Retour sur la géographie physique. — Le
Royaume des Pays-Bas (en hollandais, Nederland ) est situé au nord-ouest de l’Europe, entre 50° 45' et 53° 21' de latitude et entre 1° et 4° 30' de longitude orientale ; il est borné par la mer du Nord a l’ouest et au nord ; par la Prusse à l’est et par la Belgique au sud : il a une superficie de 33,000 k il. carrés (32,839). Le roi des Pays-Bas est en môme temps souverain du Grand -duché de Luxembourg (2,500 kil. carrés), situé au sud-est des Pays-Bas, et enclavé entre la Prusse, la Belgique et la France.
Le royaume des Pays-Bas appartient au climat océanique, mais il subit un long et rude hiver. Il forme sur presque toute sa surface (moins le sud-est) une plaine uniformément basse de terrains modernes, dont les dunes constituent les seules éminences, et dont la mer, a diverses époques, a envahi des parties depuis lors converties en golfes : le Dollart (au xe siècle), le Zuyderzée (au xic siècle). Les îles qui couvrent l’entrée du Zuyderzée (Texel, etc.), marquent encore l’ancienne limite de la terre. Le Iihin , la Meuse , Y Escaut l’arrosent de leurs nombreux canaux, et, confondant leurs embouchures, enveloppent l’archipel des îles de la Zélande. Les basses terres de la Frise sont semées de petits lacs (Voir la carte 1 de la planche 11).
113. La formation politique. — Les Pays-Bas étaient habités clans l’antiquité par les Batavcs et les Frisons, que les Romains ne soumirent jamais. Ils firent partie, au commencement du moyen-âge, de V Empire clés Francs , puis du royaume de Lolhaire par le traité de Verdun (843) et ne tardèrent pas à être rattachés à 1 * Empire germanique. Partagés entre plusieurs souverainetés féodales, ils échurent, comme les fiefs de Belgique, à la maison de Bourgogne (xrve et xvc siècles), et de là passèrent à la maison cV Autriche. Au xvie siècle, ils embrassèrent le protestantisme, se révoltèrent (1572) contre l’Espagne, et le traité de Westphalie (1618) reconnut l’indépendance dont ils jouissaient en réalité depuis plus de cinquante ans, sous le nom de République des sept Provinces-Unics : on la désignait également sous le nom de Hollande, la plus importante des sept provinces. Vaincue par la République française et devenue son alliée, elle prit la dénomination de République bcitave , puis de royaume de Hollande. Annexée à l’Empire français en 1810, elle en fut détachée par les traités de 1814, qui formèrent, de la Hollande et de la Belgique réunies, le Royaume des Pays- Bas. En 1830, la Belgique se sépara de la Hollande, qui forma seule, dès lors, le royaume des Pays-Bas ; mais le roi des Pays-Bas conserva la moitié du Luxembourg, dont le chef-lieu est demeuré jusqu'en 1866 une des forteresses de la Confédération germanique, et qui a une constitution et une administration particulières.
114. Les provinces. — Les Pays-Bas, dont la ville de beaucoup la plus importante est Amsterdam, mais dont la capitale politique est La Haye (S’Gravcn/iagc) , rési-
dence du roi et des Etats, comprennent 11 provinces : Groningue ch.-l. Groningue Hollande sepu. ch.l. Haarlem Frise — Leuwarden Hollande mér1* — la Haye
Drenthe — Assen Zélande — Midclel-
bourg
Over-Yssel — Zwolle Brabant ch. 1. Bois-le-
Duc
Gueldre — Arnheim Limbourg — Maës-
lricht
Utrccht — Utrecht Le grand-duché de Luxembourg,
cap. Luxembourg, qui appartient au roi, sans faire partie du royaume.
115. Les régions agricoles. — Les Pays-Bas, au point de vue agricole, forment deux régions (Voir les cartes Il et lit de la planche n" 1 1).
