PREMIÈRE PARTIE
Etat de l'Italie après Ja'mort de Charles-le-Gros. — Couronnement d'Othen-le- Grand. — Etat de Rome. — Conrad H. — Le royaume d'Italie réuni à l'empire. — Les Normands s'établissent dans les Etats de Naples et de Sicile. — Roger Guiscard. — Progrès des villes de Lombardie ; — elles deviennent de plus en plus indépendantes de empire. — Leurs guerres intestines. — Frédéric Barberousse. — Destruction de Milan. — Ligue lombarde. — Bataille de Legoano. — Paix de Constance. — Prineipauté temporelle des papes. — Factions des Guelfes et des Gibelins. — Othon IV. — Frédéric Il. — Classement des républiques italiennes. — Seconde guerre de Lombardie. — Extinction de la maison de Souabe. — Causes du suceès des républiques de Lombardie; — leur prospérité ; — formes de leur gouvernement. — Dissensions entre la noblesse et fe peuple. — Guerres civiles. — Giovanni de Vicente (1).
À LA mort de Charles-le-Gros, en 888, cette partie de l'Italie, qui reconnaissait la suprématie del’empire d'Occident, était divisée, comme la France et l'Allemagne, entre quelques vassaux puissants, gouverneurs héréditaires des provinces. Les principaux étaient les
4 Comme je n'ai pas toujours, dans ce chapitre, eité mes autorités au hes de chaque page, je vais indiquer ici les principales sourees où j'ai puisé ; ee sont : 1° les Annales d'Italie, par Muratori ( douze volumes in-#, où dix-hek in-S } elles compremsent l’abrégé de l’histoire de ce pays depuis lo commencement de l'ère chrétienne jusqu'à la paix d’Aix-la-Chapelle. Les volumes relatifs au moyen âge, dans lesqueis il donne ba substance des écrivains originaux rassemblés dans sa grande collection intitulée Scriptores Rerwm Flalicarwm, sont, sons eontredit, les meilleurs; la partie de ces annales surtout qui s'étend du septièine ou huitième siècle jusqu'à la fin du douzième, est la plus complète et la plus utile. L’exactitude de Muratori mérite en général une conflance presque entière, et ha franchise de son earactère respire dans tous ses écrits; mais il n'avait pas l'esprit assez philosophique pour apprécier les faits à leur juste valeur, el ses habitudes de vie tui faisaient attacher une importance imaginaire à des dates de diplômes, et à d’autres circonstances assez insignifiantes. Sa narration, qu'on peul cem-
ducs de Spolette et de Toscane; les marquis d’Ivrée, de Suse et de Frioul. Le grand-duché lombard de Bénévent, qui avait résisté aux armes de Charlemagne, et qui embrassait plus de la moitié des Etats qui forment aujourd’hui le royaume de Naples, était alors en
parer à un squelette entièrement décharné, présente, indépendamment de celle sécheresse si désagréable, une confusion faligante, résultat nécessaire d’une liaison purement chronologique d'événements simultanés et indépendants les uns des autres. 2 Les Dissertations sur les antiquités d'Italie, par le même écrivain. On peut les considérer ou comme un seul, ou comme deux ouvrages. En latin, elles forment six volumes tn-folio, et sont accompagnées d'un grand nombre de documents originaux; en italien, elles ne forment plus que trois volumes in-4°: c'est une traduction libre et abrégée des premières, faite par Muratori lui-même. La plupart des pièces originales ne s’y trouvent plus; mais des citations nombreuses y suppléent amplement. Par suite de cette différence entre l'ouvrage latin et l’ouvrage italien, je n'ai cité, en général, que le numéro de la dissertation ; dans les cas où je renvoie à la page, j'indique celui des deux ouvrages dont je veux m'appuyer. 3° L'Abrégé chronologique de l'histoire générale d'Ilalie, par Saint-Mare: cet ouvrage d'un savant et laborieux écrivain est composé à peu près sur le plas de celui du président Hénault; mais la division des pages en plusieurs colonnes parallèles présente un aspect si étrange, qu'il serait difficile de trouver un livre plus incommode pour le lecteur. Comme Muratori, Saint-Marc déploie beaucoup d’érudition sur des points de peu d'importance. La partie la mieux traitée est celle qui a rapport à l’histoire ecclésiastique. L'ouvrage ne va que jusqu'au treizième siècle. 4° Les Rivoluzioni d'Italia, par Denina : celte Histoire, publiée pour la première fois en 1769, est pleine de chaleur et de clarté; les principales circonstances sont choisies avec godt: elle n'est peut-être pas exempte d'erreurs de fait, et encore moins de celles qui tiennent à l'opinion; mais je ne crois pas qu'avant l'ouvrage de M. de Sismondi il existât un livre où l’on pdt puiser aussi facitement une connaissance générale de l’histoire d'Italie. 