‹ L'Europe au jour le jour (volume 3)Chapitre 54 sur 134 · LE DISCOURS DU PRINCE DE BULOW · texte numérisé non relu

LE DISCOURS DU PRINCE DE BULOW

l'affaire de CASABLANCA. — LE NOUVEAU^ RÉGIME EN TURQUIE. l'annexion de la BOSNIE-HERZÉGOVINE.

8 décembre 1908.

HIER lundi, le prince de Bûlow a prononcé au Reichstag un long discours sur la politique étrangère de r Allemagne. Il a parlé en homme d'Etat soucieux de défendre les intérêts et le prestige de son pays, d'attester sa fidélité à ses alliés et de ménager les susceptibilités des autres Etats. On ne pouvait attendre de lui aucune révélation, aucune déclaration sensationnelle. Personne ne pouvait douter que, dans l'exposé des affaires d'Orient, il chercherait à justifier l'attitude de l'Autriche. Il faut louer la manière dont il s'est acquitté de cette tâche un peu délicate. Tout en proclamant sa fidélité aux alliances, il n'a pas dit un mot qui pût encourager les alliés à se lancer dans une aventure. Quand il a donné l'assurance qu'il appuierait tous les eflPorts tendant au maintien de la paix, on peut ajouter entièrement foi à ses paroles : il connaît trop bien les véritables besoins de l'Allemagne pour l'engager, sans absolue nécessité, dans un conflit oriental. L'intérêt de la séance était ailleurs. On se demandait surtout comment le chancelier parlerait de l'Orient et de l'incident de Casablanca. Disons tout de suite, au sujet de

Page 1