‹ L'Europe au Moyen Age (volume 2)Chapitre 5 sur 24 · MF · texte numérisé non relu

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deux ou trois générations , lés plus hautes magistratures, acquéraient une importance héréditaire qui leur tenait lieu d'une noblesse moins équivoque. C'est ainsi que dans l'ancienne Rome les familles plébéiennes , admises aux charges curules , obtenaient le rang et le titre de nobles , et n'étaient distinguées des familles patriciennes d'origine que par leur généalogie (1). Comme Rome, Florence eut ses uobles plébéiens ( popolani grand{)\ les Peruzzi, les Ricci, les AJbizi, les Médicis, correspondent aux Gaton, aux Pompée, aux Brutus, aux Antoine. Mais à Rome les deux ordres , après s'être également par* tagé les plus hautes dignités de l'état, surent respecter Jeu/5 privilèges mutuels j tandis qu'à Florence les plébéiens firent un monopole rigoureux des charges } et la seule distinction attachée à une haute naissance, était l'exclusion des droits politiques et de la justice civile (a).

Cette seconde aristocratie ne sut guère mieux que celle qu'elle avait remplacée se concilier la faveur du peuple. Les attentats publics, la violation, des lois, devinrent plus rares; mais on reproche aux nouveaux chefs de Florence des feu tes continuelles,

(i) La nobiltà civile , se btnc non ha baronaggi, è capaee di grandissimi honori , percioche esercitanaa i supremi magistrat! délia sua pûtrid , vîetie spesso a cômartàxtte a cdpitani d'eserciti, e ella stesia perte à in mare, à irvterta , moite volt* i supremi carichi adoptera* £ taie è la Fiorcntina nobiltà. Am- ■lirato, délie famiglie florentine ,Fireuze i6i5, p. 25.

{a) Quelloj che ait* alire città suole recare splendore* i* Firenze era dannoso, a veramente vano c inutile, dit Ammirato, en parlant de la nobtesse. Storia fiùrmtina * p. idK

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dans leur administration , tant à l'intérieur qu'au dehors; Os sont même quelquefois accusés de péculat. Il existait nécessairement une antipathie violente entre les principaux plébéiens et les anciens nobles. Le peuple les haïssait également. Pour mieux tenir les nobles dans l'obéissance , le parti gouvernant appela plusieurs fois un magistrat étranger , à qui on .donnait le titre de capitaine de garde {délia guardia)y et qu'on investissait d'une juridiction criminelle i336. presque illimitée. Deux fois on fit venir Gabriel i34o. d'Àgobbio pour le revêtir de cette dignité, et chaque fois sa conduite tyrannique souleva les citoyens Qi). Cette charge cependant était de courte durée , et le nom du moins n'emportait pas l'idée d'une autorité souveraine. Mais Florence devaitbientôt après goûter i son tour la coupe que ses voisins avaient bue jusqu'à la lie, et retremper son généreux amour de la liberté dans l'expérience des maux de la tyrannie.

Une guerre contre Pise, qui fut , sinon mal dirigée, du moins malheureuse dans ses résultats, excita tant de mécontentement dans la ville , que les plébéiens chargés du gouvernement eurent recours à la création d'une charge assez semblable & celle de Gabriel, qu'ils conférèrent dans les mêmes vues à Walter de Brienne, duc d'Athènes. Il descendait d'un de ces croisés français qui , dans le siècle précédent , avaient démembré l'empire grec ; maisson père , défait dans une bataille , avait perdu â-la-fois sa principauté et la vie, et le duc titulaire n'était plus qu'un simple

(i) Villani, 1. 11 , c. 39 et 117.

aventurier à la- cour de France. Il s'était cependant acquis déjà quelque réputation à Florence. C'était un principe uniformément adopté dans les républiques italiennes, de ne confier les pouvoirs extraordinaires qu'à des étrangers. On conféra donc au duc d'Athènes le commandement des armées, et une juridiction suprême. Cette mesure parait avoir été provoquée par. le. parti gouvernant, qui voulait abaisser la noblesse ; mais son attente fut trompée. Le premier acte d'autorité du duc d'Athènes fut de foire punir de mort pour délits militaires quatre des plébéiens les plus distingués. Ces sentences, quel que fût l'esprit qui les eût dictées, causèrent beaucoup de joie aux nobles, qui avaient été si souvent exposé* à de semblables rigueurs, età la populace', qui aime à voir ses supérieurs humiliés. Le duc flattait ces deux partis ; et l'un et l'autre , aveuglés par la pas» • sion, conspirèrent à seconder ses vues ambitieuses.. Il fui proposé et résolu, dans un plein parlement ou s 34*. assemblée du peuple , de lui accorder la seigneurie à vie. Cette résolution n'effraya pas moins les véritables amis de la patrie que l'oligarchie plébéienne. Jusquefr-là, au milieu de toutes les vicissitudes des factions, Florence n'avait jamais abandonné les instituiionsrépublicaines. Elle s'était, il est vrai, quelque» foiYphée aux circonstances en nommant un seigneur. Charles d'Anjou avait été revêtu, de eette dignité pour dix ans; Robert, roi de Naples, pour cinq ; et le duc de Calabre , son fils, mourut seigneur de Florence. Ces princes nommaient., sinon les prieurs, du moins le podestat, et jouissaient, certainement

