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LE SERVICE MILITAIRE EX BELGIQUE

RUPTURE ENTRE LA VIEILLE DROITE ET LE GOUVERNEMENT A PROPOS DU SERVICE MILITAIRE.

13 novembre 1909.

LA transformation de la majorité belge et l'adoption du service personnel sont aujourd'hui certaines. La rupture entre AI. Schollaert, président du Conseil, et M. Wœste, chef de la vieille droite, s'était accomplie la semaine dernière. Hier, l'alliance entre la jeune droite et la gauche sur le terrain de la réforme militaire a été scellée publiquement.

Au commencement de la séance de la Chambre des députés, M. Vandcrvelde, chef des socialistes, a déclaré au nom de son parti que les députés ouvriers étaient prêts à se rallier au système « un fils par famille » et à voter les exemptions ecclésiastiques, si la Chambre adoptait le service personnel de quinze mois. Au nom des libéraux, M. Neujean est ensuite venu lire la décision suivante prise à l'unanimité par les membres du parti :

156 I. ' E U R O F E Al JOUR LE JOUR

Pénétré de la nécessité de faire prévaloir avant tout le principe du sersice personnel et d'assurer dès la présente loi et par un texte formel une réduction importante du temps de ser\ice et se réservant de poursuivre dans l'avenir la réalisation du service généralisé avec réduction de sa durée au temps strictement nécessaire ;

La gauche libérale,malgré les défauts du système du fils par famille signalés par ses orateurs,décide dans le cas où le service généralisé serait repoussé, de voter en bloc, si la proposition en était faite,l'aboIition du remplacement, quinze mois de service, et un fils par famille.

Mis aussitôt en demeure de s'expliquer par M. Wœste, le président du Conseil a répondu catégoriquement qu'il acceptait le pacte proposé. « Je désire toujours, a-t-il dit en substance, gouverner avec la droite, mais je ne repousse, aucun concours, d'où qu'il vienne, pour faire voter une loi d'intérêt public. Dans cette question de la réforme militaire, ce n'est pas nous qui allons à la gauche, c'est la gauche qui vient à nous. Pénétrée des nécessités de la défense nationale, elle se rallie à un projet transactionnel acceptable. Dès lors qu'elle vote les immunités ecclésiastiques, nous consentons à la suppression du remplacement.» La netteté de cette déclaration a fait bondir AI. Wœste. Le chef des catholiques conservateurs a reproché à M. Schollaert de passer avec armes et bagages à l'ennemi pour conserver son portefeuille et lui a notifié qu'il lui retirait sa confiance. Le président du Conseil a répliqué qu'il avait seulement fait son devoir et qu'il restait au ministère par dévouement, contrairement à ses goûts et à ses intérêts. La séance s'est achevée dans l'agitation. Un grand nombre de membres de la vieille droite suppliaient les ministres de ne pas disloquer la majorité, tandis que les jeunes droites acclamaient M. Schollaert. Le vote aura lieu seulement mercredi. 11 ne portera pas sur le texte primitif du projet du gouvernement, mais sur un amendement signé' par deux membres de chaque parti, disposant

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