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Florence k quatre-vingt dit mille itnei. -^^■Mnne quatrt>*îngt mille homme* pour le "■»»■» p présume qu'il entend parier des individus --^■Mtiortef les armes ; mais cette estimation de» «aaw .■.o^réc, lors môme qu'il aurait compris, -a», .1 sans doute fait , la ville dans son cal- -.. .... Toscane, bien cultivée et florissante
est , est loin de présenter aujourd'hui', ' superficie , une aussi nombreuse popu-
.ière conquête éclatante que firent les Pi».
' roviame liUigtntemente , che in qneiti tempiavea
•• a v»nH-btonu* util* uomini éa pnrtare arme 4a
iirmtta annt. — IHumavaii avère In Flrenzt de
hocché Ira uomini e fe mine e fandaXU , pet V 'av-
ïisogÊavaeleoMi'ttn'oiitlmciUà.OttpeTça, qm
ma es Floreftce » qeatm-Tiiigt-dii raille àrac*, dont
;le bsamnes tge« de qirini* a toiiante-dj» «us, te
xutaja'il «t pomiWe de 1» bhutHIc éralnation ; elle
;re<S«*ne de Villaai, et pronre wn exactitude.
l. ftàmtuMff.Mj, vpr In tï»- -imlar-l "M r*r
rmttUm» ; mai» il ue paraK pat avoir k cet égard de
lorlM q*e celle de Boccece, e*S dit qu'il périt cent
,»>datii [a fçreaée perte de lî+Sv qe'on «apposait
tirealrvtf Jea^eWt tier» dé la pejmttlfM- 0 n'ett
ia penuu rie téufàr deu* Mppoaitfotu vagoei pour
netgnogf d'un érrirtin tel que Villam , qui paraît
■t liMit lu r.'gidre» et entrée document authentique*
, d'epr* i ce que dit ViHani , Valser h popals-
I eu vît» n renl quatrc-TTuet mille tntee , en «up-
h anfl , nu les kapleun-» , dam fe proportion de
- Raelni'nvnil ih quttti tempi avère net contaéa *
II ittle tuile uomini. Tmvitiïno dal pin-
1 1 r.cluKi; tmperoche perogni maichio ,
|E .rjvanni, per avère il notera , Inettea
Florentins , fut celle de Pise , au commencement du quinzième siècle. Depuis le temps des Othons, Pise était célèbre par son commerce. Ce fut de ses ports et de ceux de Gènes que sortirent les premières flottes que les peuples de l'Occident armèrent contre les corsaires sarrasins qui infestaient les côtes de la Méditerranée. Au onzième siècle , elle entreprit, et, après une assez longue résistance, acheva la conquête importante , ou du moins brillante , de la Sardaigne. Cette île était depuis longtemps sous la domination des Maures. Plusieurs familles nobles de Pise , qui avaient fait les princi-
unafava nera, e per ognifemina una bianca, trovd, ch'erano Vanno in questi tempi dalle cinque mila otto cento in sei milay avantando le pià volte il sesso masculino da tre cento in cinque cento per anno. «A Florence , à Pise , et dans quelques autres villes , les baptêmes ne pouvaient avoir lien que dans un seul endroit public. L'édifice qui renfermait les fonts s'appelait le baptistère. Les baptistères de Florence et de Pise subsistent encore , et sont bien connus. Du Cange, v. Bapùsterium. On comptait cependant dans la ville seule cinquante-sept paroisses et cent dix églises. Villam, ibid. On trouve dans un manuscrit publié par M. Boscoe, et composé évidemment après la prise de Pise. en 1406, et , je présume, peu de temps après cet événement , use proposition tendant à établir dans tout le territoire de Florence un impôt de dix pour cent sur le revenu. Entre autres calcul* la population est évaluée à quatre cent mille âmes , en supposai! ce nombre proportionnel à celui de quatre-vingt mille homme en âge de porter les armes ; mais cette évaluation est assuré m ea fort exagérée. U est singulier que Villani ait évalué au mêm nombre la population de Florence en i343 avant la réunion J Pise , de Volterra , ou même celle de Prato et de Pistoia. Oest < qui prouve l'incertitude des calculs statistiques , de ceux surioi que l'on trouve dans les anciens historiens , sans avoir d'autr données pour les vérifier. Roscoe, Life of Lorenzo , appendi: n.<> 16.
