‹ L'Europe au Moyen Age (volume 2)Chapitre 16 sur 24 · S.VS · texte numérisé non relu

S.VS

La colère et l'indignation furent les premiers son timens qu'éprouva Henri en apprenant cette non velle. Mais , comme beaucoup de souverains expérience et mal conseillés, il n'avait pas bien culé ses ressources ; une conspiration depuis Ion; temps préparée , et dont les ducs de Souabe et à Carinthie étaient les chefs, commença à éclater. 1. uns haïssaient le souverain à cause de ses vices; 1 autres étaient jaloux de sa famille. Les Saxons n voltés prirent courage. Les évèques , terrorI6és \\\i

quel ils sont en révolte , et ils ne seront pas trèa-scrapuleux iU l'examen des résolutions qui favorisent leurs inclinations et 1 intérêts. La fidélité , dans ces temps de trouble, était facilom , violée , et le droit de résistance continuellement exerce prince exclu de la- communion chrétienne devenait , pour i Allemands du onzième siècle, un prince indigne de régner ^ eux ; et quoique Henri ne se fat rendu coupable d'aucune pro\ tion bieu réelle a l'égard du pape, ses vices et sa tyrannie pn; .. aaient peut-être mériter toutes les censures spirituelles ou tou>î| cbàtimens temporels* Un écrivain presque contemporain ri les deux moyens de justification du parti révolté : A'emo & norum pontifie cm reges à regno deponere posse denegabit, : cumque décréta sawtissimi Papas Gregorii non proscrit judicabit. Ipse enim vir apostolicus.». Prcetereà Uberi hom.- Henrictim eo pactosibi proposuerunt in regem , utelectorts juste judicare et rcgali provide ntiâ gubertiare sût âge rit. pactum illc postcà prœvaricari et contemnere non cessant. Ergo, et absque sedis apostolicœ judicio principes cum pn> mérita refutare possent, càm pactum adimplcre contem quod iis pro eloctione sud protniverat / quo non adimplcto rex esse poterat. Vita Greg. Vil, dans Muratori , Scrip. - Jtal., t. 3 , p. 342.

D'un autre côté , les amis et les adhérons de Henri , mnecclésiostiques , protestaient coutic cette nouvelle préro^ntn . s'arrogeait lo siège de Rome. Ou en trouve plusieurs preuve > Schmidt, t. 3 , p. 3i5.

les excommunications, abandonnèrent son parti , et il se trouva tout-à-coup presque isolé au milieu de ses états. Dans ce délaissement, la peur lui suggéra un expédient bien misérable* Il traversa les Alpes avec l'intention avouée de çeder au pape , et de solliciter son absolution. Grégoire était & Ganossa , forteresse voisine de Aeggio > appartenant à son alliée fidèle , la comtesse Mathilde. On était alors dans un hiver excessivement rigoureux* L'empereur fut admis, 1077, lans gardes , dans Pavant-cour du château, où il resta, revêtu d'un cilice et les pieds nus, trois jours suocessifs» du matin au soir, pendant lesquels Grégoire, renfermé avec la comtesse, refusa de le recevoir. \u quatrième jour, il obtint l'absolution; mais sous a condition de se présenter, le jour qui lui serait îésignè , pour apprendre la décision du pape, et savoir s'il recouvrerait ou non son royaume ; et de Jus, sous la promesse de ne faire jusque-là usage Pauciine des marques de la dignité royale.

Cet acte d'humiliation et de bassesse , au lieu de oncilier à Henri ses adversaires, lui enleva ses amis, tans sa querelle avec le pape, il avait été soutenu vec zèle par les principales villes lombardes , où le tlergé y marié et simoniaque , avait une grande inluence (1). Indignées de la soumission de l'empecur à Grégoire, qu'elles affectaient de considérer

(1) Environ vingt ans avant cette époque, il y avait eu a Milan ne espèce de guerre civile, excitée par le «ele immodéré de quelucs partisans du pape , qui tentèrent d'exécuter ses décreU en m ployant la violence contre les clercs irréguliers. L'histoire de cw guerres civiles a été écrite par deux contemporains, Arnulf et

