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LA CRISE EUROPÉENNE. — NOUVELLES DEMARCHES ALLEMANDES A PARIS

Lundi 27 juillet 1914.

L'Autriche hésite : tel est le fait important d'aujourd'hui. Quoique, dans l'état actuel des communications

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télégraphiques et téléphoniques, on ne puisse conclure de l'absence de nouvelles sur des faits de guerre au maintien de l'état de paix entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie, il y a tout lieu de supposer que les hostilités ne sont pas encore engagées. C'est un premier signe à noter. En effet, à la veille et au moment de la remise de l'ultimatum du comte Berchtold, tous les interprètes de la politique du Ballplatz avaient déclaré que le refus ou l'acceptation seulement partielle de l'ultimatum serait immédiatement suivi d'actes de guerre. Les journaux de Vienne et de Pest arrivés ce matin à Paris, et parus là-bas après la nouvelle de la rupture des relations diplomatiques par le baron Giesl, annoncent la guerre. Ils donnent pour titres à leurs articles de tête : la guerre contre la Serbie. Ils semblent croire que les hostilités sont déjà engagées. Cette conviction répond si bien aux instructions données précédemment aux agents de tout ordre et aux journalistes que le généralissime serbe, venant des bains de Gleichenberg, a été arrêté à la gare de Kelenfœld, au grand croisement de lignes près de Budapest. Sans aucun doute possible, tout le monde s'attendait dans le public austro-hongrois à ce que les troupes de l'empereur-roi franchissent le Danube devant Belgrade dans la nuit de samedi à dimanche.

Donc, en fait, les intentions premières de l'Autriche n'ont pas reçu tout de suite l'exécution prévue. Or, depuis plus de quinze jours, tout avait été minutieusement réglé en vue de cette exécution. Toutes les mesures administratives, militaires, gouvernementales et diplomatiques avaient été prises. Dans l'heure qui suivit le départ de Belgrade du baron Giesl, tous les décrets relatifs à l'état de siège furent mis en vigueur. On avait poussé la précaution jusqu'à choisir, probablement de concert avec d'autres Cabinets, l'heure où le Président t Poincaré venait de

quitter la Russie et se trouvait en haute mer, pour remettre à Belgrade l'ultimatum qu'on sait, après avoir assuré la veille la France et la Russie que les conditions posées à la Serbie excluaient toute chance de conflit. Le lendemain, l'ambassadeur d'Allemagne à Paris venait dire au chef du gouvernement français par intérim que toute intervention d'une tierce puissance serait suivie de conséquences incalculables. Une démarche analogue était faite peu après, on ne sait pas encore exactement quand, par les représentants de Guillaume II à Londres et à Pétersbourg (*). On est logiquement forcé de croire que l'exécution de la Serbie avait été combinée avec le plus grand soin et que les auteurs du plan comptaient sur l'apathie ou le fléchissement, soit de la France, soit de l'Angleterre, pour intimider par ricochet la Russie.

Cette combinaison a échoué. A Paris et à Londres, on n'a perdu ni le sang-froid, ni le sens des engagements internationaux, ni la notion du devoir européen. On a conseillé la plus grande conciliation à la Serbie tout en se préparant à faire face au conflit annoncé. Quand on a connu la réponse serbe, il n'y a eu partout qu'un cri de réprobation contre la conduite du gouvernement austrohongrois qui avait rompu avec un pays qui lui accordait des satisfactions inespérées. Ce cri a été entendu à Vienne et à Berlin. A Vienne, on hésite à passer outre. A Berlin, on hésite à donner suite aux avertissements comminatoires de samedi. Personne ne peut dire à l'heure actuelle ce que signifie exactement et combien de temps durera cette hésitation. Mais on doit la constater en même temps que

(') En fait, les démarches furent faites à peu près en même temps près des trois Cabinets. Seulement, rien ne fut publié à ce sujet à Londres et à Pétersbourg.