paux ûmis de cette expédition > partagèrent l'Ile en différena districts, qu'elles tinrent de la république a titre ^e fief (1). Plus tar^, Pise soumit les îles Baléares , mais ne les conserva pas long- temps. C'était son commerce qui soutenait sa grandeur maritime* Un écrivain du douzième siècle lui reproche d'avoir ses rues pleines de Juifs, d'Arabes, et autres « monstres de la mer » (a). Les croisades versèrent de nouvelles richesses au sein des villes maritimes de l'Italie. Dans quelques-unes de ces expéditions | une. grande partie de l'armement fut transporté par mer en Palestine sur les vaisseaux de Pise , de Gènes et de Venise. Lorsque les chrétiens eurent acquis au prix de leur sang la possession des côtes de Ja Syrie , ces républiques se réservèrent les plus amples privilèges dans les nouveaux états qu'où forma de ces frêles conquêtes , et devinrent les canaux par où les productions de l'Orient se répandirent dans l'Europe encore grossière. Pise continua de faire une grande partie de ce commerce , et soutint sa puissance maritime jusque vers la fin du treizième siècle. Villani nous apprend qu'en. ïatia elle était très-puissante, puisqu'elle possédait la Sardaigne, la Corse et l'île d'Elbe, * d'où la république, ainsi que de simples parti*
(i) Sj5tnondi, t. i, p. 345, 37a.
^) Qui pergit Pisas, videt illic monstra marina;
HtPc urbs Paganis, Turckis, Libycii quoque, Parthis, Sordida ; Chaldœi sua lustrant martiia tetri.
Don 1*0, Vita comités** Mathildis, apud Mui-Atori, dùftirt. 3i .
3i entiers, liraient de grands revenus; que tes a Pisans étaient , pour ainsi dire, maîtres de la » mer par leurs vaisseaux et par leur commerce; » qu* outre-mer 9 ils étaient très-puissans dans la » 'ville d'Acre , où ils étaient en relation intime » avec les principaux habitons » (i)% Le$ édifices 'publiée de Pise attestent l'époque de ces prospérités. Elle fat la première des voies de l'Italie qui se distingua par la magnificence de soti architecture. Sa cathédrale est du onzième siècle ; le baptistère, la fameuse tour inclinée op. béfroi , les arcades qui entourent le CampO-Santo ou cimetière de Pise , sont des monumens du douzième, ou au plus du treizième (a).
C'eût été un phénomène bien extraordinaire dans les annales de l'Italie , on peut même dire dans celles du genre humain, que deux villes voisines, rivales dans toutes les branches de l'industrie cornmerciale et dans toutes leurs entreprises maritimes, n'eussent pas vécu dans une inimitié perpétuelle. Ce qui doit nous surprendre davantage, c'est que la première guerre entre Pise et Gènes, si toute fois c'était bien la première, n'ait eu lieu qu'e: l'année 1 1 19 (3). A partir de cette époque du moin elles se succédèrent sans interruption. .L'égalité d< forces et de courage balança les succès pendant prè de deux siècles. Les deux républiques se livrèren
(î)ViHanî.l. 6,0-55.
(2) Sbmondi , t. 4> p. 178; Tûraboschi, t. 3, p. 406,
(3) Muratori A. D. 1119. 1
des batailles nombreuses », et quelquefois, à les prendre isolément , décisives ; mais une défaite réveillait dans chacune de ces villes l'esprit public*; on déployait de, nouvelles ressources,' et' un nouvel armement réparait bientôt les désastres d'un combat malheureux. Sous ce rapport, la rivalité mari- ' lime de Pise et de Gênes > quoique beaucoup plus longue, rappelle celle de Borne et de Cartilage dans la première guerre punique* Mais Pise devait avoir ses Aïgades» Un combat fatal , livré en 1284 k la hauteur de la petite* lie de Méloria, anéantit toute sa marine* plusieurs arméniens funestes et •
dispendieux avaient presque épuisé Pétat $ on avait fait un dernier effort pour équiper cette flotte ; elle était due en grande ^partie eux sacrifices des, particuliers* Après cette défaite, Pise ne put dis-* puter au* Génois l'empire de la mer. Onze mille de ses habitons languirent dans la captivité pendant de longues années. Il était passé en proverbe de dire que pour voir Pise , il fallait aller à Gênes. Un chef perfide, ce comte Ugolin dont le crime fut puni d'une manière si terrible > permit, dit-on , la bataille à dessein, et s'opposa au rachat des prisonniers, dans la vue d'assurer son pouvoir) accusations qui s'accréditent facilement chez, un peuple que la fortune a* trahi. . . •
Pise cessa dès-lors d'être une puissance maritime* Quarante ans après > elle se vit dépouillée de son ancienne colonie, la Sar daigne. Les quatre familles pisanes qui avaient été mises en possession de cette conquête s'en considérèrent bientôt comme les, ni. 10
