LA POLITIQUE DU CABINET GOUNARIS ET L'ORIENT
ii mars 1915.
Le chargement de ministère en Grèce a mr en ébullition toutes les imaginations des pêcheurs en eau trouble. Pourtant cet événement d'une importance exceptionnelle pour la Grèce n'a en soi rien de nature à modifier la situation respective des puissances. La Grèce et it neutre, elle reste neutre, cette neutralité conserve le même caractère. Le programme du Cabinet Gounaris, dont on publie un résumé ce matin, ne fait prévoir aucun changement dans la direction de la politique extérieure de li Grèce. M. Venizélos, qui a des vues d'homme d'État, croyait que le moment était venu d'intervenir militairemei t. Le roi gé autrement et M. Gounaris
partage son opinion. Les destinées de l'Hellade peuvent en recevoir un coup irréparable. Mais, au point de vue des relations internationales, rien d'essentiel n'est changé. Le nouveau gouvernement grec n'inaugure pas une nouvelle politique : il se cantonne dans l'ancienne, en refusant de prendre une initiative décisive. LTne politique de prudence et d'expectative succède à une politique de prévoyante fermeté. Jusqu'ici ce n'est que cela. Rien n'autorise à dire que le Cabinet Gounaris veuille autre
chose. Rien surtout n'indique que la nation grecque serait disposée à le suivre dans une autre voie.
Toutefois il est naturel que la diplomatie germanique cherche à tirer parti d'un changement de ministère que le public européen peut considérer comme un échec des Alliés. On comprend également que la Bulgarie s'efforce de reconquérir les sympathies de ceux-ci. Mais, dans ses premières tentatives, on retrouve le même esprit qui a causé ses déboires. Elle prétend toujours ne prêter ses services que contre la promesse inconditionnelle de l'annexion de toute la Macédoine. C'est-à-dire qu'elle revendique ce que le traité de Bucarest lui a enlevé et ce qu'il a donr.é aux autres puissances balkaniques. Ainsi la coopération bulgare impliquerait la guerre à la Grèce, l'abandon de la Serbie et peut-être la brouille avec la Roumanie. C'est beaucoup en échange de services dont il est malaisé d'apprécier la valeur. Il est à supposer que la Bulgarie, une fois l'accord conclu avec les Alliés, emploierait plutôt ses forces contre les Balkaniques que contre la Turquie et l'Austro-Allemagne.
En Roumanie et en Italie, les agents de Vienne et de Berlin se démènent avec un redoublement d'énergie. Ils attisent la méfiance coï.tre la Russie. Ils répandent à Rome le bruit que les Alliés méditent d'exclure l'Italie du partage de l'empire ottoman. Toutes ces manigances ne pourront détourner les gouvernements intéressés de la poursuite de leurs intérêts essentiels, et ceux-ci ne peuvent être solidement assurés que par la victoire des puissances gardiennes de l'équilibre sur les puissances germaniques aspirant à l'hégémonie. En ce moment les Alliés ne se partagent ni l'empire ottoman, ni l'Europe, ni le monde. Tous leurs efforts sont concentrés sur le succès des opérations militaires. Ils ont été attaqués, ils
se déferdent, ils ne poseror.t les ?rmes qu'après s'être prémunis contre tout retour offensif des nations de proie>. Chacun le sait en Europe. Chacun peut se guider d'après cela.
les efforts du prince de bulow a rome. — l'invraisemblance d'un arrangement austro-italien.
12 mars 19 15.
Tout indique que l'Allemagne ter te en ce ntoment un suprême efTcrt poir détourner l'Italie d'intervenir. Lur.di, M. Sonnino a eu avec le r rince de Biilow un long entretien qui a été suivi d'un conseil des ministres d'une durée anormale. Avant-hier mercredi, r^mbassedeur d'Allemagne a longuement conféré avec M. S^lardra. Ces entretiens avaient été précédés d'une entrevue confidentielle, restée plusieurs jours secrète, ei tre le président du Conseil et M. Giolitti, au domicile de ce dernier. La semaine dernière, le ccmte Tisz?. a eu à Vienne une ai dierce de l'emperei r-rci d'une telle importance que la presse austrc-alleman.de a Lissé enter dre que le président du Conseil hongrois pourrait bien très prochainement être nommé chancelier de la monarchie. L'élévation du ccmte Tisza à cette dignité, dort le comte Beust fut revêtu le dernier et que n'eut aucun de ses successeurs au poste de ministre commun des affaires étrangères, coïnciderait vraisemblablement avec des arrangements qui feraient r. révaloir les intérêts de la Hongrie sur cei \ de l'Autriche. Elle cadrerait assez bien avec une cession ou promesse de cession du Trertin à l'It? lie, err les
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Hongrois feraient bon marché de cette province pour sauver la Transylvanie. Seulement, si cette combinaison se réalisait, la Roumanie dupée devrait courir aux armes. On voit que, même dans l'hypothèse d'un accord de l'Austro -Allemagne avec l'Italie, la situation de l' Autriche-Hongrie ne serait pas sensiblement améliorée.
