M. REGNAULT A FEZ
péens, elle ne cherchait ni à couvrir Abd el Aziz de son drapeau, ni à écraser Moulai xHafid, ni à introniser dans une des capitales chérifiennes un prétendant qui serait son client. Par les armes, elle poursuivait une œuvre de paix. Or, la paix véritable, autant qu'elle peut exister au Maroc, ne pouvait s'obtenir qu'avec un sultan accepté librement par les Marocains. Quand il devint évident qu'Abd el Aziz avait perdu toute autorité et tout prestige, et que Moulai Hafid était porté au pouvoir suprême par un mouvement, sinon unanime, du moins assez général des populations makhzen, la France ne fit en principe aucune objection contre la reconnaissance de l'homme qui l'avait combattue. Elle se contenta de le forcer à reconnaître lui-même les obligations dérivant de la guerre qu'il nous avait faite et de la qualité de sultan qu'il réclamait. Ceci obtenu, elle s'est associée à toutes les puissances signataires de l'Acte d'Algésiras pour donner l'investiture européenne à Moulai. Hafid. Elle n'a pas a le regretter. Moulai Hafid a senti le poids de nos armes. Il a mesuré nos forces et notre influence. Il connaît la valeur des encouragements antifrançais. Il sait maintenant où est son intérêt, de quoi dépend la solidité de son trône. Nous n'hésitons pas à dire que, tout bien considéré, pour nous et pour l'avenir des relations marocaines, il vaut mieux avoir pour sultan Moulai Hafid, sauvé par notre générosité, qu'un prétendant installé par la force, sans cesse combattu par ses sujets, toujours cramponné à notre drapeau.
Aussi augurons-nous bien des négociations qui viennent de s'engager à Fez. C'est à la demande de Moulai Hafid que M. Regnault s'est rendu dans sa capitale. L'autorité de notre ministre est accrue et non diminuée par les souvenirs de la Chaouïa. Il ne l'emploiera, d'ailleurs.
que pour faire prévaloir les droits les plus légitimes. Ses instructions sont précises et claires. M. Pichon les a exposées à la Chambre, le i8 septembre, avec une entière loyauté qui a convaincu tout le monde. Du côté de la Chaouïa, il s'agit de préparer l'évacuation en pernant des précautions telles que nous ne soyons pas exposés à recommencer une expédition pour venir à bout de la turbulence des tribus. Du côté de la frontière algérienne, il s'agit d'établir « un état de sécurité entre les deux gouvernements », d'organiser une police pour la surveillance des marchés et des routes, de créer de nouveaux marchés. Quant à la région frontière où des mesures doivent être prises, elle comprend « les territoires où résident, campent et se meuvent traditionnellement les tribus marocaines, sédentaires ou nomades, en contact ou en relations habituelles avec les tribus algériennes ». Au Maroc même, la France donnera au sultan le concours convenu pour l'instruction de ses troupes. Il faudra enfin régler la question de l'indemnité. C'eût été une duperie incompréhensible de notre part de renoncer à recouvrer nos frais d'occupation militaire. Mais nous n'avons l'intention ni de surcharger le Maroc, ni de compliquer la tâche du nouveau sultan. L'entente ne doit donc pas être difficile à établir entre M. Regnault et Moulaï Hafid. Il suffira qu'aucune influence extérieure ne vienne se mettre à la traverse. Mais le temps où ces influences désiraient s'exercer et pouvaient le faire efficacement est passé. Nous avons accepté l'Acte d'Algésiras. Dans cette limite nous exercerons tous nos droits, suivant nos propres convenances. Il n'est besoin, pour cela, ni de conclure de nouveaux accords, ni de consentir . des sacrifices, n'importe où, à n'importe qui.
-\ér\é^\»^\ér\éf\ér\é^'\é^\é^'hé^\é^\éf'\ér\é^-\é^\éé^\é^\é^-^r\ér\é*\éé^\*^\é^\é^\é^\éé'\é^\é^-\é^