HISTOIRE DU POUVOIR «ECCLESIASTIQUE PENDANT LE MOYEN AGE
Biens du clergé. — Sources de ces biens. — Le clergé exposé à des spoliations. — Sa juridiction , — arbitrale , — coactive. ~ Son pouvoir politique. — Su- ' prématie de la couronne. — Charlemagne. — Changement après sa mort , et empiétemens de l'Eglise au neuvième siècle. — Primauté du siège de Rome. — Origine de cette primauté. — Grégoire I. «— Concile de Francfort. — Fausses Décrétâtes. — Progrès de l'autorité papale. — Effets de l'excommunication. — Lothaire. — Etat de l'Eglise au dixième siècle. — Mariage des prêtres. — Simonie. — Elections épiscopales. — Autorité des empereurs sur les papes. — Disputes au sujet des investitures. — Grégoire "VII et Henri IV. — Concordat de Calixte. — Election par chapitres.-— Système général de Grégoire VII.—- Suite | des usurpations papales au douzième siècle. — Innocent III. — Son caractère et ses vues. — Progrès continuel de la papauté.* — Droit canonique. — Ordres mendians. — Dispenses. — Taàqes imposées sur le clergé par les papes.— Usurpation des droits de patronage. — Mandats , — réserves , etc. — Désaffection générale à l'égard du siège de Rome au treizième siècle. -—Progrès de la juridiction ecclésiastique. — Immunité du clergé dans les causes criminelles. — Restrictions
imposées à sa juridiction, — à ses acquisitions de biens.' — Bbniface VIII. —Sa querelle avec Philippe- le-Bel. — Issue de cette querelle. — - Décadence progressive, de l'autorité papale.*- Louis de Bavière. — Séjour des papes à Avignon , et leur retour à Rome. — Conduite des papes d'Avignon. — -. L'élection contestée d'Urbain et de Clément produit le grand schisme. — Concile de Fise , — de Constance, — de Bâle. — Moyens • employés pour restreindre les usurpations papales en Angleterre, en Allemagne et en France. — Libertés de l'église gallicane. — Déclin $e l'influence des papes en Italie*
JLorsque les barbares du Nord envahirent l'empire Biens de romain , ils trouvèrent le clergé déjà en possession îempire.8011* de biens considérables. Il continuait à jouir des offrandes volontaires qui servaient dans l'origine à la subsistance des ministres de l'église chrétienne : il avait en outre obtenu , même tous les empereurs païens, aoU secrètement, soit par tolérance ( car la loi romaine ne permettait point la tenure des terres en main-morte ) des propriétés immobilières, dont les revenus étaient applicables à son entretien et a celui des pauvres (1). Ces biens étaient , à la vérité, précaires , et sujets à confiscation dans les temps de persécution. Mais un des premiers effets de la. conversion de Constantin, f utpon-seulement de garantir. •
(i) Giannone , Istorip ai Napoli, 1. 2 , je. 8 ; Gibbon, c. i5 et x>; Fra Paolo, Trait? des Bénéfices, c. 4* Le dernier ne confirme pas entièrement cette assertion ; mais le rapprochement de tes trois auteurs parait la justifier.
q l'Eglise «es. aoquUitioos territoriales , mai* encore de leur donner une sanction légale. L'édit de Milan, de 3i3, reconnaît les propriétés alors appartenant aux corporations ecclésiastiques (1). Un antre édit, publié en 32 1 , accorde à tous les sujets de l'empire la faculté de léguer leurs biens à l'Eglise (2). La libéralité personnelle du prince , et celle de ses succès- 0 seurs | donnèrent un exemple qui trouva de nombreux imitateurs. Dans cette transition rapide d'un état de misère et de persécution au faîte de la prospérité 9 l'Eglise dégénéra bientôt de sa, pureté primitive, et perdit ses titres au respect des siècles futurs dans la même proportion qu'elle acquérait l'aveugle vénération du sien. La cupidité surtout devint un vice presque caractéristique du clergé. En 3yo , Valentinien I lui .défendit de recevoir aucun legs des femmes. N'était-ce pas une disposition plus déshonorante que n'eût pu l'être une prohibition générale? Plusieurs pères s'élèvent aussi avec force contre l'avidité scandaleuse de leurs contemporains (3). H« s'accrois- La dévotion des peuples* conquérans , encore cbàte?P ** moins éclairée que celle des, sujets de l'empire , n'en fut que plus prodigue. Us laissaient à la vérité dans leurs forêts le culte d'Hésus et de Tarants ; maïs ils conservaient les principes fondamentaux de ce culte et de toute idolâtrie barbare , un respect superstitieux pour les prêtres, une crédulité qui
(1) Giannone -, Gtt)lxJ:û? uhi 41^^; tfra Paolo* c. 5.
(2) Jd. Ibid.
(3) Giannone , ubi suprà , Fra FmIo , c. 6.
semblait inviter l'imposture y et une confiance sanp bornes vlans l'efficacité des offrandes pour expier les fautes, Il est certain que les ministres de la religion profitèrent de cette disposition des esprits , moins peut-être par cupidité personnelle que par zèle pour les intérêt* 4e leu? ordre* ,L* plupart des principes et des pratiques quj caractérisent particulièrement la fpi et la discipline de ces temps paraissent avqir été inventés, on soigneusement propagés , pour favoriser une sordide fraude. J!eU étaient la vénération pour les relique*, l'adoration des images, le cultqidolàtre des saints et des martyrs, l'inviolabilité religieuse des sanctuaircp , la consécration de» eimetiérea* et pjut-dessustout, la 4ûçtrinedu purgatoire, et \ei messes pou,r le repos des morts. L'effet de ces croyances sur les esprits de barbares à-Ja-foia voleurs et prodigue*, dissolus et dévots* dut être d'attirer d'immewça richesses au sein de l'Elise. Lesévêqufa recevaient contmuel)eiftent des donations de terres % et Je* monastères étaient encore .plus libéralement traitçs«Ces établissement n'avaifnt pas été très-nom» bjreux en Occident jusqu'au comtriteueeraeat du si* xième siècle, époque, où Benoît institua sa fameuse règle (1)» Un<exterieur de piété plus remarquable > une séparation plus absolue 4* vioiide, des pratiques plus édifiantes et plus propres i. faire impression * des prières et des messes plus constamment répétées
(1) Giannone, 1. 3, c. 6; 1. 4, C. 12 •, Fra Paolo, Traité des Bénéfices, c, 8 ; Fleury , huitième discours sur V Histoire ecclésiastique ; Muratoii > disaari* 6fr.
donnaient aux religieux de ces institutions une certaine prééminence sur le clergé séculier.