Mais, jusqu'ici, rien ne fait supposer que cet accord soit sur le point de se conclure. La seule chose à peu près sûre est que le prince de Bùlcw promet au Cabinet de Rome que l'Allemagne s'emploiera de toutes ses forces à persuader l'Autriche de céder à l'Italie le Trer.tin et le Frioul jusqu'à llsonzo. Par contre, il est très douteux qu'il soit autorisé par le Cabinet de Vienne à négocier en ce sers. La Stampa et le Morning Post affirment même que l'Autriche a officiellement refusé de traiter avec l'Italie. Alors H semble bien que la négociation actuelle réponde au plan de la Gazette de Francfort que nous découvrions l'autre jour : « l'essentiel pour le moment consiste non p2s à conclure, mais à négocier. » On ferait danser l'appât des provinces irrédimées devant l'Italie jusqu'à la fin de la guerre et, après, on s'arrangerait suivant les circonstances. Malheureusement pour les Machiavels de Berlin, ni le gouvernement, ni le peuple italien ne paraissent disposés à tomber dans le piège. Ils réclament une certitude. C'est pourquoi l'on croit généralement à Rome que la question sera prochainement tranchée d'une façon ou de l'autre. Dans son discours de Gaëte, dimanche dernier, M. Salai dra l'a suffisamment fait pressentir en déclarant : « Je 'vous dis, avec un esprit profond et la conscience angoissée — con profonda mente et angosciata coscienza — que nous ferons tous notre devoir avec l'aide de Dieu, sur l'ordre du roi et pour la gloire de la patrie. » Les mots en italiques avaient
été supprimés dans le compte rendu télégraphié par l'agence Stefani. Ils ont été rétablis par le Giornale d'Italia, organe de M. Sonnino. Cette rectification mérite d'être relevée.
Pour que les efforts du prince de Biilow aboutissent, il Ludrait que l'Autriche ne fût plus l'Autriche et que l'Allemagne ne fût plus l'Allemagne. Les professeurs sans élèves qui versent leur copie dans les journaux de Vienne et de Berlin ont beau soutenir que la race allemande domine dans une grande partie de l'Italie, que les modèles des grands peintres italiens sont des types allemands, que la langue italienne abonde en mots germaniques, que l'élément germanique, quand il s'est mêlé à l'élément latin, celte ou slave, l'a toujours emporté, et que l'Italie dcit posséder Malte comme l'Espagne Gibraltar, ces considérations scientifiques et ces provocations contre l'Angleterre ne flattent ni ne convainquent personne dans la péninsule. Les raisons profondes de conflit entre l'Autriche et l'Italie, sont bien connues ; aucun professeur germanique n'y changera rien. L'Italie tient à sortir de la guerre européenne avec les provinces irredente de sa frontière du nord-est, la suprématie dans l'Adriatique et de Lirges perspectives dans le bassin orienal de la Méditerranée. Or l 'Austro-Allemagne ne veut à aucun prix céder Trieste ; elle veut rester de pair avec l'Italie dans l'Adriatique ; elle est incapable d'assurer à quiconque quoi que ce scit dans la Méditerranée, où les Alliés possèdent l'absolue maîtrise de la mer. Bien plus, l'empereur François-Joseph est foncièrement hostile à la ion du Trentin. Les Italiens devinent facilement que, si, par nécessité du moment, on leur cédait sur le papier cette région, ce ser, it a^ec l'intention de la repreadre dès qu'on serait en mesure de parler haut. Enfin ils
savent aujourd'hui de source certaine — le Corriere délia Sera vient de publier à ce sujet un document édifiant — que la Turquie, d'accord avec l'Allemagne, a fomenté contre eux la guerre sainte en Libye.