d'un* puissante executive assea absolue 9 quoique engagés par serment & ne point changer les statuts de h ville (i), Mais leur dignité avait toujours été temporaire. Comme U dictature à Rome, c'était un mal reconnu > mais inévitable ) une suspension des droits, et non pas leur abolition. Comme la dictature tussi, c'était un dangereux précédent, à la faveur duquel l'ambition secondée par la ruse, et l'audace soutenue par la popularité, pouvaient renverser la république. Si Walter de Brienne avait en l'adroite politique d'un Matthieu Viaeonti , d'un. Cane délia Scala , Florence eût sans doute subi le sort des autres villes , et son histoire n'eût offert , comme celles de Mantoue ou de Vérone, qu'un inutile récit de trahisons et d'assassinats (a).

Mais, heureusement pour Florence, le règne de la tyrannie fut court ,. Le duc d'Athènes n'avait ni le jugement ni l'activité nécessaires dans des conjonctures aussi difficiles, 11 se livra tout-à coup à des excès par lesquels il serait k desinrr que le pouvoir arbitraire commençât toujours sa carrière. Les impôts furent considérablement augmentés, et leur produit dissipé. L'honneur national fut sacrifié dans nnjbonteux traité conclu avec Pisejet.le territoire de l'état se trouva démembré par la révolte de plusieurs villes qui secouèrent le joug* Des châtimens sévères et multipliés répandirent la. terreur dans Florence* Les familles nobles qui , lors de l'élection

(t) VUiani • 1. 9, c. 55, 60 , i35, 3a8. » (a) Villani, 1. îa, c. 1 , a, 3.

du d«C) Avaient aboli ta ordonnance* de justice, ie virent «posée* au caprioe plue partial encore d'un despote 1 11 remplît lea charges de la magistrature de vita créatures, d'obsouri artisans) car 11 continuait u Jlstltr ta classes inférieures (i)« Dt* moi» fêtaient écoulée de la aorte , lorsque trois conspirations différente*, dam lesquelles étaient entrés la plupart des nobles et Ici principaux plébéiens, se tramèrent pour la cause de la liberté. Le doc était gardé par un corps nombreux de cavalerie mercenaire* Dans ta villes d'Italie , ta révolutions se faisaient ordinairement par surprise* Les rues étaient tellement étroite* , et il ét*it si facile de ta barricader , que, si le peuple avait Je temps de ae mettre en défense , la cavalerie ne pouvait agir. D'un antre cAté, un corps de lan» ciore-oulmsiêffs pouvait dissiper toute une populace tumultueuse. Aassi , lorsqu'un prince ou un usurpateur voaklt s'emparer d'une ville par surprise, il courait ta ville, c'eat-â'dire qu'il galopait par ta ruée avec sa cavalerie de manière A empêcher le peuple de dresser des barricades. Cette expression m? rencontre souvent dans ta historiens du quatorzième siècle (a). Les conspirateurs do Florence furent trop prompts pour le duc d'A thhies. La ville fui barricadée on tout sens; et , après avoir résisté q » <*Jqu0 temps , le duc consentit à abdiquer sa seiftuctjrie.

C'eat ainsi que Florence recouvra sa liberté. Ses

0) Vlllatii, c,8.

(ai Villatii, 1. 10, c. Si. Castrueçh,*,,,, ooneta vltiûdt Ptia 4mm volêm. StaaoacM , t. 5, p. *o£<

( *as )

constitutionnelles semblaient devoir revivre d'elles-mêmes. Mais lesnobles, qui avaient puissant* ment contribué à l'affranchissement de leur pays, trouvaient dur d'être encore' soumis à la* rigueur des ordonnances de justice. La plupart des riches, plébéiens consentirent à ce que les charges de magistrature fussent réparties. dans une juste proportion! et l'évéque contribua par son-influence à- laire adopter cette mesure. Mais la populace de Florence, toujours ingrate , voulait le maintien de ces lois de proscription. De leur càté , les nobles, enflés de leur succès, recommencèrent à insulter et 4 maltraiter les citoyens des classes inférieures. Les rues de la ville devinrent le théâtre d'une nouvelle guerre ci* vile qui décida la querelle. Après une résistance opiniâtre, un grand nombre des principales maisons furent pillées et brûlées $ et l'exclusion perpétuelle de la noblesse fut confirmée par de nouvelles lois. Cette ibis cependant,, le peuple, désormais sûr de son triomphe, adoucit un peu la rigueur des ordonnances de justice } et, pour établir quelque distinction en faveur du mérite ou de l'innocence, certaines familles furent rayées de la liste de la noblesse. Cinq cent trente personnes se virent ainsi élevées , comme on peut justement le dire, au rang de plébéiens (1).

