LE PARLEMENT OTTOMAN
D'après les renseignements parvenus jusqu'ici, les députés se composeraient, en majorité, de musulmans, divisés en deux fractions : celle des Jeunes-Turcs élus sous les auspices du comité Union et Progrès ; celle des libéraux, ou du parti « Osmanli Ahrar Firkaci ». Les Jeunes- Turcs seront de beaucoup les plus nombreux. Ils auront l'appui des députés arméniens. Les libéraux, qui ont échoué à Constantinople, ont pour chefs le prince Sabaheddine et Kemal-Bey, directeur de Vlkdam, ancien élève diplômé de l'Ecole des sciences politiques de Paris. Ils sont moins nationalistes que les Jeunes-Turcs. Ils inscrivent sur leur programme la participation, l'étroite collaboration de toutes les races à la direction des affaires de l'empire. On leur a reproché des tendances fédéralistes, qui ne semblent pas justifiées. Les députés grecs, quelques Syriens et même certains Arabes ont manifesté l'intention de voter avec eux. Les Grecs ont gardé rancune aux Jeunes-Turcs de les avoir éliminés de certaines circonscriptions où ils comptaient sur la majorité. On ne peut pourtant pas raisonnablement reprocher au comité Union et Progrès d'avoir pris les précautions nécessaires, même avec un peu d'arbitraire, pour que les opérations électorales ne tournent pas, contre l'équité, en faveur des éléments les mieux préparés à faire valoir leurs droits électoraux. Et l'on sait si les Hellènes sont d'habiles gens en la matière. Somme toute, il semble que les divers éléments ethniques seront représentés dans une honnête proportion. Les Bulgares ont été probablement les moins favorisés ; ils ont eu contre eux tous les Grecs et ils ne se sont pas entendus avec les Turcs. Les Roumains auront un député élu à Monastir. \
Pour qu'une Chambre aussi hétérogène, élue dans des conditions aussi exceptionnelles, puisse travailler utile-
ment à l'œuvre de régénération qui lui incombe, il lui faudra pour président un homme doué d'éminentes qualités. On avait pensé que ce grand rôle pourrait être honorablement tenu par Maniassi Zadé Refik Bey, avocat à Salonique, qui a joué un rôle prépondérant dans le comité Union et Progrès de Salonique. Mais il vient d'être nommé ministre de la justice, en même temps que son grand ami^ Hussein Hilmi Pacha, l'inspecteur général en Macédoine, a été chargé du ministère de l'intérieur. Hilmi Pacha et Refik Bey sont probablement destinés à devenir, avec Ahmed Riza Bey, les principaux personnages politiques du nouveau régime. Hilmi Pacha, qu'on désigne déjà comme le successeur de Kiamil Pacha au grand vizirat, deviendrait le chef du gouvernement. Refik Bey défendrait le ministère devant les Chambres et Ahmed Riza Bey serait le leader de la majorité. Tous trois sont des hommes du plus haut mérite. Ils ont une lourde tâche devant eux. Nous souhaitons qu'ils s'en acquittent à leur honneur et que, avec l'aide des représentants de la nation, ils ouvrent à l'empire ottoman une ère de concorde et de prospérité.
^é^\é^'\é^\é^\ér'\é^\é^^ér\éé^\é^-\ér\é^\éf\»r\»r\t^\ér-\ér\é^\é^\tr-\t^\»*'\»^\ér\é^Ké^ .é^ .3^ é^