Retour sur la géographie physique. — La
Belgique est située au nord-ouest de l’Europe, entre 49o30' et 51° 30' de latitude et entre 0° 12' et 3° 47' de longitude orientale ; elle est bornée par la mer du Nord à l’ouest sur une étendue de67kil., par la France au sud, par le grand duché de Luxembourg et la Prusse à l’est, par la Hollande au nord; sa superficie est de plus de 29,000 kilomètres carrés (29,455).
l’europe.
fl’EURORE.
Elle appartient au climat océanique. Région de plaines basses et de formation toute moderne à l’ouest et au nord, entre la mer et la Meuse, de collines et de plateaux granitiques ou schisteux à l’est de la Meuse (Ardennes), elle est arrosée parl’Eser et par Y Escaut et ses affluents (Lys, Dender, Nèthes, etc.) qui coulent dans les plaines, par la Meuse, grossie de la Sambre et de l’Ourthe, qui coulent dans la partie accidentée (Voir la carte 1 de la planche il).
130. La formation politique. — La Belgique faisait partie, dans l’antiquité, de la Gaule , dont le Rhin était la frontière septentrionale ; les Belges, mot qui signifiait vaillants, l’habitaient avec diverses tribus germaines et s’étendaient jusqu’à la Marne. Dans le courant du troisième siècle après l’ère chrétienne, des tribus de Francs s’v établirent et y demeurèrent environ deux siècles, avant de se répandre sur le reste de la Gaule. La Belgique fit partie de Y Empire franc sous les Mérovingiens et les Carlovingiens. Le traité de Verdun (843) assigna au roya u me de France la portion située à l’ouest de l’Escaut, et au royaume de LoLliaire la portion située à l’est, qui fut rattachée plus tarda Y Empire germanique . Partagé au moyen âge entre plusieurs seigneurs indépendants parmi lesquels était le comte de Flandre, le pays presque tout entier échut au xive siècle à la puissante maison de Bourgogne , qui finit, en 1477, avec Charles le Téméraire.
La maison d’Autriche recueillit cette partie de l’héritage de la maison de Bourgogne ; les Pays-Bas, dans lesquels étaient alors comprises les provinces baignées par le Zuyderzée, appartinrent au puissant empereur Charles- Quint, puis à la couronne d’ Espagne. Après la séparation de la république protestante des sept Provinces-Unies, on désigna le reste sous le nom de Pays- Bas catholiques ou Pays-Bas espagnols. Le traité d'Utrecht (1713) les donna à Y Autriche qui les conserva jusqu’à la conquête française (1792-1794). Durant vingt ans, la
Belgique fit partie de la France. Les traités de 1814 la réunirent à la Hollande pour former le royaume des Pays-Bas ; mais les Belges, ayant une langue et une religion différentes de celles des Hollandais, se séparèrent d’eux en 1830 et formèrent le royaume de Belgique, dont les Hollandais reconnurent l’existence en 1839.
131. Les provinces. — La Belgique, dont la capitale est Bruxelles, comprend 9 provinces (Voir la carte n° 1 de la planche 11) :
Anvers ch.-l.
Flandre occid'G — Flandre orienXc — blainaut —
Brabant —
Anvers Namur Bruges Limbourg G and Liège
Mons Luxembourg
Bruxelles.
ch.-l. Namur
— Hasselt
— Liège
— Arlon
132. Les régions agricoles. — La Belgique au point de vue agricole se divise en deux parties distinctes (Voir la carte n1 2 de la planche I 1).
1° La basse Belgique comprenant les terres conquises sur la mer, grâce aux digues et aux dessèchements, et désignées sous le nom de polders , terres d’une fécondité exceptionnelle, présentant leurs épis d’orge jaunissants, ou plus souvent leurs herbages tendres et verdoyants dans les lieux mêmes où manœuvraient autrefois des flottes (1) ; les Flandres , au sud-ouest, terres sablonneuses, naturellement maigres, mais qu’une savante culture a rendues très-productives en céréales, surtout en seigle et en plantes fourragères et industrielles de tout genre, et qui sont presque exclusivement exploitées par de petits cultivateurs (2) ; la Camp inc, au nord, région de bruyères, de vaines pâtures et de marécages, offrant l’aspect d’une plaine désolée et sans arbres, mais que les efforts de la
1. Depuis le treizième siècle, on n’a pas conquis sur la mer moins de 70,000 hectares.
2. La moyenne étendue des exploitations de la Flandre occidentale est de 2 hectares et demi.
culture commencent à transformer ; la Hesbaye , au sudest, terre grasse, argilo -siliceuse, naturellement fertile et très-propre au froment et à la betterave.
