Les métaux précieux & le transit. — Les
métaux précieux constituent un article tout particulier, mais très-important du commerce britannique, qui reçoit chaque année de 500 à 000 millions de francs d’or principalement de l’Australie, des États-Unis, du Mexique ; d’argent, du Mexique, des États-Unis, de la France; et • qui envoie a l’étranger de 400 à 850 millions d’or, surtout en France, d’argent en Orient, en France et en Allemagne.
La Grande-Bretagne, aujourd’hui la roulière des mers, fait un commerce de transit considérable; c’est la France qui lui envoie le plus de marchandises destinées 5 d’autres pays ; ce sont les États-Unis qui en reçoivent le plus par son intermédiaire.
103. Le commerce avec la France. — Au premier rang parmi les pays avec lesquels les îles Britanniques entretiennent des relations commerciales, sont les Etats- Unis (2 milliards) ; Y Inde (1 milliard et demi), et la France {un milliard et demi), occupent le second rang (1).
La France reçoit de l’Angleterre surtout les matières premières de Y industrie textile, que l’Angleterre elle-même a tirées des pays lointains : le colon, la laine, la soie, le
1. Les statistiques des deux pays ne concordent ni pour les valeurs, ni pour les quantités. Pour 1866, la douane anglaise donne 636 milde iiv. st. ou 1,590 mill. de francs : la douane française donne 1,806 millions au commerce spécial et 2,29 l millions au commerce général.. Les évaluations françaises sont toujours au dessus des évaluations .anglaises. ("Voir Vogel, Du commerce de la France et de V Angleterre).
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jute et le lin (de 1,000 tonnes, lin, à 25,000 tonnes,, colon), les peaux, le café, articles pour lesquels l’Angleterre n’est qu’intermédiaire. Gomme produit de son sol, l’Angleterre nous expédie de la houille (plus de 1 million de tonnes) ; comme produits de ses manufactures, des lainages et d’autres tissus en coton, en soie, en lin, des 'machines et ouvrages en métaux, des fils, des poteries et verreries, etc.
La France envoie à l’Angleterre, indépendamment des marchandises de transit venues de Suisse ou d’Allemagne, comme produits manufacturés, des soieries (180 millions de francs), des lainages, de la mercerie , des ouvrages en cuir, des peaux préparées , des vêtements, etc.; comme produits agricoles, des vins (130,000 hectolitres, des eaux-de-vie, des tourteaux, des œufs, des fruits, etc.
Le commerce entre la France et l’Angleterre, qui a toujours etc très-important, a pris une grande extension depuis une vingtaine d’années et particulièrement depuis le traité de commerce : de 1860 à 1867, le commerce spécial de la France avec l’Angleterre, jugé d’après les douanes françaises, a à peu près doublé (870 millions de francs et 1,465 millions). 11 y a vingt ans, la France venait dans le commerce anglais au second rang pour l’importation en Angleterre, mais au cinquième rang seulement après les Etats-Unis, l’Inde, l’Australie et les villes anséatiques, pour l’exportation d’Angleterre.
Après la France, les pays avec lesquels les Iles Britanniques font le plus de commerce sont l’Allemagne, la Hollande, l’Egypte, l’Australie, la llussie.
104. 3L.es grandes villes. — L’industrie et le commerce créent les grandes agglomérations. Dans un pays où la population peut se mouvoir librement, l’existence d’un grand nombre de villes très-peuplées prouve la richesse industrielle et commerciale. Les îles Britanniques possèdent 68 villes ayant plus de 30,000 âmes, dont 16
ayant plus de 100,000 âmes, à savoir 12 en Angleterre , 2 en Écosse et 2 en Irlande. Sur ces 17 villes, une a plus de 3 millions d’habitants et 7 autres, plus de 200,000.
(Voir les carions des caries nos 7, 8, 9, 10.)
Portsmouth (113,000 hab.), le principal port militaire de l’Angleterre, situé dans une position excellente, sur la baie de Spithcad.
Dundee (1 19,000 hab.), belle ville bâtie sur la rive sep-
importants de la. fabrication de la toile.
Hull (122,000 hab.), le port de l’Humber et du West- Riding.
Newcastle (128,000 hab.), la métropole de la houille, exporte par la Tyne une partie des produits de son riche bassin houiller, et pratique les industries qui consomment beaucoup de combustible : forges, verreries, etc.
S'toke sur le Trent (130,000 hab.), la métropole des poteries, située entre Manchester et Birmingham, dans le « district des Poteries » .
Bradford (140,000 hab.), au sud-ouest dYTork, le centre le plus important en Angleterre et dans le monde de la fabrication des étoffes de laine.
Belfast (174,000 hab.), la métropole du lin, située au fond d’une longue baie sur la côte nord-est de l’Irlande.
Bristol (182,000 hab.), sur l’Avon, non loin de son embouchure dans le canal de Bristol, a été longtemps le principal port de la côte occidentale ; il ne vient plus aujourd’hui, dans le classement des ports britanniques, qu’au douzième rang.