maîtres absotnsç leur titré de juges setmtiUfa indiquer u» pouvoir délégué 5 mais elles sVrrogeaie&t quelquefois ceiui de Wow,- et elrêfc avaient fait plusieurs tentatives pour relever ifnmédiatettMnt de l'Empire, outaètne dn pape. Un -n^vtetfu souverain avait paru sur la 9cene. Les vassaux de Sardaigne mecontcns firent des proposions au roi d' Aragon , qui ne se fit aucun scrupule cf «envahir la propriété légitime d'une république affaiblie. Pise tenta quelques tains efforts pour défendre h Sa*da*gne $ inafe la souveraineté nominale de cette He valait à peine une guerre ; et bientôt elle céda ses/lroite feu roi d'&ra'gou. Le commerce vie Pise tomba avec sa gvattdear. Dans 'le cours rfa quatorzième siècle , elle renonça
. • presque entièrement à P'Qeéan > et porta son a* tention principale sur les affaires de la .Toscane* "Gibeline par l'effet «d'une invariable prédilection , elie était constamment opposée aux villes guelfes alliées de Florence : mats , au quatorzième mède , il était difficile de réunir les titres de citoyen ttbre et de Gibelin ; et une Ville gibeline se trouvait comme isolée entre les républiques du parti opposé *€* les tyrans de son {propre parti. Pise tomba sous ie joug de plusieurs usurpeftears * elle «e trouva enveloppée 9 dans les vastes conquêtes dé Jean-Gaiéats Visconti.
• A sa mort , un 'de ses parens s'eptpara de cet état 9 et enfin Florence acheta 400,000. florins orne ville sa rivale, et jadis son égale. Les Pisans firent une résistance digne de -ce Qu'ils avaient été , et qu'on n'anrait pas attendue d'eux dans l'état où ils étaient àlars.
. Ses
ayec
heé commencement de l'histoire de Gênes , coa» Génet. aiderez dans ses relations extérieures , sont intimement liés avec l'histoire de Pise* liguées contre las Sarrasins d'Afrique , d'Espagne et des tles de la Méditerranée , en rivalité de commerce avec ces mêmes Sarrasins , ou avec les chrétiens de l'Orient, coopérant également aux grandes expéditions entre- * prises sous la bannière de la croix, ou engagées l'une contre l'autre dans des guerres à outrance , ces deux républiques se trouvent continuellement en parallèle. A partir du commencement du treizième siècle, Gênes fut, je crois, la plus célèbre et la plus florissante des deux. Elle avait conquis la Corse dans le même temps que Pise soumettait là Sardaigne ; sa conquête était moins importante , mais elle la conserva plus long-temps. Son territoire proprement dit, formé d*'l'ancienne Lfenrie , < tait beaucoup plus vaste que celui de Pise ; et (ee ' ui était pins essentiel) présentait une plus grande étendue de cotes. On peut fixer Père de la prospérité commerciale et' maritime de Gênes à la reprise de Coitstaatinople par les Grecs, en 1261. Jaloux des Vénitiens, dont les armes avaient porté .et soutenaient encore les empereurs latins sur leur trône, les Gênais aidèrent Paléologue à renverser ces usurpateurs; auasi leur accorda-t-on, en récompense de leurs services , le faubourg de Pera ou de Galata , situé de l'autre côté du port de Constantinople , avec le droit de s'y établir exclusivement. Cette colonie était gouvernée par un magistrat envoyé de la métropole ; et plus d'une fois tes galères armée* et
uerrei
ses intrépides marins bravèrent la capitale des Grecs. De cette position commode Gènes étendît . son commerce dans la mer Noire, et établit son principal comptoir à Caffa , dans la péninsule de Crimée.* Ces efforts des Génois pour acquérir le monopole du commerce réveillèrent la haine des Et mrec v» Vénitiens. Tandis que Pise abandonnait le champ , des mers % Gênes vit une nouvelle ennemie s'élever sur l'horizon pourlui disputer l'empire. Sa première guerre avec Venise eut lieu en ia58. Elle n'entré* prit la seconde qu'après que la victoire de Meloria 'eut écrasé son ancienne rivale. Cette guerre éclata en iao/3 , et fut soutenue de part et d'autre avec un , acharnement opiniâtre et un grand développement de fprces navales. Les Génois, au rapport d'un bistorien, mirent en mer une flotte de cent cinquante» # cinq galères , portant chacune .de deux cent vingt à trois cfents hommes d'équipage ( i) ; force étonnante pour ceux qui connaissent les faibles ressources de l'Italie moderne.CeÙft assertion se trouve confirmée par plusieurs faits analogues attestés par de bonnes autorités. C'était Jà cependant un effort extr ordinaire. Les flottes ordinaires de Gènes et de Venise étaient de soixante-dix à quatre-vingt-dix voiles.