1° La région des terres d’alluvion , comprenant la Zélande, la Hollande, méridionale et septentrionale, une grande partie desprovinces de Gueldre, Frise et Groninguc, et une petite partie d’Over-Yssel, terre argileuse très-fertile, déposée grain à grain par la Meuse et le Rhin, et presque partout située au dessous du niveau de l’Océan. Une ligne formée partie de dunes, partie de digues, la défend contre l’inondation ; dans les polders de la Hollande plus encore que dans ceux de la Belgique, la terre est une conquête faite sur les eaux par l’homme, qui, par ses dessèchements, n’y a pas gagné, depuis 350 ans, moins de 350,000 hectares, réparant ainsi les pertes que les invasions de la mer lui avaient fait subir. Dans la Hollande septentrionale et, à l’est du Zuyderzée, dans la Frise, ce ne sont que vertes prairies : à peine sur 100 hectares y en a- 1 il 20 réservés aux céréales ; la ferme se perd dans un bouquet d’arbres, et, sur les petits canaux qui sillonnent la plaine et la dominent, des bateaux portent le fumier au champ et ramènent le lait à la maison. La majeure partie de Groningue et d’Over-Yssel, plus humide encore, ne présente que de rares exploi tâtions, semées çà et là au milieu de vastes marais tourbeux, que recouvrent des roseaux et des îles bottantes. La Hollande méridionale, la Zélande, une partie de Groningue, et les plaines que les fleuves arrosent
de leurs branches diverses (Betuwe, etc.), depuis l'extrémité méridionale du Limbourg jusqu’à l’embouchure de l’Yssel et du Rhin, sont aussi desalluvions argileuses, mais qui, cultivées à la charrue, donnent, au lieu d’herbes, des moissons riches et variées.
2° La région sablonneuse , de formation tertiaire, située à l’est de la précédente, dont elle constitue d’ailleurs le sous-sol ; elle s’étend, depuis la Campine belge, dont ne la distingue aucun caractère physique, jusque dans le Brabant , la Guelctre, YOeer-Yssel et la Drenthe , interrompue seulement par les bandes de terrain d’alluvion, sur lesquelles coulent la Meuse, le Rhin et, plus loin, l’Yssel. Un peu moins basse que la région argileuse, elle formait autrefois les rivages de cette contrée ; son sol est naturellement peu fertile et sa population est clairsemée. Les landes et les tourbières abondent dans la Drenthe, l’Over- Yssel et la Frise ; les bruyères et les bois, sur le sol onduleux de la We luwe , dont l’agriculture commence à tirer un bon parti ; le Brabant est en partie composé de la Campine hollandaise', il est très-marécageux sur la limite du Limbourg et, au delà, il devient quelque peu accidenté.
Le Limbourg, situé au sud-est, diffère de ces deux régions et rappelle la Hesbaye belge.
Le Luxembourg, plus accidenté encore, ressemble au Luxembou rg bel ge .
116. Les végétaux. — En Hollande, pays froid, plus encore qu’en Belgique, la première place dans les récoltes de céréales appartient au seigle , que cultivent surtout le Brabant, le Limbourg et l’Over-Yssel, et dont la récolte est d’environ 3 millions et demi d’hectolitres ; Y avoine, cultivée surtout dans le Limbourg et le Groningue, vient presque au meme rang; le froment (Zélande, Limbourg, etc.), l’orge (Zélande, Groningue, etc.), le sarrasin (Brabant, etc.), ne figurent qu’en seconde ligne, donnant chacun de 1 million à 1 million et demi d’hectolitres.
La pomme de terre, que l’on cultive partout, principalement dans la Gueldre et sur les dunes, donne à elle seule autant d’hectolitres (environ 13 millions) que toutes les céréales réunies. Les pois et les fèves fournissent aussi leur contingent à l’alimentation.
Les principales plantes industrielles sont le colza , trèsestimé, de la Groningue, de la Zélande et de la Hollande méridionale ; le tabac , excellent aussi, des provinces de Gueldre et d’Utrecht ; le beau lin et le chanvre de la Hollande méridionale, la chicorée de la Frise, la garance de la Zélande.
La culture des légumes , des peurs et des arbres fruitiers a une grande importance dans les provinces de Hollande et d’Utrecht, principalement dans la campagne, de Haarlem à la Haye (Bloemendaal, Hemstide, etc.), et en Zélande (près de Noordwyck).
Toutefois la richesse caractéristique de la Hollande n’est pas encore là : elle est dans ses magnifiques prairies naturelles, qui occupent 1,300,000 hectares, tandis que le jardinage et le labourage n’en comptent guère plus de 800,000.
Les Pays-Bas ont très-peu de forêts (223,000 hectares), mais beaucoup de bruyères et de tourbières incultes (700,000 hectares).
117. Les animaux. — Les Pays-Bas, ayant beaucoup de prairies, doivent être très-riches en bétail ; on évalue en effet :
1° A 253, 000 le nombre des chevaux , appartenant à diverses races, dont la plus remarquable est la race frisonne, à la robe noire. Ils sont nombreux surtout dans les fermes des provinces de Groningue, de Hollande méridionale et de Zclande.
