‹ L'Europe au jour le jour (volume 3)Chapitre 87 sur 134 · LA CRISE TURCO-BULGARE · texte numérisé non relu

LA CRISE TURCO-BULGARE

TENSION TURCO-BULGARE. — LES INDEMNITÉS, LES CHEMINS DE FER ORIENTAUX ET LES FRONTIÈRES.

31 janvier 1909.

LES rapports entre Constantinople et Sofia sont redevenus aussi tendus qu'au lendemain de. la proclamation de rindépendance bulgare. Les dépêches de ces derniers jours étaient confuses, sinon contradictoires. L'optimisme de certaines allait jusqu'à faire prévoir un accord très prochain. Aujourd'hui, l'optimisme n'est j>lus permis. Il ne faut sans doute pas désespérer du règlement pacifique du conflit. Il ne faut pas non plus se dissimuler que les négociations seront très dures.

D'après les informations publiées ces jours-ci, on pouvait supposer que les Cabinets de Constantinople et de Sofia n'étaient pas loin de s'entendre sur le montant de l'indemnité en échange de laquelle la Bulgarie obtiendrait la reconnaissance de son indépendance par la Turquie. On annonçait, en effet, que la Porte, après avoir baissé ses prétentions jusqu'à 145, puis à 120 millions, serait finalement disposée à se contenter de 100 millions. Comme la Bulgarie, au moment des pourparlers de M. Liaptchef à Constantinople à la fin de décembre, avait offert 82 millions et qu'il existait de sérieuses raisons de croire que ce

n'était pas son dernier mot, l'entente paraissaitassurée. Mais on ne voyait pas, on ne voulait pas voir ce qu'il y avait derrière ces chiffres. L'offre bulgare se décomposait ainsi : 36 à 40 millions pour la capitalisation du tribut rouméliote qui s'élevait à 2.459.00 francs ; 42 à 46 millions pour le rachat des droits de propriété et d'exploitation des chemins de fer orientaux. La demande turque de 145 millions s'appliquait également à ces trois objets. En la faisant descendre à 100 millions, Kiamil Pacha posait une alternative : ou bien il serait procédé à une rectification de frontière dans la région de Kirdjali (environ quarantedeux villages) et dans le territoire contigu de Bistéré, ou bien l'indemnité serait afférente exclusivement à la reconnaissance de l'indépendance et la Bulgarie aurait à racheter plus tard les droits relatifs aux chemins de fer rouméliotes. Dans le cas où cette dernière combinaison serait agréée, la Porte donnait à entendre qu'elle ne presserait pas, en ce qui la concernait, le gouvernement bulgare au sujet du règlement de l'indemnité supplémentaire à fixer pour la propriété des chemins de fer. Seulement le Cabinet de Sofia aurait eu à s'entendre directement avec la Société des chemins de fer orientaux pour la fixation et le payement des dommages-intérêts afférents au droit d'exploitation.

La note bulgare, que nous avons analysée hier, est une réponse à ces propositions, formulées officieusement ou officiellement. Elle rejette les deux termes de l'alternative. Le Cabinet de Sofia déclare qu'il ne veut pas entrer en discussion sur la question de rectification de frontière et que son offre de 82 millions est globale, comprenant toutes indemnités à la Turquie et à la Société des chemins de fer orientaux.

Les puissances sigiiataires du traité de Berlin sont una-

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