‹ L'Europe au jour le jour (volume 3)Chapitre 97 sur 134 · ACCORD FRANCO-ALLEMAND SUR LE MAROC · texte numérisé non relu

ACCORD FRANCO-ALLEMAND SUR LE MAROC

nous soupçonner de les trahir. Les chancelleries européennes sont au courant de la situation. Elles accueilleront toutes, avec la même satisfaction que nous, l'événement qui délivre l'Europe d'un cauchemar.

Notre correspondant de Berlin nous le télégraphiait hier : l'Allemagne reconnaît franchement le fait de l'Entente cordiale, elle ne veut plus songer à nous brouiller avec l'Angleterre. Devant la résolution de notre gouvernement, elle finit par s'incliner de bonne grâce. C'est l'autre signification de la déclaration du 9 février, et ce n'est pas la moins importante. Le système des alliances et des ententes n'est pas modifié. Nous restons aussi fermement attachés que par le passé à la Russie et à l'Angleterre. Nous continuerons de poursuivre avec elles, dans un esprit de mutuelle confiance, avec plus de sécurité, une politique de paix et de progrès général. M. Pichon vient de rendre à son pays un service digne d'un homme d'Etat. Avec M. Jules Cambon, qui a donné une nouvelle preuve de sa ttès grande habileté, il mérite toute notre reconnaissance. Il n'est que juste aussi de rendre hommage à l'empereur Guillaume II, au prince de Bùlow et à M. de Schœn. Ils se sont certainement inspirés avant tout des intérêts bien entendus de l'Allemagne, mais ils ont admis aussi la légitimité des nôtres. C'est un grand résultat.

DÉCLARATION DU 9 FÉVRIER I909 ENTRE LA FRANCE ET l'aLLEMAGNE

Le gouvernement de la République française et le gouvernement impérial allemand, animés d'un égal désir de faciliter l'exécution de l'Acte d'Algésiras, sont convenus de préciser la portée qu'ils attachent à ses clauses, en vue d'éviter toute cause de malentendus entre eux dans l'avenir.

En conséquence, Le gouvernement de la République française, entièrement attaché

au maintien de Tintégrité et de l'indépendance de l'empire chérifien, résolu à y sauvegarder l'égalité économique et, par suite, à ne pas y entraver les intérêts commerciaux et industriels allemands.

Et le gouvernement impérial allemand ne poursuivant que des intérêts économiques au Maroc, reconnaissant d'autre part que les intérêts politiques particuliers de la France y sont étroitement liés à la consolidation de l'ordre et de la paix intérieure, et décidé à ne pas entraver ces intérêts.

Déclarent qu'ils ne poursuivront et n'encourageront aucune mesure de nature à créer en leur faveur ou en faveur d'une puissance quelconque un privilège économique et qu'ils chercheront x associer leurs nationaux dans les aflaires dont ceux-ci pourront obtenir l'entreprise.

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