‹ L'Europe au Moyen ÂgeChapitre 21 sur 27 · TALIS · texte numérisé non relu

TALIS

mes avaient porté et soutenaient encore les empereurs latias sut leur trône, les Génois aidèrent Paléologue à renverser ces usurpateurs : aussi leur accorda-t-on , en récompense de leurs services, le faubourg de Pera ou de Galata, situé de l’autre côté du port de Constantinople, avec le droit de s'y établir exclusivement. Cette colonié était gouvernée par un magistrat envoyé de la métropole; et plus d’ane fois ses galères armées et ses intrépides marins bravèrent la capitale des Grecs. De cette position’ commode, Gênes étendit son commerce dans la mer Noire, et elle établit son principal comploir à Caffa, dans la péninsule de Crimée. Ces efforts des Génois pour acquérir je monopole du commerce ne firent qu’accroitre fa haine des Vénitiens. Dans le moment même où Pise abandonnait le champ des mers, Génes voyait une nouvelle ennemie s'élever sur l'horizon pour lui disputer l’empire. Sa première guerre avec Venise eut lieu en 1258. Elle n’entreprit la seconde qu'après que la : victoire de Meloria eut écrasé son ancienne rivale. Cette dernière guerre échta en 1293, et fut soutenue de part et d’autre avec un acharnement opinidtre et un grand développement de forces navales. Les Génois, au rapport d'un historien, mirent en mer une flotte de cent cinquante- cing galères, portant chacune de deux cent vingt à trois cents hommes d'équipage 1; force étonnante pour ceux qui connaissent les faibles ressources de I’Italie moderne. Cette assertion se trouve corroborée par plusieurs faits analogues attestés par de bonnes autorités. C'était la cependant un effort extraordinaire. Les flottes ordinaires de Génes et de Venise étaient de soixante-dix à quatre-vingt-dix voiles.

Les exploits maritimes de ces deux républiques peuvent être, aux yeux de certaines personnes, le spectacle le plus intéressant qu'offrent tes annales de l'Italie. Lorsqu'on les compare aux évênements militaires de la même époque, on les trouve plus sdnguinaires, plas brillants ; on y admire pour le moins autant de science et d’intrépidité. Mais les guerres maritimes présentent moins de détails, et le vague des localités empêche les événements de se fixer aussi facilement dans la mémoire. Les guerres de Pise avec Gênes n'avaient point eu rapport, en général, à des possessions territoriales : il n’en fut pas toujours de même des guerres de Gènes

4 Moraleri. À. D, 1298.

avec Venise ; mais, les succès étant alternatifs et les forces gates, les résultats étaient rarement décisifs. Un engagement fameux qui eat lieu dans la mer de Marmara, et ou les Génois seuls combattirent à la fois tes Vénitiens, les Catalans et les Grecs, et remportèrent la victoire, appartient à peine à l’histoire d'Italie ? ( 1352).

La guerre la plus remarquable et là plus importante par ses résultats, fut celle qui commença en 1378, après plusieurs hostilités dans te Levant. Les Vénitiens paraissent avoir été les principaux agresseurs. Mais cette fois Gènes ne se présenta pas seule au eombat. Une coalition formidable se forma contre Venise, qui s'était fait de nombreux ennemis. Francois Carrare, seigneur de Padoue, et le roi de Hongrie, étaient à la tête de cette ligue. La mer fat, comme de coutume, fe théâtre des grands événements de la guerre. Pendant l'hiver de 1378, une flotte génoise ravagea les côtes de la Dalmatie. La marine des Vénitiens avait été affaiblie par une maladie épidémique, et quand l’amiral Victor Pisani livra bateifle à l'ennemi, il fut foreé de lutter, avec quelques milices levées à le hate, contre les meilleurs marins du globe. Complétement battu, et contraint de se réfugier à Venise avec sept galères seulement, Pisani fut jeté en prison, comme si son malheur edt été un crime. Cependant la flotte génoise, ayant reçu un renfort considérable, se présenta devant ces longs remparts naturels qui séparent les tagunes de Venise de l’Adriatique. Indépendamment des débouchés de Brondolo et de Fossone, par où se déchargent les eaux de la Brenta et de FAdige, six passages plus étroits divisent les fles qui forment cette barrière. Quant aux lagunes mêmes, les eaux y ont si peu de profondeur, qu’il est impossible à aucun bâtiment d'y naviguer, à moins de suivre les sinuosités de quelques canaux que la mais de l'homme y a tracés. Malgré les difficultés que présentait ane semblable entreprise, l'amiral génois, Pierre Doria, résolnt de se rendre maitre de Venise. Ses premiers succès enflamaiaient ses <spérances. Il força la passe de Chiozza, et emporta d'assaut cette petite ville, bâtie derrière l’ile du même nom, c'est-à-dire da côté des lagunes, à environ vingt-cinq milles au' sad de Venise. Près de quatre mille prisonniers tombèrent entre ses maias : ce succes semblait être le présage d'un triomphe plus éclatant. Le premier