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le fait que, malgré le désir austro-allemand — désir exprimé sous forme comminatoire — les puissances de la Triple-Entente ne se désintéressent pas du conflit austroserbe. Le conflit, s'il va jusqu'aux hostilités, ne sera pas localisé. La question est donc celle de savoir si l'Autriche, déçue dans ses calculs, renoncera à l'exécution projetée et se pliera à un arrangement diplomatique sous les auspices d'autres puissances, de l'Allemagne par exemple, ou bien si le conflit austro-serbe a été mis sur pied pour fournir le prétexte d'une guerre générale, c'est-à-dire d'un grand règlement de comptes européen.

Hier dimanche, le baron de Schœn a fait au président du Conseil par intérim deux visites qui semblent ouvrir la voie à des négociations. D'autre part, on lit ce mati'i dans le Neues Wiener Tagblatt que l'Autriche est assez forte « pour accorder à la Serbie, jusqu'à l'accomplissement de la mobilisation, un délai pendant lequel elle peut encore se raviser ». Ainsi, ce délai dont on ne voulait point entendre parler samedi, ce très court ajournement proposé par la Russie que l'Autriche rejetait sans discussion avant-hier, c'est un iuterprète du B?llplatz qui le suggère aujourd'hui. Voilà un second signe des plus intéressants.

Si les négociations dont on repoussait naguère l'idée à Vienne avec un superbe dédain viennent à s'ouvrir, elles seront conduites de notre côté dans le plus grand esprit de conciliation. Mais, après les démarches de 'ces jours derniers, il ne nous appartient point de prendre des initiatives. Nous attendons. Si l'Allemagne, comme elle l'affirme officiellement, désire sincèrement la paix, c'est à elle de le faire comprendre à Vienne. Pour notre ">art, il nous suffit de persévérer dans notre attitude. Plus nous montrerons de sang-froid, d'esprit de suite et de fermeté, mieux nous défendrons la cause de la paix. Le moindre

fléchissement nous précipiterait dans les complications, dans la confusion, c'est-à-dire dans la guerre — dans une guerre engagée, cette fois, dans de déplorables conditions.

LE PLAN AUSTRO- ALLEMAND. — LA NÉCESSITÉ DE LA RÉ- SISTANCE DE LA TRIPLE-ENTENTE.

Mardi 28 juillet 1914.

Quelques précautions qu'on ait prises à Vienne et à Berlin pour dissimuler le plan concerté dont nous voyons jour après jour s'exécuter les différentes parties, le grand dessein austro-allemand apparaît clairement maintenant aux yeux de toutes les personnes qui connaissent l'histoire, les ressorts de la diplomatie germanique, les ambitions de l'Allemagne et les difficultés austro-hongroises. Hier, on pouvait encore hésiter ; aujourd'hui on ne peut plus.

Hier, l'ambassadeur d'Autriche-Hongrie à Paris est venu déclarer au chef intérimaire du gouvernement français que, vu la réponse insuffisante de la Serbie à l'ultimatum de jeudi, l'Autriche-Hongrie allait prendre les mesures propres à amener la Serbie à se soumettre. En même temps la chancellerie du Ballplatz communiquait à toute la presse une note, monument impérissable de mauvaise foi, où la situation était représentée sous l'aspect exactement contraire du véritable. Il est hors de doute que le Cabinet de Vienne n'a pas admis un instant la possibilité de l'acceptation « intégrale » de son ultimatum et qu'il a pris à l'avance toutes les mesures que comportait, suivant lui, un refus total ou partiel. Il est en ce moment étonné de l'étendue imprévue des concessions serbes, mais il

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n'en poursuit pas moins l'accomplissement du plan primitif élaboré dans ses moindres détails. Il a rédigé un ultimatum, intentionnellement outrageant parce qu'il voulait que la Serbie n'en pût pas accepter la teneur intégrale. Il a décidé que le moment était venu de prendre dans les Balkans une revanche définitive, de détruire les résultats des deux dernières guerres et de reparaître, lui aussi, sur la scène mondiale avec une armure étincelante.

