‹ L'Europe au Moyen Age (volume 2)Chapitre 19 sur 24 · III · texte numérisé non relu

III

vant la conquête les aliénations en mainmorte ne pouvaient avoir lieu en Angleterre sans une permission de la couronne. Quoi qu'il en soit, je ne voi$ aucune raison de penser que la loi commune contint quelque empêchement a cet égard avant la promulgation de la Grande Charte. Une des disportions de ce statut fut interprétée comme prohibant tous dons fajts ^ des m*i$o&s religieuses sans le consentement du seigneur du fief. Celui de la 7.* avouée d'Edouard I interdit d'une .manière absolue toutes les aHena.tio.jis en mainmorte; le roi conservait cependant toujours sa prérogative d'accorder une autorisation a. ce sujet $ car On ne supposait pas que le statut y eût porté atteinte (i). Bonifticoyiu. Tout observateur . attentif reconnaîtra , je crois, que l'autorité papale^ qui faisait chaque année une plus grande ostentation de sa force, avait cependant été miaée sourdement , et pendu beaucoup de son influence sur l'opinion publique avant 1'eaaltatiou de Bonifaee V1U en 1294* Le saint *aiége avait indisposé le clergé par ses demandes, d'argent > par l'envahissement du droit légal de patronage > et par sa partialité extraordinaire à l'égard des ordres mendians. Une partie des ces moines mêmes avait commencé à déclamer contre la corruption de la cour pontificale ; et les laïques, de leur côté, sujets comme souverains, éprouvaient un sentiment de jalousie et d'aversion et pour le chef et pour W membres de l'ordre ecclésiastique. Bonifaee , plein d*une arro-

gance et d'une ambition* démesurées, et trop peu pénétré de ce changement graduel de l'opinion publique, voulut renchérir encore sur les prétentions despotiques des pontifes ses devanciers. J)ç même que Grégoire VU cesse de nous paraîtra le plus grand usurpateur du monde , lorsque nous avons lu, l'histoire dlnpocept Ul, de même aussi InnqceqUU lui-même est éclipsé pur ie génie plus audaçieu* de Bonifiée VIII. Mais, Qi^tre que les disposions (Ju public \u\ étaient l)ien nocfins favorables , il ne possédait pas la qualité la plus indispensable pou,? un pape ambitieux , une réputation, infectç, 41 était soupçonné d'avoir obtenu par la, fraise l'abdication de $c*> prédécesseur Céle&tin Y; et la Pureté av^c laquelle U traita par la suite ce digne poutre, semble justifier ce reproche. $es actions néanmoins respirent tout le délire de la présomption. Si nous pouvpns ajouter foi a cpjelcpiçs bistoriftas., il parut en i3oo au jubilé (fête de son iftventiqp ,e\ à la faveur de laquelle il néussit 4 donner de l'éclat £ ça cour et à remplir son t«ésor)^).,,iV>y parut, disrje, revêtu dçs h a^û^s impéviau^, faisant pwter «levant

(i) Le jubilé était une commémoration séculaire en l'honneur de aaiat Pierré»el0aint Paul; établie par Boniface VIII , stms le prétexte imaginai** qu?une cérémonie sepiblablt avait eu. liev ceut ans auparavant. La période fut bientôt réduite a cinquante années , et enfin à vingt-cinq : c'est encore sa durée actuelle. Au prochain jubilé , la cour de Rome ne lira probablement pas sans gémir la' description qui nous reste du jubilé de l'an liqo. Papa innumerabiivm pecuniam abiisdem rtce\<ity quia die etnocteduo cleHcis^a^t aa) allure sancti Pauli, tenevUs in eotum manibus rasUUo^, ratfQllmtes pesuniam itfinitam. Muxatori , jémr nali. Bonifaçe accordait lte indulgences pUaièflea è ««* fui v«-

lai deux épées, emblèmes de sa domination tempo-* relie et spirituelle sur la terre (i).

