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se préparent les évolutions dont l'effet éclate brusquement devant les peuples déconcertés quand les hommes qui tiennent les fils^ de la politique croient verui le moment de mettre en mouvement la machine européenne. On ne saurait donc apporter trop d'attention aux négociations d'importance secondaire, d'aspect inoffensif quelquefois, qui peu\-ent en fait engager toute une politique.Tel est le cas pour la combinaison consistant à lier l'affaire marocaine à celle du Bagdad.
Dans l'état actuel des choses, la Société concessionnaire du chemin de fer de Bagdad peut poursuivre son œuvre sans le concours de personne. Toutefois elle a intérêt à acquérir ce concours sous deux rapports et sous deux formes. D'abord, la faculté d'émettre ses nouvelles séries d'obhgations sur les marchés étrangers, celui de Pans notamment, lui permettrait d'achever son entreprise dans un délai' incomparablement plias court qu'a^^ec la* seule participation du marché allemand ; de plus l'admission à la cote de Paris des nouvelles séries d'obligations relèverait très probablement la valeur des aTiciennea pour le plus grand profit des porteurs actuels, presque tous allemands. Ensuite, l'admission à la cote de Paris de toutes les séries, anciennes et nouvelles, procurerait aux porteurs actuels un bénéfice immédiat dont on peut calculer l'étendue en se rappelant qu'il s'agit d'obhgaliions 4 o/o' revenant à 81 fr. :;o aux banques intéressées. Dans les deux hypothèses, que l'opération fût restreinte aux nouveaux titres ou comprît aussi les anciens, une paatic importante du capital français se trouverait employée dans une entreprise dirigée et administrée exclusivement par des Allemands alors que nos capitavi?! sont sollicités en ce moment par d'autres entreprises de chemins tle fer, françaises celles-là, dans l'empire ottoman. Par consécpicnt, absolument et
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relativement, il y aurait accroissement d'influence pour les entreprises allemandes et diminution pour les françaises- Enfin, aujourd'hui, notre participation financère n'impliquerait plus, comme il en avait été question de 1902 à 1908, de participation au contrôle et à la direction.
Ces inconvénients ne rebutent point les Français qui subordonnent tout à l'espoir de se débarrasser des entraves internationales au Maroc. Ils voient dans l'apport de capitaux français au Bagdad un élément d'échange et ils s'ingénient à amorcer un marché. En elle-même, leur préoccupation est respectable. De la part de beaucoup, elle est d'ordre exclusivement patriotique. D'un autre côté, elle ne se heurte à aucune objection décisive. Mais, pour conclure un marché, il faut être deux et, pour le faire bon, il ne faut point déprécier sa marchandise par des offres inconsidérées. Or, rien ne permet de supposer que l'Allemagne soit disposée à donner la contre-partie du marché. Elle se garde de se mettre en avant, de faire des propositions. M. de Kiderlen-Waechter attend, il voit venir. Sans doute il ne serait point avare de bonnes paroles, mais ce n'est point contre de bonnes paroles, c'est contre des engagements précis dans la forme et généraux dans leiir portée que nous pourrions seulement livrer notre élément d'échange. L'accord franco-allemand de février 1909 nous autorise à faire au Maroc tout ce qu'il est raisonnable de tenter. Pourquoi payer une seconde fois le prix du marché ? Nous résignerions-nous, chaque fois que nous sentirions sur le terrain marocain un point de résistance, à acheter une complaisance provisoire ? Nous risquerions — et ce serait le cas aujourd'hui — de donner chaque fois un bœuf contre un mouton. Les diplomates qui pousseraient leur gouvernement dans cette voie assumeraient de lourdes responsabilités. Dans tous les cas, ils ne seraient pas sui\is
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par ropinion publique qui saurait protester au moment opportun.