Sous l'empire romain comme sous les gouvernemens qui s'élevèrent sur ces ruines , aucune loi n'attribua à l'Eglise d'apanage territorial. Mais la munificence des princes et des sujets suppléa amplement au défaut d'un établissement plus général .JLes principaux sièges, et surtout celui de Rome, ayaient pour soutenir leur dignité des biens privés fort considérables, appelés patrimoines, non-seulement dans les limites de leurs diocèses, mais quelquefois même dans des contrées fort éloignées (i). Les monarques français de la première race, la famille carlovingienne et son Hlustrechef, fa dynastie des émpererifrs d'origine saxonne , les rois d'Angleterre et de Léon , ne mirent presque pas de bornes à leurs libéralités, comme l'attestent les nombreuses chartes encore^existantes dans les collections diplomatiques. Beaucoup d'églises possédaient de sept à huit mille manses ; celle qui n'en avait que deux mille passait à peine pour riche (2). Mais il faut Remarquer que ces donations consistaient en terres incultes et abandonnées (3). Les monastères augmentèrent légitimement leurs richesses par la culture de ces terrains déserts, et par une sage administration de leurs revenus, moins exposés que ceux des laïques^àux moyens ordinaires de
* (1) Saint-Marc, t. 1, p. 281; Giannone, 1. 4> c. 12.
" (2) Schmidt , t. a , p. ao5. v (3) Muratori, dissert. 65; Ducange, v. Eremus..
dilapidation. Ces biens, continuellement acqiinulés, les mirent en état d'acquérir, par des ventes régulières, de vastes propriétés territoriales r surtout à l'époque des croisades, où les fiefs de la noblesse étaient chaque jour mis en vente ou offerts en gage (1).
Si les communautés ecclésiastiques eussent acquis Quelquefoi
1 ' i • i« •«* • • , mal acquis.
tous leurs, biens d'une manier» aussi juste , nous n'aurions rien' à leur reprocher. Mais leur opulence découlait de bien des sources , et toutes ces sources n'étaient pas également pures. Les personnes qui entraient dan» un monastère jetaient souvent toute leur fortune dans la masse commune. . Les enfans de païens riches qui prenaient l'habit religieux de* vaient même, suivant l'usage, faire une donation de terres. Les uns, avant de s'engager dans des expéditions militaires, abandonnaient leurs biens à l'Église; les autres faisaient des donations qui. ne devaient avoir d'effet qu'après leur mort. Le plus grand nombre, dans Ja crainte d'une fin prochaine , faisaient leur testament en faveur de l'Eglise. Il y avait une sorte dp dispositions gue^Jç clergé pouvait avec plus de décence recommander aux fidèles } c'étaient les legs pour œuvres charitables :' mais il était en général chargé de leur administration , et souvent il les ' employait à apn profit (a). On ne manquait pas de
persuader au pécheur opulent qu'aucun acte expia-
(1) Heeren, Essai sur tes Croisades, p. 166; Sqhmidt, t. 3, p. 293.
(a) Prima sacris pastoribus data est facultai, ut hœrçditatis portio in pauperes'et egenos dispergerelur; sedsensimEeclesice quoque in pauperum censum venerunt, atque intestates gentis
toire nq,pQuwit être plus agréable au ciel qu'une dotation de riches présens i te» délégués terrestre* (1). Mourir sans consacrer à désœuvrés pies ' une partie 4c *fl* biens» était considéré pomme une espèce de suicide ou pomme un refus des derniers sacreroens jet ainsi le malheureux mort intestat se trouvait coupable envers l'Eglise d'une espace de fraude , qu'elle punissait ea s'emp&rant de Fadmisi&txation de ses biens. Cette coutume > toutefois, était particulière i l'Angleterre, *t paraît n'y avoir été en vigueur qu'entre les règnes de Henri 111 et d'Edouard III : l'évêque sJempareit , au profit de l'Eglise et des pauvres, d'une portion des biens de l'intestat, a.u lieu de la distribuer entre les plus proches parens (a). Les pénitences, canoniques imposées aux pécheurs repentans étaient d'une rigueurexces
mens crédita est proclitdor in eas futurû fiasse; quâ ea* repinguivs Ulorqrti patnmçnium evasit. Jmmà episcopi ipsi in rem suant ejusmodi çonsuetiidinem interdùm convertébant; ac tributum evasit, quod anteà pu moris fuit. Maratori, Arttiquitates Jtaliœy t. 5 , dissert. 65
(i) Muratori, dîssert. 67 ( jinûquitates Italiœ, t. 5 , p. io55 ), Bons a oonsarvé une charte curieuse d'an comte italien, <jui déclare que, frappé des réflexions qu'il avait faites sur aou état de péché, il avait consulté quelques religieux pour savoir comment il expierait ses fatotes. Accepto consilio ab iis* excepto si renunciare sœcubo passent > nullum esse meiius inter eleemosynarum virtutès., quant si de propriis meis substantiis in monasterium concédèrent. Moc çansilium ahiis libenJ^r^e^ardentissimo animo ego accepi.
(a)Selde^, t. 3, p. îoyéiPrysue, ÇanstUutUms, t. 3, p. 18-,
Çlackstpne, t. 3>, ç. 3a. Il paraU qa'an Erançe le seigneur du fief
■.'empavait 4e toute la dépouilla. Passage, v> Jatestaftu»
sive } mais on sien libéra avec de l'argent ou des bieqs-fbnds. Ge fut une source A-la-jjbis féconda et scandaleuse des richesses dea; moines, source que. les papes extournèrent ensuite dans leurs coffres par l'usage des dispenses et des indulgences (1). Les terre* de l'Eglise étaient exemptes de taxe* , quoiqu'elles ne fussent pas en général affranchies du service militaire, lorsquVttés étaient tenues en fief $ mais elles étaient souvent tenues en franche aur môue^ et libres alors de ^oute obligation de service* De \k naquit une pratique frauduleuse ; les propriétaires laïques donnaient à l'Eglise des terres qu'elle leur refait ensuite 4 titre de fief ou de bail , exemptes de charges publiques. Et comme si tous c#s moyens pour acoujnuter des richesses , dont ils ne pouvaient jouir légitimement, n'eussent pas encore pté suffisans, les moines prostituèrent leur connaissance de l'écriture a. fabriquer & leur profit des chartes, <pii purent aisément tromper un siècle ignorant, puisqu'il a fallu d%ua les temps modernes une érudition particulière pour en découvrir la faujteté. Une telle rapacité pourrait paraître incroyable dans des hommes affjtfnchis des. soins de la vie , et sans espoir de postérité , si nous n'avions chaque jour des exemples de l'insatiabilité de l'avarice , et du zèle que peut inspirer l'intérêt de l'ordre auquel on est attaché (2).