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comme un usurpateur de la chaire pontificale , elle* fermement alors leurs portos à Henri , et parlèrent Internent de le déposer. Placé ainsi entre do dangers opposés, Henri l'eyint sur *<* pas, et rompit son traité avec le pape,£imant miens, s'il fal lait succomber* périr en défendant ses droits impériaux qu'avec h houle.de le? £Yftir abandonnés. Les princes, révoltés d' Allemagne élurent pour roi Bodolphe , dw de Sçiiafoî, Grégaire, après quel que dé)ai, reconnut la validité de non élection; et lui envoya une couronne t sur laquelle était gravi un vers latin , dont \* ***** était qu'il la donnait en vertu de la délégation primitive de saint Pierre (i). Mais le succès de ce pontife dans ses desseins immédiats ne répondit point 4 son intrépidité. Heur soumit les Allemands révoltés, et poussa \a guerr avec tant de vigueur en Italie, pu plutôt y trou si peu de résistance , qu'il fut couronné à Rome ] Panti-pape GuiberU 11 avait, dans un concile copj posé de ses partisans , élevé ce dernier au gouvern ment de ^Eglise à la place de Grégoire VU* Celui-. trouva, sous la proteclipn de Bpger Guiscard, v asile à Salerne, pi^il courut en exilf Ses prétention

Landulf, et publiée dans le quatrième volume de Mura to ri, .SV tores Rerunt Italicarum. On en trouvera des extraits sufti> dons Saint-Marc, t. 3 , p. o3o , etc., et dans les Annales de Mton. Le clergé milanais invoquait à l'appui du mariage l'auk de son grand archevêque saint Ambroise , qui paraît avoir j>.« de cette pratique ayçc plus d'indulgence que la plupart des pî : Arnulf et Landulf se déclarent en faveur des prêtres niarïo. fêtaient peut-être eux-mêmes. Muratori.

(i) Pttra dédit Petro, Petnts diadema Rodalpko.

mvestisturei.

cependant ne furent point abandonnées par ses suc Querelle dei ceaseurs. Urbain II , et PaschalII surtout, soutinrent avec beaucoup d'ardeur la grande querelle de l'indépendante ecclésiastique. Le premier montra un esprit et une politique dignes de Grégoire VII 5 le dernier, de la fermeté dans ses principes et dix désintéressement dans ses préjugés (1). Ils suscitèrent des ennemis à Henri IV au sein même de sa famille | et flattèrent successivement l'ambition de ses deux fils Conrad et Hèqri pour les exciter à prendre part aux révoltes de l'Allemagne. Mais Rome fut bien trompée dans son attente : le dernier de ces princes , qui avait osé s'engager, sous ses auspices, dans une rébellion presque parricide, ne \oulut point abandonner cette prérogative contestée, qui avait causé tant de malheurs à son père. Il refusa fermement de se dessaisir du droit d'investiture 5 et l'Empire se trouva encore en guerre ouverte avec

(1) PaschalII était si sincère dans son «version pour les investitures par les laïques, qu'il signa réellement en 1110 un traité avec Henri V, par suite duquel les prélats devaient résigner toutes les terres et autres possessions qu'ils tenaient en fief de l'empereur, soua la condition que ce dernier renoncerait au droit d'irivest£ ture, qui , à la vérité, dans ce cas., tombait de lui-même. Cette concession extraordinaire , comme on peut le croire, ne plut ni aux cardinaux et évéques qui composaient la cour de Paschal , loua gens fort intéressés, ni à ceux du parti de l'empereur; et leurs réclamations respectives empêchèrent le traité d'avoir son effet. Saint-Marc, t. 3, p. 976. Il parait résulter d'une lettre de Puacbal à Anselme ( Schmidt , t. 3 , p. S04 ), que ce pape peusait qu'il valait mieux pour l'Eglise n'avoir point de richesses que d'eu posséder sous la condition de faire hommage aux laïques.

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