‹ L'Europe au jour le jour (volume 5)Chapitre 59 sur 161 · LE LIVRE JAUNE SUR LES ORIGINES DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LE LIVRE JAUNE SUR LES ORIGINES DE LA GUERRE

30 novembre 1914.

LE Livre Jaune contenant les documents diplomatiques relatifs aux négociations qui ont précédé la guerre européenne paraîtra ce soir. Avec les Livres Bleu, Gris, Blanc, Orange, déjà connus, il forme un ensemble de pièces d'où la vérité se dégage avec une évidence qui s'impose à l'historien. Il vient devant le public un peu plus tard que les recueils publiés par le sautres gouvernements. Mais il est plus complet, plus méthodique, et une traduction anglaise paraît simultanément dans les pays de langue anglaise. Contrairement à une -fâcheuse coutume, il sera mis en vente à un prix très modique au lieu d'être distribué seulement dans le monde officiel. Des documents de ce genre, où il s'agit des destinées nationales, doivent en effet être divulgués le plus possible. La lecture du Livre Jaune sur la guerre européenne ne peut que confirmer l'absolue certitude du peuple français dans son bon droit, affermir sa volonté

de poursuivre la lutte jusqu'au règlement définitif des grands intérêts mondiaux en jeu, et stimuler l'élan général vers la victoire.

On ne trouvera pas de révélations dans le Livre Jaune. Il n'en restait plus à faire. Durant toutes les négociations la France, tout en étant directement et principalement visée par l'Allemagne, est restée diplomatiquement au second plan. Le dessein de l'Allemagne était de l'entraîner à la guerre en mettant la Russie en cause et de l'obliger à commettre des imprudences qui permissent à des adversaires de mauvaise foi de rejeter sur elle les responsabilités du conflit. L'affaire serbe ne fut qu'un prétexte — qu'on crut habilement choisi — pour faire croire aux populations austro-allemandes que l'intervention injustifiée de la Russie dans le différend austro-serbe était la seule cause de la conflagration générale, et qu'en envahissant le territoire de la puissance alliée de la Russie, elles défendraient seulement leurs foyers et leur kultnr menacées. On escomptait aussi de notre part des hésitations et des défaillances qui retarderaient notre mobilisation et causeraient de telles lenteurs ou de tels désordres que l'offensive foudroyante sur Paris — clef de voûte de tout le système du grand état-major de Berlin — s'exécuterait sans accroc. On tenait également pour certain que l'Angleterre ne marcherait jamais à propos de la Serbie, qu'elle serait immobilisée par la crise du Home Rule, et que, si elle venait à prendre conscience du propre danger qu'elle courait après l'écrasement de la France, il serait trop tard pour elle d'intervenir utilement. On espérait même qu'à ce moment la France, gagnée par une modération simulée, se résoudrait aisément, sous certaines influences, à prendre fait et cause pour l'Allemagne contre la perfide Albion.

Sur cette phase du conflit le Livre Jaune n'apprend rien de nouveau. Le Livre Bleu avait tout révélé sur les propositions fallacieuses de M. de Bethmann-Hollweg au sujet de la neutralité anglaise et de la violation de la neutralité belge. Il en est de même des circonstances de l'attaque brusquée diplomatique au moment où lé président de la République et M. Vivian i rendaient visite aux Cours du Nord. Pour notre part, nous n'aurions rien à modifier à ce que nous écrivions ici pendant tout le mois de juillet et les premiers jours d'août. Pour tout observateur instruit des procédés de la diplomatie germanique le jeu allemand était facile à lire. On le devinait alors, on le voit à découvert aujourd'hui. Mais, dans une première partie intitulée « Avertissements (191 3) », le Livre Jaune contient des documents d'une clarté saisissante sur la période intérieure.

