Les industries mécaniques et chimiques
(Voir la carte n° 4 de la planche 11). — Un pays qui a beaucoup de houille et beaucoup de fer, doit tenir un rang élevé dans les industries mécaniques et dans la fabrication des outils. En effet, la Belgique possède de nombreux et grands ateliers de construction, soit sur les lieux oii elle produit le fer, soit dans les centres industriels : il Liège et aux environs, Seraing, Ougrée , Grivegnée , Ver vi ers, où l’on fait des machines pour l’industrie lainière ; à Charleroi , à Mons et aux environs, où l’on fait surtout les machines de l’industrie minière ; à Bruxelles, où l’on fait des locomotives et des machines pour l’agriculture ; à G and, où l’on fait des machines pour l’industrie du coton.
La clouterie, industrie très-importante en Belgique, a pour sièges principaux Liège , Charleroi et Bruxelles ; la tôlerie est pratiquée principalement sur les bords de l’Ourthe, la quincaillerie, dans les Ardennes et à Bruxelles, la taillanderie, à Liège et à Namur.
La fabrication des armes est presque entièrement concentrée à Liège et dans les environs, où elle n’occupe pas moins de 20,000 ouvriers, et produit chaque année plus de 600,000 pièces.
La Belgique est aussi au premier rang parmi les pays de l’Europe pour la fabrication des produits chimiques, qui jouent aujourd’hui un si grand rôle dans l’industrie ;• acide sulfurique, acide nitrique, acide chlorhydrique, sulfate et carbonate de soude, etc.; la province cle Namur (Namur, Floreffc, Au vêlais, Moustier , Saint-Marc, Saint-Gervais) vient en première ligne, ayant en abondance les matières premières; il existe aussi dans le Hainaut (Mareliienne, etc.), dans la Flandre orientale (Gand, etc.), dans le Brabant (Bruxelles, etc.), dans la province d’Anvers (Anvers et Malines), des fabriques importantes, placées dans le voisinage des matières premières ou à portée des consommateurs. Les couleurs , céruse, blanc de zinc, bleu de
Prusse, sont fabriquées à Bruxelles et aux environs, à Anvers, à Gand, à Naraur, dans les ateliers de la Vieille- Montagne, etc.
La Belgique fait beaucoup d 'alcool, qu’elle obtient quelque peu par la distillation de la betterave, beaucoup par celle du seigle : Anvers et Hasselt sont les principaux centres de cette industrie. Bruxelles , Anvers, Louvain, Gand, etc., font de Y amidon.
Bruxelles, Gand, Louvain, etc., fournissent de noir animal les raffineries; Gand, Huy, Liège, Namur, etc., produisent de la colle; les Flandres, la province d’Anvers, le Hainaut et le Brabant fabriquent pour l’industrie les savons mous; Bruxelles, Anvers et les environs, les savons durs pour la consommation des particuliers, ainsi que les bougies.
Les cuirs et peaux, que l’on prépare avec des peaux brutes, soit du pays même, soit de la Plata et autres contrées d’Amérique, occupent un grand nombre d’ouvriers à Bruxelles , Liège Star clôt, Huy, Namur, etc.; à Menin est la principale fabrique de caoutchouc.
139. Les industries alimentaires. — Après la meunerie, la boulangerie et la boucherie, industries toutes locales, les principales industries alimentaires de la Belgique sont les raffineries, les brasseries du Hainaut, etc., les distilleries d’Anvers et d’Hasselt (Voir § us).
140. Les fils et tissus. — La filature et le tissage comprennent en Belgique trois grandes branches: le^co ton, le lin et la laine (Voir la carte n° 5 de la planche 11).
Le coton y est, comme dans tous les pays de l’Europe, le dernier venu ; mais, quoiqu’il ne date pas encore d’un siècle, il a pris une large place, il occiqie environ 30,000 ouvriers, travaillant pour la plupart dans la Flandre orientale, où l’industrie du lin les avait préparés à cette œuvre, surtout dans la ville et la banlieue de Gand ; sans avoir la même importance, l’arrondissement de Nivelles pour se
filatures, Saint-Nicolas et Lokeren pour leurs cotonnades, Bruxelles et Stalle pour leurs tissus imprimés, Gourtrai, Mouscron, Tournai, pour leurs étoffes mélangées, méritent d’être cités. Le nombre des broches est de 650,000, et on estime que la -fabrication des tissus de coton peut valoir environ 75 millions de francs.
