L'ITALIE ET L'AUTRICHE
DISCOURS SENSATIONNELS A MONTECITORIO. — M. FORTIS ACCLAMÉ PAR LA CHAMBRE ET FÉLICITÉ PAR M. GIOLITTl.
4 décembre 1908.
A Rome, les manifestations anti-autrichiennes viennent de passer de la rue dans le Parlement. Mais, à Montecitorio, elles ont une autre importance. Les journaux viennois et, jusqu'à ces derniers jours, la presse officieuse italienne s'attachaient à faire [croire que les démonstrations de la foule romaine devant le palais Chigi et le palaisde Venise étaient des mouvements populaires auxquels la partie saine de la nation restait étrangère. Le comte Lutzow ne s'en était pas offensé, il n'avait pas adressé de réclamations officielles au ministère des AflFaires étrangères. Il s'était contenté d'écrire à M .Tittoni une courte lettre personnelle pour l'informer purement et simplement de ce qui s'était passé devant l'ambassade d'Autriche-Hongrie. M. Tittoni avait répondu en exprimant les regrets du gouvernement et en assurant que les précautions étaient prises pour prévenir le retour de semblables incidents. Or, hier, à la Chambre des députés, l'Autriche a été plus malmenée qu'elle l'a jamais été dans les meetings de faubourg, et le président du Conseil des ministres est allé se jeter dans les bras de l'orateur qui a traité l'alliée de l'Italie comme sa pire ennemie.