Les exploits maritimes de ces deux républiques peuvent être , aux yeux de certaines personnes, le spectacle le plus intéressant qu'offrent les annales d'Italie. Lorsqu'on les compare aux événemens militaires de la même époque , on les trouve plus san-
(i)Mnratori, A» D. iag5.
( '49 ) guinaire^ plus brillai»; on y admire pour le moins autant de science et d'intrépidité. Mais les guerres * 4
maritimes présentent moins de détails, et le vague des localités empêche les événemens de se fixer aussi facilement dans la mémoire. Les guerres de . Kse avec Gènes n'avaient point eu rapport, en général , à des possessions territoriales : il n*en fut pas toujoure.de même des guerres de Gênes avec - Venise 5 mais , les succès étant alternatifs , les forces * égales, les résultats étaient rarement décisifs. Un • engagement fameux qui eut lieu dans la mer de i35a. Marmara , et où les Génois seuls combattirent à- Ja-fois les Vénitiens , les Catalans et les Grecs , et remportèrent la victoire , appartient à peine à l'histoire d'Italie (i)« '
La guerre la plus remarquable et la plus impor- , Guerre de tante par ses résultats,, fat celle qui commença en **** 1378, après plusieurs hostilités dans le Levant. Les •
Vénitiens paraissent avoir été les principaux agrès-, seurs. Mais cette fois Gênes ne se présenta pas seule au combat. Une coalition formidable se forma con- v tre Venise , qui s'était fait de nombreux ennemis. . François Carrare , seigneur de Padoue , et le roi de * Hongrie , étaient à la tête de cette, ligue. La mer fut, comme de coutume, le théâtre des grands événemens de la guerre. Pendant l'hiver de 1878, une flotte génoise ravagea les côtes de la Dalmatie. La • marine des Vénitiens avait été affaiblie par une maladie épidémique , et quand l'amiral Victor Pisani livra
(1) Gibbon, c. 63,
bataille a l'ennemi, il fut forcé de lutter, avec quelques milices levées à la hâte, contre les meilleurs marins du globe. Complètement battu , et contraint de se réfugier à Venise avec sept galères seulement, Pisani fut jeté en prison** comme si son malheur eut été un crime. Cependant la flotte génoise* ayant reçu un renfort considérable, se présenta devant ces longs remparts naturels quiaéparejst les lagunes de Venise de l'Adriatique, Indépendamment des débouchés de Brondolo et de Fossone, par où se déchargent les eaux de la firenta et de l'Àdige, six passages plus étroits divisent les îles qui forment cette barrière. Quant aux lagunes mêmes, les eaux y ont si peu de profondeur g qu'il est impossible' à aucun bâtiment de quelque grandeur d'y naviguer, à moins de suivre les sinuosités de quelques* canaux que la main de l'homme 31a, tracés. Malgré les difficultés que présentait une semblable entreprise, IV a mirai génois, Pierre Doria, résolut de se rendre maître de Venise. Ses premiers succès enflammaient ses espérances. Il força la passe de Chiozza, et emporta d'assaut cette petite ville, bâtie derrière Pîle du même nom, à environ, vingt-cinq milles sud de Venise. Près de quatre mille prisonniers tombèrent entre ses mains : ce succès semblait être le présage d'un triomphe plus éclatant. Le premier mouvement des Vénitiens consternés fut de demander la paix. Leurs ambassadeurs emmenèrent avec eux sept prisonniers génois , pour les offrir à l'amiral comme une espèce de présent de paix. Ils étaient autorisés à faire des concessions aussi étendues
quHfcnnadipate* , et à tcuftt sacrifier pou* sauver fat * liberté 4» Ywis*- F*auçoia Carrare pressait vivement se* alliés 4* conclure h paix» Maia les Génois avaient de vieUWs haines à satisfaire ; enivrés par ce* faveurs inattendue* de la fortune, ils, voyaient la vengeance dana Wurs mains. Dçria , ayant fait introduira les envoyés 4e Venise djuis le conseil , leur parla en ces termes, ; ce V<ma n'obtiendrez de pais, » je veut le jure* »i de nous, pi du seigneur 4e p Padoue , <{iie nous noyons. d'abord mis. un £rew » ii cet cheveu* fougueux qui sont sur la pkee de y> Saint-Marc. Quand ils seront domptés v voua auv ve? uqpz, de pais. Remmené* vos captifs génois; » car dana peu de jours je les aurai délivrés. , eux et nleur» compagnon*. » -Aussitôt que cette réponse fat rapporté* ap sénat, Venise ae prépara à se dé* fendre avec toute la lûgueur qui caractérisait son gouverneinent» Tons les yepj^se tournèrent vers un grand .homme injustement puni, l'amiral Victor Pisani, Ce fut au milieu, des acclamation* générale* qu'il sortit de s,a* prison pour défendîmes» patrie; mais-, égal aflx plus grands homme* de l'antiquité en magnaniinité., çn simplicité républicaine , en par triotisine, Pisaui imposa silence aux clameurs de la multitude , et engagea se*, concitoyen* à réserver leur enthousiasme pour saint Marc ; c'était le patron tie Venise , et wVe saint Afwç son cri de guerre. Par les ordres de Pisani, les canaux furent fortifiés ou obstrués par de gioç bàtiniens aux lesquels on établit des batteries; on arma* trente-quatre galères: chaque oitoyçp contribua suivant; aes jnoyens ; à dé-