(x) Muxutori, diuert. 68.
(») Lesaufteuss qui m'ont fourni mu principaux matériaux aoot : Muratori , 65. • , 67.» et '68.« Dissertations sur tes, antiquités de r Italie; Fra Paota , Traité des MérUjLes, notammeai les chapitres 1 9 et 29 5 Giannone , loco ciu et 1. 4 * «• 1 % ; 1. S f a. é 9 K ia,
( 3oo )
Dîme,. Une autre source de revenu était les dîmes : on
en recommanda , on en prescrivit même le paiement sur le fondement de la loi judaïque. Elles ne furent cependant pas appliquées dans le principe à l'entretien d'un clergé résident. Les divisions paroissiales, telles qu'elles existent aujourd'hui, ne s'effectuèrent, du moins en quelques pays, que plusieurs siècles après rétablissement du christianisme (1). Les églises de campagne , que les besoins des fidèles ou la piété des patrons firent successivement élever, n'étaient dans le fait 'qu'une espèce de chapelles dépendantes de la cathédrale , et desservies par des ministres ambulans aux onires de l'évoque. C'était l'évêque qui percevait les dîmes, et il les distribuait comme il le jugeait convenable. Un capitulaire de Charlemagne en règle cependant la divisidn ; il devait en être fait trois parts : une pour l'évêque et son -cierge , une autre pour les pauvres , et la troisième pqur l'entretien de l'église (a). Quelques églises de campagne obtinrent de l'évêque le privilège de donner le baptême et la sépulture ,* et il leur fut assigné une partie déterminée des dîmes ; ce qui semble indiquer qu'un prêtre
c. îa; Sçhmidt, Histoire des Allemands, t. 1, p.. 370$ U a, p. aoft, 46a ; t. 4> P- 20a> Fleury, 3.« Discours surl'JZUt. ceclés.j PucftDge, voce P recaria.
(1) Muratori, dissert, 74 > et Fleury, Institutions au droit ecclésiastique, t. 1, p. 16a, font remonter l'origine des paroisses au quatrième siècle ; mais ceci» doit s'entendre des parties les plus peuplées de l'empire. '" k
(a) Schmidt, t. a, p. ao6. Ce capitulaire parait fondé sur un ancien canon; Fra Paolo, c. 7.
(3oi) ,
y faisait la résidence. Ce privilège attendit insensiblement à toutes les églises , et c'est ainsi que la division paroissiale se trouva enfin complètement établie } mais elle ne le fut guère en Angleterre que vers l'époque lis la conquête (i).
Les églises paroissiales ne devinrent donc indépendantes que d'une manière lente et progressive. Ce fait paraît par lui-même une réfutation suffisante à opposer à ceux qui font remonter à une haute antiquité le paiement universel des dîmes. Il existe cependant des preuves plus directes que rétablissement de cette espèce de revenus ecclésiastiques n'eut lieu que par degrés , et rencontra même beaucoup d'opposition. Nous trouvons le paiement des dîmes ordonné pour la première fois par les canons d'un concile provincial tenu en France vers la fin du sixième siècle. Ce tribut fut continuellement prescrit par la même autorité ecclésiastique , depuis le neuvième siècle jusqu'à la fin du dousdèipe , ou même plus tard (a). Fra Paolo observe que les prédicateurs du huitième siècle s'appliquent à le représenter comme un devoir, et paraissent même reconnaître dans l'accomplissement de ce devoir le plus haut degré de la perfection chrétienne (3). Cette répugnance du peuple à se soumettre à un tribut général et permanent n'a certes rien d'incompatible
(i) Collier, écoles lasthal Histoty , p. 999.
(a) Stlden, Hlstory of lïthos, t. 3 , p. 1108, Mit. Wilkin*. CiaunoneaMuroquoplusieurfldécrotf dwpapeadu «ixièmo liècle prescrivirent le paiement dei dtœei. L. 3 , c. 6.
(3) Traité dos Bénéfices, eu.
(3oa )
btcc son empressement à ptodigntr à l'Egfcae des dons volontaires* Charlemagne fut le plumier qni confirma par an statut civil ces injonctions ecclésiastiques. On n'a produit, du moins à ma connaissance , aucune. loi pour le paiement des dtmes antérieure à ses eapftalaires (t). Mais on attrait tort d'en conclure que la coutume de paye* là dînte n'avait pas déjà fait de grands progrès sous l'influence de l'autorité ecclésiastique, ou* d'an autre côté, que les décrets de -Charlemagne la renililtënt ùnirerselle (a). Dans les siècles suîvans, il devint trta-fcommun d'appliquer à l'entretien d'églises particulières, ou* suivant la superstition dominante, à des fondations monastiques, ces dtmes , qui , dans l'origine , étaient payables 4 l'évéque (5). Cette application arbitraire des dtmes, irialgré lés plainte* dont elle était l'objet, subsista, par une Sorte de prescription, jusque vers l'année 1 Aoo. Gé fat presque à' la même
(1) Mafciy (Observations sut l'Histoire de Frnnce, 1. 1, p. 235 el 438 ) a attaqué assez témérairement l'opinion commute qu: attribue à Charlemagne l'obligation légale des dîmes; et préteud. qu'aucun de ses Capitulaires n*fest susceptible de cette interprét 1non; Ceux qu'il cite ont, a la yérité, un Sens différent; mais U en est un autre non équivoque dont il ne patlé point , promulgué en y&)(Baluzii Capitularia, t. 1 , p. a53) ; et je crois qu'est confirmé par quelques autres.
(2) La concession éPEthelwolf , en 855, paraît {'origine la pU probable du dijoit de dîmes en Angleterre ; mais il n'est pas certain que cette loi , car c'en était une, ait été constamment éventée. Marina dit que les dinles ne furent légalement établies t.
