I. 'affairf marocaink
en un temps normal des troupes parties de Casablanca et de Rabat prouve qu'il était inutile de lancer une autre colonne par la route de Taza. Cette seconde opération eût seulement compliqué la première. Le succès de la colonne de l'Ouest aura certainement un grand retentissement parmi les tribus de l'Est ; elles vont très probablement se tenir maintenant sur une prudente réserve. Il y a donc lieu d'espérer que tout le monde se rendra à l'évidence et qu'il ne sera plus question d'entreprendre des opérations audelà de la Moulouya. Le général Toutée peut utilement occuper ses troupes à pacifier les tribus récalcitrantes de la rive droite.
Le résultat désiré par le gouvernement est donc aujourd'hui atteint. La mission d'humanité qu'il avait assumée est remplie. Les colonies européennes sont sauves. Les méhallas commandées par le colonel Mangin et le commandant Brémond sont à peu près intactes et leur fidélité a dû se raffermir devant la fuite des rebelles. Nos instructeurs doivent avoir acquis sur ces hommes respectueux du succès un surcroît d'autorité. Le ravitaillement de Fez en vivres et en munitions va s'opérer sans difficultés. Tout péril est donc écarté. En conséquence, après être resté devant Fez le temps strictement nécessaire pour s'acquitter de sa mission matérielle, pour donner aux troupes en campagne les satisfactions légitimes, pour assurer de façon indiscutable notre prestige, le général Moinier devra reprendre le chemin de la côte. Mais il est évident que l'effort militaire que nous venons de faire est trop grand pour que nous n'en devions pas tirer tous les effets utiles et que nous soyons exposés à le renouveler prochainement. Le moment est donc venu pour le gouvernement d'arrêter le programme marocain dont nous avons à maintes reprises exposé la nécessité