4 Gibbon, €. 63.

‘YPALSB. Me 463

mouvement des Vénitiens consternés fut de demander la paix. Leuvs ambassadeurs emmenèrent avec eux sept prisonniers génois; pour les offrir à l'amiral comme une espèce de présent de paix! iis étaient autorisés à faire des concessions aussi étendues qu'humiliantes, et à tout sacrifier pour sauver la liberté de Venise. Frangois Carrare pressait vivement ses alliés de conclure.la paix. Mais les Génois avaient de vieilles haines à satisfaire; enivrés par ces faveurs inattendues de la fortune, ils voyaient la vengeance dans leurs mains. Doria, ayant fait introduire les envoyés de Venise dans le conseil, leur parla en ces termes: « Vous n'obtiendres de » paix, je vous le jure, ni de nous, ni du seigneur de Padoue, » que nous a’ayons d’abord mis un frein à ces fougueux coursiers » qui sont sur la place de Saint-Marc. Quaad ils serent domptés, » vous aurez assez de paix. Remmenez vos captifs génoig; car dans » pou de jours je les aurai délivrés, eux et leurs compagaens..x Aussitôt que cette réponse fut apportée au sénat, Venise se prépasa à se défendre avec toute la vigueur que caractérisait son gouvernement, Tous les yeux se touruèrent vers.un grand homme injusr tement puni, l’amiral Victor Pisani. Ce fut au milieu des acclamar tions générales qu’il sortit de sa prison pour défendre sa patries mais, égal aux plus grands hommes de l'antiquité en magaanimitd, en simplicité républicaine, en patriotisme, Pisani imposa silence aux clameurs de la multitude, et eagagea ses concitoyens à réserver Jeur.enthousiasme pour saint Marc; c'était le patron de Veniss, mi vive saint Marc ! était sou cri de guerre. Par les ordres de Pisani, les canaux furent fortifiés ou obstrués par de gros hâtiments sur Jesquels on établit des batteries ; on arma trente-quatre. galères : chaque citoyen contribua suivant ses moyens ; à défaut des ressources du commerce (car Venise n’eut pas un seul bâtiment mar- <hgad pendant cette guerre ), on fondit la vaisselle des particuliers ; ; ‘et Je sénat pramit d’anoblir les trente familles quise distinguerajent - Je plus dans cette lutte de patriotisme.

Les équipages de la nouvelle flotte avaient si peu d’ ie de:la mer, que, pendant. quelques mois, l'amiral ne fit que les erxereer.aux manœuvres dans les canaux. Les Génois, plongés dans up état d’inaction qu’on ne saurait expliquer, ou plutôt arrêtés par les difficultés insurmontables de l’entreprise, n'atfaquèrent pas la capitale. Ils se flattaient, il est vrai, avec quelque raison, que la