2° A 1,330,000 le nombre, des bêtes cl cornes , appartenant, dans les terres sablonneuses, à une petite race trèssobre, et dans les terres d’alluvion, à la belle race des Vaches
hollandaises, grandes, à tête fine, vivant surtout dans les grasses prairies et dans les étables si propres de la Hollande (septentrionale et méridionale) et de la Frise, consommant beaucoup, mais donnant en grande abondance ce lait exquis dont la Hollande fait son beurre (surtout le beurre de la Frise) et ses fromages.
3° A plus de 900,000 le nombre des moutons (nombre très-faible relativement au reste du bétail), que l’on trouve principalement dans la Hollande septentrionale et la Drenthe.
Les Pays-Bas possèdent aussi près de 300,000 porcs (Gueldre, Brabant, etc.) et un petit nombre de chèvres (100,000).
118. La pêche. — La pêche maritime joue un grand rôle dans l'économie sociale des Pays-Bas. Les Hollandais, hardis marins, ont eu longtemps le privilège d’approvisionner presque seuls l’Europe continentale de harengs. Ils ont perdu ce monopole, mais la pêche du hareng dans le Zuyderzée, sur les bancs de la mer du Nord, et surtout sur la côte de Yarmouth, donne encore un produit de plus de 2 millions de francs ; la pêche du turbot et des anchois (Hardewik, etc.) vient au second rang. Citons aussi la pêche de la morue (Voir la carte n° 4 de la planche n° 1 1).
119. L'industrie. — Les Pays-Bas sont aujourd’hui un pays essentiellement agricole.
Composés de terrains récents, ils ont peu de carrières et de mines : une certaine quantité de houille et de pierre de taille dans le Limbourg, la région géologique la plus ancienne; un peu de fer dans la couche tertiaire de la Gueldre et de l’Over-Yssel ; presque partout de la tourbe , qui est le combustible ordinaire des campagnes. Le Luxembourg , pays montueux, fait exception : il possède d’excellent minerai de fer oolithique (àJEsch, Bodange, etc.).
Les industries sont surtout agricoles. La première de toutes est la fabrication des Fromages, fromages en forme
de boule, à croûte rouge ou jaune, qu’on fabrique dans toute la région des prairies et dont les plus renommes sont celui d’Edam, fourni par la Hollande du Nord et celui de Leyde (fromage au cumin). Les fabriques de garance de la Zélande, etc., les huileries de Dordrecht et de la Hollande, les fabriques de cigares à’ Amsterdam et d ’Utrccht, les distilleries de genièvre de Schiedam , les fabriques de curaçao et d’anisette appartiennent à la même catégorie. Amsterdam et Rotterdam , comme ports de mer en rapport avec Java, ont des raffineries de sucre.
Amsterdam et Gouda fabriquent de l’acide stéarique et des bougies avec les graisses du bétail.
Les toiles de Hollande jouissaient autrefois d’une grande renommée; ce n’est plus aujourd’hui qu’une industrie tout à fait secondaire, exercée dans le Limbourg et le Brabant. Le coton est tissé dans les manufactures de la Twenthe (portion d’Over-Yssel), de la Gueldre, du Brabant; la laine est tissée à Leyde , renommée pour ses lainages légers à l’usage de l’Asie orientale, et à Tilbourg, renommée pour ses couvertures.
Amsterdam est renommé dans le monde entier pour la taille du diamant. Il y a un grand nombre d’orfèvres dans les petites villes de la Hollande et de la Frise.
Les Pays-Bas remplacent la pierre, qui leur manque, par le bois et par la brique : les briqueteries , tuileries et fabriques de poteries sont en grand nombre dans la Gueldre, l’Üver-Yssel et la Hollande méridionale.
On construit des bateaux et des navires dans la Hollande méridionale, à Rotterdam , à Saardam, où travailla Pierre le Grand ; le matériel des chemins de fer est fabriqué à la Haye ; les cordages , dans la Hollande septentrionale.
Les fabriques de papier de la Hollande septentrionale et de la Gueldre étaient autrefois célèbres. Amsterdam et Haarlem ont de nombreuses imprimeries.
120. Les voies de communication. — Dans la région des terres d’alluvion, les Pays-Bas possèdent d’excellentes routes, généralement pavées de briques et bordées de verdure ; mais la plupart des lourds transports sont faits soit par les fleuves (Rhin, Wahal, Yssel, Meuse, Escaut), soit parles milliers de canaux, grands ou petits, qui sillonnent le pays en tous sens. Les principaux canaux sont : le canal Guillaume du Sud , un des plus fréquentés, qui, reliant Maëstricht à Bois-le-Duc, et rattaché lui-même au canal belge de la Campine, facilite la navigation de la Meuse et se poursuit en amont de Maëstricht jusqu’à Liège (par le canal dit de Liège à Maëstricht) ; le canal de Gouda à Amsterdam , le canal d'Utrecht à Amsterdam , le canal de Noord-Uolland , large et profond, mais peu fréquenté, et débouchant au Texel ; la Dieze , un des plus fréquentés ; les canaux de Groningue.