frut des ressources du commerce ( car Venise n'en pas ' un seul bâtiment marchand pendant cette guerre ) , on fondit la vaisselle des particuliers; et le sénat promit d'anoblir les trente familles qui se distingueraient le plus dans cette lutte de patriotisme. Les équipages de la nouvelle flotte avaient si peu d'expérience de la. mer, que, pendant quelques mois, l'amiral ne fit que les exercer aux manœuvres dans les canaux. Les Génois, plongés dans un état d'inaction qu'on ne. saurait expliquer, ou plutôt arrêtés par les difficultés insurmontables de l'entreprise ,' n'attaquèrent pas la capitale» Ils se flattaient , avec quelque raison , que la famine ou le désespoir les en rendrait, bientôt maîtres. Les troupes de Padoue interceptaient toute 'communication ayec le continent; et le roi de Hongrie avait soumis la plupart des villes vénitiennes de l'Istrie ou de la côte de Dalmatie. Cependant le doge Contarini prit le ^commandement suprême des forces de la république, et sa flotte parut dans les eaux de Cbiosza au moment où les Génois s'y attendaient le moins. Us soupçonnaient encore moins ses intentions secrètes. Le doge poussa un de ces gros navires ronds appelés coques dans la passe étroite de Chiorôa qui forme une des communications entre lès lagunes et la baute mer, et, l'établissant en travers, il ferma ainsi cette issue. Attaqué avec fureur par l'ennemi, ce bâtiment s'enfonça dans la passe même; et le doge , profitant aussitôt de cet avantage, fit décharger dessus des masses de pierres, jusqu'à ce que le passage fui devenu absolument innavigable*
Les Génois pouvaient encore remonter te principal canal de* lagunes et -aller chercher les issues du nord, on sortir par la passe de Brondolo; mais, soit qu'ils fussent déconcertés', ou qu'ils appréciassent mal les dangers de leur position , ils laissèrent les Vénitiens obstruer le canal par le mêyre moyen qu'ils avaient.employé à Chiozza , et même prendre position dans la passe de Brondolo , et si près des • lagunes , qu'il était impossible aux Génois de se former en ligne de bataille. La situation des parties se trouvait ainsi entièrement changée. Mais' la flotte bloquée dans Chiozza n'en était pas moins imprenable j et les Génois, maîtres des communications avec le continent, n'étaient point exposés à «manquer de Vivres. Venise, malgré ses succès inattendus, était loin de pouvoir s'abandonner & la sécurité : il était difficile au doge de se maintenir dans sa position pendant l'hiver } et si l'ennemi pouvait se déployer en pleine mer, les chances d'une bataille devenaient extrêmement hasardeuses. On dit que le sénat agita la question de savoir si Ton transférerait à Candie* le siège de la liberté vénitienne ; et le doge avait manifesté l'intention de lever le siège de Chiozza , le premier janvjcr i38o, si les se* cours qu'il attendait n'étaient point arrivés. L'amiral Charles Zeno, ignorant les dangers delà patrie , avait soutenu l'honneur de son pavillon dans les mers du Levant et sur les côtes de la Ligurie ; le premier janvier même il parut en vue de Chiozza avec une escadre de dix-fruit galères et une grande quantité d'approvisionnemens. Dès ce moment, les Vé«
nitiens sentirent renaître tap onafiaMe, Leur Sotte , alors supérieure en fore* à vU* de l'ennemi., corn* mença à l'attaquer vivement. Après plusieurs mou d'une résistance opiniâtre, les Génois, que leur ré- , publique avait essayé en vain* de -secourir par un nouvel armement > bloqués dans la ville de Cluoaza, et pressés par la famine , furent obligés de se rendre. D'une flotte de quarante - huit galères il ne leur en restait que dix-neuf en bon état; et lès équipages avaient également souffert pendant les dix mois de Jedr occupation deChiaaaa. L'orgueil de Gênes parut justement humilié t son historien même avoue que Dieu ne voulut pas permettre qu'une aussi noble cité que Venise devint la proie d'un conquérant (1).
