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LES NEGOCIATIONS AUSTRO-TURQUES

l'offre D^INDEMNITÉ autrichienne. — LES CONDITIONS DU

Ballplatz.

12 janvier 1909.

UNE dépêche de Constantinople annonçait hier, d'après le Tanin et la Yeni-Gazetta, que le gouvernement ottoman, après délibération en Conseil des ministres, avait refusé l'offre de l 'Autriche-Hongrie consistant à offrir à la Turquie une indemnité de 57 millions de francs en compensation de l'abandon des droits de souveraineté du sultan sur la Bosnie et l'Herzégovine. Ces deux journaux, qui défendent les idées du comité Union et Progrès, étaient mal informés. Suivaut les dernières nouvelles de Constantinople, le Cabinet ottoman n'aurait pas encore pris de décision définitive hier au soir. Nous sommes heureux de constater que les négociations n'ont pas été rompues et nous souhaitons qu'elles finissent par aboutir à un arraiigement équitable. Mais on aurait tort, croyons-nous, d'ajouter entièrement foi aux dépêches de Vienne qui font prévoir une entente pour aujourd'hui ou demain. Les organes officieux de la chancellerie du Ballplatz déclarent que la proposition autrichienne est tellement magnanime que Kiamil-Pacha doit se hâter de saisir cette occasion inespérée. Le fait est que, si le baron d'Aehrenthal avait offert

une indemnité raisonnable dès le début de l'affaire, le différend ■ austro-turc n'aurait probablement jamais pris une tournure menaçante. Maintenant, après l'attitude comminatoire du Cabinet de Vienne, la réunion du Parlement ottoman, l'application du boycottage dans presque toutes les parties de l'empire, les difficultés sont infiniment plus grandes. En outre, la proposition soumise à la Porte par le marquis Pallavicini est loin d'être aussi claire qu'on l'a cru tout d'abord.

Elle comporte une restriction, conçue en termes sybillins, dont nous avons aujourd'hui le texte sous les yeux. Après avoir énoncé que la somme de deux millions et demi de livres turques est offerte en compensation des anciens domaines d'Etat turcs en Bosnie et en Herzégovine, la Note ajoute : « Mais, comme il n'est pas tout à fait clair s'il s'agit de propriétés de l'Etat ottoman ou de propriétés des deux provinces, le gouvernement austro-hongrois subordonne son offre à la condition que cette question de droit soit tranchée d'une manière authentique, éventuellement au moyen d'un arbitrage. » Que peut bien signifier exactement cette phrase entortillée ? L'indemnité proposée serait-elle versée seulement après qu'il aurait été établi qu'il existe dans les deux provinces des domaines d'Etat pour une valeur de deux millions et demi de livres ? Serait-elle sujette à réduction dans le cas où ces domaines ne représenteraient pas cette valeur? Ou bien le débiteur serait- il simplement différent, l'Etat austro-hongrois pour les domaines d'Etat, la Bosnie et l'Herzégovine pour les domaines provinciaux ? On se demande quelle arrière-pensée peut bien receler ce dernier paragraphe. En effet, ou bien il ne modifie pas le paragraphe précédent, et il est absolument inutile, ou bien il le modifie, et alors il l'annule. Car si la Turquie devait attendre que la question de droit pu-

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