Les chemins de fer sont de date récente en Hollande ; les premières lignes exploitées datent de 1863; ils ont aujourd’hui 1,500 kilomètres de longueur: ils s’étendent du sud du royaume par Maëstricht -, Breda , jusqu’à Flessingue à l’ouest d’une part, d’autre part, au nord, jusqu’au Texel (Nieuwediep) par Rotterdam , la Haye et Amsterdam, et jusqu’à Leemcarden et Groningue par Utrecht, Arnheim et Zwolle.
121. Les monnaies et mesures. — Les Hollandais comptent par florins ou guidon, monnaies d’argent pesant 10 grammes à 945 millièmes et valant 2 fr. 12.
Les 'mesures sont conformes au système métrique ; le pond (livre) vaut 1 kilogramme ; l’el (aune), 1 mètre ; le kop (pour les matières sèches) et le kan (pour les liquides), 1 litre : le last, 30 hectolitres.
122. Le commerce. — Les Pays-Bas ne sont plus, comme au xvne siècle, à la tête du commerce européen. Néanmoins, leur marine marchande est aujourd’hui
d’environ 2,000 navires, jaugeant 550,000 tonneau# ; et le mouvement général de la navigation , qui a presque quadruplé depuis 1830, comprend, entrée et sortie réunies, un total annuel d’environ 4 millions et demi de tonneaux . Les ports qui y prennent la plus grande part sont, par ordre d’importance : Rotterdam, Amsterdam , S chie dam, Harlingen, Dordrecht, Groningue.
Le commerce extérieur a suivi une progression sem- .blable, il a doublé depuis vingt ans et représente une somme de 2 milliards de francs.
L’ importation porte principalement sur le café (environ 75 millions de kilogrammes) et le sucre , qui viennent de Java, de Surinam, de l’Angleterre, etc., sur les céréales, qui viennent de Hambourg, de la Baltique, sur le riz des Indes et de Java, sur les bois de Norvège et de Russie, sur les tabacs de Java et des États-Unis, sur le coton d’Angleterre , etc., sur le charbon de terre de la Prusse, de l’ Angleterre, et de la Belgique, sur 1 "étain et l’indigo des Indes orientales, les vins de France et d’Allemagne, sur les fils et tissus de l’Angleterre, de la Prusse et de laBelgique.
L’exportation a pour objet le sucre brut ou raffiné qui est réexporté en Angleterre, en Prusse et en Belgique, le café qui est réexporté principalement en Prusse et en Belgique, les denrées alimentaires, beurre , fromages , bestiaux et légumes à destination de l’Angleterre.
Les métaux précieux ont aussi un rôle important dans le mouvement commercial des Pays-Bas.
123. Le commerce avec les divers pays. — Au premier rang dans les relations commerciales de la Hollande, figurent, par ordre d’importance : la Prusse (environ 500 mille francs), la Grande-Bretagne (environ 450 mille francs), Ja,va (environ 300 mille francs) et la Belgique.
Java est la principale colonie des Pays-Bas. Cette île, avec une partie de Sumatra et de Bornéo et plusieurs
autres îles de l'archipel de la Sonde, compose un vaste empire colonial d’environ 20 millions d’âmes, fondé au xvie siècle et désigné sous le nom à* Indes néerlandaises. Les Pays-Bas possèdent aussi, en Amérique, la Guyane hollandaise ou colonie de Surinam , l’île de Curaçao avec quelques îles voisines.
124. Le commerce avec la France. — La France , qui n’occupe dans ce commerce que le cinquième rang , tire des Pays-Bas de la laine , des fromages , du café, du coton, de l’étain, des peaux brutes, des regrets d’orfèvre, de l’huile, etc., pour une valeur d’environ 30 millions, et y porte des vins , du café, des peaux brutes, des soieries, etc., pour une valeur d’environ 23 millions.
125. Le résumé des forces productives. — Dans la partie occidentale est concentrée la plus grande somme des richesses des Pays-Bas. C’est la région des prairies, donnant des bestiaux, du lait, du fromage ; c’est aussi la région des communications faciles par les canaux, et, étant riveraine de la mer, des ports par où passe presque tout le commerce hollandais : aussi, les deux provinces de Hollande occupent-elles le premier rang à presque tous les égards.
