LA CRISE SERBE
est, elle se reconnaît impuissante. Or, en prenant l'initiative de mesures qui pourraient être considérées comme un casus belHy elle s'aliénerait du même coup les sympathies des puissances occidentales. Elle ferait le jeu de son adversaire. M. Milovanovitch le sait sans doute mieux que personne.
Nous sommes donc heureux d'apprendre que le Cabinet Velimirovitch reste au pouvoir. Son programme a été approuvé à l'unanimité par la Skoupchtina. Il va jusqu'à l'extrême limite de ce que l'on peut proposer. Aucun Cabinet n'aurait pu aller plus loin. Il n'existe donc aucune raison pour les patriotes exaltés de désirer un changement. Les Etats étrangers, au contraire, souhaitent vivement que la Serbie, dans son propre intérêt, n'émette que des prétentions effectivement réalisables. On ne voit pas encore très bien comment on pourra lui donner satisfaction sans compromettre la paix. Les esprits sont encore trop excités ou trop prévenus pour que les solutions les plus avantageuses et les plus équitables soient adoptées. Mais l'avenir leur est ouvert. Peut-être même, avant la réunion de la Conférence, les idées auront-elles fait un progrès sensible dans ce sens. En attendant, la Serbie doit s'attacher à maintenir les rapports les plus cordiaux, les plus confiants, les plus étroits, avec la Turquie et ses voisins des Balkans. Ce qu'elle ferait sans eux ou contre eux tournerait certainement contre elle.
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