Le 17 mars 191 3 notre ambassadeur à Berlin, M. Jules Cambon, transmit au quai d'Orsay deux rapports de nos attachés militaire et naval en Allemagne où le lieutenantcolonel Serret et M. de Faramond résumaient leurs raisons de croire à une initiative belliqueuse de nos voisins de l'Est pour l'été de 1914; M. de Faramond, par exemple, après avoir constaté que le gouvernement allemand s'efforçait d'obtenir avant le Ier juillet 1914 le payement intégral de l'impôt. extraordinaire d'un milliard, observait qu'il y avait là pour nous « une indication redoutable, car rien ne saurait expliquer une telle hâte des autorités militaires à posséder un trésor de guerre liquide d'un milliard dans leur caisse ». On se rappelle qu'alors la presse allemande, après avoir mené grand bruit autour de cet impôt afin de galvaniser le public, fit peu à peu le silence. On évita de dire combien l'impôt avait fourni ; on affecta même de laisser entendre qu'on avait éprouvé

des déceptions sur son rendement. L'argent une fois encaissé, on ne devait plus en parler. Il fallait se garder de donner l'éveil aux personnes qui s'imaginaient que les 200 millions d'or des caves de Spandau constituaient tout le trésor de guerre de l'empire.

Le 2 avril, notre ministre des affaires étrangères reçut de son collègue de la guerre communication de pièces d'un intérêt bien plus grand encore : c'était un rapport officiel et secret, en deux parties, sur le renforcement de l'armée allemande. Le rapport, d'une authenticité audessus de toute contestation, exposait en détail les moyens choisis pour renforcer l'armée allemande, pour » fortifier et étendre le Deutschtum dans le monde entier «. « Il faut, disait-il, mener les affaires de telle façon que, sous la pesante impression d'armements puissants, de sacrifices considérables, et d'une situation rJolitique tendue, un déchaînement (Losschlagen) soit considéré comme une délivrance, parce qu'après lui viendraient des décades de paix et de prospérité comme après 1870 ». La préparation de la guerre était envisagée sous tousses aspects : armement, finances, diplomatie, presse, a II n'y aurait pas à s'inquiéter du sort de nos colonies. Le résultat final en Europe le réglera. Par contre, il faudra susciter des troubles dans le nord de l'Afrique et en Russie. » Tous les soulèvements utiles, à Tunis, à Alger, au Maroc, en Egypte, étaient prévus. Quant aux petits États, « il faudra qu'ils soient contraints à nous suivre ou soient domptés ». Le moment venu, l'exécution du plan sera foudroyante : « Les dispositions arrêtées dans ce sens permettent d'espérer que l'offensive peut être prise aussitôt après la concentration complète de l'armée du bas Rhin. Un ultimatum à brève échéance, que doit suivre immédiatement l'invasion, permettra de justifier suffisamment notre

action au point de vue du droit des gens. Tels sont les devoirs qui incombent à notre armée, et qui exigent un effectif élevé... Si l'ennemi nous attaque, ou si nous voulons le dompter, nous ferons comme nos frères d'il y a cent ans ; l'aigle provoqué prendra son vol, saisira l'ennemi dans ses serres acérées, et le rendra incffensif. Nous nous souviendrons alors que les provinces de l'ancien empire allemand : comté de Bourgogne et une belle part de la Lorraine, sont encore aux mains des Francs ; que des milliers de frères allemands des provinces baltiques gémissent sous le joug slave. C'est une question nationale de rendre à l'Allemagne ce qu'elle a autrefois possédé. » Ce rapport est daté du 19 mars 191 3. On sait aujourd'hui quelle suite lui fut donnée. Le plan faillit être exécuté immédiatement, car on se trouvait alors en pleine crise orientale et la question d'Albanie, celle de Scutari surtout, semblait sur le point de mettre le feu à la poudrière européenne. Quelques semaines plus tard, M. Jules Cambon prévenait M. S. Pichon que l'Allemagne venait de procédéer à une mesure préparatoire de la mobilisation : l'avis donné aux officiers et aux hommes de la réserve d'avoir à se tenir prêts pour l'appel. Peut-être se rappelle-t-on que, presque seuls dans la presse française, nous combattîmes de toutes nos forces l'idée, très soutenue ailleurs, d'affronter la Triple- Alliance en vue de faire attribuer, même par la force, Scutari au Monténégro. A ce moment l'Italie était catégoriquement opposée à cette combinaison, l'Angleterre y était hostile et le gouvernement russe n'y attachait qu'une importance secondaire. A en juger par le développement des événements militaires de ces derniers mois, on devine ce qui serait advenu de nous si la Double- Alliance avait dû se mesurer à cette occasion avec la Triple-Alliance résolument unie.