Les deux républiques pouvaient justement déplorer leurs préjugés mutuels, et l'insatiable cupidité de leurs marchands , passion qui dans tous les pays maritimes usurpe le nom de patriotisme. La prise de Chtozzane terminait pas la guerre ; mais les deux états étaient également épuisés, et acceptèrent, Pannée suivante, la médiation du duc de Savoie. Par la paix de Turin, Venise abandonna au rot de Hongrie la plupart de ses possessions de terre ferme. Ce prince, et François Carrare recueillirent seuls tous
(1) G. Stella , annales genuenses; Gataro , Istoria padovana De ces deux ouvrages contemporaine , le dernier est celui qui contient la relation la plus exacte : ils se trouvent dans le dixseptième volume de la collection de Muratori. Le récit de M. Sismondi est très-clair et très-animé. Histoire des Républiques italiennes, t. 7, p. ao5~s&u
les avsnUg*?» du traité. Gènes obtint l'ile de Ténédos, qui avait été ans des causes première* de la guerre 5 faible, dédommage ment des pertes qu'elle avaUessujées (*). Le résultat rla cette guerre paraît, sa premier coup-d Wl , plus désavantageux pour Venise ; ce fut poortarit l'époque de la décadence de Gènes. Dès-lors ses Sottes , moins1 nombreuses , cessèrent de dominer l'Océan ; son commerce s'éteignit insensiblement, et le quinzième siècle, qui forme la partie brillante «de l'histoire ,à<; Venise ,-fut, jusqu'à des temps modernes, l'époque la plos déshonorante des annales de Gènes. Mais ces màlhears étaient en partie le frait des discordes intestines qui pendant an temps suspendirent sa liberté et ter- . nirent l'éclat de sa gloire.
A Gènes, comme dans les autres villes de la Lombardie, les prinapauS- magistrats portaient ne.. dans l'origine le titre de consuls. Une chronique ré- * digée sons l'inspection du sénat noue a transmis les noms de ces anciens magistrats. Il paraît que leur nombre variait de quatre a, si*, et qu'ils étaient élns • tous les ans dans l'assemblée générale du peuple. Us gouvernaient la république, et commandaient les forces de terre et de mer. Un autre corps de magistsat* , portant le même litre , et chargés de
(*) On trouvera un récit tria-clair et très-animé de cette guerre dans l'Histoire de la république de Fertiie, par M. le comte Dam , t. « , I. to , p. 1-80, M. Hsllam , dont Tc-uVrage a para sa Angleterre dans le, cours de l'année 1818, n'a pu consulter V Histoire de ta république de Venue , publiée eu 1819. Noua avons cependant remarqué que sa narration s'accorde, a quelques leféres circonstances prea, av«c celle de IL Daru, (JV. d. T.)
l'administration delà justice civile, était annuel lement élu par les compagnies formées des diffe rentes classes du peuple (1). Telle était la constitu tion du douzième siècle; mais, dans le siècle sui vant, Gênes adopta l'usage de confier le pouvoir exé cutif à un podestat étranger. Le podestat était assista d'un conseil de huit personnes choisies par les hui compagnies de la noblesse. Cette institution, toutefois ce n'était pas une coutume introduite ave le temps , ou une usurpation , ne fut sans doute pal de beaucoup postérieure au commencement é treizième siècle. Elle donna à la constitution un ca radère aristocratique , ou plutôt oligarchique $ ca* beaucoup de nobles ne faisaient pas* partie de ce huit compagnies. Quant au sénat ou aux conseils nous ne connaissons guère que leur existence ; le historiens en parlent «fort peu. Le peuple exerçai une souveraineté entière et immédiate , lorsque s'agissait de questions d'une nature générale ou di matières qui exigeaient l'expression de la volont publique* Nulle part le parlement , c'est-à-dire l'ai semblée générale du peuple , n'était aussi souven convoqué : il l'était pour la guerre , pour la paix pour les traités d'alliance , pour les changemens cl gouvernement ( a ). L'harmonie ne pouvait gucij s'établir entre des élémens aussi discordans. L peuple, assez habitué aux formes delà démocrate pour se pénétrer de son esprit, ^fcrit jaloux de l'iij
(1) Sismondi , t. 1, p. 353.