2° La haute Belgique comprenant la vallée même de la Meuse, dont les verts mamelons et les belles vaches rappellent la Normandie, mais la Normandie dans un cadre de roc ; le Condroz, région triste et froide, pauvrement cultivée, donnant pour principale céréale Fépeautre ; l’Ardenne, plateau rustique, schisteux, aux croupes arrondies, semé de forêts, de pâtis, de marécages et de tourbières, dites hautes Fagnes, contrée où l’hiver est long et rude, la population rare et la culture peu avancée ; \e Bas- Luxembourg, qui contraste par safertilité avec la région précédente et que son heureux climat a fait surnommer la Petite-Provence.
133. Les végétaux . — La Belgique est peut-être la région cle V Europe où la culture des céréales est le plus avancée. Sur 1 million et demi de terres de labour, elle consacre environ 950,000 hectares aux céréales , cultivant particulièrement le seigle dans la Flandre, Yorge dans les polders, le froment dans la Hesbaye, Fépeautre dans le Condroz, l’avoine dans l’Ardenne, le sarrasin dans la Campine, et obtenant un produit moyen de 24 millions d’hectolitres, dont 1/4 de froment. La culture de cette céréale est en progrès, et les terres qui la produisent rendent en moyenne 21 hectolitres â l’hectare. Le seigle, dont la récolte dépasse celle du froment, jouit de cet avantage parce qu’il est plus approprié au sol ; il fait le fond de l’alimentation dans les Flandres, et il est largement employé pour la fabrication de l’alcool.
La pomme de terre se plaît surtout dans les terrains sablonneux des Flandres.
Parmi les cultures industrielles de la Belgique, il faut citer au premier rang :
1° Le lin, qui, sur une surface d’environ 40,000 hec-
tares, ne rend pas moins de 20,000 tonnes de filasse. Il est cultivé dans les Flandres , donnant, principalement aux environs de Saint-Nicolas et de Courtrai (vallée de la Lys), les plus beaux lins de l' Europe , et aussi dans le Hainaut et dans les provinces de Brabant et d’Anvers ;
2° Le houblon (environ 5,000 tonnes) que l’on cultive surtout dans le Hainaut et aussi dans quelques districts de chacune des autres pro\inces(Poperinghe, Alost , Bruxelles., Ypres, Liège , etc)., et qui sert à la fabrication de plus de 7 millions dî hectolitres de bière (bière de Louvain , etc.) ;
3° La betterave, que l'on cultive surtout dans le Hainaut, et dans les provinces de Brabant et de Liège, et qui alimente une production de plus de 40,000 tonnes de sucre et un certain nombre de distilleries ;
4° Le tabac , que l’on cultive surtout dans les arrondissements de Courtrai, d’Ypres, d’Alost, etc. ;
o° Le colza , cultivé principalement dans la Flandre orientale (arr. de Termonde, de Saint-Nicolas-, etc.) ;
6° La chicorée , cultivée spécialement dans les Flandres.
La culture maraîchère est très-avancée; et naturellement on la trouve surtout dans le voisinage des grandes villes (Bruxelles, Gand, etc.)
Les racines propres a la nourriture du bétail et les prairies artificielles , en particulier le trèfle, occupent une place très-importante dans l’assolement des terres de labour.
Au contraire, les prairies naturelles , herbages permanents, sont, à cause de la nature du sol, en médiocre quantité : 300,000 hectares environ, situés surtout dans les polders , au fond des petites vallées et dans l'est, et dont le total doublerait, si on y ajoutait les bruyères et les pâtis de la région orientale , dont on défriche chaque année plusieurs milliers d’hectares.
Les arbres fruitiers se rencontrent principalement
dans l’étroite vallée cle la Meuse , dans les environs de Malines et dans le Bas-Luxembourg .
La Belgique a très -peu de forêts (moins de 500,000 hectares) : ce sont des pins maritimes sur les monticules sablonneux des Flandres et des sapins, des’ hêtres et d’autres espèces, dans l’Ardenne.