CRITIQUES DE LA PRESSE AUSTRO-ALLEMANDE
II mai 1911.
Ceux des journaux d'Allemagne et d'Autriche -pour qui l'accord franco-allemand de juin 1909 ne signifie rien ne peuvent se résigner à l'idée que les stipulations de cet accord jouent en notre faveur. A leurs yeux, les dispositions favorables à leur pays comptent seules ; les autres constituent des engagements sans importance. Par exemple, la Post assimile la situation d'aujourd'hui à celle de « l'époque 011 notre Empereur n'a pas jugé au-dessous de sa dignité de rendre visite à Tanger au sultan «. La Nouvelle Presse Libre écrit : « Nous nous retrouvons à la veille d'Algésiras. « Ces journaux traduisent simplement
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leurs désirs ; ils ne représentent pas l'opinion de leur gouvernement. La Post parle au nom des consers'ateurs prussiens, des Scharfmachn-, qui voudraient toujours voir l'empereur en armure étincelante. La Nouvelle Presse Libre est suffoquée à la pensée qu'un État européen pourrait trouver un avantage quelque part sans que l'Autriche reçût quelque chose. Elle a déjà oublié l'annexion de la Bosnie et de l'Herzégovine. Sa digestion est faite ; son estomac réclame une autre pâture. Le Berliner Lokal Anzeiger racontait hier l'histoire d'un colon allemand venu de Casablanca à Tanger « pour proposer au ministre d'Allemagne de se faire prendre par les Kabyles, ses amis, afin que l'Allemagne à son tour pût envoyer des troupes et des vaisseaux au ]\Iaroc ». Une agence de l'Europe centrale devançait avant-hier les vœux de ce patriote en lançant la nouvelle d'une croisière de trois bateaux de guerre allemands sur les côtes du Maroc. Cela indique un trouble singulier dans certains esprits. Le gouvernement allemand a spontanément publié tous les démentis utiles. De sa part, nous n'avons à redouter aucune démarche inquiétante, tant que nous resterons dans le cadre d'application de nos accords généraux et particuliers. Mais l'excitation de certains milieux montre combien il serait facile, à un moment jugé opportun, de créer un mouvement d'opinion publique qui servirait de prétexte à l'ouverture de négociations.
l'affaire m a r c) c a I n e 463