Le 6 mai 191 3, M. Jules Cambon rappelait les cor.fidences suivantes du général de Moltke, chef de l'étatmajor général : « Il faut laisser de côté les lieux communs sur la responsabilité de l'agresseur. Lorsque la guerre est devenue nécessaire, il faut la faire en mettant toutes les chances de son côté. Le succès seul la justifie. L'Allemagne ne peut ni ne doit laisser à la Russie le temps de mobiliser ; car elle serait obligée de maintenir sur sa frontière est une force telle qu'elle se trouverait en situation d'égalité, sinon d'infériorité, avec la France. Donc, ajoutait le gérerai, il faut prévenir notre principal adversaire dès qu'il y aura neuf chances sur dix d'avoir la guerre, et la commencer sans attendre pour écraser brutalement toute résistance. » Le 30 juillet 1913, une longue note rédigée au quai d'Orsay d'après les rapports de nos agents diplomatiques et consulaires aboutissait à la conclusion qu'en Allemagne les esprits s'habituaient à considérer la prochaine guerre comme un duel entre la France et l'Allemagne.

Le 22 novembre suivant, ces indications diverses rencontraient une confirmation singulière. M. Jules Cambon recevait « d'une source absolument sûre » la relation d'une conversation tenue une quinzaine de jours auparavant entre l'empereur Guillaume II, le roi Albert de Belgique et le général de Moltke. Dans cette conversation, le roi Albert avait trouvé Guillaume II « complètement changé ». L'empereur allemand en était venu à penser que la guerre avec la France était inévitable ; naturellement il croyait « à la supériorité écrasante de l'armée allemande et à son succès certain ». Le général de Moltke renchérit làdessus : « Il faut en finir cette fois, dit-il au roi, et Votre Majesté ne peut se douter de l'enthousiasme irrésistible qui, ce jour-là, entraînera le peuple allemand tout entier. » Gauvain. — T. VII. 23

Albert Ier protesta contre les intentions prêtées au gouvernement français, mais l'empereur et son chef d'étatmajor persistèrent dans leur manière de voir. D'ailleurs, à travers les lignes, on pressent ce que le confident ne veut pas exprimer. Il ne semble pas douteux que Guillaume II ait fait allusion à l'éventualité du passage des troupes allemandes par la Belgique. On ne peut, en effet, interpréter autrement la fin de la dépêche de M. Jules Cambon : g

On peut se demander ce qu'il y a au fond de cette conversation.L'empereur et son chef d'état-major général ont pu avoir pour objectif d'impressionner le roi des Belges et de le disposer à ne point opposer de résistance au cas où un conflit avec nous se produirait. Peut-être aussi voudrait-on la Belgique moins hostile à certaines ambitions qui se manifestent ici à propos du Congo belge, mais cette dernière hypothèse ne me parait pas concorder avec l'intervention du général de Moltke.

Au reste, l'empereur Guillaume est moins maître de ses impatiences qu'on ne le croit communément. Je l'ai vu plus d'une fois laisser échapper le fond de sa pensée. Quel qu'ait été son objectif dans la conversation qui m'a été rapportée, la confidence n'en a pas moins le caractère le plus grave. Elle correspond à la précarité de 1 . situation générale et à l'état d'une certaine partie de l'opinion en France et en Allemagne.