Le Corriere délia Sera du n mars exprime l'opinion de tous les gens raisonnables en disant : « A supposer que l'Autriche ait. changé ou soit sur le point de changer sa manière et son esprit, et qu'elle croie venu le moment d'offrir et de céder, qui nourrit l'illusion que ce soit pour offrir et céder ce qui nous convient, ce qui est de notre intérêt, c'est-à-dire le territoire qui garantisse absolument le retour des régions italiennes à l'Italie, et les frontières naturelles, fondements de notre sécurité militaire et politique? Que ceux qui veulent entretenir ces illusions le fassent : nous, non. »
L'INCIDENT DE L' « EITEL-FRIEDRICH ». — LE COULAGE DU « WILLIAM-P.-FRYE ».
15 mars 1915.
On ne sait pas encore comment se dénouera l'incident provoqué par l'entrée du croiseur allemand Prinz-Eitel- Friedrich dans un port de l'Etat de Virginie. Ce qui est certain dès à présent, c'est qu'il suscite au delà de l'Atlantique une émotion très vive et met l'Allemagne dans un grave embarras. Le gouvernement de Washington se livre à des enquêtes et semble n'avoir pas grande hâte de décider l'attitude qu'il va prendre. Peut-être espèret-il que l'Allemagne, de sa propre initiative, présentera
des excuses et offrira une réparation. Peut-être aussi attend-il, avant d'adopter un parti, que l'Angleterre et la France aient précisé de façon plus complète la portée des résolutions qui ont été annoncées le rer mars par M. Asquith à la Chambre des Communes et qui tendent à empêcher tout commerce maritime avec l'Allemagne. On ne voit pas bien, à vrai dire, la connexjté qui peut exister entre les deux questions, qui sont absolument distinctes. Quoi qu'il en soit, les journaux des États-Unis continuent à réclamer avec énergie la satisfaction due à leur pays, tandis que de son côté la presse allemande s'abstient prudemment de se prononcer avec netteté sur la question.
On se rappelle comment elle s'est posée. \JEitel- Friedrich, contraint par le manque de provisions ou par une avarie, a dû faire relâche à Newport-News, un port de la côte orientale des États-Unis. C'était un ancien paquebot du Norddeutscher Lloyd qui se trouvait sur les côtes de Chine au commencement de la guerre et qui a été transformé alors en croiseur, on ne sait pas au juste comment. Le 6 novembre dernier, on retrouve sa trace de l'autre côté du Pacifique, à Valparaiso. A partir de cette date, il a attaqué et détruit onze bateaux de commerce avant d'entrer à Newport-News. S'il ne se trouvait pas dans le cas particulier que l'on sait, le traitement à lui appliquer dans le port américain serait des plus simples. Ordinairement, d'après l'article 12 de la douzième convention de La Haye de 1907, un bateau de guerre belligérant réfugié dans un port neutre n'y peut rester que vingt-quatre heures, sauf le cas de mauvaise mer ou d'avaries. S'il a besoin de réparations, celles-ci doivent être effectuées le plus rapidement possible et se borner au strict nécessaire. Quand elles sont terminées,
le navire doit immédiatement reprendre la mer. S'il n'est pas sorti dans les délais prescrits, il doit être retenu jusqu'à la paix dans le port neutre. Voilà le droit commun. Mais V Eitel-Friedrich n'est pas dans le droit commun. Parmi les onze bateaux qu'il a coulés pendant sa courte carrière de croiseur, il s'en trouve un qui portait le pavillon des États-Unis et s'appelait le William- P.-Frye, du nom d'un sénateur de Washington décédé. Il était chargé de blé à destination de l'Angleterre. Rencontré en mer, dans l'Atlantique, le 27 janvier, par le croiseur allemand et sommé de s'arrêter, il a obéi. Les marins de V Eitel-Friedrich l'ont abordé, ont commencé à jeter sa cargaison à la mer ; puis, comme ils trouvaient que cette opération durait trop' longtemps et qu'ils avaient hâte de courir à d'autres exploits aussi glorieux, ils se sont interrompus dans cette besogne et ont mieux aimé couler le bateau avec ce qui restait de blé dans sa cale, après avoir recueilli l'équipage. Qu'ils aient eu ensuite l'imprudence et l'impudence d'entrer dans un port du pays même dont ils avaient ainsi traité les nationaux, cela peut paraître étonnant ; mais sans doute ils ont cédé à la nécessité. En tout cas, on se demande maintenant, à la Maison Blanche, ce qu'on va faire d'eux et du bateau qui les porte.