-Castille que sous le régne d'Afphftnse X. Ensayo sobre las su paradas, c. 359. *
(3) Selden , p. 1 1 14 et seq ; Coke , 4 tnsU , p. 64 1 .
époque que l'obligation de payer les dîmes , limitée dans le principe uux fruits de la terre, fut étendue, du moins en théorie , à toute espèce de profit , et à tout produit du travail (1).
Bien des obstacles cependant arrêtèrent le clergé spoliation dans l'acquisition de ses biens, et plus d'une fois il rEguïe!* eut à lutter contre une sorte de reflux qui l'entra!naît loki du but qu'il avait atteint. Dans les temps de violence et de barbarie , l'infériorité de kl force physique et de la vaillance est un désavantage que rien ne peut entièrement compenser. L'histoire eu* clésiastique du moyen âge ne présente qu'une longue lutte de la fraude contre la violence. Les acqui* sitions faites continuellement par l'Eglise j à l'aide des moyens que nous avons signalés , lui sont arbitrairement enlevés par la force. Ces mêmes hommes qui , au milieu des souffrances de la maladie , ou des terreurs de la mort , comblaient ses autels de d<$s expiatoires, avaient passé les beaux jours dé leur via dans les excès d'un pillage sacrilège. Malgré les nombreux exemples que nous trouvons parmi la noblesse d'un profond respect pour les institutions religieuses, on se tromperait si l'on supposait que tel était son caractère général : à une rapacité aussi insatiable que celle des abbés la plupart de ces nobles joignaient l'audace et la violence , et les abbés étaient trop faibles pour leur résister* Nous n'entendons de tous côtés que deslamentations continuelles sur le pillage des biens ecclésiastiques.
(i) Sèldea , JBUtoty ôfTithes , Traité des Bénéfices, c. *8; Giauuoue , 1. 10, t. la.
la suite; mais, d*ua autre cAté, les possessions ecclésiastiques fanent mieux garanties contre les nsur- . partons de la \iolenoe.
jttridkticm Ces acquisition» de biens par l'Eglise sont peotétre moins remarquables , et contribuèrent peutêtre moins à sa grandeur que ces innovations dans le cours ordinaire de la justice qu'on désigne sous le nom de juridiction et de privilèges ecclésiastiques. Il est presque superflu de prévenir le lecteur qu'on ne range point dans cette classe les droits de justice territoriale possédés par les ecclésiastiques en vertu dé leurs fiels. La juridirôon épiseopale, proprement dite, peut être considérée comme résultant du choix dos parties , de leur condition , ou de la matière de la contestation.
Arbitrale, I. L'autorité arbitrale des pasteurs de l'Eglise remonte a l'origine àvt christianisme. Elle était naturelle, nécessaire même à une société isolée et persécutée (i). Accoutumés à sentir de l'aversion pour les tribunaux impériaux, et à regarder tout recours à ces tribunaux comme étant eu quelque aorte incompatible avec leur profession , les premiers chrétiens conservèrent quelque chose de ce préjugé, même après l'établissement de leur religion. Us continué-
(1) i Çorintk., c. 6. Le mot if**«*/***« (*) , ceada dans notre version par gens sans crédit {ofmo imputation), a été interprète par quelque! auteurs dans le sens- de personnes sans auU>riu coërcitive, arbitres. Il est certain du moi us' que le passage tend à détourner les fidèles de porter leurs.contestations devant le ju^c • séculier.
(*) M. Le Maître de Sacy a reada fa .fltot par Ut moindres j>*ronnes.(N. rf. T.) „
{ fa )
*cnft A regarder J'apbitrage de leurs évoques comme le mftyen If plijf cpnyepable de vic^pr Jpurs différend*. Cons.tajitjnrendij.une |pi qui favorisait puissamment cette "jpgidiption : £lle -enjoignait aux juges, séculiers de faire exécuter les sentences épiscopalep:, Urç attire édi* attrjl)u4 au même empereur, et annexé au, Cp4* TMQ<toff£P>> étende la juridiction del'éyêque ji toutes lesœagses que l'une dés parties consentait à lui ?Quppe>ltne , Iprs xnème que l'affaire avait été commencée dans une cour séculière, et déclara que tes sentenfcesûe seraient point soumises a J 'appel. Il a été clairement prouvé que çetédit était faux,: il résulte évidemment d'une ' noyelle de Vale&tJnien IIJ , promulguée vers Pan 45o , que l'Eglise n'avait encore de juridiction ? en matière temporellé y que dans Je cas du consentement commun dfis parties 4a litige. 11 est à' la vérité probable qu'uni esprA d'em|>ièjtement sur lçs attributions des; magistrats civîk commençait déjà à se nfanifester ; car quelques expressions employées par l'empereur seip.blent avoir pour but de le réprimer. Cependant Charlemagne , trompé par cette fausse con.siitu.tion •annexée au code Théodosien, ep répète, dai\s un de «es capitulants , lis absurdes et mdft&trueuaes dispositions (\)/ Il parait ai Lncqnçevabje qu'un monarque éclairé ait songé à^pvestir lfcrdrf ecclésiastique de ce pouvoir absolu sur ses propre znagptrais , qu'il cet permis de soupçonner qu'il fut dupe de quelque iihposture , pu' du .moins qu'il nkvait
(a) Baluzii CapUularia, 1. 1, p, 9^5.
£âs apprécié 'foiftè l'étendue de' sa concession. Il est certain qltë FEglîse , dans le temps ihème où elle déployait le plus de hauteur^ n'a jamais réclamé dans leur plénitude les privilèges que lui- confère ce capltulaire (1): *i ' ' ' • "
«oêrcitive sur- H. SÎ les premiers chrétiens se croyaient en qnel- BatiÀreciriie, 'que sorte engagés à soumettre leurs différends civils à des arbitres pris dans leur sein , cette obligation devait 'lier encore plus étroitement le* clergé. Les canons de plusieurs conciles des quatrième et cinquième siècles ordonnent la déposition de tout évêque ou prêtre qui introduira une action civile on
même criminelle devant un magistrat séculier. 11 est probable toutefois que cette prohibition ne s'étendait qu'aux cas où. le défendeur était clerc ; car les cours ecclésiastiques, n'avaient pas encore de ju- * ridiotion coërcitive sur les laïques. Il n'était pas aussi facile* de déterminer ces derniers à choisir le tribunal <îes éveques lorsqu'ils avaient àes de» mandes à former contre des clercs. Les empereurs ne s'étaient nullement montrés disposés à favoriser cette espèce d'empiétement jusqu'au règne de Justinien , qui attribua exclusivement aux évèques la connaissance des actions civiles contre lés ecclésiastiques. Cette Icfi contenait cependant nne disposition portant que la partie mécontente <fu jugement pourrait s'adresser au magistrat sécalier, dont
{i)Gibboa, c. 20 * Ôiannone , . 1. a/c. 8;l* 3, c. 6; 1 6, c. 7; Schmidt,t. a , p. 208; Fleuiy, septième Discours, et Institutions au Droit ecclésiastique, t. a,^>. 1 ; « Mémoires de l\ des Inscriptions, t. 37, p. $66.