L'Allemagne est d'accord avec l' Autriche-Hongrie. Peut-être n'a-t-elle pas elle-m.êm.e choisi l'heure et les moyens. Mais, bon gré mal gré, elle est derrière son alliée et elle la soutient de toutes ses forces. Peut-être n'a-t-elle pas prémédité la guerre ; mais elle veut, au risque d'une guerre, permettre à l' Autriche-Hongrie, affaiblie et compromise à l'intérieur comme à l'extérieur par une série de lourdes erreurs, de reconquérir en Orient, en Europe et chez elle, une autorité telle que, d'alliée embarrassée et embarrassante, elle redevienne une puissance forte, sûre d'elle, capable de concourir efficacement au triomphe du Deiitschtwn. Peut-être l'Allemagne eût-elle préféré laisser le temps courir dans l'espoir qu'il travaillerait pour elle. C'est très douteux; ; mais ce qui ne l'est pas, c'est que, mise en demeure par son alliée de l'aider à sortir du marais où elle s'enlizait, elle lui a donné son appui. Il est même probable que les bases de l'accord ont été posées à Konopicht et que l'assassinat de l'archiduc François- Ferdinand a seulement hâté la mise en mouvement de la manœuvre en fournissant un prétexte. L'empereur François- Joseph s'est-il laissé entraîner par l'assurance de ses ministres et de Guillaume II que la paix ne serait pas troublée, ou bien a-t-il résolu de jouer le va-tout de la monarchie ? Nous ne pouvons savoir. Mais pour nous Français, pour la Russie et l'Angleterre, le résultat est le mêm.e. Gauvain. — T. VII. 5

Il ne s'agit de rien de moins que d'un remaniement de l'Europe analogue à celui qui suivit la guerre des duchés, Sadowa et Sedan. Au fond, ce n'est pas la Serbie qui est en jeu maintenant, ce n'est même pas seulement l'Europe, c'est l'équilibre mondial, c'est la politique mondiale, suivant l'expression employée presque à chaque page par le prince de Bùlow dans le livre que nous analysions ici dernièrement. Si la France, si la Russie, si l'Angleterre, oubliant l'histoire et renouvelant une faute capitale, laissaient étrangler la Serbie en 1914 comme elles laissèrent dépouiller le Danemark en 1864, elles commettraient un suicide. Victorieuses en Orient sans avoir tiré l'épée en Occident, l'Allemagne et l 'Autriche-Hongrie ne tarderaient pas, après un temps d'arrêt utile pour égarer l'opinion, à poser ensemble de nouvelles questions, à adresser des sommations à l'une des trois puissances de la Triple- Entente. Aux quatre coins du monde, les prétextes abondent. Lorsqu'on réfléchit à celui que vient de saisir le Cabinet de Vienne, on peut être assuré que, le moment jugé favorable une fois venu, les adversaires des puissances qui essayent de défendre l'équilibre ne reculeront devant aucune audace, aucune manigance. La mise en train de l'affaire serbe a deux objets : renforcer l'Autriche-Hongrie et sonder l'Europe ou platôt h Triple-Entente. Si l'une des puissances quelconques de la Triple-E iteate faiblit à l'heure critique d'aujourd'hui, si elle se lusse enjôler dans des conversations dilatoires, si elle perd son temps à examiner des combinaisons successives destinées à tromper et à énerver l'opinion, c'en est fait de l'équilibre européen, c'en est fait de l'indépendance des grandes puissances occidentales.