Que l'Allemagne, représentée par eux, ait commis envers les États-Unis une grossière et impardonnable violation du droit des gens, cela n'est pas sérieusement contestable. Le William- P. -Frye était un bateau américain ; personne ne le nie. Il avait à bord une cargaison de blé adressée, il est vrai, à un des belligérants, mais qui, d'après les déclarations faites par l'Allemagne ellemême antérieurement au 27 janvier, n'avait le caractère de contrebande de guerre que si elle était expédiée pour
nourrir l'armée de terre ou de mer anglaise, et ce n'était pas sa destination. Alors même qu'elle aurait eu le caractère de contrebande de guerre, ce qui n'est pas, YEitel- Frîedricli pouvait avoir le droit éventuel de confisquer la marchandise, mais non celui de couler le navire, à moins d'une nécessité absolue qui, certainement, n'existait pas. On essayerait en vain d'embrouiller la question en y mêlant les controverses suscitées, soit par le manifeste allemand du 2 février qui a prétendu interdire aux neutres l'approche des côtes de la Grande-Bretagne, soit par les récentes déclarations faites au nom de la France et de l'Angleterre. Quand le William- P. -Frye a été pris et détruit, le manifeste allemand du 2 février n'avait pas vu le jour, et d'ailleurs le lieu de la capture était fort éloigné des rivages anglais ou irlandais. Quant à la déclaration anglo-française, elle est encore postérieure et les cas qu'elle vise n'ont rien de commun avec celui de YEitel-Friedrich et du William- P. -Frye. Il n'y a, par conséquent, aucune excuse à invoquer en faveur du bateau allemand. L'incertitude ne peut exister que sur la sanction. Si les États-Unis laissent partir en paix le croiseur aussitôt après sa réparation, il sera probablement attaqué et détruit par les navires anglais et français qui le guettent à la sortie des eaux territoriales : ce sera un acte de justice auquel tout le monde applaudira ; mais les États-Unis eux-mêmes n'auront ni demandé ni obtenu la satisfaction qui leur est due. S'ils retiennent YEitel-Friedrich dans le port après réparation et jusqu'à la paix, ils feront leur devoir de neutres ; mais ce sera une compensation bien insuffisante de l'outrage reçu et du préjudice subi. Peuvent-ils poursuivre pour piraterie le capitaine et .l'équipage? Doivent-ils, à défaut de cette poursuite ou en même temps qu'elle aura lieu, s'adresser
à l'Allemagne responsable et exiger une amende honorable avec une indemnité ? C'est la question sur laquelle délibèrent M. le président Wilson et ses conseillers, que la presse américaine discute avec ardeur et dont l'Europe attend la solution avec le plus vif intérêt.
LA GUERRE MARITIME. — REGLEMENTATION DU DROIT DE VISITE PAR LA FRANCE ET L'ANGLETERRE.
16 mars 191 5.
La France et l'Angleterre viennent de donner à leur déclaration du Ier mars la suite qu'elle comportait nécessairement. En réponse au blocus fictif établi le 4 février par l'Allemagne dans une zone dite militaire comprenant l'ensemble des côtes des Iles Britanniques et une partie des côtes françaises, elles avaient notifié aux neutres qu'elles « se considéraient comme libres d'arrêter et de conduire dans leurs ports les navires portant des marchandises présumées de destination, propriété ou provenance ennemies ». C'était là un principe général. Il s'agissait d'en réglementer l'application. C'est l'objet d'un décret qui a paru ce matin au Journal officiel et d'une ordonnance publiée simultanément dans la Gazette de Londres.