(1) Villani, 1. îa, c. i8-a3. Sismondi a dit par inadvertance cinq cent trente familles, t. 5, p. 377. On ne comptait à Florence que trente-sept famille» nobles : c'est M. Sismondi lui-même qui nous l'apprend , t. 4» p. 66. Villani cependant porte le nombre des individus à quinze cents. Les nobles ou grandi, pour nous; servir d'une expression plus précise , étaient ceux qui avaient été inscrits, ou plutôt proscrits comme tel* dans les ordonnances de

Gomme la république de Florence n'avait pas té pouvoir de changer les ancêtres d'un individu , ce changement nominal laissait subsister tous les avan> tages réels de la naissance , et était par le fait un ac* croissenient de dignité , quoiqu'on apparence fort extraordinaire. Réciproquement , plusieurs plébéiens mal vus du peuple furent anoblis, et par-là dépouillés de leurs privilèges. Rien ne fut plus commun par la suite que ces changement arbitraires de rang pour récompenser ou pourpunir (1). Lesnobles laits plébéiens étaient obligés de changer de nom et d'armoiries (a). La constitution subit alors quelques changemens. Le nombre des prieurs , qui était de six , fut porté à huit ; et , au lieu d'être tirés de chacun des arts , ils le furent des quatre quartiers de la ville , et les membres des arts inférieurs furent ? je l'imagine, admissibles à cette dignité. Le nombre des gonfaldniers dès compagnies fut réduit à seize* Réunis à fa seigneurie et aux douze buonuontini, ils formaient le collège où se discutaient toute» les propositions avant d'être présentées aux conseils pour y recevoir la sanction législative. Mais ces propositions ne pouvaient, à la rigueur, prendre naissance

justice*, do moins j'ignore quelle autre définition on pourrait ea donner.

(1) Masser Antonio di Baldinaccio degli Adimari, tutto che fosse depiù grandi e nobili, pergrazia era messo tra'l popola* Villaniy I. ia,c. 108.

(a) Ammirato , p. y/fi. Il y eut ensuite plusieurs exceptions à cette règle. Lee Pazxi furent faits plébéiens (popolani) par Pinfinance de Côme de Medicis. ( IftachûveL)

que dans la seigneurie/ qui se composait du gonfalonier de la justice et des huit prieurs ; les fonction» des autres membres du collège se bornaient à servir de conseillers et d'auxiliaires (i).

Plusieurs années s'écoulèrent avant que Florence fut de nouveau agitée par la discorde* A. la vérité , l'historien contemporain de cette époque se plaint de ce qu'on élevait à la dignité de prieur des individus sans moyens et sans connaissances, et il attribue à cette cause quelques fautes commises dans la politique extérieure de l'état (a). Indépendamment de l'effet naturel du mode de rotation établi , il existait encore une loi particulière , appelée le diuieto, qui tendait à exclure les meilleures fanqilles des charges publiques. D'après cette loi, deux personnes du même nom ne pouvaient jètre appelées en même temps à remplir les fonctions de la magistrature ; or, comme les- anciennes familles étaient extrêmement nombreuses, il était difficile à leurs membres de parvenir aux places; d'autant plua qu'on nom une fois sorti n'était plus remis dans la bourse; de sorte qu'os individu qui se trouvait dans le cas prévu par le dxuieta était exclus jusqu'au prochain renouvellement du scrutin, c'est-à-dire, pour deux ans (3). Ce règlement excitadu mécontentement parmi les principales familles. Elles étaient aussi divisées en de nouvelles factions , division qui parait n'avoir en A'awtre cause

(1) Nardi, Storia di Fïrenze* p. 7 (çdït. i584); ViUani. loco. cit.

(a) Mat.ViUani , dans Script. J|*r. UaL* t. %47 p. 98, 944. (3) Sismondi , t. 6 , jk 338.

que les haines particulières de deux maisons puissantes, les Albizi et tes Ricci. La Ville cependant fut tranquille jusqu'en i35y. C'est k cette époque qu'un nouveau ressort fut mis eh action , et que l'histoire domestique de Florence prit une physionomie toutà-M différente.

