IO
cette dernière affaire qui nous touche de plus près, que le prince de Bûlow s'est exprimé dans les meilleurs termes. Il a peut-être un peu appuyé sur l'expression simultanée des regrets avant la signature du compromis d'arbitrage. Mais c'était, en somme, assez naturel devant le Reichstag. Il a nettement reconnu que la connaissance exacte des détails de la bagarre du 25 septembre ne permettait plus d'exiger de la France des regrets préalables et que la solution adoptée était simplement une victoire de la saine raison. C'est ainsi que, nous aussi, nous avons accueilli ce dénouement pacifique. C'est dans ce même esprit que nous souhaitons que se règlent à l'avenir les autres différends marocains, s'il vient à s'en présenter. A la vérité,, nous n'en voyons aucun à l'horizon. Mais, sous ce rapport, le chancelier est moins optimiste. Il croit que le problème marocain recèle encore « plus d'une sorte de difficultés )). A notre avis, ce sont des difficultés qui ne peuvent prendre d'importance que si on leur en donne artificiellement. Pour sa part, la France est résolue à n'en pas faire naître et à ne pas les grossir. Si, contre son gré, il en surgissait de nouvelles, elle y ferait face avec la même sérénité qu'il y a un mois.
Quant à l'Orient, le prince de Biilow, comme tous les hommes politiques qui ont eu l'occasion d'exprimer publiquement leur opinion dans ces derniers temps, a reconnu que le changement de régime en Turquie dominait toute la situation. Il a déclaré que l'Allemagne s'était, dès le premier jour, sans aucune arrière-pensée, ralliée au nouveau gouvernement, et qu'elle rendait hommage au patriotisme, à l'intégrité des chefs du mouvement jeuneturc. « S'ingérer dans les affaires constitutionnelles des pays étrangers, a-t-il dit, c'est jouer le rôle d'un maître d'école. Nous n'y avons jamais songé. ^)