Si le gouvernement allemand croit de son intérêt d'entrer dans les vues que certaines personnes lui prêtent, il lui est loisible de formuler des propositions. Il y sera donné la suite qu'elles comportent. Auparavant, il n'est ni de l'intérêt, ni de la dignité de la France de faire des avances sur ce terrain semé de pièges. Nous avons en Turquie autre chose à faire qu'à nous occupçr du Bagdad. De grandes œuvres nous y attendent, c'est à elles qu'il convient de penser sérieusement.
DECISIONS PRISES PAR LE CABINET MONIS AU SUJET DES AFFAIRES MAROCAINES.
15 mars 191 1.
Dans sa réunion d'hier matin, le Conseil des ministres a pris, au sujet des affaires marocaines, un certain nombre
de décisions Les mesures arrêtées hier sont de deux sortes.
Les unes ont pour but d'obtenir des Zaer les réparations légitimes pour le guet-apens du 14 janvier. Les autres ont pour objet de mettre à la disposition du Makhzen les ressources nécessaires pour l'organisation d'une force militaire marocaine répondant à des besoins essentiels, pour l'exécution de travaux publics urgents et pour la liquidation des dettes contractées avant le 30 juin 1909.
En ce qui concerne la punition des Zaer et les mesures militaires propres à prévenir de nouveaux attentats analogues à celui de Mcrcliouch, k- ^ouvcrncincnt a décidé
l'affaire m a r o c a 1 N !•;
d'envoyer à Casablanca un bataillon de tirailleurs, un bataillon d'infanterie coloniale et deux sections d'artillerie de montagne à tir rapide. Il ne s'agit donc point d'une expédition contre les Zaer, ni de la formation de colonnes destinées à des raids à longue distance. Des renforts aussi faibles ne suffiraient point à pareille besogne. Le communiqué du Conseil des ministres indique que les mesures d'ordre et de police en vue desquelles des renforts seront expédiés, devront être exécutées dans les limites de la Chaouïa. Il ajoute que des instructions précises seront données en ce sens par le ministre de la guerre au général Moinicr, qui conserve le commandement du corps d'occupation. Nous espérons que ces instructions seront effectivement précises et rigoureuses et que le général Moinier les fera scrupuleusement observer par ses subordonnés. Il ne doit plus être toléré de ces initiatives hardies, brillantes et courageuses sans doute, mais contraires à la politique du gouvernement, qui risquent d'engager l'honneur du drapeau ou de créer un différend international. Que le gouvernement et le Parlement, après mûre délibération, fixent le programme marocain qu'ils jugent le meilleur ; mais, une fois le choix fait, qu'on s'y tienne invariablement et qu'on oblige tous les agents d'exécution à s'y tenir. Rien n'est pis que de choisir une politique et d'en laisser faire une autre.
Celle qui paraît avoir les préférences du gouvernement, du moins celle dont on peut juger par les décisions du Conseil des ministres, méritera d'être approuvée si elle est suivie méthodiquement et sincèrement. Elle semble conforme aux idées exposées ici le 1 1 mars. Les Zaer pourront être réduits à merci par divers moyens sans que nous lancions des colonnes à travers leurs montagnes ravinées. D'un côté, les renforts qui vont être expédiés pcr-
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mettront de leur fermer l'accès des plaines de la Chaouïa, d'empêcher leurs incursions sur les terrains de parcours des tribus soumises, de pré\"enir tout nouvel accident. D'un autre côté, dès maintenant et sans attendre la formation d'une méhalla, les autorités du Makhzen interdiront aux Zaer le marché de Rabat, centre de ravitaillement des Zaer. Ainsi bloqués, ceux-ci peuvent être amenés à donner les satisfactions exigibles, c'est-à-dire à livrer les auteurs du guet-apens de Merchouch et à payer des amendes. S'ils ne viennent point à résipiscence. Moulai Hafid procédera d'abord lui-même, par les moyens du Makhzen, au châtiment des coupables. S'il ne se trouvait pas en mesure d'obtenir justice dans un délai convenable, il serait temps alors pour nous d'aviser.