SeaquereUes Boniface VIII, élevé au pontificat, ne tarda pas d^gleterre) * déployer son caractère. Les deux plus puissans monarques de l'Europe, Philippe-le-Bel et Edouard premier, commencèrent au même, moment a envahir d'une manière fort arbitraire les revenus de l'Eglise. Depuis le commencement du règne de Henri III, le clergé d'Angleterre avait, par ses dons volontaires, ou du moins par ceux des prélats en son nom , payé de nombreux subsides à la couronne : les clercs avaient dans le fait presque renoncé i leur ancienne exemption , et conservé seulement le privilège commun à tous les hommes libres d'Angleterre , celui de se taxer eux-mêmes d'une manière constitutionnelle. Mais Edouard renouvela si souvent ses demandes exorbitantes , qu'ils furent obligés d'invoquer une bulle de Bohiface qui leur enjoignait de ne payer aucune contribution à l'état. Le roi n'eut égard à aucune de leurs raisons , saisit leurs biens, prit contre eux quelques autres mesures tyranniques, et les força enfin dé se soumettre à ses extorsions. Le pape parait avoir joué un rôle passif pendant ce débat entre Edouard I et son

clergé. Mais il en fut bien autrement en France.

naieat faire leur jubilé à Rome , et j'imagine qu'on les obtient en v core aujourd'hui aux mêmes conditions. Mathieu Villani donne un détail curieux de l'a|Ilueuce qui eut lieu fe Home en i35o.

. (i) Giannone , 1. ai , c. 3 ; Velly, t. 7, p. 149. Je n'ai trouvé aucune bonne autorité citée à l'appui de ce fait; mais il est dan* le caractère de Bonifece> .*«» • .... >,

Philippe-)e-Bel avait imposé une taxe sur l'ordre et avec u roi ecclésiastique sans son consentement. Cette mesure, peut-être #ans exemple en France , n'était cependant, pas plus tyrannique que les exactions semblables du roi d'Angleterre. Irrité parquelques dém&lés antérieurs, le pape lança sa bulle connue par les premiers mots clericis laïços, défendant absolument aux clercs de chaque royaume de payer, sous aucun prétexte de don volontaire, de présent ou de prêt, aucune espèce de tribut k leurs gouvernemena respectifs sans sa permission expresse. Quoique la France ne fût p*s spécialement nommée, le roi sentit que c'était k lui que s'adressait la bulle , et se vengea en interdisant toute . exportation d'argent hors du royaume. Cette jnesure provoqua de vives remontrances de la part de Bonifiée ; mais l'église gallicane resta si fidèlement attachée à la couronne, et montra même une si bonne disposition k se laisser dépouiller de son argent, qu'il ne fut pas possible au pape d'insister davantage sur les clauses les plus déraisonnables de sa bulle, et il consentit enfin à ce que le clergé de France aidât son souverain par des contributions volontaires , mais non par voie de taxe.-

Pençlaqt quelques années après cette querelle > le pape et le roi de France parurent réconciliés. Le dernier soumit même ses différends avec Edouard I & l'arbitrage de Boniface; comme personne privée, et non comme pontife, il 1» désignait même par son nom propre, Benûtt deGaëte : c'était une précaution presque frivole contre ses empiétement sur l'auto-

rite temporelle (1). Mais la premii}reaftttée dm quatorrième siècle vit tfchiter iid orage terrible. Un évêque de Pamiers, que Boniface avait envoyé en qualiM de tégat pour faire quelques plaintes; montra Wht dMnsolenee et rie hauteur à l'égard da roi) quo Philippe > le considérant comme son sujet, cfrut dévot/ le faire arrêter, et lui intenter nu procès criminel. Bonifac**, furieux de cette violation des immunités ecclésiastiques et des privilèges attachés an titre de légat, publia plusieurs bulles adressées ati roi et au clergé de France , dans lesquelles il accusait Philippe de différentes offenses, dont quelques-unes ne concernaient l'Eglise en aucune manière, et ordonnait au clergé de se rendre au concile qu'il avait convoqué h Rome. Dans un de ces actes, dont *l*authentictté ne parait pas devoir être révoquée en doute , il déclare-, en termes clairs et concis, que le roi lui est soumis dàtis le* matières temporelles aussi -bien que dans les spirituelles. Cette