Lorsque les Guelfes , soutenus par Charles d'Anjou, s'emparèrent exclusivement du gouvernement de la république, les biens des Gibelins furent confisques. Un tiers do produit de ces confiscations fut réservé à l'état ; un autre tiers fut destiné à indemniser les citoyens guelfes de leurs pertes 5 le reste devint Ja propriété d'une nouvelle société régulièrement organisée sotts le nom de parti guelfe (parte guetfa >. Cette société avait deux conseils, l'un de quatorze , l'autre de soixante membres; trois, et ensuite quatre capitaines élus tous les deux mois par scrutin*; une trésorerie et un sceau commun ; c'était une petite république dans la république de Florence. Le premier dévoir de ses membres était de veiller aux intérêts des Guelfes; et à cet effet ils avaient un officier particulier chargé de poursuivre les GtbeKns suspects (1). Cependant il e£t rarement question de la société guelfe dans le premier siècle de son établissement. Les Gibelins osaient à peine se montrer depuis l'an i3o4, époque de la défaite ies Guelfes Mânes, avec lesquels ils étaient unis, et les confiscations avaient presque anéanti cette malheureuse faction. Mais le divieto et le système de Jo-

1) G. ViKani, 1. 7, c. 16.

terie, en enlevairt à l'oligarchie des grandes familles guelfes une partie de son influence, permirent a quelques individus d'extraction gibeline de parvenir aux charges» Cette espèce d'empiétement irrita les hommes violens du parti contraire , qui le représentèrent comme une atteinte portée à la constitution de Peut.

. Dès Tan i346 1a société guelfe avait commencé à manifester des inquiétudes au sujet des artisans étrangers qui s'établissaient & Florence, et qui, après être entrés dans l'une des compagnies de commerçais ) prétendaient aux charges supérieures. Elle fit donc passer une loi qui déclarait inhabile à remplir les fonctions civiles ou judiciaires toute personne qui ne serait pas née à Florence ou sur le territoire de la république. L'année suivante elle fit un pas- de plus; et, dans la vue de prévenir les troubles qni paraissaient menacer la ville, on rendit une loi portant que tout individu dont les ancêtres avaient été connus comme Gibelins, à une époque quelconque, depuis l'an 1S00, ou qui ne professait pas les vrais principes guelfes , était incapable d'èto promu aux charges publiques par la voie du sort ou par élection (1). 11 est évident, d'après le langage de l'historien qui rapporte ces circonstances, et dont le témoignage est d'autant plus remarquable qu'il, mourut quelques années avant que la politique de la société guelfe se fût montrée au grand jour il est évident, dis-je, que les progrès du gibeVî

(i) G. Villani , 1. îa , c. 7a , 79.

m&m€ «étaient qu'un prétexte Spécieux dont elle couvrait sa jalousie : la véritable cause , c'était le c%ractère démocratique qu'avait pris le gouvernement depuis la révolution de i343 , qui éleva les quatorze arts inférieurs au niveau de ceux qui comprenaient les pandsnégodansdeFlorenoe.Commelesloisd'ex. ciusion n'avaient jamais été appliquées à la société guelfç , l'ancienne noblesse y conservait beaucoup d'influence. Deux des capitaines étaient toujours nobles, et les deux autres plébéiens. Le peuple , qui avait dépouillé les nobles des privilèges ordinaires, ne soupçonnait pas qu'une voie plus dangereuse restait ou verte à leur ambition. Quelques-uns des grands plébéiens^ et notamment la famille et la faction des AJbûi , agirent de concert avec la noblesse. D'obscurs individus. continuaient & s'élever aux charges , et la société guelfe jugea qu'il fallait des mesures plus vigoureuses que la loi de i347 Pour rétablir l'influence de son aristocratie. Elle proposa donc, et, malgré h répugnance des prieurs, emporta de vive force , dans les délibérations préliminaires de la seigneurie et dans les deux conseils, une loi par laquelle t toute personne qui , après avoir accepté une charge, serait, sur notoriété publique , convaincue d'être gibeline ou d'extraction gibeline , encourait la peine tapitalè ou une amende , à la discrétion des pri< urs. )n donna, un effet rétroactif à cette loi , et elle paait, à la vérité, n'avoir été presque qu'un renouvellement des dispositions portées en l'an i347, ni avaient probablement été négligées. Beaucoup p citoyens qui avaient, depuis quelques années,

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exercé des charges de magistrature, forent condamnés, sur cette vague accusation, a payer de fortes amendes. Mais le moyen le plus ordinairement employé était d'avertir (ammonire) les citoyens sus* pects de n'accepter aucune charge ; s'ils négligeaient cet avis , ils étaient inévitablement convaincus de gibelinisme, et traités comme tels. Ainsi se forma , sous la dénomination d'avertis (ammoniti), une classe nombreuse composée de proscrits et de mécontens» tous impatiens de secouer le joug intolérable de la société guelfe : car l'accusation de gibelinisme n'était en général qu'un vain prétexte dont se servait la faction dominante pour écraser ses ennemis (1). Chaque jour des hommes connus pour avoir des principes et une origine guelfes étaient avertis, et par-là exclus de leur privilège naturel de participer aux fonctions de la magistrature. L'alarme se répandit par toute la ville ; mais la société guelfe y qui avait pour elle le grand avantage d'une ligue secrète et l'appui de la loi , triomphait de ses adversaires. Cependant l'honneur national était