Pour que le sultan soit enfin capable de faire respecter son autorité autour de lui et de la rétablir sur les anciens territoires makhzen, le gouvernement français mettra à sa disposition les moyens matériels nécessaires à la constitution d'une armée de 4.000 à 5.000 hommes instruits et équipés. Au point de vue de l'instruction miUtaire, notre mission spéciale continuera son concours. Au point de vue financier, la France consentira à reculer de quelques années le payement des premières annuités de 2.600.000 fr. que le Makhzen devait lui verser en vertu de l'accord de 1910 à titre de remboursement des frais d'occupation de Casa.blanca et de la Chaouïa. La Banque chargée du service de ces annuités en versera, pendant quelques années, le montant à Moulai llaiid, de façon qu'il puisse subvenir aux frais d^armemcnt et d'entretien de son noyau d'armée. Cette nouvelle dette vis-à-vis de la Banque devra être amortie à de certaines conditions qui n'ont pas été divulguées.
Quaiit aux arrangements financiers proprement dits,
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ils étaient en négociation depuis longtemps déjà. Nous n'en connaissons pas encore les dispositions précises et du reste ils sont soumis à la ratification du sultan. D'après ce que nous savons, ils comportent deux emprunts ; l'un, de 43 millions, destiné à des travaux publics d'un intérêt général et d'une urgence reconnue ; l'autre, de 15 millions, qui doit dégager complètement le Makhzen des engagements contractés par lui antérieurement au 30 juin 1909. L'un et l'autre sont amortissables en soixante-quinze ans et gagés sur le surplus des recettes déjà affectées au service des emprunts de 1904 et 1910. Nous ne pourrons en apprécier le véritable caractère que lorsque les détails en seront connus. A ne considérer que le but poursuivi, ils semblent justifiés. M. Jaurès demandait l'autre jour qu'on rendît au sultan les moyens "financiers d'administrer le Maroc et de le préserver de l'anarchie totale. Si les moyens adoptés par le gouvernement sont bien ceux qu'on nous dit aujourd'hui, s'ils ne dissimulent rien, s'ils sont appliqués avec bonne foi,ils semblent de nature à satisfaire à la fois l'intérêt français, l'intérêt marocain et l'intérêt européen.
iDEMARCMES DU CABINET DE MADRID A PA"RIS AU ^UJET DU MAROC.
23 mars 191 j.
Les récents accords franco-marocains, sur les questions spéciales qui ont été l'objet des décisions arrêtées le 14 mars par le Conseil des ministres ont soulevé parmi les hommes politiques espagnols une émotion aussi live
qu'injustifiée. L'écho de ces doléances s'est fait entendre avant-hier au Sénat espagnol. En réponse à des demandes d'explications de M. Portuondo sur les prétendus empiétements de la politique française dans l'empire chérifien, le ministre des affaires étrangères a répondu qu'il avait fait près du Cabinet de Paris les démarches nécessaires pour sauvegarder les droits de l'Espagne. Comme il n'a rien précisé à cet égard et que, de son côté, le Cabinet de Paris n'a rien communiqué au sujet de la nature et de la portée des démarches de M. Perez Caballero près de M. Cruppi, il serait prématuré d'entrer dans la discussion
de griefs présumés
Dès aujourd'hui toutefois, on peut affirmer que le Cabinet de Madrid s'est alarmé bien à tort. De tout temps les susceptibilités du gouvernement espagnol en matière marocaine ont été promptes à s'éveiller. Pour notre part, nous avons toujours respecté ce qu'elles avaient de légitime et nous nous sommes bien gardés de les froisser chaque foi que l'Espagne a cru devoir agir dans sa sphère d'action suivant ses convenances. Nos « Marocains » n'ont pas toujours observé la même réserve ; trop souvent, à la première nouvelle que les Espagnols allaient entreprendre quelque chose autour de leurs présides, ils sont partis en campagne — de presse — contre nos voisins. Ils ne semblaient point se rendre compte que, si nous voulions être libres de faire, dans notre sphère d'influence reconnue, ce que nous jugions utile et opportun, nous devions, par réciprocité, ne point nous montrer chagrins de ce que les Espagnols prétendaient faire dans la leur. Nous devions nous borner, dans un même esprit d'amitié pour l'Espagne, à la prémunir contre des entraînements patriotiques de nature à compromettre la paix même du royaume, à provoquer sur notre propre frontière des troubles de la gravité de
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ceux de Barcelone dans l'automne de 1909, ou bien encore à déchaîner au Maroc la guerre sainte. Ces réflexions toutes naturelles ne pouvaient point être prises en mauvaise part. Elles répondaient d'ailleurs au sentiment d'un grand nombre d'Espagnols. Quelques-uns de nos confrères sont parfois allés au delà. Mais jamais, nous semble-t-il, ils n'ont mis en question l'exercice des droits de l'Espagne, fondés sur les accords franco-espagnols de 1904 ou sur l'Acte d'Algésiras.