v (1) Walt. Hemingford, p. i5o. Ce jugement, que Boniface prétend tendre comme pape et coranè homme privé , est public dans Kymer, t. a, |>. &i* et est très-éqvitRséB. fiMnnttDs les historiens français s'accordent à l'accuser de partialité envers Edouard, et ils en citent plusieurs preuves, qu'on ne trouve point dans la bnMc. Avant qu'elle eût été publiée , il était peutêtre permis da auivre la commune tradition ; Mais Velly, écrirait toujours aégiigent sau^élre toujours de bonne foi, a répété le* mensonges de Mézeray et de Baillet , tout ea renvoyant à l'acte lai -même dans Rynoer, où elles sont démenties. Jlist. de JFra/tce, t. 7, p. 139. M. G^nHerd^n èéê meilleurs «rttf <Jues ffàt la FVaucf ait jamais produits» a relevé l'erreur de cas historié»* daas les Mém. de V Académie des Inscriptions, t. 39, p» 64a ; et les éditeurs de VArt de vérifier les Dates l'ont également rectifiée.

proportion n'fcvtfil pas encore été avancée aufeéi ouvertement y et il était maintenant trop tard pour le faire. Philippe lui répliqua pat une courte épître conçuedansunstyle fort peu poli, et ordonna que les bulles fussent brûlées publiquement à Paris. Résolu cependant de montrer la force réelle de son opposition , il convoqua les représeritaris des trois ordres dé son royaume. C'est là ce qu'on regarde ordinairement Comme la première assemblée des Etats- Généraux . La noblesse et le tiers-état désavouèrent avec fermeté l'autorité temporelle du pape , et Adressèrent à Rome des lettres dans lesquelles ils faisaient connaître leurs sentimens au collège dés cardinaux* Le clergé, cherchant h prendre un terme moyen , ne voulait pas s'engager à ne point obéir à la convocation dû pape $ cependant il n'hésita pfeé k désavouer fornïellement sa juridiction temporelle* Lé concile s'ouvrit néanmoins à Rome, et, malgré la défense absolue du roi* plusieurs prélats de France se crurent obligés d'y assister. Ce fut dans cette assemblée qtfe Bôniface promulgua sa fameuse Constitution appelée Unam sanctam. II y déclare que l'Eglise est un eorps et a une tète j qu'elle a à ses ordres deux glaives , l'un spirituel , l'autre temporel 5 que le premier est dans les mains du snprèfee pontife, et l'autre daua ceUes des roi et des guerriers , pour être employé par sa permission et suivant sa volonté. Mais il faut que le glaive soit sous le glaivç, et que l'autorité temporelle aoU subordonnée à la puissance spirituelle. 11 finit par déclarer que

la soumission de toute créature humaine an siège de Rome est un article de foi nécessaire (i). Une autre huile porte que toute personne, de quelque rang qu'elle soit, citée à l'audience ou an tribunal apostolique de Home , sera tenue d?y comparaître en personne ; car telle efit nop*e volonté, à nous qui, par la permission divine , gouvernons le monde. Enfin , lorsque le pape vit, que, sa rupture avec Philippe était plus irréconciliable qçe jamais, et que ce monarque prenait des mesures plus hostiles 9 il ne se contesta pas de l'eftcqpupunjer, mais il offrit encore la couronne de Franqe à l'empereur Albert I. Cette donation arbitraire de royaume* était, comme plusieurs autres prétentions de cet âge, un enchérisseinent sur le droit de déposer les souverains excpinmuniés^ Qvégpijte VII n'avait, pas été Jusque prétendre qu'une nation déliée de son serment d'olpéissaiioe.paf ^onautprité, ne dut pas. rentrer dans son droit primi^f d'élire un nouveau souverain* Martin JV avait ,\à la vérité , dpan.é la couronne dY Aragon à Charles.de; Valois ; et c'jetf j je crois, le premier exemple d'une pareille usurpation de pouvoir; mais elle était appuyée sur l'hommage de Pierre. U, qui