5° L'Histoire des républiques ilaliennes, par M. de Sismondi. La publication de ce grand ouvrage a jeté beaucoup de lumière sur les Etats de l'Europe les plus intéressants, seus plusieurs rapports, pendant le moyen âge. Je m’estime heureux de pouvoir, sautant que me le permeltent mes propres études, rendre témoignage à l'érudition et à l'emsciitude de cet écrivain, qualités que le public est assez porté à ne pas supposer dans un ouvrage où il trouve tant d'éloquence et de philosophie. Je ne puis à cet égard exprimer plus fortement mon opinion sur M. de Sismondi qu'en étsant que son livre a presque mis hors d'usage les Annales de Muratori; j'entends à partir du dourième siècle, car le travail de M. de Sismondi ne commence guère qu'à catle époque. Sans être plus exact que Muratori, il a consulté ua ples grand nombre d'auteurs; el, considérée seulement comme recueil de faits, son histoire est incomparablement plus utile ; ces faits sont disposés avec assez d'art pour faire disparatire en grande partie la confusion inévitable qui résulte de la multiplicilé des transitions et du défaut d'unité générale. I] est à regretter que des détails oiseux et mullipliés, et quelquefois aussi, si je puis prendre ia kiberté de le dire, des réflexions inutiles, aient jelé M. de Sismondi dans une prolisilé qui pourra effrayer la paresse des lecteurs de notre siècle. On doit d'astsst plus le regretter que l'Histoire des républiques ialisnnes n'est pas seulemcal propre
ITALIS. 71 décadence, et resserré, d'un eôté, par les Grecs dans la Pouille, et,:
du côté opposé, par les principautés de Capoue et de Salerne, qui. avaient été détachées de son territoire 1. Les princes de la race carlovingienne continuaient à régner en France, mais ils n’ayaient pas assez d'énergie pour étendre leur autorité sur l'Italie, déjà séparée des nations transalpines par des partages de famille ; des chefs du pays s’en disputaient seuls la souveraineté. Bérenger, l’un: d'eux, dans le principe marquis de Frioul ou de la marche Trévisane, régna trente-six ans, sans cesse obligé de maintenir ses prétentions par les armes, Après sa mort, les malheurs de l'Italie furent aggravés tantôt par la tyrannie, tantôt par des guerres intestines. Les Hongrois désolèrent la Lombardie; les côtes méridionales étaient infestées par les Sarrasins, maîtres de la Sicile. Plongée dans un abime dont elle ne voyait aucun autre moyen de. sortir, l'Italie oublia son indépendance chérie, et invoqua le secours d'Othon I‘, roi de Germanie. Ce puissant monarque trouva peu de résistance. Bérenger IL, souverain d’Italie, consentit à tenir de lui son royaume à titre de fief 2. Mais, quelques années après, de. nouveaux troubles ayant éclaté, Othon passa une seconde fois les Alpes (961), déposa Bérenger, et reçut des mains du pape Jean XII la dignité impériale (962 ), vacante depuis près de quarante ans. Tous les anciens préjugés, tous les souvenirs d’Auguste et de
à meybler Ja mémoire de faits historiques, mais qu'elle doit produire un effet bien aytrement important, celui de communiquer au lecteur quelques étincelles de cette noble philosophie, de cet amour de la vérité et de la vertu qui animent ses pages éloquentes. 6° La collection des écrivains originaux par Muratori, Seriplores rerum ilalicarum, en vingt-quatre volumes in-folio. J'ai donné une trèsgrande attention à cet ouvrage; il n'y a peut-être pes de volume que je n'aie plus ou moins consullé. Mais, après les Annales du même auteur, et l'ouvrage de M. de Sismondi, je ne me suis pas cru obligé de recommencer un examen laborieux de toutes les autorités sur lesquelles s'appuient ces deux écrivains. En général, on pareourt les auteurs originaux et contemporains moins pour vérifier de simples faits que pour ecquérir la connaissance de l’esprit et du caractère de leur teraps, connaissance qu'aucun compilateur ne saurait donner à ses lecteurs. Il me serait mpossible de distinguer ce que j'ai puisé à ces sources primitives. Ainsi, dans jes cas eu je ne cite aucune autorité particulière; je me réfère aux écrits de Murateri ef. de M. de Sismondi, surtout à l'ouvrage de ce dernier, qu'on peut regarer eomme la base de ce chapitre.