En commentant la déclaration du Ier mars nous disions qu'elle ne fournirait aux neutres aucun sujet de plainte légitime et que les Alliés exerceraient simplement un droit de séquestre ou de préemption sur les marchandises ne rentrant dans aucune des deux catégories de la contrebande de guerre. C'est bien cette idée dont s'ins- Gauvain. — T. VIII. 6
pire en effet le décret du 16 mars. Après avoir défini ce qu'il faut entendre par marchandises venant d'Allemagne, expédiées sur l'Allemagne, ou appartenant à des sujets allemands, le décret édicté les dispositions suivantes sur le sort desdites marchandises trouvées à bord des navires visités. En premier lieu, les navires transportant les marchandises sujettes à saisie ne seront ni coulés, ni confisqués, ni saisis. Ils seront simplement « déroutés » sur un port français, ou anglais, ou allié, c'est-à-dire qu'ils y seront conduits rfin qu'on y puisse procéder aux constatations légales nécessaires, après quoi ils seront laissés libres. Sauf en cas de résistance psr la force de leur part, ils ne seront exposés à aucun dommage. Ils auront seulement à subir une déviation de leur itinéraire. C'est un bien mince inconvénient en comparaison de la destruction totale, sans sommation ni préavis, dont sent menacés tous les navires sans distinction rencontrés par des sous-marins allemands d 3 s la « zone militaire » interdite arbitrairement à la navigation internationale par la barbarie allemande. Le décret du 16 mars n'établit même pas de blocus puisqu'il ne fixe aucune ligne de démarcation, ni aucune zone interdite, et qu'il ne stipule aucune sanction contre les bateaux qui auraient tenté de se soustraire à la visite sans recourir à la force. Il se borne à réglementer le droit de visite.
Quant aux marchandises elles-mêmes, elles sont également traitées avec les plus grands ménagements. Pas plus que les bateaux, elles ne seront détruites ou confisquées. Celles qui seront reconnues appartenir à des sujets allemands seront mises sous séquestre ou ver dues. Dans ce dernier cas, le prix en sera déposé à la Caisse des dépôts et consignations jusqu'à la signature de la paix « pour le compte de qui de dreit ». Les marchandises
appartenait à des rentres et venant d' Allemagne seront laissées à la disposition des propriétaires neutres, pour être renvoyées à leur port de départ dans le délai qui sera fixé. Passé ce déhi, elles seront sujettes à réquisition ou ver dues pour le compte et aux frais et risques des propriétaires. Il en sera de même des marchandises appartenant à des neutres expédiées sur l'Allemagne.; seulement elles pourront être soit renvoyées à leur port de départ, soit « dirigées sur tel autre pcrt français, allié ou neutre qui sera autorisé ». Des autorisations spéciales pourront être accordées à titre exceptionnel par le ministre de la marine sir la proposition du ministre des affaires étrangères et sur l'avis conforme du ministre de la guerre. Les règles applicables à la contrebande de guerre subsistent intégralemev t.
Le Conseil des prises est chargé de s t: tuer sur la question de savoir si les marchandises déroutées appartiennent ou non à des sujets allemands, si elles viennent d'Allemrgue ou si elles sort expédiées sur l'Allemagne. Ainsi toute garantie e:t donnée aux propriétaires des marchai dises, quels qu'ils soient. Celles appartenant à des Allemands seront traitées comme celles qui sont sctuellemeat passibles de séquestre sur notre territoire continental.
En somme le décret du 16 mars ?.. pour bit d'enlever à l'usage du gouverr emevt et des sujets allemands les marchar dises de toute sorte transportées sur les bste r x de toute nationalité visités par les navires des Alliés. Il est contraire aux déclarations de 1856 en ce qu'il été d le droit de visite et de rétention ;il n'innove rien d'autre. C'est la mesure la plus bénigne que pouvaient prendre les gouvernements provoqués par la proclamation sllem.u de du 4 février, prccbmaticn suivie de la destruc-
tion effective de nombreux bateaux avec leurs équipages. Nous comptons que les neutres, si gravement éprouvés par la brutalité germanique, nous sauront gré de notre modération. Ils seront sans doute les premiers à reconnaître que nous nous efforçons seulement de réduire la durée d'une guerre effroyable, et que nous employons à cet effet les moyens les plus humanitaires et les plus équitables. Comme eux aussi sont atteints par la prolongation des hostilités, ils voudront avoir à cœur de ne pas nous troubler dans l'exercice d'un droit rigoureusement limité à l'indispensable.