Et même plus à l’ouest le détroit d’IIolyhead
96. Les monnaies et les mesures. — Les Anglais se servent comme monnaie de compte de la livre sterling , qui vaut en nombres ronds 25 francs (exactement 25f, 20 ; mais le cours du change détermine seul, à un moment donné, la valeur de la livre sur le marché de Paris) ; les subdivisions sont le schelling (d/2o de 1& livre), valant la 25 et le penny (1/12 du schelling valant 0f, 10). Les monnaies d’or sont les seules monnaies possédant une valeur réelle égale à leur valeur nominale ; celles d’argent sont des monnaies d’appoint ayant une valeur réelle inférieure à leur valeur nominale.
Les mesures les plus usitées sont : pour les longueurs, le yard (0m,91) ; pour les grains et liquides, le gallon (4 ht, 54), le boisseau (8 gallons ou 36m,34), la barrique (1 hect, (36) ; pour les choses pesantes, la livre (454 grammes), la tonne (1,016 kil.).
La nécessité d’apprendre à connaître pour les relations internationales des monnaies et mesures différentes est un obstacle au commerce. Il est désirable que cet obstacle disparaisse par une entente commune. Déjà les Anglais ont donné cours légal aux mesures du système métrique ; mais dans la pratique des affaires on n’en fait pas usage.
La majorité des ventes en gros se fait dans les docks, aux enchères et par lots. L’acheteur jouit en général d’un escompte, fixé par les usages, de 1 à 3 pour 100, et de la faculté, dite « prompt », de laisser un certain temps la marchandise qu’il vient d’acheter dans lcsAlocks aux frais du vendeur.
97. Les institutions de crédit. — Le Royaume-Uni possède un très-grand nombre de banques qui facilitent le mouvement des capitaux et la circulation des produits. La plus importante est la banque d’Angleterre , dotée de certains privilèges qui lui assurent la part la plus considérable dans l’émission de la monnaie fiduciaire ; ses billets en circulation s’élèvent à environ 500 millions de francs,
tandis que les billets de toutes les autres banques qui en émettent, au nombre de plus de cent, ne forment guère qu’un total de 430 millions.
Les billets de banque ne sont d’ailleurs qu’une chose très-secondaire à côté des dépôts, des escomptes, des virements, dans le mécanisme des institutions decrédit de la Grande-Bretagne qui compte 2,250 banques publiques, privées ou par actions. Dans aucun pays d’Europe, l’intermédiaire. des banques n’est plus généralement employé, par les commerçants, les industriels et môme les agriculteurs. L’irlande possède aussi une banque privilégiée ; l’Ecosse n’a que des banques par actions (joint-stockbanks), depuis longtemps célèbres.
Il existe à Londres un bureau de compensation (Clearing -hous e/qui compense par de simples virements les créances et les dettes des clients des principaux banquiers de Londres ; ce clearing-house règle par an pour 60 milliards de francs d’affaires.
98. La navigation et les ports. — Routes, canaux et chemins de fer font circuler les produits à l’intérieur. Mais une notable partie de ces produits vient des ports qui les reçoivent de l’étranger, ou se rend dans les ports pour gagner les pays étrangers : dans cette île, qui peut être considérée comme une immense manufacture travaillant pour le monde entier, c’est dans les ports que sont les foyers d’où rayonne le commerce. La nature, qui a donné à ses fleuves, à défaut d’étendue, de larges et profonds estuaires , a singulièrement favorisé ces établissements maritimes.
Les ports servent à un double usage : 1° au cabotage, qui dessertie commerce intérieur et qui fait une sérieuse concurrence aux chemins de fer ; le cabotage, qui est en progrès, emploie environ 13,500 navires (dont 800 environ à vapeur) jaugeant 1,250,000 tonnes; 2° au commerce extérieur, commerce de concurrence dans lequel les marines
étrangères sont admises au même titre que la marine britannique; cette dernière y emploie environ 9,500 bâtiments (dont 1,300 servent aussi au cabotage) jaugeant 4 millions et demi de tonnes, sur lesquelles plus de 650,000 tonnes appartiennent à la navigation à vapeur. Il y a quinze ans, le tonnage n’atteignait pas 3 millions. Le
MOUVEMENT TOTAL DES ENTRÉES ET DES SORTIES de navires
porte sur un total de plus de 30 millions de tonnes dont les 2/3 environ appartiennent à la marine britannique, 13 aux marines étrangères.
De nombreuses entreprises de paquebots mettent l’Angleterre en rapports réguliers avec les grandes places commerciales du globe ; la Compagnie « Peninsular and oriental », qui fait,, de Southampton, Londres, Liverpool et Marseille, les services de la Méditerranée et des mers d’Orient jusqu’à Shanghaï; la Compagnie « West-Indiaroyal-mail », qui fait de Liverjmol les services des Antilles, du Mexique et du Brésil; la Compagnie « Cunard » qui fait de Liverpool le service des Etats-Unis; la Compagnie « General -Screw-Stcam-Shi pping », qui de Southampton fait le service des Indes et de l’Australie, etc., etc.