Cette fois, l'heure est décisive. Tout homme détenant actuellement une parcelle de pouvoir et d'influence en

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France, en Angleterre ou en Russie, doit se graver dans l'esprit que toute parole de défaillance, tout geste de lassitude, serait un crime. Les Cabinets de Vienne et de Berlin ont escompté l'ignorance des masses, l'imprévoyance de nos gouvernants et une certaine coïncidence de circonstances pour jouer leur grande partie en déguisant la véritable signification de leurs actes. Que le public ne croie pas que la situation s'améliore ou empire à tel ou tel instant parce que telles ou telles paroles auront été prononcées. Il est une seule question : l' Autriche-Hongrie et l'Allemagne réussiront-elles, sous une forme ou une autre, à reconstituer au profit de leur influence l'Orient issu des événements des six dernières années ? Si on les laisse faire, le tour de l'Occident viendra bientôt. Sir Edward Grey semble bien l'avoir compris, et son discours d'hier à la Chambre des Communes renseigne assez sur la portée de ses préoccupations. Faisons bloc avec lui et envisageons en face les réalités. C'est le seul moyen qui reste de sauver la paix avec notre avenir. La moindre imprudence, la plus faible oscillation de notre part sera considérée et exploitée comme un acquiescement ou un encouragement. Montrons-nous résolus à empêcher, à tout risque, l'exécution d'un plan destructeur de l'équilibre, et peut-être l'Allemagne hésitera-t-elle à soutenir jusqu'au bout son alliée. Ne nous prêtons, à aucun prix, à aucune démarche de prétendue conciliation à Pétersbourg. Ce n'est pas à Pétersbourg, c'est à Vienne qu'il faut imposer la modération.

LA DÉCLARATION DE GUERRE DE L'AUTRICHE A LA SERBIE. — LA PRÉTENTION AUSTRO- ALLEMANDE DE « LOCALISER » LE CONFLIT.

Mercredi 29 juillet 1914.

L'Autriche-Hongrie a déclaré la guerre à la Serbie. L'empereur François-Joseph a lancé une proclamation « à ses peuples » où il déclare : « Tout examiné, tout considéré, c'est avec une conscience sereine que j'entre dans la voie que le devoir m'indique. » Cette « conscience sereine » pèsera plus lourdement sur la mémoire de François-Joseph Ier que le « cœur léger » sur celle d'Emile Ollivier. Le ministre français, infatué de lui-même et mis inopinément en face d'événements qu'il n'était pas de taille à dominer, se laissa prendre au piège tendu par un adversaire mieux préparé et moins scrupuleux que lui. Dans des circonstances critiques, il se laissa imposer par un entourage de brouillons la politique qu'il combattait la veille et il céda à une malheureuse inspiration d'un tempérament oratoire. L'empereur François-Joseph accomplit aujourd'hui un acte raisonné, concerté, machiné durant des semaines de réflexion. Il se précipite sur un petit peuple inoffensif en lui attribuant ses propres mauvais desseins. Il donne carrière aux passions sauvages que les gens de la Reichspost,de la Danseras Armée Zeitung étalent sans retenue depuis 1909. Il prend pour prétexte un assassinat commis sur son territoire, par ses sujets, sur un prince autrichien dort ses propres parents avaient beaucoup à craindre et dent l'existence était ir différente à la

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Serbie. Il ne produit pas la moindre preuve à l'appui de sa monstrueuse accusation ; il se contente de l'affirmation ■d'agents déjà pris en flagrant délit de faux. Le règne de François-Joseph a commencé dans une révolution ; il semble bien qu'il doive finir de même.