criminelle,
la ^wricUotionge jurait pan alors considère comme sup4rieu£6>4'jfcais comme, égale à celle des évoques ; si le* djMsÛHis dfls.deux QQiirs étaient différentes, l'affaire devait ô^e, soumise à ^çjnpçrcur (1). ,Le* premiers roia mérovingiens adpp,tèw?ntla juridiction exclusive, de îl'évéqu.e, dans [les causes, où les clercs, étaient parties ,, saip la soun^tre, à, aucune des restrictions de. /qsttnien. Un grand nombre de lois, promulguées sous leurs règnes et sous Charlem^gne, défendent expressément au jt\ge:séculier de recevoir aucune plainte contre les enfans.de, l'Eglise.
La juridiction épiscopale ne comprit pas d'abord *n matière la connaissance exclusive des crimes imputés aux clercs y crimes .que la société est. si intéressée à réprimer | et que l'Eglise ne pouvait punir assez sévèrement. Justjnien paraît ayoir réservé le jugement de ces causes au magistrat impérial , mais avec cette restriction importante, que la sentence prononcée contre un clerc ne pouvait être exécutée sans le consentement de Pévêqne ou la. décision suprême de l'empereur. Les \o\s des Mérovingiens n'accordent pas expressément à l'évêque ce droit de révision; mais elles portent qu'il doit être présent au jugement de ses. clercs; disposition qui avait sans doute pour but d'indiquer la nécessité de son con* cours à la sentence. L'ordre épiscopal fut entièrement affranchi par Justinien de la juridiction tem-
(1) /Ufcalaric , roi des Ostrogolhs , porta , vers la même époque , une loi semblable > a laquelle les papes se trouvèrent*naturellemeut soumis , puisqu'ils étaient ses sujets. Saiot-Marc, 1. 1, p. 60 \ Fleurjr, Mût. eeclès,, t. 7, p. 49a.
(3io)
porelli ; il avait fait de vains efforts sotts les empereurs précède as pour obtenir ce privilège. Il le conserva en France : Chiljiéric , un des frais les plus despotiques, voulant faire punir quelques évêques accusés de traftison , n'osa pas leur donner d'autres juges qu'uue assemblée de leur* frères. Eti6ti, Charlemngne paraît avoir étendu A tdut le corps d* cletgé cette exemption absolue de là juridictîbli séculière (1).
dan* îei m* Une causé pouvait se trouter dans les limites de
tièret qui lui « .... ,
éuient pn». la juridiction ecclésiastique pat ià nature aussibien que par la qualité des pëMfcs. L'Eglise etit, dès l'origine , droit de connaître de toutes les questions purement religieuses. D'après tes cdastlruKbûâ impériales , le magistrat civil avait également tinfe Juridiction exclusive sûr lès affaires tfttipowltes (a). Les âges postérieurs vybnt à cet égard d'ëlrangps innovations. Les cours 'spirituelle^ , bons dés pré-
(0 Mémoires dt l'Maêèmié , ubi suprâ; fotfnttonfc, !; 3> c. 6 ; Schmidt, t. a, p, a3fc-, Fleury, ubi svfrrà.
Quelques-uns de ces écrivains ne donnent pas autant de force à la loi de Charleroagne. Néanmoins les termes à'uu capitulaire promulgue en 789, ut chriti ecclesiasltci ôrâinïs, si cutpam /«cunavht apud ccclcsiatticos jtdîcerUur, h oh àpud s<»*lat*s {Baluzii Capitularia, t. 1 , p. aa7), jbnt ftssfe généra m. On trouve des expressions encore plus fortes dans la collection pu- Miéepar Ansegisus , sous Louis-le -Débounaire (idem, p. 904 et iri5). Voye* d'autres preuves datfé FleUry, Jïlst. èttkisfast. , t. 9, p. 607.
(a) Quotiês de rtligioHtr ogitur, episcopos oportet jùÀicarc; altéras vend causas qu<9 ad ordinarios cognitores vef ad usum publici jurïs pertinent , fegibus àportet audiri. Lcx Arcadii et Honttrii, dans les Mémoires de V Académie, U 89, p757î.
textes spécieux, usurpèrent presque toute l'admt* nîstration dé la justice j niais eee empièteutens, je crois ; irt furent pas trè»frappans jusqu'au douzième siècle \ et comme on eommençajrerele même temps à prendre de s mesures plus ou inoins vigoureuses , plus. du moins heureuses pour les réprimer, je ne m'en occuperai que lorsque je serai arrivé à cette époque*
Ou. pourrait croire qu'en présentant cet aperçu Puissant* des richesses et de la juridiction- du clergé, j'ai dû 8irg£ue parler en même temps de son influence politique. , *
qui s'y trouve, naturellement liée* Ce! ordre avait cependant des moyens plus directs d'arriver au pouvoir temporel. Ses membres- s'étaient introduits jusque dans les palais des empereurs romains ; ils furent quelquefois Jenrs mœistres, plus souvent con-. seiUetfe privés, ni aie toujours1 de* alliés nécessaires et formidables , «dont il était prudent de se concilier l'attachement et de respecter l'intervention, lia ac» quirentune influence encore plus marquée sur les nouveaux rois d'Occident. La nature de ces gouvcr* nemens libres leur donna d'abord droit à un privi* lége inconnu sous le despotisme impérial, celui d'as* aster aux assemblées délibératives de la nation. Les conciles d'éVèques convoqués par Constantin ef ses successeurs ne devaient s'occuper que des dogmes, ou de canons relatifs à la discipline ecclésiastique .Mais les nations du nord n'observaient pas aussi bien cette distinction entre la législation temporelle et la législation spirituelle. Les laïques délibéraient sans doute rarement sur les canons de l'Eglise ; mais l'Eglise
empiéta avec moins de scrupule sur les attributions des laïques. Ou trouve dans les canons des conciles nationaux , et même provinciaux, une foule de dispositions relatives* la constitution civile de l'état. C'est ainsi que dans un de ces conciles, tenu çn 787, à Calcluith (ville d'Angleterre aujourd'hui incon* nue), il fut décrété qu'on ne pourrait appeler au trône que des princes légitimes, et qu'on excl urait ceux qui seraient nés d'un commerce incestueux ou adultérin. On doit cependant observer que les canons de cette assemblée, qui était bien et réellement un synode* ecclésiastique, puisqu'elle avait été convoquée par le légat du pape, forent confirmés par les fois de Mereie et de Northumberland, et par plusieurs de leurs nobles, qui y apposèrent leur . signature. Quant aux conciles tenus en Espagne sous les rois visigoths pendant le septième siècle , il n'est pas facile de décider s'ils doivent être considérés comme des assemblées* ecclésiastiques, ou comme des assemblées temporelles (1). Aucun royaume n'était plus que l'Espagne dans la dépendance de l'ordre ecclésiastique («). Les assemblées nationales .des rois de France de la première race, connues sous le nom. de Chàmps-de-Mars, paraissent avoir été maintenues plus distinctes des conciles purement ecclésiastiques.