1 Giamaone, Isloria civile di Napoli, liv. 7; Sismondi, Hist. des républiques ilatienmes, t. L p. 244.
2 Muratori, A. D. 951 ; Denina, Bivolusions d'ilaltia, 1. 9. ¢. 6.
Charlemagne avaient accoutumé les Italiens à attacher l’idée de souveraineté au titre d’empereur romain; et, de leur côté, Othea et ses deux successeurs immédiats n'étaient nullement disposés à renoncer à ces prérogatives prétendues, qu'ils étaient en état de faire valoir. La plupart des princes lombards ne montrèrent aucune répugnance à reconnaître le nouveau gouvernement allemand, qu'Othon-le-Grand dirigeait avec beaucoup de prudence et de vigueur, et parfois avec sévérité. Les habitants de la Lombardie étaient encore plus satisfaits d’un changement qui leur assurait une administration plus tranquille et plus régulière que celle qu'il avaient eue sous les rois précédents. Une seule des villes d'Italie, et c'était Ia première, était agitée par des sentiments bien différents. Il règne, il est vrai, une grande obscurité sur l'histoire intérieure de Rome, depuis l'époque où les armes de Bélisaire firent rentrer l'Italie sous la domination de l’empire, jusqu'à la fin du onzième siècle. Les papes paraissent avoir joui d'un certain pouvoir temporel, dans le temps même où la ville était gouvernée par les exarques de Ravenne au nom de l’empereur d'Orient. Ce pouvoir s'accrat quand Rome fut entièrement séparée de Constantinople. I demeura cependant subordonné à la souveraineté incontestable de la nouvelle famille impériale, qui était censée succéder à tous les droits de ses prédécesseurs. Il y avait toujours dans cette ville un officier impérial, ou préfet, pour y administrer la justice criminelle: le peuple prétait serment de fidélité à l’empereur ; et, à chaque élection irrégulière d’un pape, ce qui n’était pas rare, les empereurs se prétendaient en droit d'interposer leur autorité. Mais l'esprit des Romains était républicain, ainsi que leurs institutions. A travers les ténèbres du dixièmesiècle, qu’aucun-écrivain contemporain n'a dissipées, nous distinguons par intervalle les nomsimposants de sénzt , de consuls et de tribuns; nous retrouvons l’ancienne magistrature domestique de Rome. Ces ombres d’une gloire passée nous isspireat d'abord un sentiment de sarprise ; cependant il n’est pas invraisemblable que cette ville si renommée, si populeuse, et si heureusement garantie de l'invasion des Lombards, ait pu conserver ou établir per la suite une espèce de gouvernement municipal, qu'it était naturel de décorer de ces titres d’une vénérable antiquité !. Pendant l'2-
1 Muratori, A. D. 967, 987, 1015, 1087; Sismondi, t. I, p. 155.
narchie qui suivit la chute de la dynastie carlovingienne, les Bo» . mains acguirent une indépendance dont ils n'étaient point dignes. La ville fut en proie aux plus affreux désordres. On disputait la chaire pontificale par la corruption, par de coupables influences, souvent par la violence et le meurtre; aussi n’était-elle occupée que par des hommes que devaient naturellement y porter de tels moyens. Ils n'avaient qu'une autorité précaire, et finissaient ordinairement par être assassinés ou déposés. Pendant longtemps, deux femmes, distinguées par leur rang, plus fameuses encore par le débordement de leurs mœurs, Théodora et sa fille Marozia, imposèrent à l'Église ses pontifessuprémes. Les rois d'Italie, élus à Roncaglia, dans une diète de princes et d’évéqueslombards, n'acquéraient par là aucun titre à la souveraineté de Rome; aussi ne purent-ils jamais obtenir d'influence décisive sur les élections des papes, objet de luttes continuelles entre les factions qui divigaient la noblesse de Rome. Il était difficile, sous de telles circonstances, que les Romains s'accoutumassent de nouveau au joug d'un souverain étranger. Aussi, dans l’année qui suivit celle du couronnement d’Othon, ils se révoltérent, ayant le pape à laur tête ; mais ils furent, comme on devait s’y attendre, soumis saps difficulté (963). Le même esprit républicain se manifestait à chaque absence des empereurs en Allemagne; il éclata surtout pendant la minorité d'Othon III, et dirigea ses attaques contre la supériorité temporelle du pape. Mais lorsque l'empereur eut atteint sa majorité, il asgjégea la ville. la prit, et étouffa toute résistance par la rigueur de ses mesures ; entre autres par l'exécution du consul Crescentius, l’un des chefs de la faction populaire, et qu’on accusait d’être le principal instigateur de ces troubles {.