S'il m'était permis de conclure, je dirais qu'il est bon de tenir compte de ce fait nouveau que l'empereur se familiarise avec un ordre d'idées qui lui répugnait autrefois, et que, pour lui emprunter une locution qu'il aime à employer, nous devons tenir notre poudre sèche.

Le 23 juillet, quand l'Autriche-Hongrie fit remettre à Belgrade l'ultimatum qui restera un monument impérissable de cynisme et de brutalité, les derniers doutes sur les desseins secrets de l'Austro- Allemagne furent levés. La Gazette de Cologne s'indigna quelques jours plus tard' de ce que nous avions écrit ici : que toutes les conversations diplomatiques en cours ne pouvaient aboutir à rien et que tout était résolu d'avance dans l'esprit des hommes dirigeants des puissances germaniques. Le Livre Bleu, le Livre Jaune sont la meilleure justification de notre allé-

gation. Jamais, depuis qu'il y a des États organisés, une agression n'a été plus minutieusement préparée que celle de l'Austro -Allemagne au mois de juillet 1914. Il faut que le châtiment soit égal au crime. Le Livre Jaune se termine par la déclaration de Londres du 4 septembre aux termes de quoi « les trois gouvernements alliés conviennent que, lorsqu'il y aura lieu de discuter les termes de la paix, aucune des puissances alliées ne pourra poser des condition de paix sans accord préalable avec chacun des autres allier ». A défaut d'autres considérations, cette déclaration nous donne l'assurance absolue que la guerre contre les deux puissances germaniques, complices et étroitement associées dans leur entreprise scélérate, sera menée sans arrêt ni défaillance jusqu'à ce que justice soit faite.

DECLARATIONS DU COMTE TISZA AU PARLEMENT HONGROIS, APPROUVÉES PAR LES CHEFS DE L'OPPOSITION. — LES HORREURS AUTRICHIENNES EN DALMATIE ET EN SERBIE.

2 décembre 1914.

Revenu de son voyage au grand quartier général allemand, le comte Etienne Tisza a reparu au Parlement de Pest. On attendait avec curiosité ses déclarations. Avant son départ, le bruit avait couru qu'il allait remplacer le comte Berchtold au ministère commun des affaires étrangères. On insinuait d'autre part qu'il négociait secrètement avec Guillaume II les conditions d'une paix générale qui serait signée cet hiver. Ces deux informations semblaient contradictoires, car le président du Conseil hongrois a été un des plus fougueux partisans de la

guerre et son arrivée au Ballplatz pourrait difficilement être considérée comme un présage de pacification .En ce qui concerne le remplacement du comte Berchtold, on ne sait rien encore. On peut affirmer seulement qu'il restera à son poste aussi longtemps que François-Joseph le désirera et qu'il devra s'en aller dès que le vieux souverain le jugera usé. Il ne se fait à Vienne que la politique voulue par le monarque ; le pouvoir personnel des ministres en matière de politique extérieure n'existe pas. François- Joseph réserve probablement le comte Tisza pour les grands jours d'épreuve.

Devant le Parlement de Pest le président du Conseil transleithan a parlé de la guerre avec son énergie coutumière. Loin de faire entrevoir des perspectives de paix, il a déclaré qu'il fallait continuer la lutte irébranlablement. De son entretien avec le souverain et les personnages dirigeants de l'empire allié, il a seulement relaté que ceux-ci ressentaient une admiration et une cor fiance sans bornes dans les troupes héroïques austro-hongroises. Mais il n'a pas expliqué comment cette entière confiance se conciliait avec la main-mise de l'état-major allemand sur tous les hauts commandemei ts des armées de la monarchie. Sur un point seulemer t le comte Tisza a présenté des considérations très différer tes de celles qu'il exposait au mois d'août. Alors, d'après ses collègues et toute la presse nationale, l'Aitriche-Horgrie faisait la j guerre pour venger l'assassinat de l'archiduc François- Ferdinand et de sa femme et Lire er Serbie une police définitive. Aujourd'hui la thèse est différer te : la guerre de 1914 a éclaté parce que d'autres puissances étaient jalouses du développement de l'Allemagne'. Est-ce un indice qu'on n'est plus très fier à Budapest, dans les milieux les plus chauvins, d'avoir provoqué la confia-