famine ou le désespoir les ew randrait hientôt maîtres. Les troupes de Padoue interceptaient toute communication avec lé continent; et le roi de Hongrie avait soumis la plupart des villes vénitiennes de l’Istrie et de la côte de Dalmatie. Cependant le doge Covtariui prit le commandement supréme des forces de la république, et sa flotte parut dans les eaux de Chiozza, au moment où les Génois s’y attendaient le moins. Ils soupconnaient encore moins ses intentions secrètes. Le uoge poussa un de ces gros navires ronds appelés coques dans la passe étroite de Chioz:a, qui forme une des communications entre les lagunes et la haute mer, et, l’établissant par son travers, il ferma ainsi cette issue. Attaqué avec “fureur par l'ennemi, ce bâtiment s’enfonca dans la passe méme; etle doge, profitant aussitét de cet avantage, fit décharger dessus des masses des pierres, jusqu’à ce que le passage fût devenu absolument impraticable. Les Génois pouvaient encore remonter le priacipal canal des lagunes et aller chercher les issues du nord, ou sortir par la passe de Brondolo ; mais, soit qu'ils fussent déconeertés, ou qu’ils appréciassent mal les dangers de leur position, ils laissèrent les Vénitiens obstruer le grand canal par le même moyen qu'ils avaient employé à Chiozza, et mème prendre positien dans la passe de Brondolo, et si près des lagunes, qu'il était impossible aux Génois de se former en bataille. La situation des parties se trouvait ainsi entièrement changée. Mais la flotte bloquée dans Chiozza n’en était pas moins imprenable ; et les Génois, toujours maîtres des communications avec le continent, n'étaient poiat exposés à manquer de vivres. Venise, malgré ses succès inattendus, était loin de pouvoir s’abandonner à la sécurité : il était difficile au doge de se maintenir dans sa position pendant l'hiver ; et si l'ennemi pouvait paraitre en pleine mer, les chances d’une bataille devenaient extrèmement hasardeuses. On dit que le sénat agite la question de savoir si l’on ne transférerait point à Candie le siége de la liberté vénitienne ; et que le doge avait manifesté l'intention de lever le siège de Chiozza, le premier janvier 1380, si les secours qu’il attendait n'étaient point arrivés. L’amiral Charles Zeno, ignerant les dangers de la patrie, avait souteau l'honneur de son paviilon dans les mers du Levant et sur les côtes de la Ligurie : le premier de: janvier même, il parut en vue de Chiozza avec une escadre de dix-huit galères et de grands approvisionnements. Dès ce

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moment, les Vénitiens sentirent renaître leur confiance. Leur flotte, alors supérieure en force à celle de l'énnemi, commença à Fattaquer vivement. Après plusieurs mois d’une résistance opiniâtre, les Génois, que leur république avait essayé en vain dé secourir par un nouvel armemént, bloqués dans la ville de Chiorza; et pressés par la famine, furent obligés de se rendre. D'une flotte de quarante-huit galères il ne leur en restait que dix- neuf en bori état ; et les équipages avaient également souffert pendant les dix mois de leur occupation de Chiozza. L’orgueil de Gènes parut justement humilié : son historien même avoue que Dieu ne voulut pas permettre qu’une aussi noble cité que Venise devint la proie d'un conquérant {.

Les deux républiques pouvaient justement déplorer leurs préjugés mutuels, et l'insatiable cupidité de leurs marchands, passion qai dans tous les pays maritimes usurpe le nom de patriotisme. La prise de Chiozta ne terminait pas la guerre ; mais les deux Etats étaient également épuisés, et ils acceptérent, l’année suivante, la médiation du duc de Savoie. Par la paix de Turin, Venise abandonne au roi de Hongrie la plupart de ses possessions de terreferme. Ce prinee et François Carrare recueillirent tous les avantages du traité. Génes obtint l’île de Ténédos, qui avait été une des causes premières de la guerre; faible dédommagement des pertes qu'elle avait essuyées. Le résultat de cette guerre paraît, au premier coup d'œil, plus désavantageux pour Venise; ce fut pourtant l'époque de la décadence de Génes. Dès lors ses flottes, moins nombreuses, cessèrent de dominer l'Océan ; son commerce s’éteignit insensiblement, et le quinzième siècle, qui forme la partie brillante de l’histoire de Venise, fut, jusqu'à des temps plus modernes, l'époque la plus déshonorante des annales de Génes. Mais ces mal: heurs étaient en partie l'effet des discordes intestines qui pendant un. temps suspendirent sa liberté et ternirent l'éclat de sa gloire.