Les évêques acquirent et conservèrent une grande
(1) Marina , Teoriade las Cartes , t. 1, p. 9. '
(a) Voyez des preuves do pouvoir temporel des évêques en Espagne, dans Ffeury | Histoire ecclésiastique, t. 8, pt 368, 397 ; t. 9, p. 68, etc.
partie de leur ascendant* par une influence très» respectable, la supériorité des lumières. Etant seuls x versés dans Part d'écrire , ils furent chargés de 4a correspondance politique et de la rédaction des lois. Connaissant seuls les élémens de quelques sciences, l'éducation des familles « royales leur fut dévolue comme une de leurs attributions nécessaires. A la chute de Borne , leur influence sur les barbares fit disparaître les aspérités de la conquête , et préserva en partie les habitans des provinces des suites funestes de cette effrayante révolution. Si la Grèce captive soumit Borne qui l'avait conquise , Rotnfe, à son tour, tombée dans la servitude, imposa le joug de sa supériorité mtrale aux farouches conquérans du nord. Ce fut surtout par les efforts des évêques, dent on doit excuser l'ambition en faveur de ses effets 9 que la religion , le langage , et même une partie des lois de l'aucienne capitale du monde , furent transplantés dans les cours de Paris et de Tolède , que l'imkation rendit un peu «noins barbares (r).
L'Eglise , malgré sa grande autorité et ses privi- Suprématie léges, fut réellement soumise à la suprématie de la ,ut> couronne tant que l'empire d'Occident continua de subsister, et même après sa chute. Ses conciles généraux étaiçnt convoqués , réglés et dissous par les empereurs. Les rois de France et d'Espagne exercèrent le même droit à l'égard des synodes de leur clergé ('2). Les rois Ostrogoths d'Italie déterminé*
(1) Schmidt , t i,p, 365.
(a) encyclopédie, art. Concile; Schmidt, t. 1, p. 384; De
8ov.s Charte magne
rent par leurs édita les cas de prohibition, de mariage pour cause de parenté* , et accordèrent des dispenses (i). Bien que les empereurs romains aban* donnassent les élections des éyêques an clergé et an peuple du diocèse , exemple qui fut suhri par les rois Oètrogotlis et Lombards , cependant ils intervenaient souvent , du moins pour confirmer la décision ou pour terminer les contestations. Les n» de France allèrent plus loin ; ils paraissent avoir constamment on nommé les évêques, on , oe qui était presque équivalent, avoir recommandé leur candidat aux électeurs.
principaiem.t Mais le souverain qui maintint avec le plu* de vigueur sa soprématte ecclésiastique, futChariemagne. La plupart de ses capitulaires sont relatifs à la dis» cipline de l'Eglise : il est vrai que leurs dispositions sont tirées en grande) partie -des anciens canons ; mais elles 'n'en recevaient pas moins une nouvelle sanction de son autorité (a). Quelques-tins de ses réglemens j qui paraissent originaux t seraient , même aujourd'hui ,' considérés par les défenseurs des principes de la haute, église comme .partant atteinte
Marca, De Concoriantiâ sacerdoûi et imperii,\. a t c. 9, 11 ; et). 4> possim. %
Le dernier de ces écrivain* essaie quelquefois d'affaiblir la suprématie royale) mais son Ouvrage même 4» fournit '4*s preuves nombreuse» , surtout le livre 6 f c. 19 , etc. Sur l'indépendance de l'église d'Espagne jusqu'au onzième siècle, voyez Marina, JSnsayo sobre las siete partidas, c. $22, etc. ; et De Marca, f. 6 , c. a3.
(1) Giannone , 1. 3 , c. 6.
(a) Baluzii Capitularia > passim ; Sckmidt 9 1» a , p, a3ç j Gaillard, yledç Chârlemagne , t. 3.
i lMndépndaneo splHtuelle. Us ititetdfeaient là lec* are du» les égitsw de totfte légende dont l'an» ;hentkit&était âoutease , fe( n'tf tttftrisdient tjue Celle les livttB femaniqtLéft : if* défendâtfetft aussi dé rendre attcèfl colle à un flbi<it qfii tte *entit pas re. :onnu pa* toute l'Eglise* Ce* régie ttten* Me fnrtùt pas frits-dan* Une tfétoittbféé d'éVêqtfea, iflàls îtiipoté* park< s««le «tttdritë de l'éihperèut, qfai paraît »'ôtrd Atoftgé 0«r l'Eglfeé tin ptihvôW législatif4 qu'il. ae pos*édÉN>«t dftft* le* affaires temporelle*. Fhu Aexits autra de *ë* toi* *Ur là constitution dit cletgé furent décrétée* dans tfflè Assemblée généhde dé là noblesse latfqtie et de* prélats, et sont tellement confond*** *VêC d'fctttrë* lëfo Relatives aux affaires temporelles ; tftte le* deux tffelfe* pai'ai&ent avoir été également Appelé* à dtttine? leu* consentement iut le tout: Pepiti , *tm p#*e j llll avait ^ 11 est vrai , laissé à cet égafd «m èfteinple femAtqu&blé» Ôti aVait, dan* Dne assemblée iemie en «744, dédale là tlbctritiè dé Nirée établie , et înêttie fcèndanine Unfe hérésie particulière, du eon*etitettieiit de* 4vêque* et des nobles. Mais, Rutilé qu'ait été en général la participation des laïque* eh de telle* tnatiétes 9 Chaflemagtie croyait pduVrft Intervenir Jusque dan* les décision* théologique»; et* ddns plii* d'uttë circonstance, il manifesta l'intention bieti prononcée de ne soumettre son j agencent dan* le* questions de cette nature à aucune autorité ecclésiastique.