(1) Indépendamment de l*effet des anciens préjugés, le gibelinisme était considéré à Florence , au quatorzième siècle , comme intimement lié a la cause de la tyrannie. « Le parti guelfe , dit i» Matthieu Villani , est le roc sur lequel est fondée la liberté d«* » l'Italie; de sorte que si un Guelfe devient tyran, il faut néces* » suireinent qu'il se fasse Gibelin ; et nous en avons eu une foule » d'exemples. » Jean Villani dit, eu parlant de Passeriiio, seigueur de Mantoue, que ses ancêtres étaient Guelfes, mu per es sere s ignore e tira n no sifece Ghibelàno , 1. 10, c.99. Matthieu Villani dit aussi, au sujet des Pepoli de Bologne, essendo di ruttura Guelfi, per la tirannia erano quasi aliénait délia parte P*99»

respecté au - dehors ) Florence nVvait jamais eu autant dVcfet que «ou* le . régne de cette oligarchie (i).

Il y avait prés de vingt ans que la société guelfe gouvernait avec un pouvoir plus ou moins absolu , lorsque la réppbliqae se trouva engagée dans une guerre contre le saint-siège par suite de la conduite perfide du légat du pape. Les Florentins notaient rien moins que superstitieux , et cependant cet état d'hostilité A l'égard de l'Eglise paraissait une espèce de 00Btre*se*'s aux Guelfes déterminés, et heurtait ces préjugés attachés aux nom* qui forment la politique dea esprits vulgaires* La société guelfe ne jtouvait résister ouvertement à l'indignation du peuple contre Grégoire XI ; mais elle ne voulait pas franchement k guerre ; aussi la direction en fut confiée à huit commissaires.1 dont quelques-uns n'étaient pas en bonne intelligence avec la société. Lqs succès de leur administration, et la popularité qu'ils acquirent^ excitèrent toute la jalousie des Guelfes : on vit reparaître lenavertissemens , et quatre-vingts citoyens furent exclus dans l'espace de huit mois (a). La tyrannie d'une cour peut durer des siècles ; celle d'une faction se soutient rarement. Au mois de juin i3y8, la charge de gonfalonierde la justice était occupée par Sylvestre de Médicia. C'était un homme d'un patriotisme éprouvé , et sa famille avait professé trop notoirement les principes guelfes

(i) M Villaui, p. 48x,v637, 73i ; Ammirato, VachîftVfll, Sxsmondi.

(a) Ammiraio , p. 709.

ni. 9

pour que la société pût décemment l'exclure de cette dignité par un avertissement. Il proposa d'adoucir la rigueur de la loi existante. Sa proposition ne passa point : mais son rejet fut le signal d'une émeute , qui n'était elle-même que le préInde de troubles encore plus alarmans. La populace de Florence , comme celle des autres villes 9 était terrible dans un mouvement d'insurrection ; et le parti si long-temps redouté céda devant la force physique de la multitude. On démolit les maisons de plusieurs chefs de la société guelfe , et quelques-uns s'enfuirent de la ville. Mais, au lieu d'annuler leurs actes , le comité de magistrats chargés d'opérer une réforme dans l'état , adopta un terme moyen ; les avertis furent encore écartés des charges pour trois ans, et la société guelfe maintenue moyennant quelques restrictions. Cet arrangement ne satisfit ni les avertis, ni la populace. Les grands arts étaient , pour la plupart, attachés à la société guelfe. 11 existait une violente jalousie entre eux et les petits arts, composés des dé taillan s et de ceux qui exerçaient des professions mécaniques. Ceux-ci étaient les ennemis de l'oligarchie dominante et de la société guelfe, dont l'influence soutenait cette oligarchie. 11 leur tardait d'établir à Florence un gouvernement démocratique par le fait comme de nom ; ils voulaient participer au pouvoir exécutif.

Toute institution politique paraît établie sur une base trop étroite à ceux qui n'y ont point part. Tandis que les petits arts se plaignaient des privilèges exclusifs de l'aristocratie commerciale, il y avait

une classe de citoyens encore inférieure, qui croyait avoir des droits incontestables à la jouissance de ces mêmes privilèges. 11 existait plusieurs genres d'industrie qu'on n'avait pu comprendre dans l'organisation des vingt et un corps de métiers , et ceux qui les exerçaient , n'étant point constitués en corporations, étaient conséquemment sans privilèges, llsft trouvaient dans une sorte do dépendance de ceux des arts auxquels leurs métiers avaient le plus de rapport. Par exemple , k la compagnie des drapiers, la plus riche de toutes , étaient attachés les différens ouvriers employés à la fabrication des draps, tels que les cardeurs, les teinturiers, les tisserands (i). Indépendamment de l'exclusion politique dont ils étaient frappés, ces artisans alléguaient qu'ils étaient opprimés parles commerçais qui les employaient, et que, s'ils portaient plainte devant le consvrt, leur )iige en matière civile, ils ne pouvaient obtenir justice. Après ces artisans venait encore la populace proprement dite , composée de gens sans profession déterminée, ou de simples journaliers. On les appelait ciompi, par corruption , dit-on , du français compère.