1 G. Stella, Annales Genuenses; Galaro, Istoria Padovana. De ces deux ouvrages contemporains, le dernier est celui qui contient la relation la plus exacte : its se trouvent dons le dir-septième volume de la collection de Muratori. Le récit da'M. de Sismondi est trés-clair'et trés-animé. Misloire des Républiques Italiennes, t. VI, p. 205-252 *.

« Les details de cette guerre sont également bien présentés dans Vlilistoire de la Répuddique de P'enise , por IL le comte Deru, t. Il, p. 1-80. Cet oavrage n'a paru qu'après celui de M. Hallam. 4N. du Tr.)

- A Gênes, comme dans les autres villes de la Lombardie, ks principaux magistrats portaient dans l’origine Ie titre de consuls. Une chronique rédigée sous linspection du sénat nous a transmis les noms de ces anciens magistrats. Il paraît que leur nombre yariait de quatre à six, et qu'ils étalent élus tous les ans dans l'assemblée générale du peuple. Ils gouvernaient la république, et commandaient les forces de terre et de mer. Uti autre corps de magistrats, revêtus du même titre, et chargés de l’administralion de la justice civile, était annuellement élu par les compagnies formées des différentes classes du peuple 1. Telle était la constitation du douzième siècle: mais, dans le siècle suivant, Gênes adopta l’usage de confier le pouvoir exécutif à un.podestat étranger. Le podestat était assisté d’un conseil de huit personnes choisies par les huit compagnies de la noblesse. Cette institution, si toutefois ce n'était pas une coutume introduite avec le temps, ou une usurpation, ne fut sans doute pas de beaucoup postérieure au Co®mencement du treizième siècle. Elle donna à la constitution u Caractère aristocratique, ou plutôt oligarchique ; car beaucoup de nobles ne faisaient pas partie de ces huit compagnies. Quast au sénat ou aux conseils, nous ne connalssons guëre que leur existent; les historiens en parlent fort peu. Le peuple exercait une souttraineté entière et immédiate, toutes les fois qu'il s'agisstit ée questions d'une nature générale ou de matières qui exigeaiest Texpression de la volonté publique. Nulle part le parlement, ceà-dire l'assemblée générale da peuple, n'était aussi souvent cotvoqué : il l'était pour la guerre, pour la paix, pour les traité d'aliance, pour les changements de gouvernement 3. L'harmosie ne pouvait guère s'établir entre des éléments aussi discordants. Le peuple, assez habitué aux formes de la démocratie pour se péoétret tte son esprit, était jaloux de l'influence réelle dont jouissait {a wt blesse. Quelques membres de cette dernière classe, poussés par ot honteuse ambition, ne dédaignérent pas de flatter la populace pot parvenir au pouvoir. Deux ou trois fois, dans le cours du treizfeme siécle, un noble démagogue faillit, comme les Torriani à Milan, à détruire la liberté générale sous prétexte de défendre ta tihettt

+ Sismondi, t. I, p. 353. 1 :