Othon III n'ayant point laissé de postérité, sa mort, survenue en 1002, entrainait la dissolution du contrat qui liait l'Italie aux empereurs de la maison de Saxe. Le serment de fidélité que les Italiens avaient prêté n'était certainement pas obligatoire à l’égard de tout souverain qu'il plairait aux princes d Allemagne d'élever sur leur trône. En conséquence, Ardouin, marquis d’Ivrée , fut élu roi d'Italie. Mais il existait parmi les princes et les évêques
« Sismondi, t. I, p. 464, fait de Crescentius un héros de patriotisme; mhis l'homme et les temps nous sont si peu copnus qu'il vaut peut-être mieux suivre
le témoigsege de l'histoire, sans en garantir l'exaclilude. nl. 4
Jombards un parti attaché à l'Allemagne , et la cenduite insolente d’Ardouin fournit bientôt aux mécontents un prétexte pour proposer la couronne à Henri IE, nouveau souverain de Germanie » et parent de leur dernier monarque. Ardouin fut abandonné par la plupart des Italiens ; mais il conserva ses anciens sujets piémontais, et pendant plusieurs années disputa la couronne à Henri, qui ne passa que très-peu de temps en Italie. Dans cet intervalle il n’y avait, pour ainsi dire, pas de gouvernement reconnu; et la nécessité apprit peu à peu aux Lombards à se protéger eux-mêmes et à pourvoir à leur police intérieure. La nation allemande était devenue adieuse aux Italiens. Une soldatesque grossière, insolente et adonnée à la débauche , était continuellement en querelle avec les citoyens ; et ces derniers, suivant l'usage en pareil cas, étaient tout d’abord exposés à la prompte Yengeance des troupes, et ensuite punis comme coupables de sédition !. Dans une de ces émeutes, qui eut lieu à l’entrée de Henri II, en 1004, la ville de Pavie fut réduite en cendres, et cette catastrophe inspira aux habitants une haine profonde contre cet empereur. A sa mort, survenue en 1024, les Italiens voulurent encore une fois secouer le joug de l’Allemagoe, qui avait élu pour souverain Conrad, duc de Franconie. Ils offrirent leur couronne à Robert , roi de France, et à Guillaume, duc de Guyenne; mais ces princes n'eurent, ni l’un ni l’autre, l'imprudence de s’engager dans les affaires difficiles de l'Italie , ou de se fier à la perfide politique de ces peuples. On peut être surpris qu'aucun prince du pays ne se soit mis sur les rangs. Mais les Othons avaient eu l'adresse d’affaiblir les grands fiefs d'Italie, que l'on considérait encore à cette époque plutôt comme des gouvernements héréditaires que comme des patrimoines absolus ; ils les avaient, dis-je, affaiblis en détachant de leur juridiction certaines portions de territoire, qu’ils conférèrent à des marquis d’us rang inférieur et à des comtes ruraux 2. Les évêques ne pouvaient prétendre à la couronne, et ils étaient en général partisans de la domination allemande. Les villes exerçaient déjà une influence considérable ; mais elles étaient désunies par des rivalités mutuelles. D'anciens préjugés s’opposaient à ce que les républiques et les prin-
.4 Muratori, A. D. 4027, 1057,
2 Denina, L 9, c. 11; Muratori, Antig. Ifal., Digsert. 8; Annal d'Itake, A. D. 989.
cipautés indépendantes formassent une ligue fédérative , qui peut“ être eût été impossible dans l’état où se trouvait alors I’Ftalie. En ‘conséquence, Éribert, archevéque de Milan, accompagné de quels ques-uns des principaux personnages de la Lombardie, se rendit à Constance pour offrir la couronne à Conrad, qui déjà se préparait & la revendiquer comme une espèce de dépendance de l'Allemagne ( 1024 ). Il ne paraît pas que Conrad ou ses successeurs aient jamais été régulièrement élus souverains d'Italie ; mais que cette cérémonie ait eu lieu ou non, nous pouvons certainement dater de cette époque la soumission de l'Italie au corps germanique. Ii fut reconnu, comme un principe incontestable, que les votes de quelques princes allemands conféraient un droit de souveraineté sur un pays qui n’avait jamais été conquis, et qui n'avait jamais reconnu formellement cette supériorité 3. Mais c'était aussi une règle fondamentale, que le prince élu roi d'Allemagne ne pouvait prendre le titre d'empereur romain qu'après avoir été couronné par le pape. Le nom de roi dea Remains fut inventé comme une sorte de dénomination intermédiaire. Ce ne fat qu’à partir du règne de Maximilien que les souverains d'Allemagne se dispensèrent de se faire couronner à Rome, et qu'ils prirent le titre d’empereur immédiatement ne leur élection.