«Que celui, dit ici Machiavel, qui commence » une innovation dans un état, ne s'imagiue pas » qu'il pourra l'arrêter k son gré ou la diriger sui- » vant ses intentions ». Un mois environ après la première sédition, il en éclata une seconde, à laquelle les ciompi seuls prirent part. Favorisés par

(1) Avant l'an îfyo, le commerce des laine* employait, ioivm»t Villani, trente mille personne» , 1. 11, c. o3.

là surprise , la lâcheté ou le mécontentement dé» classes supérieures, ils l'emportèitent , et pendant trois jours là tille fat à la merci d'une pop*latt tumultueuse. I) eût été impossible de rejeter les propositions des révoltés , lors tnêtoe qu'elles eussent été plus déraisonnables qu'elles ne Pétaient en effet. Us se contedtétent de demander qu'on créât dent nouvelles compagnies pont les métiers qui avaient été jusqu*alors dépendant, et une pour la dernière classe du peuple ; que trois des prieurs fussent choisis dans les grands arts, trois dans les quatorze arts inférieurs, et deufc dans les arts nouvellement créés. La Sanction de ces innovations pat les Conseils éprouvant quelque retard, un nouvel Accès de fufreur s'empara de la populace : ou enfonça les portes du palais de la seigneurie ; les prieurs forent forcés de prendre la fuite , et il ne resta pas même l'apparence d'une magistrature constitutionnelle pour jeter le voile de la loi sur les excès de l'anarchie. La république semblait ébranlée dans ses fbndeniens, et la circonstance a laquelle les historiens attribuent son salùt n'est pas la moins extraordinaire de cette époque critique. Le hasard voulut qu'un certain Michel de Lando, cardeur de laine, A demi- vêtu et sans souliers, fut celui entre les mains duquel tomba l'étendard de la justice, arraché des mains de l'officier qui le portait , lorsque la populace se précipita dans le palais* On ne dit pas qu'il se fut dé\à Ait remarquer dans le tumulte ; mais cette populace, violente dans ses passions et bizarre dans ses caprices } qui venait de renverser un édifice sans savoir

comment elle Le reconstruirait , s'écria toufcA-coup qu'il fallait faire Lando gonfalonier ou seigneur* et qu'il réfoimer*it WWt comme U lui plairait.

Ce choix fut sans doute l'ouvrage du caprice et de la fojie } la jagesse n'aurait pas mieux fait. Lando étajt uu homme courageux, intégre et modéré. Il Je prouva aussitôt en faisant respecter sa dignité. Les huit commissaire* de la guerre , qui , sans avoir attisé |e feu de fo révolte > /étaient satisfaits de voir le parti guelfe au*9J profondément humilié, se 6gurërent qu'ils étaient Je$ maîtres, et conin^ennèrent 4 nommer des prieurs. Mais Lando leur signifia par un message qu'il était élu par le peuple et pouvait se dispenser de leurs services. 11 procéda ensuite au choix des prieur* : trois furent pris dans les grands arts , trois dans les arts inférieur»; et trois dans les deux nouveaux arts et dans h has peuple. Ce collège extraprdinaire s'emprçsfa de rétablir i'ordre, et parvint, par des menaces, 4* faire retourner la populace à ses .occupation*. Mais las ciompi ne se sentafrnjt point disposa 4 renoncer aussi facilement aux plaisirs de l'anarchie. Ils trouvaient trop petite la part qu'on Leur ayait faite djins la nouvelle distribution des charges, et acculaient Jeux gonfalonier d'avoii* trahi la cause du peuple. Lando savait qu'une insurrection se préparait j il ae concerta avec les principaux citoyens* Lorsque \ps révoltés parurent, ils furent .dissipés par la force, et le gonfalonier quitta sa charge, honoré de l'appro- * bation de ses concitoyens 9 dont tous les historiens. de Florence se so*t plu A *e rendre les interprètes*.

Une partie de ces éloges fut sans don te fondée sur la considération du mal qu'il pouvait faire. Les ciompi, une fois arrêtés dans leur entreprise « furent bientôt soumis. Le successeur de Lando fut un cardeur de laine comme lui ; mais il n'avait pas hérité de son mérite 9 et la bassesse de sa condition excita le mépris universel. Tous les corps de métiers étaient dégoûtés de cette populace qui avait prétendu s'associer à eux. Elle fit quelque résistance , mais elle fut bientôt écrasée; on en fit un grand carnage , et les fonctions publiques furent répartie^dans une proportion à-peu»prfe égale entre les sept grands arts et les seize arts inférieurs.

