‹ L'Europe au jour le jourChapitre 119 sur 131 · AKR1\ HK DE LA COLONNE MOINIER A FEZ · texte numérisé non relu

AKR1\ HK DE LA COLONNE MOINIER A FEZ

24 mai 191 1.

Les troupes du général Moinier sont sous les murs de Fez depuis dimanche soir. Elles y sont arrivées sans avoir livré bataille. A la nouvelle de leur approche, les tribus qui investissaient la ville se sont dispersées. On ne peut dire que le blocus ait été levé, car il n'y a jamais eu de blocus au véritable sens du mot. Avec le matériel de guerre primitif dont disposaient les Béni M 'tir et les Béni Ouarain, étant donné qu'ils ne possédaient aucune artillerie et que leur service d'intendance était inexistant, il ne pouvait être question de siège en règle. Une prise d'assaut était peu à craindre. Le danger venait plutôt de la rareté des vivres, de l'épuisement des munitions et de la possibilité de la défection de quelques contingents des méhallas. Dans le cas où les rebelles auraient paru prendre le dessus et où la colonne de secours eût semblé hors d'état de se fraver sa route, la partie turbulente de la population de la ville aurait pu s'abandonner à des excès qui eussent mis en péril la vie des Européens.

Voilà ce danger heureusement conjuré. Après quelques tâtonnements, quelques déboires inévitables en pareille circonstance, la colonne de secours a poursuivi régulièrement sa marche. Il faut féliciter à cette occasion le général Moinier et le gouvernement de n'avoir pas cédé aux objurgations pressantes des impatients qui voyaient les événements à travers la loupe grossissante des correspondants de guerre. Le péril n'était jioint si pressant qu'on ne pût procéder avec méthode. D'autre part, l'heureuse arrivée

Page 1