Les principaux ports, par ordre d’importance, sont :
Liverpool, qui exporte à lui seul presque autant de marchandises anglaises que tous les autres ports de la Grande-Bretagne réunis. Le mouvement de la navigation y est notablement supérieur à celui du port de Londres, et atteint un chiffre ci peu près égal à tout le mouvement de Ici navigation en France. Liverpool n’est pas sur le bord de la mer, mais à 7 kilomètres de l’embouchure de la Mersey, sur la rive droite du fleuve, qui a un kilomètre de largeur devant la ville et dont la profondeur, à basse mer, est de 6 mètres. Toute la rive, sur une longueur de plus de 10 kilomètres, est bordée de docks et se présente comme une forêt de mâts. C’est surtout avec l’Irlande,.
l’Amérique, la côte d’Afrique et l’Australie que Liverpool entretient ses plus fréquentes relations : aussi est-il le grand marché du coton, de la laine et du cuir; il est d’ailleurs en rapports de commerce suivis avec le monde entier ; c’est le débouché occidental des riches districts manufacturiers du centre, Manchester, etc., et le port qui exporte la majeure partie des cotonnades anglaises (Voir les cartons des cartes nrs 7, 8, 9, 10-)
Londres, qui importe plus qu’aucun autre port et fournit h lui seul près de la moitié du revenu des douanes du Royaume-Uni. Le mouvement de la navigation y est de près de 7 millions de tonnes par an, nombre égal aux 2/3 du mouvement de tous les ports de France réunis. Londres, situé sur la Tamise, est à 73 kilomètres de la mer ; mais la Tamise qui, au pont de Londres, a environ 140 mètres de largeur et qui s’ouvre comme une large baie, porte jusqu’aux docks Sainte-Catherine des navires de 140 tonneaux ; les bâtiments d’un fort tonnage s’arrêtent dans les docks situés en aval qui occupent sur la rive gauche plusieurs centaines d’hectares ou demeurent à l’ancre dans le fleuve même. C’est surtout avec l’Europe et l’Orient que Londres entretient ses plus fréquentes relations ; c’est pourquoi les céréales, les vins et eaux-devie, le tlié, sont au nombre des marchandises que cette ville importe en plus grande quantité. Londres communique par des services réguliers à vapeur avec tous ies grands ports d’Europe.
Hull , situé sur la rive gauche de l’Humber, vaste estuaire qui ressemble à une baie, et Grimsby , également sur l’Humber, sont â cause de leur position, les ports qui Jont le plus de commerce avec la mer du Nord et la Baltique ; c’est le débouché oriental des riches districts manufacturiers du West-Riding (Leeds, etc.).
Glasgow , sur la Cl y de, à 35 kilomètres de l’embouchure, et Greenock près de l’embouchure, qui font de
grandes affaires avec le Canada, l’Amérique du Nord et les régions qui produisent le coton.
Southampton , au fond d’un vaste estuaire situé au nord de File de Wight, entouré de magnifiques quais, et en relation journalière, par voie ferrce, avec Londres, dont il tend à devenir comme l’avant-port pour les grands navires à vapeur et pour les relations lointaines avec l’Amérique, la Méditerranée et l’Orient.
Newcastle , sur la Tyne, Sunclcrlancl , au sud, sur le bord de la mer, et Ilarllepool , qui doivent au voisinage des mines de houille l’importance de leurs exportations dans le monde entier.
11 faut encore citer : Cardiff et Swansea, les principaux ports du pays de Galles, Leith, le port d’Edimbourg, et celui de Bristol, le 3e port de l’Angleterre, situé sur un canal du même nom, enfin Folkestone et Douvres en communication avec la France.
La navigation en Irlande n’a d’activité qu’à Belfast, Dublin et Cork, dont le trafic a lieu surtout avec les ports de la Grande-Bretagne.
Les principales foires sont celles de Bristol, d’Exeter, d’Ipswich, de Horn-Castle en Angleterre, de Palkirk en Ecosse ; mais leur importance est presque exclusivement agricole.