(0 Uterque est inpotestate ecclesiœ , spiritalis scilicetgladius et materialis, sedis quldempro Ecclesid, Me verà ab Eccltaiâ exercendus » Me saceidatis* is manè regum ttc mUUum, sed ad nutuni etpatientiam sacerdvtis. Qportet qufmn gladiuip. qsse sub gladio, et temporalem auctoritatem spiritali subjici potestati. — Porrà subesse romano pontifia omni humanœ créature* declaramus , dicimus, definimus et pMnùnciamus omninà psse 4e pecessitqte fidei. Extravagant. » 1, i, t. 8, c. *,

(Mi)

«avait soumis son royaume, comme l'était celui de Naples, à 'la suzeraineté féodale du saint-àiége (i). Albert ne «'empressa point de profiter des propositions libérales de Boniface. Ce pontife était sur le» point de fulminer contre Philippe une bulle par laquelle il déliait ses sujets de leur serment de fidélité, et le déclarait déchu du trône , lorsque une circont» stance inattendue vint interrompre tous ses projets» Quand on considère combien les hommes d'alors étaient peu accoutumés à démêler les sophisme* adroits et k découvrir lés impostures réelles à l'aide desquels les papes avaient établi leur suprématie , x>n n'est pas surpris que le roi de Frauce n'ait pas continué d'agir de la manière U.pltys conforme à. sa dignité et à la .bonté de. sa cause. U donna .trop l'air d'une querelle: personnelle avec Bonifaçe,

, (i) Innocent JV avait cependant nommé, en iw{59 Bolon, frère de Sanche II, roi de Portugal, pour remplir, en quelque sorte, les fonctions de cofcûijateur dans te gouvernement de ce royaume, enjoignant aux ftYarong de l'Honorer comme leér souverain, et <Léclaipnt «n m£me£emps qu'il n'entendait pas enlever le royaume au roi, ou à sa postérité légitime, s'il en avait. Mais cette nomination était fondée sur la requête de la noblesse portugaise elle- 'mème ,' qrô était mécontente de l'administration' de Sanche. Sext. PeçxeÈtiL, i,.i, t. fti a ,$. jfrt 4e vérifier IpDqte* 1. 1, p. 77$. Boniface investit Jacques II d'Aragon de la couronne de Sardaigne , sur laquelle le siège de Rome avait toujours élevé des prétéitàdns de supériorité féodale , en vertu de la donation ( pro- ;b«ble«Qen t. supposée): de Xdms4e-Débonnaire (*). Il promit à Frédéric., roi de Sicile, l'empire de Constantinople , qui) j'imagine, n'était pas un fief du saint-siège. Giannone, 1. 21, c. 3.

(*) Voyez le texte original et la traduction de cette donation avec les raisens qui doivent la faire rejeter, comme fausse, t. 41, p. 83-95, de V Essai historique sur la Puissance temporelle des Papes. (N. d. T.)

à ce qui n'aurait dû être qu'une opposition ferme au despotisme de Borne. Ain», «dans une assemblée de ses états à Paris, le roi porta des accusations virulentes contre le pape 5 il prétendit qu'il n'avait pas été légalement élu , qu'il était coupable de différentes hérésies; et il finissait par appeler de sa décision à un concile géuéral et à un chef légitime de l'Eglise. Ces mesures n'étaient pas d'une heureuse conception) et l'expérience avait toujours prouvé que l'Europe ne se soumettrait pas à changer le chef commun de l'Eglise dans l'intérêt d'un simple souverain* Mais Philippe réussit par un moyen en apparence plus hardi et pins singulier. Nogaret, ministre de ce monarque* qui avait pris une part active à toutes les mesures dirigées contre Boniface, fut envoyé secrètement en Italie. Là, s'étant concerté avec quelques membres de la famille des Colonne, proscrits comme Gibelins et poursuivis par Ja haine du pape , Jil se saisit de sa personne & Attagni , ville située dans le voisinage de Rome , où' Boniface s'était rendit sans gardes* On croirait qu'une action aussi violente n'était pas propre à placer la rai dans une situation avantageuse; cependant elle contribua accidentellement à donner une issue favorable à sa querelle. Boniface fût bientôt délivré par les habitas» d'Anagni; mai* sa fureur amena la fièvre dont il mourut ; et le pmtmer acte de son successeur, Benoît XI, fut de réconcilier le roi de France avec le saintsiege (1).