Le parti des petits arts , ou les commerçans des classes inférieures , qui avaient commencé le désordre, en recueillirent le fruit lorsque le calme fut rétabli. Trois hommes qui appartenaient à de grandes familles , et qui avaient été les moteurs de la révolution , devinrent les chefs de Florence : c'étaient Benoit Alberti, Thomas Strozzi, et Georges Scali. Ils eurent d'abord à lutter contre les ciompi, irrités par les pertes et les revers qu'ils venaient d'essuyer. Mais il est facile à un gouvernement sage, et qui a une milice bien organisée à sa disposition, de tenir en respect la populace inférieure aux artisans de la dernière classe. L'aristocratie guelfe était bien plus A craindre. Quelques-uns de ses membres avaient été bannis , d'autres condamnés à des amendes y d'autres anoblis 5 conséquence ordinaire des révolutions, dont ils avaient trop souvent abusé pour avoir le droit de se plaindre. Un acte d'une

iniquité plus révoltante déshonore la nouvelle administration» Le chef de la maison des Albfoi , et plusieurs de ses associés les plus distingués , furent jetés en prison sous prétexte de conspiration. Les charges alléguées contre eux 'étaient tellement dénuées de preuves , que le podestat refusa de les coo* damner : mais le peuple demandait à grands cris du sang ; on passa par-dessus la moitié des formes de la justice, et ces noble» citoyens furent conduits an supplice. Benoit Alberti s'était montré dans le reste de sa conduite plus fermement attaché aux principes de justice que la plupart de ses contemporains : la part qu1il prit à ce jneurtre est une tache à aa mémoire. Strozzi et Scali , qui avaient Ja même influence que lui dans le nouveau gouvernement, abusèrent de leur pouvoir pour opprimer leurs ennemis, et déployer leur insolence à l'égard de tous les citoyens. Aussi leur- popularité fut courte. Alberti, ami sincère de la liberté, se détacha de ces hommes qui paraissaient vouloir renouveler les excès du gouvernement arbitraire qu'ils avaient renversé. Scali ayant osé arracher un criminel des mains de la justice , cet attentat fit éclater le mécontentement général : il fut arrêté , et porta sa tête sur l'échafoud ; son collègue Strozzi prit la fuite. Mais cet événement fut aussitôt suivi d'une réaction qu' Alberti n'avait peut-être pas prévue. Le* rues se remplirent d'hommes armés ; le cri de vivent les Guelfes! se fit entendre. Après une disgrâce de ' trois années, le parti aristocratique recouvra soa ascendant. On ne renouvela pas les rigueurs, jadis.

(i3tf) '

déployées k l'égard dea avertis} nais les deux nouveau arts créés en faveur de* petits métiers forent abolis , et les arts inférieurs,, qui avaient entre les matas un peu plus de la moitié des chargea, n'en conservèrent plu» que le tien. Plusieurs personnes qui avaient favorisé les plébéiens furent bannies ; de oe nombre était MicW de Lando, qui méritait la protection de tous les gouverne mens par les services émtnens qu'il avait rendus en détruisant l'auarchie. Benoit Alberti, tour44o«r ennemi de chaque &o tion, parce que chaque ftetion tyrannisait à son tour, éprouva le même sort quelques années après, II n'y eut aucune révolution à Florence pendant les i cinquante années qui suivirent cette époque. £*'a~ ristoeratie guelfe, forte de son opulence- et de son ancienneté, et instruite par l'expérience, conserva, sous la direction de la famille des Àlbizi, une influence dominante, sans trop s'écarter, eu égard { aux temps , des principes de la modération et du i respect dû aux lois (i)«

Cette esquisse de l'histoire domestique de Florence suffit pour faire voir que le gouvernement de <

(i) Poer ee qui concerne cette partie de l'histoire de Florence , indépendamment d'Amrairato , de Machiavel et de Sismondi, j'ai lu un récit intéressant de la sédition des ciompi, par Gino Cappoai , dans le dix-huitième volume de la collection de Muraton. Cette narration plaît singulièrement par sa vivacité et son air d* vérité ; on regrette qu'elle s'arrête trop tôt, aa moment où Lando est revêtu de la dignité de banneret. Il y a an autre écrivain contemporain, Melchione de Stefani , qui parait avoir fourni des matériaux aux trois historiens que j'ai nommés plus haut;: «uns je n'ai pas été à même de le consulter.