99. Les débouchés coloniaux. — Indépendamment de sa grande production manufacturière, qui exige un apport considérable de matières premières, et conduit à une exportation considérable de produits fabriqués, la Grande-Bretagne a dans scs nombreuses possessions coloniales la raison d’un commerce très-étendu. Bien que la Grande-Bretagne ait renoncé au monopole commercial à l’égard de ses colonies, la dépendance politique, les liens de famille, la similitude de la langue, des habitudes, des institutions, les capitaux et les négociants de la métropole fixés dans les colonies lui assurent la prépondérance
LES ILES BRITANNIQUES. Mi
pour le placement de ses produits sur ce marché de près de 200 millions de consommateurs , qui lui fournit en échange le 'café, le coton, les matières tinctoriales, les peaux, le jute, les huiles, l’opium, le salpêtre, les graines oléagineuses, les châles, la soie, les épices de Y Inde, la cannelle, le café, l’huile de coco de Ceylan , le rhum et le sucre de Maurice , le minerai de cuivre, la laine, le vin, les peaux du Cap et de Natal, les produits agricoles, la potasse, le poisson et le bois du Canada et des provinces voisines, la morue et l'huile de Terre-Neuve , le café, le piment, le rhum, le sucre, la mélasse, le riz, le cacao des Antilles et de la Guyane, l’or, les peaux, le suif, la laine, le cuivre de Y Australie et de la Nouvelle-Zélande. Les Iles Britanniques font avec leurs colonies un commerce d' environ 3 milliards et demi dont les 2/3 cl V exportation et tes 3/3 à V importation . Ce commerce a doublé depuis dix ans.
100. Xj 'importation. — Le commerce extérieur des lies Britanniques, plus important que celui d’aucun autre État du globe, s’élève au total a douze milliards et demi (en 1867) dont environ 3 milliards et demi à l’exportation et 7 milliards â l’importation. Il y a cinquante ans, ce commerce était environ de 2 milliards : il a sextuplé. Depuis dix ans il a doublé à peu près, comme le commerce avec les colonies, qui en est une des branches.
A l’importation, il consiste principalement en :
Substances alimentaires (1) : céréales et farines (env. 700 millions de fr.), à savoir froment et farine de froment de la mer Noire (Odessa et Danube, etc.), de la mer Baltique (Riga, Dantzig, Lubeck, etc.), des États-Unis (Boston, New-York, etc.), de France, de Chili, d’Égypte, etc., seigle de Danemark, avoine de Suède, de Russie,
(I) Ces chiffres sont en nombres ronds ceux de ISG5 ; on n'a mis en italiques que les articles ayant une valeur de 100 millions de IV. au moins, et on n’a mentionné que les articles ayant au moins une valeur de 1 million de liv. sterling (*25 millions de fr.).
etc., maïs des États-Unis, de Russie, de France, fèves d’Egypte ; sucre (330 millions ou 460,000 tonnes) des Antilles, du Brésil, de Java; thé (250 millions ou 30,000 tonnes) de Chine et de l’Inde ; bétail , gros et petit (150 millions), et beurre (140 millions), de Hollande, de France, d’Allemagne, des États-Unis, etc.; café { 110 millions), des colonies anglaises surtout; vins (100 millions) de France, de Portugal, des Deux-Siciles ; fruits, fromages, lard et jambon, huile d’olive, spiritueux, riz; catégorie à laquelle on peut joindre, comme consommation personnelle, le tabac.
Matières premières : colon (1,650 millions de francs ou 520,000 tonnes), des Etats-Unis, des îles Bahama, du Brésil, de l’Égypte, des Indes, du Levant, etc.; laine (750 millions ou 65,000 tonnes), de l’Espagne, de l’Allemagne, de la Russie, du Cap, de l’Australie, de l’Amérique du Sud, etc.; bois (400 millions), du Brésil, du Honduras, de la Baltique et delà Norvège, du Canada; soie (270 millions ou 3,400 tonnes) de la Chine, du Japon, de l’Inde, du Levant, d’Italie; lin (135 millions) de la Russie, de la Vénétie-, de l’Autriche, des Indes, de la Belgique, de la Prusse, etc.: huiles non comestibles (100 millions), des Etats-Unis, de Russie, etc.; graines de lin (100 millions), de Russie, etc.; suif, peaux brutes, minerai de cuivre cl cuivre brut, guano, indigo, chanvre, jute, fourrures, etc.
Les seuls produits manufacturés dont l’importation dépasse un million de livres sterling (25 millions de francs) sont les soieries (210 millions) de France, etc., les lainages et les cuirs ouvrés.
101. L'exportation. — Une jiartie de ces marchandises est destinée à la réexportation, surtout le coton (460 millions de francs), la laine (250 millions), la soie (100 millions) le café, le thé et l’indigo.
Les produits britanniques qui forment les principaux articles de L’exportation sont : les cotonnades écrues,
LES ILES BRITANNIQUES 1 ïo
blanchies ou imprimées (4,200 millions de francs), les lainages et surtout les étoffes de laine peignée (500 millions), les fils de co ton (2p6 millions), le fer en barres, fonte, etc. (300 millions), les tissus de lin (210 millions;, la mercerie (123 millions), les machines (123 millions), la houille (.10 millions de tonnes, valant 120 millions), la quincaillerie (100 millions), les vêtements, les fils de lin, la bière, le cuivre ouvré, la faïence, les armes, les alcalis, les cuirs ouvrés.