TROUBLES A BUDAPEST
24 mai 1912.
Le mécontentement causé dans les masses populaires hongroises par l'échec cbs pourparlers entre le gouvernement et le parti de l'indépendance au sujet de la réforme électorale n'a pas tardé à se manifester bruyamment. Le remplacement de M. de Navay à la présidence de la Chambre des députés par le comte Etienne Tisza a été une autre source d'irritation, car on v a vu l'indication de la volonté de la majorité de venir à bout par la force de la résistance de la minorité. Comme il arrive souvent en pareil cas, la déception des masses s'est traduite en violences de tous genres. La fin de la journée d'hier à Budapest a pris un caractère révolutionnaire. Des collisions sanglantes se sont produites entre la foule, la police et la troupe. Des deux côtés on signale de nombreuses victimes. Le gouvernement a eu grand 'peine à rétablir l'ordre et de nouvelles explosions sont toujours à redouter. Comme nous le disions hier, il subsiste un désaccord fondamental entre le gouvernement légal et l'opinion publique générale. La répression peut être employée avec succès cette fois et peut-être d'autres fois encore ; elle ne résoudra pas le problème politique hongrois. Il convient de se rappeler que l'empereurroi, l'archiduc-héritier et toutes les nationalités nonmagyares sont favorables à une large réfoime électorale. Dans ces conditions, il semble impossible que la majorité parlementaire actuelle, élue grâce à une pression administrative et matérielle poussée au dernier degré, puisse •journer indéfiniment cette réforme.