Ce sont nos droits à nous, paraît-il, fondés sur les mêmes actes, que le Cabinet de Madrid discute en ce moment. Il s'est laissé gagner par un mouvement d'humeur inexplicable. Rien, dans les récents arrangements convenus avec El Mokri, ne porte la plus légère atteinte à nos conventions avec nos voisins. Aucun grief ne peut résister à un examen sérieux. A défaut de faits, M. Garcia Priéto voudrait-il incriminer nos intentions? M. Cruppi dira demain quelles sont les intentions du gouvernement français. Aussi sincèrement que les Espagnols, nous souhaitons qu'il soit en mesure de déclarer sans arrière-pensée que la France est résolue à s'en tenir au Maroc à une politique de prudence et de fermeté conforme à ses intérêts généraux et à ses engagements internationaux. Nous ne pouvons laisser impuni aucun attentat, nous devons assurer la police dans les régions oi^i elle nous est confiée, nous devons veiller au fonctionnement régulier de nos accords particuliers avec le Makhzen, sanctionnés à Algésiras. Il rentre aussi dans notre rôle d'aider le sultan à exercer le minimum d'autorité chérifienne indispensable au maintien ou au rétablissement d'un ordre élémentaire dans le Bled-el-Makhzen. Ce sont là des devoirs internationaux dont nous avons assumé la charge, en même temps que des nécessités nationales pour la puissance limitrophe de l'Etat voué à l'anarchie chro- II 28
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nique qui s'appelle l'empire chérifien. Hors de cette mission, imposée par la nature des choses, et qui ne contrecarre en rien celle dévolue à l'Espagne, il convient seulement à la France de défendre ses intérêts économiques et commerciaux avec les moyens légitimes dont elle dispose. Sur ce terrain, elle s'est toujours comportée en concurrente loyale. Si les Espagnols en usent de même, la coopération des deux pays à l'œuvre commune ne courra point le risque d'être troublée.
DECLAR\TIONS OFFICIELLES RELATIVES AU MAROC. — LA QUESTION DES COLONIES DE FEZ. — LES MARCHANDAGES AUSTRO- ALLEMANDS.
10 avril 191 1.
Dans la première partie de son discours du 7 avril au Sénat, M. Cruppi a déclaré que « sji la sécurité des étrangers, des colonies européennes de Fez se trouvait menacée, notre devoir serait de chercher à les secourir », et que « cette attitude serait commandée au gouvernement d'abord par le sentiment le plus élémentaire de l'humanité et ensuite par l'intérêt spécial que nous avons le devoir de porter au maintien de l'ordre dans le Maroc ». Samedi, à la Chambre des députés espagnole, M. Canaléjas a dit que le gouvernement français avait avisé les puissances signataires de l'Acte d'Algcsiras qu'il se voyait obligé de se préparer à des événements importants. Le président du Conseil espagnol a ajouté que l'Espagne, fidèle à ses engagements, avait pris acte de cet avertissement et que, le moment de prendre des mesures venu, elle ferait honneur à ses obli-
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gâtions. D'autre part, on annonce que M. Jules Cambon a entretenu à plusieurs reprises M. de Kiderlen-Waechter des éventualités envisagées au Maroc par le gouvernement de la République. Nous nous trouvons donc actuellement en présence d'une préparation militaire concertée avec l'Espagne et de négociations diplomatiques.
