‹ L'Europe au Moyen ÂgeChapitre 2 sur 27 · PREFACE DE L’AUTEUR · texte numérisé non relu

PREFACE DE L’AUTEUR

Mon intention a été de présenter, dans une suite d’essais historiques , l’ensemble des principales circonstances qui peuvent intéresser les personnes qui désirent se livrer à l'étude philosophique de ce qu'on a ppelle communément le moyen dge. Un ouvrage de ce genre rentre nécessairement dans la classe des abrégés d'histoire : cependant on trouvera peut-être que celui-ci diffère à plusieurs égards de ceux qui ont paru jusqu’à ce jour. Quelques espaces considérables de temps, surtout avant le douzième siècle, sont tout à fait stériles en événements dignes de souvenir; un paragraphe, une simple phrase, suffisent souvent pour signaler des générations entières, de longues dynasties de rois obscurs.

Non ragioniam di lor, ma guarda e passa (1).

Et lors même que j'ai parcouru les parties les plus intéressantes et les plus instructives de cette période historique, j'ai évité de présenter une aride série d’annales : mais, cherchant à tracer une esquisse fidèle, et, autant qu’il m'était possible, hardie et ani- .mée , plutôt que peindre une miniature, j'ai dd supprimer tous les faits qui ne se rattachent pas essentiellement à d’autres, ou qui ne sont point propres à jeter du jour sur des résultats importants. Ayant d’ailleurs remarqué que, dans les ouvrages du même genre qu'on a vus jusqu'ici, les formes de gouvernement et les lois fondamentales qui ont prévalu dans les différents Etats de l'Europe, et particulièrement en Angleterre, ont été exposées avec moins de soin que les événements civils et militaires, quoiqu’elles soient beaucoup plus dignes de fixer l'attention, j'ai pris à tâche d’en donner une

4 « Ne perlons plus d'eux; mais regarde, et pesce. » Le Dante, Enfer, chap. 5. (CN. du Tr.)

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