(2) Id.f t. 3, p. 319.
it-nce réelle dont y jouissait U mUhk. Quelque* cmbres de cette dernière ri iwr Connut par ramtioo , ne ciédaignèrent pu de flatter la populace mrparveuiraupouvoir. Deux ou trais foi*, dam le surs du treisâème siècle, un noble démagogue illît, comme lesTorriani à Mdan, détruire la Hîité générale sous prétexte de défendre la liberté Jividuelle (1). Panai la noblesse mente, quatre lisons occupaient un rang supérieur : c'étaient s Grîmaldi, les Fîesque, le» Doria , lesSpînola; s deux premières tenaient aax GoeMes; les deux tires à l'Empire (2) . l/égalhé de lears fortes, et la lousie qui régnât entre les familles attachées à la ii'ine faction, empêchèrent peut-être qu'aucune elles n'osnrpât la seigneurie de Gènes. LesGnelfcs i les Gibelins ne pouvant obtenir une supériorité ^oisive , la ville n'était qu'on théâtre de révolutions .ntiiiueUe*. La pins célèbre» fut l'expulsion des ibelins, à la tcte desquels étaient Jes Dorâ et les* pinola , en >3i8. Ils eurent recours ans* Visconti i' Milan , et ils avaient déjà par eux-mêmes des irces suffisantes pour lutter contre leur patrie. .es Guelfes se crurent dans la nécessité d'implorer ippui de Robert , roi de Nanles. too tours prêt à courir pour dominer, et l'investirent de la sonveainelé temporaire de Gènes- Un siège de plusieurs nuées fut signalé, si nous en croyons la temps, par «niant de haut; faits que le siège de
U;u., i. 3, p. Ja8.
Troie. La postérité ne les a pas jugés aussi mtéressans. Les Gibetifb Testèrent long-temps exclus de la ville, mais en possession du port de Savone , où ils frisaient le commerce et armaient des flottes, comme une république rivale 5 ils entreprirent même seuls une guerre contre Venise (t). Lies deux partis sentirent enfin l'inutilité de leurs efforts , et la considération des pertes auxquelles ils exposaient leur commune patrie amena une 'réconciliation, ou plutôt un arrangement , et en i33i les Gibelins rentrèrent dans Gêues. Mais le peuple voyait quHl avait dû tant d'années de malheurs aux haines particulières de* quatre familles dominantes, et s'empara d'une occasion qui se présenta bientôt pour restreindre leur influence dans des bornes très-étroites^ Election du ^e parti gibelin , ayant pour chefs un Dorîa et premier doge. Un Spiûola , était à la tête des affaires en i3fy , lors- • qu'une flotte considérable» ne recevant point de paie, se* mit en insurrection* Savone et les villes voisines prirent les armes dans l'intention avouée de renverser la tyrannie aristocratique , et la capitale elle-même était sur le peint de se seunir aux insurges. La constitution de Gènes avait établi, sous le titre <Vabbé du peuple, un magistrat assex semblable aux tribuns , chargé de protéger le. peuple contre les oppressions de la noblesse. Ses fonctions cependant n'ont été définies d'une manière bien précise |>ar aucun des auteurs que j'ai consultés.
(i) Villaui , 1. 9 , passim.
