LA POLITIQUE ETRANGERE AU REICHSTAG
LA SOLIDARITÉ AUSTRO -ALLEMANDE. — LA QUESTION DE LA LIMITATION DES ARMEMENTS. — LE RÔLE DE M. DE HOLSTEIN.
II décembre 1908.
LA discussion sur les Affaires étrangères a continué hier au Reichstag. Elle a porté sur trois sujets principaux : le Maroc, la limitation des armements, et TO rient. Mais aucune de ces grandes questions n'a été traitée à fond. La séance n'aurait pas offert d'intérêt particulier si le discours d'un membre influent du parti démocratique, M. Conrad Haussmann, n'avait provoqué des réponses du chancelier et du ministre des Affaires étrangères. Sur le Maroc, c'est M. de Schœn qui a répondu. Il l'a fait brièvement en annonçant la prochaine publication d'un Libre Blanc actuellement en préparation, et en faisant remarquer que, l'incident de Casablanca et les questions qui s'y rattachent étant soumises à un tribunal arbitral, il convenait désormais d'observer à cet égard une grande réserve. Quant à l'Orient, le prince de Bûlow a répété que l'Allemagne se tenait aux côtés de l 'Autriche-Hongrie. « Nous croyons servir pour le mieux *la cause de la paix, a-t-il ajouté, en ne laissant aucun doute sur le caractère inébranlable de notre alliance et sur la gravité avec laquelle nous envisa-
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geons notre devoir d'allié. » Ce couplet en Thonneur du brillant second d'Algésiras ne surprendra personne.
Le chancelier a parlé aussi du projet de limitation des armements. En ce qui concerne l'armée de terre, il a déclaré que la paix ne serait jamais plus sérieusement menacée qu'à partir du moment où l'Allemagne commencerait à réduire ses armements au dessous du niveau exigé par sa position en Europe. Or, le gouvernement se réserve assurément le droit de mesurer lui-même ce niveau. Pour la flotte, le prince de Bûlow a affirmé que les constructions navales ne dépassaient pas ce qui était indispensable pour la protection des côtes et du commerce. C'est encore une question d'appréciation. Il a cru devoir protester en outre contre le reproche de n'avoir pas accueilli favorablement les propositions en faveur de la limitation des armements. Il a affirmé n'avoir jamais reçu de semblable proposition. Dans ces termes là, l'affirmation ne sera probablement pas démentie. Mais la question n'était pas très bien posée. Dans la première quinzaine d'août de cette année, Edouard VII, accompagné de Sir Charles Hardinge, son sous-secrétaire d'Etat permanent aux Affaires étrangères, a rendu visite à Guillaume II au château de Friedrichshof, près de Kronberg. Les personnes ordinairement bien renseignées croient savoir qu'au cours des conversations, pendant cette entrevue, il a été question d'une façon générale de la possibilité de limiter éventuellement les armements et que l'accueil de Guillaume II à cette ouverture aurait découragé son interlocuteur. C*est peutêtre à cela que faisait allusion M. Haussmann.
Le chef du parti démocratique a été plus pressant sur une affaire plus scabreuse, qui nous touche spécialement. Il a dirigé une attaque à fond contre le conseiller intime de Holstein, l'ancienne Eminence grise de la Wilhelmstrasse.