* 2 Idem, t. 10, p. 519. —

individuelle !, Parmi la noblesse même, quatre mxisons ocenpajent ua rang supérieur : c’étaient les Grimaldi, les Fiesque, les. Doria, les Spinola; les deux premières tensient aux Guelfes ; les deux autres à l'empire 2. L'égalité de leurs forces, et la jalousie qui régnait entre les familles attachées à la même faction, empéchérent peutêtre qu'aucune d’elles n’usurpât la seigneurie de Génes. Les Guelfes ni les Gibelins ne pouvant obtenir une supériorité décisive, la ville n'était qu’un théâtre de révolutions continuelles. La plus célèbre fut l'expulsion des Gibelins, à la tête desquels étaient les Doria et les Spinala, en 1318. Ceux-ci, qui avaieat déja par eux-mêmes des forces suffisantes pour lutter contre leur pays, eurent encore recours aux Visconti de Milan. Les Guelfes, de leur côté, se crurent dans la nécessité d’invoquer l'appui de Robert, roi de Naples, toujours prêt à secourir pour dominer, et l’investirent de la souyeraineté temporaire de Gênes. Un siège de plusieurs années fat signalé, si nous en croyons un historien du temps, par autant de hauts faits que le siége de Troie. La postérité ne les.a pas jugés aussi intéressants. Les Gibelins restèrent longtemps exclus de la tille, mais en possession du port de Savone, où ils faisaient le cemmerce et armaient des flottes, comme une république rivale; ils entreprirent même seuls une guerre contre Venise 3, Les deux pertis sentirent enfin l’inutilité de leurs efforts, et la considération des pertes auxquelles ils exposaient leur commune patrie amena wae réconciliation, ou plutôt un arrangement; et en 1331 les Gibelins rentrérent dans Gênes. Mais le peuple voyait qu'il avait dù tant d'années de malheurs aux haines particulières de quatre familles deminantes, et il s’empara d’une occasion qui se présenta bientôt pour restreindre leur influence dans des bornes très-étroites. Le parti gibelin, ayant pour chefs un Doria et un Spinola, était à la tête des affaires en 1339, lorsque les équipages d’une flotte considérable, ne recevant point de paie, se mirent en insurrection. Savone et les villes voisines prirent les armes dans l'intention avouée de renverser la tyrannie aristocratique, et Ja capitale ellemème était sur le point de se réunir aux insurgés. La constitution de Génes avait établi, sous le titre d’abbé du peuple, un magistrat 4 Sismondi, t. IIT, p. 324.

2 Idem, t. IHL, p. 328.

3 ViHani, L 9, passim.

LE

ITTO L'EUROPE AS: BOYEN AGE.

-asezsæmbleblo aux tribuus,-et chargé de protéger le peuple contse es eppreesions' de la noblesse. Ses fonctions cependaat n'ont'été - définies d'une maniére bien précise par aucun des auteurs que jai donsuités. Le geuyorsement alers existant avait abelb cette charge, et son rétablisssment fut la première chose qu’oxigérent les mécontents. Ge point leur fut accerdé, et vingt commissaires furent aommés pour procéder à l'élection. La lenteur de leurs opérations fatigunit déjà la populace, lorsqu'un artisan, dont l'histoire n'a pas ‘eonasrvé lo nom, s'écria d’un endroit élevé qu'il pourait indiquer l'homme qu'il fallait. Le peuple l'ayant, par plaisanterie, inwité à parler, it prononça le som de Simon Boccanegra. C'était un honsme distingué par sa naissance, estimé de ses concitoyens, ot quill se tæouvait alors dans la foule. On s'empare aussitôt de ce poms on s'écrie que. Boccanegra doit être abbé; on le fait mettre en éxidence, et'on le fonce de prendre en main l'épée de jastice. A ussités qu'on pot obtenir silence, Boccanegra remercia modestement le peuple de l'honneur qu’il lui faisait ; mais il ajouta qu’il ne pouenit atcepter une charge dont sa qualité de noble lui iatordisait l’enorcice. A ces mots, une voix eria dans ka foule, scigneur, et à l'instant oe: mot.retentit de tous côtés. Les magistrats, craignant que ve mouvement n'eût des suites plus facheuses, éngagbrent Boecagegra a se rendre au vo da peuple, et à accepter la charge d'abbé. Boecanegra., s'adressant de nouveau à l'assemblée, décisra qu'H était prèt’à prendre le titre d'abbé, de seigneur, ou tout autre qu'en voudrait lui: donner. Alors les cris de seigneur redosmblèrent ; en ‘même temps d'autres crisient : qu'il soit duc! Ce dernier titre fat encore accuailli avec pins de faveur, et Beccanegra fat conduit 4c palais, et.instaiké en quotité de premier due ou doge de Gênes. - [best permis de croire que le eaprice seul, ou certaines idées de pompe of de dignité, portèrent la populace à préférer ce titre à celui de seigneur. Quoi qu’il en soit, cette circonstance eut des venséquences aussi avantageuses qu'importantes. Dens toutes Jeu billes voisines, les seigneurs avaient déjà établi le gouvernement ebitaire; le wom de seigneur emportait avec lui l'idée d'un powtoir indéfiai; celui db doge, au contraire, n’avait encore été pris que par le magistrat électif et très-limité d'une autre république maci-

1 G. Stella, Annales Genuenses, dans Script. Rer. Hal, t XVIE; p 4078.

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