Le yavcuagmeat alors existe** ayatt aboli cette charge , et son rétablissement ftrt .là première demande de* métïonteûs. Ce point leur fut accordé , et vfogt c^mmiswres fuirent nomtrtés pour procéder à Maction. La lenteur de leurs opérations fatiguait déjà lapopttfaâ*, lowquNin artisan, dont Phitteire n'a pus eouserv&le nom , s'écria d'un endroit élevé qu^il pourrait indiqaer l'homme qu'il fallait. Le peuple l'ayant , par forme de plaisanterie , invité k parle*) il prononça le nom de Simon Boccanegra. C'était ufe homme distingué par sa fcaissauee , estimé 4e tes concitoyens) et qui «e trouvait alors dans la foule» On s'empare aussitôt de.ee nota jon s'écrie cfoe fioocanegva doit é%re abbé ; on le fait mettre eu évidence , et on le forée de prendre en main l'épéfc de la justice. Aussitôt 'qp'oi! pat obtenir silence y Boceapegra remercia modestement le peuple de l*bonpeur «prïi lui disait j-mais ajouta qu'il ne pouvait accepter une charge dont sa qualité de noble i«i interdisait l'exercice. A tes mots , une voix cria dans la foule , seigneur, et à l'instant ce nom retentit de tous o6fés. Les magistrats, craignant que ce mouvement n'ehtdes suites plus fôcheuses, engagèrent Bocoanegra à se rendre au vceu du peupie , et 4 accepter la charge d'abbé. Boccanegra , a'ndrejftaot «de nouveau à l'assemblée , déclara qu'il était prêt à prendre le titre d'abbé, de seigneur, ou tout autre qu'on voudrait lui donner. Alors les cria de seigneur redoublèrent 5 en même temps d'autres criaient, qu'il soit duc. Ces derniers mots furent encore mieux accueillis, et Boccanegra fut
conduit ou palais, et installé en qualité^ de premier t duc ou doge de Gênes (i).
*• Révolution» H est permis.de croire que le caprice seul, ou
qui »uirir«nt. certa;nl,s j j^es de pompe et de dignité portèrent la
populace à préférer ce titre à celui de seigneur. Quoi qu'il^en soit, cette circonstance eut des conséquences aussi avantageuses qu'importantes. Dans
* toutes les villes voisines , les seigneurs avaient déjà établi le gouvernement arbitraire ; le nom de seigneur emportait avec lui l'idée d'un pouvoir indéfini ; celui de doge, au contraire, n'avait encore été pris que par le magistrat électif et très-limité d'une autre république maritime. Boccanegra ni ses successeurs ne rendirent jamais leur autorité illimitée ni héréditaire. La constitution de Gênes était une aristocratie* oppressive; «elle devint un mélange des deux autres formes de gouvernement , .et les
" • nobles furent exclus de l'administration. Ces quatre
grandes familles qui avaient alternativement do-
miné l'état pendant près d'un siècle perdirent leur
* influence après la révolution de i33(). Cependant
- il est assez remarquable qu'on continua à leur con-
• fier de préférence les emplois les plus importans. Leurs noms sont encore identifiés avec la gloire de Gênes j*ses flottes ne mettaient guère à la voile que sous les ordres d'un Doria , d'un Spinola , ou d'un Grimaldijr tant la république avait de confiance dans leur patriotisme , ou dans le patriotisme de ceux qu'ils commandaient* Cependant une oligar-
(1) G. Stella, Annales genuenses, dans les Script. Rer. ito/. • t. 17, p. 107a.
chie plébéienne) composée de deux ou trois nouvelles familles , leur avait succédé' dans les charges de l'administration intérieure t les Adorai, tes Fregosi, les Montai ti se disputaient la prééminence* Ces rivalités enfantèrent des révolutions qui sont presque trop nombreuses pqpr être exposées même? , dans une histoire particulière. Dans l'espace de quatre années f de 1390 à i3^49 Ie doge fut dix fois changé^ tour-à-tour chassé et ramené 9 suivant la fluctuation des mouvemens populaires. Antoniotto Adorno , quatre fois doge de Gênes, avait recherché l'amitié de Jean Galéas Yiseonti ; mais cet astucieux tyran voulait subjugue» la république > et pour mieux en assurer la ruine , mettait les factions aux prises les unes avec les aubes» Adovno vit que le seul moyen' de sauver l'indépendance de- si patrie , était d'en faire le sacrifice momentané. Il se démit volontairement d'un pouvoir qui avait été l'objet de son ambition V et. mit la république sous Ja protection ou sou* la seigneurie du roi de France. On conclut un traité qui garantissait les libertés de Gênes y mais avec une garnison française dans l'intérieur de la ville , il était difficile qu'il fât toujours respecté (1).
Tandis que Gênes perdait jusqu'à son indépen- Venise. dance politique , Venise croissait en puissance et en célélmté. L'origine , et même la liberté de cette fa* . meuse république 7 remontent au-delà du moyen
âge. Les Vénitiens se vantent de n'avoir jamais été
(1) Sùmondi , t. 7, p, 337, 367.