gration générale par la scandaleuse rupture avec la Serbie ? Toujours est-il que les déclarations du chef du gouvernement, couvertes d'applaudissements, ont été successivement approuvées par le comte Michel Karolyi au nom du parti de l'indépendance, par le comte Jules Andrassy au nom du parti constitutionnel, et par le chef des populistes, c'est-à-dire par les chefs des trois groupes qui ne sont pas absorbés dans le parti gouvernemental. On prétendait cependant que des scissions s'étaient produites et l'on s'efforçait de certains côtés de nous apitoyer sur ces « pauvres Hongrois », entraînés malgré eux dans une guerre qu'au fond de leur cœur ils condamnent. Si nous pouvions l'oublier, la séance du 30 novembre à la Chambre des députés hongroise noua rappellerait que les Magyars sont les plus dévoués partisans du germanisme dans la monarchie dualiste et les adversaires les plus fanatiques de tout régime de justice à l'égard des nationalités non magyares en Transleithanie. Tandis que le comte Tisza essaye de galvaniser ses trabans, les réfugiés de Galicie et les blessés des armées de l'Est affluent à Vienne. Au Prater, la Rotonde est transformée en hôpital. Malgré les communiqués uniformément optimistes du gouvernement, la population s'alarme du renchérissement des denrées, de la pénurie du charbon, de l'interruption des transports, de la misère navrante des réfugiés. Elle s'indigne aussi de l'indécence des grands seigneurs de Galicie qui, bien pourvus d'argent, s'abandonnent à leurs distractions ordinaires à Vienne tandis que les réfugiés meurent de faim. Mais cela ne modifie en rien les procédés du gouvernement. Les troupes autrichiennes continuent de commettre les pires horreurs en Serbie et les autorités impériales se livrent à une chasse féroce contre les sujets austro-hon-

grois suspects de sympathies pour la cause serbe. L'autre jour, à Sinj, en Dalmatie, on a fusillé le premier adjoint au maire de Knin (Dalmatie), M. Popovitch, on ne sait pour quelle raison. Par un raffinement digne des plus beaux temps du despotisme, on a choisi le peloton d'exécution parmi des soldats de race serbe et l'on a placé derrière lui un peloton de soldats d'autres troupes, le fusil en joue, avec ordre de tirer sur les hommes placés devant si un d'eux hésitait à tirer sur leur malheureux compatriote.

Pans les districts serbes envahis, notamment dans celui de Chabatz, la population civile est emmenée en otage, fusillée et même enterrée vivante. Un Suisse qui revient de là et qui a procédé à une enquête minutieuse, raconte dans la Gazette de Lausanne du 24 novembre ce qu'il a constaté personnellement. Il a vérifié que, dans le district de Chabatz, 1.148 civils de tout âge, de deux mois à 92 ans, ont été tués (leurs cadavres ort été retrouvés), que 2.280 autres ont « disparu » et que le nombre total des civils tués dans ce seul district doit être évalué de 3.000 à 4.000. Des centaines de femmes se trouvaient parmi ces victimes. A Lechnitza, pendart que les soldats de Sa Majesté Apostolique fusillaient un, groupe de 109 personnes de tout âge, liées ensemble par des cordes, et jetaient le tout dans une fosse sans se préoccuper de savoir si tous étaient morts, on faisait crier de force : « Vive l'Autriche- Hongrie ! Vive l'empereur François- Joseph ! » à un autre groupe de 40 otages amenés pour assister à cette abomination. Telle est la Kidtur pour le triomphe de laquelle l'Austro- Allemagne a mis l'Europe en feu.

GEORGE V SUR LE FRONT FRANCOrANGLAIS. — LES SIRENES

Page 1