H est tréceé&aire dte prendre fcoigtieusemcnt en considération cette partie de la conduite de Char* lemagne avant de censurer U vaste extension qu'il
donna aux privilèges ecclésiastiques. Rien n'étai: plnséloigné de son caftct/ère que la, bigoterie de o* princes faibles qui ont: Wssé,«£ rolçrgé régner soî^ leur nom. 1,1 agissait d'après on plan systématique de gouvernement conçu par. son profond génie : mais l'exécution suivie de ce plan supposait ope succession continuelle de takns semblables- aux siens. C'était l'erreur d'un esprit supérieur passionne pour la religion et les sciences, de croire que des gommes consacrés aux fonctions.. aposJbfHqnes, et qui concentraient dans leur ordre, ce* qui restait alors de lumières, pouvaient , a l'aide de règles sévères de discipline maintenues par la constante vigilance du souverain ? devenir des instrument propres à réformer et civiliser un empire barbare. C'était l'erreur d'un esprit magnaniine de juger trop favorablement de la nature humaine, et de présumer qu'on remplirait ses grandes vues et qu'on n'oublierait point ses grands bienfaits.
Il est très-probable que cet ordre ambitieux ne s: soumit pas sans répugnance à cette suprématie impériale de Charlemagne , quoiqu'il sentît bien qu'il n'était pas de son intérêt de résister à un prince si formidable , dont il avait d'ailleurs tant à espérer Prétentions Mais le mécontentement qu'inspirait an clergé ui. *i ^lècfe. *" PkQ de gouvernement incompatible avec la parfaitindépendance à laquelle il aspirait, produisit unc| violente secousse sous Louis- le -Débonnaire. Ce prince , avec des talens bien au-dessous d'uneentr prise aussi délicate, voulut mettre autant de zèi-l que son père à réprimer les abus ecclésiastiques.
Aussi les évêqfttes; fufcent-ih.les priridirîàu* instigateur» dès •ûonlb*euée$ révolte* de/s£s enfens1, qui remplirent sa vie d'amertume. C'est alots qu'ils tonnèrent 'le premier exemple d'une uftityatiôn jui devait devenir trèp-dangereuse poûV là doéiêté j la déposition des souverains1 pafr lWbflté'efccîésiàs* tique. Louis, tombé' prtédiîriier dfans les^mains de les ennemie, avait eu la faiblesse de'sesoùirfèttre à une pénitence publique; et les? «évoques prétendaient (u*ii était désormais incapable de rentrer dans la • rie séculière et de conserver le caractère de la soùreraineté (t). Malgré cfette sentence, il put, à la fareur des circonstances, conserver l'empire: mais
(1) Habita scbcuU seàTûetis'habitum pœnitcntis, per imposi* ionem manuum episcopvrum su*cepit;utposttantarr\talemq*e )œniientiam nemo ultra a4 milltiam sctcularem redeat. Aota ' xauctû ratio ni j jLudovici, apud Se h midt , t. a, p. 68. Il existait [é)k une efepece depreY&fent , qirf toutefois ne* mte parait pas d'une ipplication e*ecU ,. fa ; faveur de cette doctrine de l'abdication breée. Wamba, roi des Visi^lhs.eu Bspagne, avait été, suivant me superstition commune de ces temps , revêtu de l'habit mouasique pendant une maladie dangereuse; et dans la suite un concile q déclara incapable de reprendre sa couronne; décision a laquelle 1 se soumit volontairement. .Cette; histoire, .rapportée par un ferivain original , et citée dans Baronins A. D. 681 , est trop ibscure jour qu'on en puisse tirer aucune conséquence positive. e crois cependant qu'on peut avec raison soupçonner une connience frauduleuse autre les évêques et Eryigius» successeur de Yarnha. Ce prince avait nan:seuleraent pris l'habit monastique 9 frai* reçu les derniers sacremens ; cérémonie après laquelle il «rayait éttè regardé comme mort civilement. Fleury (3.« discours ur l'ffistoire eocUsiasùque ) emploie une expression beaucoup rop forte en disant que les évêques déposèrent Wamba. Son ab- • ication peut être regardée comme une renonciation volontaire, ui fut l'effet de la superstition , ou peut-être dé la maladie. %
rEgli^p avait goftté U plaisir d'*ppe**rôr son jou: aur des têtes couronnées f et il lui tardai de rsaoïiyeler cette expérience. Sou* l'administration faiM et désunie dçs enfansde Louis, qui pétaient partagé les (State de leur père,, les évêqnes treuvèreu: plus d'une occasion, d'agrandir leur pouvoir tempo rel. Ces faibles ifcscenxUns de Chftriemsga* encouragèrent par Leurs animpsités mutuelles les prétentions d'un ennemi commun. &in4€tarl**l*-Cl»auv* et Louis de Bavière, après avoir expuhé leur frère Lothaire de ses étals , tinrent une assemblée d'évtque* qui le déclara indigne de régner, et qui, aprc avoir e*igé des deux frères alliés la promesse d mieux gouverner que n'avait fait Lothaire, leur permit fit leur ordonna de partager entre eux ses états (i). Après avoir concouru à cette usurpation d'autorité sans exemple, Charles-Je-Chauve ne pu. se plaindre lorsque, qpelqtye* sAtrêas après, un assemblée d'évêques le déclara lui-même déchu d: trône, délia ses sujets de leur* sermens , et dono son royaume à Louis de Bavière. Il ne prétendit pok su eltet attaquer le principe ,que lui-même aval. contribué à établir. 11 n'invoqua pas même en * laveur les droits des souverains, ni ceux des natîoi. qu'ils représentent. « Personne , dit l'indigne p » Vit -Sis de Charlemagne , ne devait me dépose: •» avant que j'eusse été entendu et jugé par lt* » évèques qui m'avaient sacre. J^es évèqnes sou. » les trônes où Dieu s'assied pour rendre ses juf < -
(0 SQtwm4t,t. *,j* 77$ VeMy, t. *, p. 6i \ voy«s*ust p.-.