La question des secours à porter aux colonies européennes de Fez est complexe. Jusqu'ici, quand la sécurité de ces colonies semblait menacée les autoritées consulaires prenaient à temps les dispositions nécessaires pour les conduire en lieu sûr. Comme l'a dit M. Ribot au Sénat, nous avons assumé la charge positive et directe de maintenir l'ordre dans les ports, là où nous avons des forces, et non dans le reste du Maroc. Vouloir le maintenir partout où il se trouve des colonies européennes équivaudrait à s'engager à faire la conquête du Maroc. Après être allé porter secours aux Européens de Fez, on ne , pourrait les abandonner ; il faudrait laisser dans la ville des forces suffisantes pour assurer leur protection, et ces forces ne seraient point médiocres si l'on songe au chiffre de la population des tribus hostiles, à la distance des points d'appui, à la difficulté du ravitaillement en vivres et en munitions. L'excitation produite parmi les musulmans par ces mouvements de troupes ne manquerait pas de mettre en péril à leur tour les colonies européennes dans les autres villes chérifiennes. On se trouverait ainsi dans l'obligation d'aller occuper l'une après l'autre les grandes villes de l'empire. Ce serait bien la conquête, et laconquête ne serait-elle pas le partage ? Avec une occupation européenne, le [sultan Moulai Hafid, ou 'tout autre, perdra toute autorité sur les tribus. Un sultan dans le camp des chrétiens sera comme s'il n'était pas. L'administration à l'européenne porterait aux influences prépondénmtes lo-
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cales un coup mortel ; les personnages menacés dans leurs intérêts essentiels résisteraient jusqu'aux dernières extrémités. Pour faire apprécier aux populations les avantages d'un nouveau régime, il faut du temps, beaucoup de temps. De fâcheuses impatiences ont déjà compromis notre œuvre avant Algésiras. 11 ne faut pas que des impatiences analogues la compromettent de nouveau.
Aujourd'hui, le danger n'est pas de même nature qu'en 1905. L'Allemagne n'a point eu à se louer des résultats du vovage de Tanger. Elle ne s'opposerait plus à l'élargissement de notre influence dans l'empire chérifien. En signant l'accord de 1909, elle a renoncé à une politique ingrate qui lui a procuré plus de déboires que de satisfactions. Elle ne demande certainement qu'à s'arranger avec nous. Seulement, elle manœuvre de manière à nous faire payer le plus cher possible son concours. C'est à cet effet que prennent feu de temps en temps les organes pangerministes. On veut nous faire croire que l'opinion allemande s'alarme de nos projets d'empiétements au Maroc et que l'unique moyen de la calmer est de lui oflfrir de sérieuses compensations. Si le Cabinet de Paris s'engageait dans cette voie, il commettrait une double faute.
Tout d'abord, l'accord franco-allemand de 1909 nous permet de défendre au Maroc tous nos intérêts politiques : l'Allemagne déclare reconnaître « que les intérêts politiques particuliers de la France au Maroc y sont étroitement liés à la consolidation de l'ordre et de la paix intérieure, et qu'elle est décidée à ne pas entraver ces intérêts ». En conséquence, du côté de l'Allemagne, nous n'avons pas besoin de nouvelle autorisation, de nouveau marchandage, pour effectuer au Maroc les opérations de police relatives à la consolidation dt- l'ordre et de la paix. La seule condition du désiiitéresscinciU i")()Iiti(|iK' ;ill(.ni;nui est l'eiiga-