LA CRISE TURCO-BULGARE 31I
nimes à conseiller au Cabinet ottoman de ne pas insister sur la question de frontière. Il est fort possible qu'une rectification, n'impliquant pas forcément d'agrandissement pour l'une des parties, soit désirable dans l'intérêt des relations futures des deux pays, si la frontière est effectivement indécise sur quelques points. Toutefois, le moment est trop critique pour qu'on procède maintenant à une opération aussi délicate. Une discussion sur la possession d'un seul village pourrait mettre le feu aux poudres. La conclusion d'un accord risquerait d'être indéfiniment ajournée. Reste la question d'argent. Les grandes puissances semblent aussi toutes d'avis qu'une transaction s'impose. Elles difltèrent seulement d'opinion sur la manière d'intervenir. Comment ne pas froisser les intérêts très légitimes des Turcs et ne pas surexciter le chauvinisme bulgare ? Tout le monde insistera pour que le Cabinet de Sofia se décide à pousser son offre jusqu'à loo millions. Une charge supplémentaire de i8 millions n'alourdira pas sensiblement la dette bulgare. D'autre part, les Etats où doit être émis l'emprunt destiné à payer la Turquie tiendront certainement compte à l'emprunteur de sa concession, de sorte que, tout compte fait, l'annuité d'intérêts ne serait probablement pas beaucoup plus forte que pour 82 millions. De son côté, la Turquie donnerait une nouvelle preuve d'esprit de conciliation et de magnanimité en abaissant le montant "de ses justes réclamations. Quelques millions de plus ou de moins ne valent pas le risque d'une guerre au moment où toutes les énergies ottomanes doivent être consacrées à l'œuvre de la rénovation. Elle aussi, en se prêtant à une honorable transaction, pourrait recueillir, sur un autre terrain, des avantages financiers au moins équivalents à ce qu'elle abandonnerait. Plusieurs combinaisons sont à l'étude
en ce moment. Les diplomates doivent ne pas perdre un instant pour les mettre sur pied, et user de toute leur force de persuasion pour faire accepter aux deux gouvernements en conflit la solution qui paraîtra la plus équitable.
\ér\éf\é^\é^\é^'%é^\é^\é^\é^\é^\é^'\^\é^\éf-%h^\ér\é^\é^\éf\é^\é^'\é^\éf\é^'%ér\é^'^é^\éf'^