La période qui s’écoula entre le règne de Conrad de proces et celui de Frédéric Barberousse, depuis le milieu du onzième siècle jusqu'à celui du douzième, est signalée dans l'histoire de PEtatie par trois grands événements : la lutte de l'empire et de la
4 Muratori, A. D. 1026. Il dit ensuite, p. 367, que Conrad fut & Romanis ad imperatorem eleclus. Le peuple de Rome conservail donc son droit nominal de concourir à l'élection de l'empereur. Muratori suppose, dans un autre endroit, A. D. 4640, que Henri fut élu roi d'Italie, et cependant il avoue qu’il n'en existe pas de preuve. On ne voit pas de-raison pour admettre cette supposition,
4 Le poéte de Frédéric Barberousse, Gunther, a exprimé l’état de Rome dans des vers assez élégants :
Romani gloria regni Nos penes est ; quemcumque silt Germania regem Prœficit, hunc dives submisso verlice Roma Accipil, el verso Tiberim regit ordine Rhenus.
Gonruen , Ligurinus ap. Struvium, Corpus Hist. Germ., p. 266. Cependant on voit dans Othon de Freisingen, autorité irrécusable , que quel-
ques nobles d'ftalie concoururertt, ou du moins assistèrent , à ’élection de Frédéric lui-même ; 1. 2, c. 4.
papauté, à l’oocasion des investitures ecclésiastiques ; l'établissement d'uae dynastie normande sur le trône de Naples, et la formation de républiques distinctes, et presque indépendantes, parmi les villes de la Lombardie. La querelle des investitures sera traitée daas un des chapitres suivants, où nous retraceroas les progrès du pouvoir ecclésiastique. Elle faillit à perpétuer de longs troubles en Italie; et nous l'indiquons ici comme une des principales causes qui excitèrent dans ce pays une opposition systématique à l'autorité des empereurs.
Au commencement du onzième siècle , les provinces du midi de l'Italie dépendaient pour la plupart de l’empire grec, qui avait réesmmeat recouvré une partie de ses pertes, et manifesté quelques vass ambitieuses, quoiqu'il mangaât d'énergie intérieure. Ces previnoes étaient gouvernées par un lieutenant appelé Caiepan!, qui résidait à Bari dans la Pouille. Sur kes bords de la Méditerranée trois duchés, ou plutôt trois républiques, eekHes de Naples, de Gaete et d’Amalfi, étaient depuis plusieurs siècles attachées à l'empire
‘grec, doat elles reconnaissaient la souveraineté nominale. Les priecipautés lombardes de Bénévent, de Salerne et de Capome, étaisnt bien déchues de leur ancienne splendeur. Mais la cour de Gonstentinople était bientôt retombée dans son habituelle apathie , et les Grecs n'étaient pas capables de tenter de nouvelles conquêtes : la gloire de leurs deraiers sucoès ne leur appartenait mème pas; ils les devaient en grande partie à leurs auxiliaires, à des mercenaires serrasins qu'ils tiraient de la Sicile. Aucune révolution importaate ne semblait menacer le midi de l'Italie ; il était surtout impossible de prévoir de quel côté devait se former l'orage.
Les compagnons de Rollon, qui, tranquilles possesseurs de la Normandie, se reposaient des fatigues du pillage et d'une vie de pirates, devinrent de pieux prosélytes du christianisme. Les pèlerinages, alors en vogue, satisfaisaient à la fois et leur curiosité et lear goût pour les aventures; ils en faisaient fréquemment. Réuais en petits corps bien armés, précaution nécessitée par le désordre qui régnait dans les contrées qu’ils traversaient , les pèlerins normands visitaient les reliquaires d'Italie, et jusqu’à la Terre-Saiate.
. # Calapanus, de xerà xd», personne chargée de l'administralion générale des affaires, :