UNE séance a suffi à la Chambre des députés pour voter le budget du ministère des Affaires étrangères. Mais elle a été bien remplie. La politique extérieure de la France a été examinée sous ses différents aspects, et, quoique la discussion des interpellations spéciales sur le Maroc doive venir seulement plus tard, on peut dire que, d'avance, le sujet a été épuisé. Les événements qui se sont déroulés cet automne dans Tempire chérifien et en Orient ont été, en effet, si étroitement enchevêtrés qu'il était impossible de parler des uns sans* parler aussi des autres.
A l'exception de MM. de Pressensé et Jaurès, tous les orateurs se sont plu à reconnaître que, dans la crise extrêmement grave que nous venons de traverser, le gouvernement au pouvoir avait été, suivant l'énergique expression de M. Ribot, le gouvernement de la France. Avec la fougue intempérante, la partialité violente et l'aveuglement qui caractérisent sa nouvelle manière depuis qu'il est entré au Parlement, M. de Pressensé n'a pas reculé devant les accusations les plus répugnantes. Emporté par la rage de
voir des criminels dans ses adversaires politiques qui n'ont pas pour les méthodes allemandes une admiration sans réserve, il a reproché à M. Pichon, dans les dernières négociations avec TAllemagne, d'avoir dénaturé les faits, interverti les dates, trompé le pays sur l'origine et les développements du conflit qui vient heureusement de se terminer par la signature de la convention d'arbitrage. Les faits étaient trop connus et trop récents pour qu'il fût soin de justifier le^ gouvernement sous ce rapport. Et personne n'aurait fait à l'orateur socialiste l'honneur de relever ses paroles, même quand il a opposé le patriotisme du prolétariat à celui des francs-fileurs de la bourgeoisie, s'il n'avait cru devoir corser son discours d'une impressionnante révélation destinée à ruiner la confiance de la France dans l'alliance russe. Il a prétendu avoir autrefois recueilli de la bouche d'un ministre des Aff'aires étrangères de Russie que la condition première mise à l'alliance par le gouvernement d'Alexandre III avait été la reconnaissance définitive du statu quo européen, c'està-dire du traité de Francfort et de ses conséquences. Le ministre des Affaires étrangères ne pouvait accueillir cette révélation que par un silence dédaigneux. Mais M. Ribot, qui n'a plus la responsabilité du pouvoir et qui connaît bien l'histoire de l'alliance franco- russe, a pu dire, aux applaudissements répétés de la Chambre, que, si un ministre russe avait tenu le propos, cela prouvait seulement qu'il n'avait pas été mis au courant des négociations entre les deux pays, et que, si l'engagement en question avait été demandé, il ne se serait pas trouvé un ministre de France pour y apposer sa signature.
En ce qui concerne le Maroc et l'Orient, nous sommes heureux de constater que les orateurs ont été unanimes à demander que les deux questions ne soient pas liées.
l8o L'EUROPE AU JOUR LE JOUR
M. Deschanel l'a déclaré dans les termes les plus vigoureux : Si la diplomatie française avait rattaché les négociations marocaines à celles de l'Orient, elle eût commis une faute redoutable ; elle eût risqué d'être la dupe et la victime d'une de ces illusions qui ont coûté si cher à Napoléon III, lorsqu'il se laissa entraîner en de périlleux marchandages suivis de cruels mécomptes. M. Pichon n'a pas hésité à le reconnaître. On lui avait reproché des hésitations' et des compromissions. Il a répondu nettement qu'il n'avait pas mêlé et ne mêlerait aux affaires d'Orient aucune question qui leur fût étrangère. Il est bon que cette parole ait été prononcée par le ministre à la tribune de la Chambre. Elle rassurera ceux qui avaient pu être induits en erreur à un certain moment sur les intentions du gouvernement et découragera définitivement ceux qui n'avaient pas renoncé à l'idée de nous compromettre.
Quant au Maroc lui-même, M. Pichon a résumé la situation en émettant l'espoir que la France serait bientôt en mesure de reconnaître le nouveau sultan, et en promettant d'entrer aussitôt après en relations avec lui « pour régler, dans des sentiments de conciliation et de bon vouloir, notre situation dans son empire, en ne nous inspirant que de nos conventions internationales, en même temps que de nos droits spéciaux ». Il n'y avait rien de plus à dire. Le gouvernement suit maintenant au Maroc une politique bien déterminée. Il est superflu de discuter rétrospectivement les diverses considérations qui ont pu, à une époque où les événements étaient incertains, le faire hésiter sur le parti à prendre dans des circonstances très délicates.
Comme il était naturel, c'est de l'Orient surtout qu'on a parlé. Tous les orateurs ont été d'accord pour témoigner la plus vive sympathie au nouveau régime inauguré dans l'empire ottoman. Tous ont souhaité que les malencon-
LES AFFAIRES ÉTRANGÈRES A LA CHAMBRE l8l
treuses complications survenues après la proclamation de l'annexion de la Bosnie et de l'Herzégovine par l'empereur François-Joseph ne viennent pas mettre en péril l'œuvre de la Jeune-Turquie. M. Deschanel a signalé le véritable danger. Tout en rendant hommage au rôle modérateur du Cabinet de Vienne en d'autres temps, il a spécifié que nos bonnes relations avec l 'Autriche-Hongrie ne devaient pas nous faire perdre de vue les intérêts légitimes des nationalités des Balkans, attendu que l'équilibre balkanique est un élément de l'équilibre européen. C'est pour maintenir cet équilibre que M. Ribot a prié aussi M. Pichon de travailler, dans la mesure de nos forces, à donner aux petites nationalités des Balkans les satisfactions qu'elles peuvent demander.
M. Pichon n'a pas eu de peine à démontrer que, dès la première heure, il a donné au nouveau gouvernement de Constantinople les marques les plus sincères de confiance et d'amitié, et que,, d'accord avec la Russie et l'Angleterre, il avait pris une part des plus actives aux négociations qui avaient pour but de réconcilier définitivement la Bulgarie et la Turquie. Sans autres préoccupations que le libre développement des institutions de la Jeune Turquie et des Etats qui l'environnent, la préservation de la paix de l'Europe et le respect des droits de chacun, il prépare ce qu'il appelle l'arbitrage de l'Europe dans les affaires orientales. Les applaudissements de la Chambre l'ont récompensé du rôle qu'il a su faire tenir à la France dans ces temps difficiles. Ils l'encourageront dans son œuvre de sagesse et de dévouement. Et l'histoire de l'arbitrage qui vient de se conclure à Berlin prouvera une fois de plus que, pour aboutir au résultat désiré dans les tentatives de conciliation, la bonne volonté et la loyauté ne suffisent pas ; il faut qu'il s'y joigne une fermeté inébranlable.
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