cette famentt république était Iota d'offrir une garantie parfaite aux droits civils on à Ja tranquillité publique* Ses dissension* intestines» comme celles d'Athènes on de- Rome» peuvent être nu sujet de triomphe pour les ennemis des constitutions libres. Mais le philosophe impassible n'ira pas chercher son t^rme de comparaison dans la perfection idéale, ni même dans le bien réel auquel on est parvenu dans notre incomparable constitution , et dans quel* quea-une» dôf républiques de l'Europe moderne. Il (faut juger les homme» et les institutions du quatorzième siècle d'après les hommes et les institutions de la même époque* Qui n'eût mieux aimé être citoyen de Florence que sujet des Visconti? Il arrive quelquefois, lorsqu'on jette un coup-d'ffiil rapide sur l'histoire } qu'on se fait une idée exagérée des vices des états libres, et qu'on perd de vue les maux inséparables du pouvoir tyrennique» La hardiesse des historiens républicains, et la craintive servilité des écrivains sous une monarchie absolue, tendent également à nous Induire en erreur sur la prospérité relative des nations. Les actes de violence et de désordre qui peuvent troubler un état libre lont recueillis avec soin , et transmis à la postérité* dans tous leurs détails 3 en met le même soin à ensevelir & jamais dans l'ombre les excès de la tyrannie. Les historiens même qui n'ont point de motifs particuliers pour cacher la vérité détournent leurs regards de la dégoûtante monotonie des crimes du lespotisme. « De pareils traits de cruauté , » observe justement Mathieu Villani , après avoir rap-

porté un des forfaits de Bernabo.Visconti, « de » pareils traits de cruauté méritent à peine d'être » recueillis. Qu'on me pardonne cependant d'en . » avoir choisi un entre îpille, pour donner une » idée des dangers auxquels on est exposé sons le » joug d'une tyrannie effrénée 3» (1). Le régne de Bernabo en fournissait de nombreuses preuves. Le plus cruel des tyrans de l'Italie après Eccelin , il croyait ne pouvoir assurer sa puissance que par les tortures et les supplices , et ses lois mêmes portent que la peine de mort sera précédée de quarante jours de souffrances (a). On rapporte que son neveu, Jean Marie , dans des accès de rage pareils à ceux des Néron ou des Commode, parcourait la ntait les rues de Milan avec des limiers, prêt à chasser et à faire mettre en pièces le malheureui qui se trouverait sur son passage (3). Les autres principautés d'Italie eurent aussi leurs tyrans ; mais aucun d'eux ne fut , je crois , aussi odieux que les Visconti. L'histoire privée de plusieurs familles, telles que celles de la Sçaia et de Gonzague , n'es! qu'une suite d'assassinats. Les vices ordinaires d« hommes prenaient dans les palais des princes ita liens les couleurs les plus hideuses du crime. Levi vengeance, c'était le fratricide; leur amour, c'étai l'inceste.

Florence L'état de Florence, proprement dit, était fertil

agrandit son territoire.

(a) Sismoudi, t. 6, p. 3i6; Corio, Ist^di Milano, p. 486. (3) Corio , p. 595.

et populeux, mais peu étendu. Des château bâtis dans tes Apennins de la Toscane étaient occupés par une noblesse indépendante. Les plus illustres de ces nobles étaient les comtes txuidi , famille nombreuse et' poissante qui exerça une grande influence dans les affaires de Florence et de toute la Toscane jusqu'au milieu du quatorzième siècle j et dont quelques membres conservèrent beaucoup' plus tard leur indépendance (1). Le territoire de Florence était borné au midi par les républiques d'Àrezzo , de Pérouse et de Sienne; à l'ouest, par celles de Volterra , de Pise et de Lucques ; au nord, par les Tilles de Prato et de Pistoia. Elle "fut longtemps avant de reculer ces limites. Pendant l'usurpation d'Uguccione à Pise, et celle de Castruccioà Lucqués, Florence fut toujours 'malheureuse en guerre; Après la mort de x Castruccio , elle.com- «nença à déployer plus de vigueur; elle prit part à plusieurs confédérations des puissances' de* la Lombardie , et se ' ligua notamment avec Venise contre ' Mastino de la.Scala; mais elle" ne commença à s'agrandir qu'en i35i , époque où elle réunit à son territoire la petite ville de Prato , qui n'était pas & dix milles de ses murs (a). Pistoia, tout en conser-

(1) G, Villaui , 1. 5 , c. 37, 41 et ailleurs* Le dernier des comtes Goidi «'étant imprudemment engagé dans une ligue formée contre Itorefice, fat obligé d'abandonner son ancien patrimoine en 1440.

(a) Math. Villani, p. 73. Cette mesure n'était au fond qu'un acte d'usurpation»* mais la république craignait avec quelque raison eue Prato ne tombât au pouvoir des Visconti. Le même motif détermina sa conduite h l'égard de Pistoia ; mais, dans ce dernier cas , eile s'écarta encore plus des principes de la justice. P. 91 < '

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