Edimbourg (190,000 hab.) capitale de l’Écosse, la ville la plus pittoresque des îles Britanniques ; elle possède de riches quartiers, des monuments historiques (Holyrood et le Yieux-Gliàteau) ; Leith lui sert de port. Du haut de Calton-IIill, 011 découvre une vue magnifique, la rangée des rochers de SalisBury et toute la baie du Forth.
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Sueffield (240,000 hab.), au sucl du comte d’York, centre de la fabrication de la coutellerie.
Dublin, capitale de l’Irlande (246,000 hab.), située sur la côte orientale, au fond de la baie de Dublin , à l’embouchure d’une petite rivière qui lui sert de port et d’où partent, au nord, le canal Royal, au sud, le Grand canal ; en outre, quatre ou cinq chemins de fer mettent Dublin en communication avec le reste de l’île.
Leeds (259,000 liab.), la métropole de la laine, au centre de six ou sept voies ferrées, en communication fréquente à l’est avec Hull, son port ; à l’ouest avec Manchester et Liverpool.
Birmingham (343,000 hab.), est la métropole du fer, comme Manchester est la métropole du coton, et se trouve à proximité de nombreuses villes manufacturières; elle est située à l’ouest de l’Angleterre, entre Manchester et Londres, au point de réunion de sept ou huit voies ferrées et de plusieurs canaux.
Manchester, à 54 kilomètres de Liverpool, est « la cité du coton » par excellence. 11 y a un siècle, elle comptait à peine 20,000 habitants. Le développement de l’industrie cotonnière l’a enrichie plus rapidement encore que Glasgow; elle compte 355,000 habitants composant la cité de Manchester proprement dite ; mais, avec Salforr (124,000 hab.), dont elle n’est séparée que par la petite rivière de l’Irwell, elle constitue une agglomération de près de 500,000 habitants, qui forme comme la métropole des nombreuses et grandes agglomérations manufacturières du Lancashire.
Glasgow, en Ecosse, sur la Clyde (477,000 hab.), n’a été aussi jusqu’au xvin® siècle qu’une petite v ille. La fabrication de la toile d’abord, et ensuite, quand Watt et Arkvvright eurent renouvelé l’industrie par leurs inventions, la fabrication du coton en firent une grande ville manufacturière. Presque toutes les autres industries, et surtout
celle de la construction des navires, y comptent aujourd’hui de vastes établissements ; c’est un grand port (voir §98), et sa population s’accroît rapidement.
Liverpool, rivale de Londres par son commerce maritime (voir § os), est de plus, par sa population (493,000 hab.), la seconde ville des îles Britanniques. Son importance date seulement du commencement du xvmc siècle ; l’industrie du coton dans le Lancashire a fait sa fortune. Quelques somptueux monuments modernes, la Bourse surtout, ornent ses places ; mais le principal attrait qu’elle offre à la curiosité, c’est, sur le bord de la Mcrsey, qui s’étend comme un bras de mer, son long quai tout bordé de docks, de débarcadères et de navires.
Londres (London) , capitale du ltoyaume-Uni, a aujour-
Fig 10. Vue de Londres.
d’hui plus de 3 millions d' hab. (3,251,000). Placée sur la Tamise (voir lig. io), au sud de la Grande-Bretagne, elle est le port le plus commode pour les communications de l’île avec le continent; aussi a-t-elle été, dès les premiers temps
du moyen-âge, une place importante de commerce. Elle a été longtemps renfermée dans les murs de la cité, qui s’étend, sur la rive gauche du fleuve, depuis l’extrémité du Strand jusqu’à la Tour. Aujourd’hui, la ville comprend toutes les paroisses environnantes et couvre de ses maisons et de ses usines une étendue de plus de 13 kilomètres en longueur, de Kensington jusqu’aux docks des Indes; elle s’étend sur la rive méridionale dans le comté de Surrey, et des lignes de maisons presque contiguës la prolongent, jusque dans les comtés d’Essex, au nord-est, et de Kent, au sud-est. C’est le plus grand marché du monde, et c’est en même temps une grande ville manufacturière. Le spectacle des navires pressés dans les docks ou rangés sur la Tamise, de l’activité de la navigation sur le fleuve et de la circulation des piétons et des voitures dans la Cite, est unique en Europe. Londres est le principal centre où aboutissent les voies ferrées de l’Angleterre, et l’intérieur de la ville lui-même est desservi par un chemin de fer. Cette grande ville possède des ponts magnifiques, un tunnel sous la Tamise, de grands parcs, de nombreux squares, certaines rues très-larges, quelques beaux monuments, comme la cathédrale de Saint-Paul, le palais de Westminster où siège le Parlement, etc., de somptueux quartiers dans la partie appelée West-End à l’ouest de la Cité proprement dite; mais l’aspect est en général peu varié; le ciel est souvent gris, et certaines parties, surtout dans East-End, à l’est de la Cité, sont trèsmial habitées.
6e section.