126. Les grandes villes. — C’est précisément dans ces provinces que sont situées les 2 seules villes dont la population dépasse 100,000 âmes, et qui sont les deux grands ports du royaume (les Pays-Bas comptent en Outre 4 Villes de 30 à 100,000 Cimes (Voir les cartons de la planche n° 11).
Rotterdam (123,000 hab.), située dans une belle position, sur la rive droite de la Meuse, qui est â cet endroit profonde et large, coupée de deux grands canaux qui se ramifient et qui lui servent de ports, l’emporte aujourd’hui sur Amsterdam par son mouvement maritime.
Amsterdam, qu’on regarde quelquefois comme la capitale (281,000 liab.), située sur la rive méridionale du
golfe de FY, qui débouche dans le Zuyderzée, traversée par l’Amstel et coupée de canaux qui forment une série de demi-cercles concentriques, bâtie sur un terrain tellement marécageux que tous les édifices ont dû être élevés sur pilotis. Au xme siècle, ce n’était qu’une bourgade ; le commerce de la Hanse et la pêche du hareng commencèrent sa fortune ; l’indépendance de la république des
Fig. 11. — Amsterdam.
sept Provinces-Unies et le grand commerce de l’Orient en firent, au xvie siècle, la première place maritime du monde. Quoique descendue de ce rang suprême et gênée par les difficultés de la navigation du Zuyderzée, elle reste encore une grande ville de commerce (Voir la fig. n° n).
127. 3L.e gouvernement. — • Chaque commune est administrée par un conseil communal élu par les habitants et par un bourgmestre nommé par le roi pour six ans ; chaque province par des Etats provinciaux, que nomment les habitants payant le cens, et qui, dans l’intervalle des sessions, délèguent leurs pouvoirs de
surveillance à un comité permanent ; enfin par un commissaire du roi.
L’État est gouverné par le Roi , qui possède le pouvoir exécutif et partage le pouvoir législatif avec les deux chambres des États généraux , l’une, la première chambre, élue par les états provinciaux parmi les citoyens les plus imposés ; l’autre, la seconde chambre, élue par les électeurs à raison d’un député pour 45,000 habitants.
Le budget s’élève à environ 2:20 millions de francs ; les principales ressources proviennent de l’accise, c’est-à-dire des droits de consommation, des contributions coloniales, des contributions indirectes, de la contribution foncière. Quant aux dépenses, la plus considérable aujourd’hui consiste dans le paiement et l’amortissement de la dette.
L’armée est d’environ 50,000 hommes, et le personnel de la flotte de 7,000.
La justice est administrée à peu près comme en Belgique, moins le jury.
Les cultes sont libres, ainsi que l’instruction qui est donnée dans les asiles, les écoles primaires, les écoles d’adultes et les écoles du dimanche pour le premier degré ; dans les écoles moyennes, les gymnases- et les lycées pour le second degré ; dans les trois universités (Leyde, Utrecht, Groningue) et dans les écoles spéciales, pour le degré supérieur.
128. La population. — La population est de 3 millions 700,000 habitants (non compris le Luxembourg, qui a 200,000 habitants). Gela fait un peu plus de 1 habitant par hectare, ou plus exactement 112 habitants par kilomètre carre. Cette population, qui s’accroît assez rapidement, est dense surtout dans la Hollande, où l’on compte plus de 230 habitants par kilomètre carré, et rare au nord-est ; la Drenthe ne possède pas 40 habitants par kilomètre carré.
Avec son empire colonial dans les Indes orientales
(Java et Madoura, Sumatra, Bornéo, Célèbes, etc.), et dans les Indes occidentales (Curaçao, etc.), le royaume des Pays-Bas a une superficie d’environ 1,800,000 kilomètres carrés et une population de 26 millions et demi d’individus.
La majorité des habitants des Pays-Bas (1,830,000) est calviniste ; une forte minorité (1,230,000) appartient à F Église catholique ; on compte environ 60,000 juifs; le reste appartient à diverses églises protestantes.
L’instruction est très -répandue : l’enseignement primaire est suivi par plus de 560,000 enfants ou adultes. La langue parlée est le hollandais qui appartient à la famille des langues germaniques.
Le sol était ingrat ; l’homme Fa conquis et le défend contre les eaux ; de terres inondées il a fait de magnifiques prairies, et la mer Fa invité à devenir lui-même pêcheur, marin et commerçant. Il a ainsi acquis d e fortes habitudes de travail, l’esprit d’ordre et d’économie, l’amour de la propreté poussé jusqu’à une sorte de passion, mais sans nuire au respect pour la propriété d’autrui : c’est surtout à ces qualités que la Hollande doit sa prospérité.
2me section.