(i) Vclfy, Hist. de France, t. 7, p. io$—*M Ctttimr, JRsi de l'Unie, de Paris, i. a, p. 170, etc. Je regrette de a*«voîr pu

Le déclin sensible dfe la papauté date du pontificat de Boniface VIII , qui avait voulu étendre Pau* torité papale plus loin qu'aucun de ses prédécesseurs. Il est un charme produit pat uue suite continuelle de succès qui fascine l'esprit des homme», et leur persuade, en dépit de la raison et de l'analogie, que le pouvoir violent est immortel et irrésistible. Ce cliarme est rompu par le premier revers. Nous l'avons vu de nos jours se former et se dissiper avec une rapidité à laquelle la marche des anciens événement ne ressemble pas plus que les opérations graduelles de la nature ne ressemblent à ses déluges et auxérup* tionsde ieê volcans. Eti suivant J'empire de la papauté sur le genre humain, nous ne trouvons pas une criseN de révolution aussi marquée et aussi définie. C'est lentement, comme des eaux qui se retirent, ou comme la vieillesse qui arrive d'un pas Insensible, que ce pouvoir extraordinaire sur l'opinion publique a été baissant pendant cinq siècles. J'ai déjà observé qu'on peut découvrir fcta ht Bonifece les symptômes d'Une>déeadeuee intérieure; mais de même que la rétrogradation du dieu Terme dès Romaihs soûl Adrien offrit la première preuve sentribte de l'affaiblissement des forces de cet empire et du déclin de son ambition , ainsi la soumission tacite des suc* cesseUrs de Bbhifece VIII au roi de France dut être regardée pr PEur6pe comme Ufci signe que leur influente commençait & détffeitte. Emprisonné, outragé, privé même de la vie par suite de

consulter Ira oeuvre* de Du Puy et de Bailfet sur Cfttte faneuM querelle entre Philippc-Je-Oel et Bouiface.

la violence de Philippe, prince excommunié, etqnî avait poussé jusqu'à l'excès l'audace et le mépris de la juridiction papale, Boni fa ce avait tous les droits possibles à la vengeance des héritiers de sa domination spirituelle. Benott XI, en annulant les bulles de son prédécesseur, et en admettant Phihppe-le- Bel a la communion, sans insister pour obtenir une réparation, agit peut-être prudemment, mais porta un coup fatal à l'autorité temporelle de Rome.

Benoit XI ne vécut que quelques mois , et son * successeur Clément V, élu par l'influence du roi de France, prit, a son instigation, comme on le suppose ordinairement, la résolution de transférer la chaire pontificale a Avignon. Elle y resta pendant plus de soixante-dix ans ; période que Pétrarque et d'autres écrivains italiens comparent à celle de la captivité de Babylone. La majorité des cardinaux était toujours française, et les papes furent constamment de cette même nation. Placés dans une craintive dépendance de la cour de France, ils négligèrent les intérêts et perdirent les affections de l'Italie. Rome, délaissée par son souverain, oublia presque qu'elle lui devait obéissance ; et ce qui resta d'autorité au pape sur le territoire de l'Eglise fat exercé d'une manière aussi peu honorable qu'avantageuse pour Je saint-siège, par des cardinauxlégats. Cependant ]es pontifes qui se succédèrent à Avignon, n'étaient rien moins qn'indifférens aux affaires politiques d'Italie. Ils y donnèrent, an contraire, presque toute leur attention. Mais, comme

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