» met» ; j**i toujours été et je suis encore dis* *> posé à me soumettre à leurs corrections pater- » nelles (1). »
Ces passages sont très-remarquaMes, et prouvent d'une manière décisive qtte le pouvoir obtenu par les églises nationales à la faveur des circonstances et des préjugés superstitieux alors reçus, fut aussi dangereux pour le gouvernement civil qtte les usurpations postérieures des pontifies romains, contre lesquelles les écrivains *proteetans sont trop' en* clins à manifester exclusivement leur animadver* •ion. Voltaire a , je crois , remarqué que le neuvième «iéde fat le siècle des évêques, comme 1$ Onzième et le douzième furent ceux des papes. Il semblait que l'ordre ecclésiastique attait exercer en Europe un empire aussi absolu que Pavait été celui des prêtres de l 'ancienne Egypte > ou des druides le la Gaule. 11 existe «ne pièce remarquable qùî contient les détails de Sélection de Boson , roi l'Arles , et dont tt parait résulter qu'il fut élevé au trône par les évèques seuls, sans aucun concours de la noUesse «(&)-• Mais il n'est pas eroyable que les choses se soient 'passées ainsi ; et si Pacte n'est pas fabriqué , nous devons présumer qu'il a été ré* lige jdaus le dessein défavoriser des prétentions future*. Le «clergé, seul nersé dans la langue latine , pouvait facilement donner aux actes publics la forme la plus convenable à ses intérêts; C'est une
(î) Schmidtj t. 2, p. 217; Vpltaire, Velly, Gaillard j etc. (3) Itecueil des Historiens, t. 9, fy 3o4*
circonstance qu'il ne faut pas perdre de vue lorsqu'on parcourt les documens qui appartiennent d ces temps de ténèbres.
L'évêque de Winchester 9 présidant l'assembler du clergé comme légat du pape , en 1 141 9 pendant la guerre civile d'Etienne et de Mathilde, donna une nouvelle preuve de cette audace à braver la vérité. Il déclara que c'était principalement à l'ordre ecclésiastique qu'appartenait le droit d'élire le rci d'Angleterre; et, en vertm de cette prétention dénuée de tout fondement 9 il éleva Mathilde aa trône (1). Il est vrai que l'Angleterre se montra bien plus docile que la plu paît des autres états aux volontés de son clergé, surtout sous le gouvernement anglo-saxon, où la nation était plongée dans l'ignorance et la superstition. Tout le monde connaît l'histoire du roi Edwy, sous une forme ou sons une autre , car je crois qu'il est impossible de déterminer d'une manière certaine les circonstances réelles &.* cette anecdote. Mais, dans l'hypothèse même h moins favorable au roi , la conduite de l'arche vêqu: Odo et de saint Dunstan est toujours un intoléraLl abus de tyrannie spirituelle (2)*
(1) Ventilata est causa, dit le légat, coràm majorl parte c\ sfngliœ, ad cujus jus potissimùm spectat principe m eligere, .. mulque ordinare. Irwocatâ itaque prima in auxilium Divinïtc . filiam pacifici régis , etc. , in Anglix* Normanniœque domineligimus, et ci fidem et manutenementum promittimus. G- Malmesb. p. 188. *
(a) Deux écrivain* vivans attachés à la communion romaine le docteur Militer, dans son Histoire de Winchester, et M. Lrgard, dans ses Antiquités de l'Eglise anglo-saxonne , prétende-
(3ai)
Mais tandis que les prélats de ces différentes na- origine du tions poursuivaient , chaeun dans leur sphère res- j£^" des
\ Set. commen-
cement.
qu'Elgiva , représentée par quelques historiens protestant comme
l'épouse 4'Ediry, n'était que sa maîtresse , et paraissent disposés a justifier la conduite d'Odo et de Dunstan envers ce couple infortuné. Lear opinion à l'égard d'Elgiva est sans donte très-soutenafcle ; car, parmi les autorités qu'on a citées à l'appui de cette histoire, i) est peu d'écrivains, si même il en est, qui paiieut d'Elgiva comme d'uue reine ou d'une épouse légitime. On ne saurait donc trop blâmer la conduite du docteur Henry, qui , après avoir donné le titre de reine à Elgiva , et affirmé qu'elle était mariée, cite an b*3 de la page Guillaume 4e Malmabury et d'autres chroniqueurs qui ont rendu compte de ce fait d'une manière tout opposée ; il est d'autant moins excusable qu'il ne donne à entendre par au* cune expression que l'union d'Elgiva avec le roi fût d'une nature équivoque. Un tel procédé , lorsqu'il résulte, comme je le crains ici, moins 4e l'erreur de l'écrivain que 4e &es préjugés, est une violation manifeste de la fidélité historique, et tend a rendre l'usage des citations d'autorités , cette grande amélioration de l'histoire moderne , un moyen de tromper le lecteur. Mais le fait luimême, sans donte de peu d'importance , n'est pas, a mon avis, susceptible d'être prouvé ou réfuté. Les récits que les moines ont donnés de cet événement, récits qu'on qualifie du nom d'auto» rites, ne sont ni eases ejurconstsncinfc , ni assez, conformes entm eux , ni assez impartiaux, ni assez .contemporains pour q»'tt soit possible d'asseoir sur euxuiaeopinjo* raisonnable. Il est certain d'ailleurs que différentes versions de cette anecdote ont prévalu. Le crititme 4e, M- Ungard (JSdinburgh JReviewp H.° 5o ) en a né me conclu qu'il avait existé deux Elgiva , l'une reine , l'autre x>ncubiae. Mais les chroniques des moines, experte crédite, ne ncritent pas qu'on les traite avec tant d'égards. Les érudits qui e plaisent à honorer du nom de témoignages historiques toutes es doctes pawJe* de ces vénérables autorités , conservées dans "AnglisjL sactM » peuvent s'amuser a éclaircirl'hiatoire d'Edwy et l'Elgiva» Qnant à »o*a, il nous suffira de déclarer que, reine on non reine , épouse ou non épouse , il n'appartenait point a un prêtre d'arracher ton souverain d'auprès d'elle, et encore moins le la mutiler ou de l'assassiner.