Quel est donc le but avoué de cette guerre déclarée en violation de tout droit ? La proclamation impériale le dit : « Je dois m'occuper de créer, par la force des armes, les garanties indispensables qui doivent assurer à mon pays le calme intérieur et une paix; durable à l'extérieur. » Jamais la théorie de « la force prime le droit » n'a été formulée plus cyniquement, même par Bismarck. La Serbie nous gêne : sup primons- la ! Le raisonnement n'est pas compliqué. Diplomatiquement, la formule est rédigée conformément à l'hypocrisie classique : « Nous ne songeons pas à supprimer la Serbie — du moins pas tout de suite ; nous voulons seulement prendre chez elle des garanties indispensables. » Depuis, l'automne de 1908 nous dénonçons ici sans relâche cette politique. Jusqu'ici les puissances gardiennes de l'équilibre avaient réussi à la contenir. A la vérité, elles avaient été mieux servies par les événements que par leur habileté. L'année dernière encore elles étaient restées immobiles lorsque la Bulgarie, poussée par l'Autriche-Hongrie, se jeta sur la Serbie, son alliée, afin de lui ravir les fruits d'une victoire commune où les troupes du roi Ferdinand n'auraient pu vaincre sans le secours des troupes du roi Pierre. Heureusement, malgré les prévisions contraires des conseillers de l'empereur François- Joseph, cette trahison fut punie par une défaite totale. Depuis, le Cabinet de Vienne rongeait son frein. N'ayant plus à sa disposition d'État mercenaire, il s'est décidé à opérer lui-même.

Le but est le même. Il s'agit d'occuper — avec ou sans

annexion, suivant les circonstances — la partie occidentale de la Serbie depuis la frontière entre la Bosnie et l'ancien sandjak de Novi-Bazar jusqu'au Vardar et à la Bulgarie. Soit par la guerre, soit par une insurrection fomentée par l'Organisation intérieure bulgare, avec la complicité de l'armée du roi Ferdinand, les territoires de la Nouvelle Serbie seraient soustraits à la souveraineté serbe. A un point difficile à fixer aujourd'hui, la Bulgarie se relierait à l'Albanie du prince de Wied et au territoire occupé par l' Autriche-Hongrie. Celle-ci aurait ainsi une emprise sur Salonique et sur Durazzo, sinon sur Vallona. Liée par un pacte de sang à la Bulgarie, elle encerclerait complètement le Monténégro, la Serbie et la Roumanie. Ces trois royaumes seraient réduits à l'état de vassaux. Il est impossible qu'on nourrisse à ce sujet la moindre illusion à Bucarest, malgré toutes les belles paroles qu'on prodigue sans doute en ce moment au roi Charles. Le rêve national roumain serait anéanti. En compensation de la ruine de cet idéal et de la rétrocession de la Dobroudja à la Bulgarie, on céderait à la Roumanie une province serbe de la rive droite du Danube où se trouvent quelques douzaines de mille roumanisants, d'ailleurs fidèles "sujets serbes.

Laissera-t-on, sous prétexte de « localiser le conflit austro-serbe », se consommer ce bouleversement ? Nous avons montré hier que ni la Russie, ni les puissances occidentales ne sauraient le souffrir sans aller au devant d'une catastrophe nationale. L'Autriche-Hongrie maîtresse des Balkans, c'est l'Allemagne maîtresse à Constantinople et en Asie Mineure ; c'est la question des Détroits résolue contre la Russie et les nations occidentales ; c'est la Russie rejetée en Asie et l'Europe livrée au germanisme.il faudrait être aveugle ou fou, ou tous les deux à la fois, pour-

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ne pas voir que la diplomatie austro-allemande s'efforce en ce moment de duper la diplomatie européenne avec des bavardages. Dans cette tragi-comédie, les rôles sont habilement distribués. L'Autriche agit derrière les décors tandis que, sur la scène, l'Allemagne distrait le public. Le coup fait, on baissera le rideau et le public sera invité à rentrer chez lui. Nous n'attribuons pas la moirdre importance aux communications des diplomates alleman ds et aux; dépêches, toutes tendancieuses, de Berlin , Vienne et Rome. Tout cela n'est que de l'apparence ; la seule chose importante est le forfait en train de s'accomplir.

Le bouleversement de l'Orient touche l'Angleterre et la France aussi directement que la Russie. L'intérêt national commande de l'empêcher à tout prix. Plus tard, les risques seraient plus grands et les chances de succès plus faibles.

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