Le lin était, avant l’introduction du coton, la seule grande industrie des Flandres ; il y occupe encore la première place (près de 200,000 ouvriers). Gand est au premier rang pour ce qui concerne la filature et le tissage; Tournai, Bottiers , Bruxelles , sont au second rang pour la filature ; les toiles communes se font à Gand, à Saint- Nicolas; les coutils, à Roulers, àTurnhout; le linge de table, à Alost ; les toiles fines, à Gourtrai. Lokeren , Borgerhout, près d’Anvers, Ruysbroeck, près de Bruxelles, Gand, etc., sont renommés pour leurs blanchisseries ; Louvain , pour ses teintureries.
La laine, que tissait autrefois la Flandre, lorsque l’Angleterre fournissait la matière première, est une industrie aujourd’hui concentrée, pour la laine cardée, à Yeryiers (et aux environs jusqu’à Liège), où l’on occupe près de 20,000 ouvriers, et où l’on fabrique environ 500,000 pièces de drap par an : c’est du reste la région des moutons. La laine peignée, qui donne des tissus ras, orléans, etc., est mise en œuvre dans le Brabant ( Bruxelles }, etc., à Saint- Nicolas, à Renaix, Gourtrai, Tournai, etc. Ces dernière villes subissent l’influence delà ville française de Roubaix.
Lokeren et Tamise produisent des flanelles ; Saint- Nicolas, des châles tartans; Tournai et Ingelmunster, des tapis .
La soie, travaillée à Anvers , Lierre, Malines, Alost, Louvain, Bruxelles, n’a qu’un rôle très-médiocre.
La dentelle, au contraire, est en Belgique une industrie ancienne et généralement florissante; elle occupe dans es campagnes plus de 100,000 ouvrières. On fait, à Anvers, Malines, Louvain, des malines, (dentelles légères en Ut
de lin), à Grammont , des dentelles de soie noire à fleurs mates, à Bruxelles et dans l’arrondissement d’Oudenarde, des dentelles dont les dessins sont appliqués à F aiguille sur un réseau de tulle, à Ypres , Courtrai, Bruges, Gand, etc., des Valenciennes.
La bonneterie est à peu près concentrée dans Y arrondissement de Tournai.
141. Les autres objets de toilette. — En Belgique comme en France, les industries relatives à la toilette ont pour siège principal la capitale : Bruxelles fait la confection, les gants , les chapea ux. Les chapeaux de paille sont tressés dans la petite vallée du Jaer , dont le sol donne une paille de seigle belle et line. Bruxelles partage la fabrication des boites et souliers avec Gand, Bruges, Liège, Lierre, Renaix, Isegbem, etc.
Bruxelles et Anvers sont les centres delà parfumerie; Anvers, le centre de la joaillerie.
142. Les industries de l’ameublement (Voir la carie n" 4 de la planche il). — C’est encore à Bruxelles , Gand, Anvers, Louvain, qu’on fabrique les meubles , les bronzes , Yorfèvrerie , les objets de cuir ; à Bruxelles et à Louvain, les papiers peints. Spa est renommé pour la tabletterie ; Gand, Liège, Roulers pour la brosserie commune ; Narnur , pour la coutellerie , que pratiquent aussi, pour les articles grossiers, Lierre et Gembloux.
La verrerie est naturellement une industrie très-florissante dans la Belgique, pays qui abonde en combustible ; c’est dans les environs de Charter oi (Marchienne, Jumet, Roux, etc.), de Mous (le Moussu, etc.), de Namur (lierbatte, etc.) et de Liège (val Saint-Lambert, etc.), que sont établies les verreries qui font surtout beaucoup de verres à vitres et de bouteilles. Deux manufactures, Sainte- Marie d’Oignies et Floreffe , fabriquent des glaces.
Y’ industrie céramique suit assez naturellement la fortune de la verrerie ; Tournai fait de la porcelaine
tendre, Saint-Vaast (Hainaut), Saint-Gervais, Andenne, Bruxelles font de la porcelaine dure, en empruntant à la France son kaolin ; Jemmapes, etc., de la faïence fine; Tirlemont, Louvain, Marche, des poteries communes ; Bruxelles, Anvers, Liège, etc., des poêles ; Saint-Ghislain , près Mons, Charleroi, etc., des creusets et autres produits réfractaires renommés dans le monde entier.
143. Le transport. — Seraing , Liège, Charleroi, Bruxelles, etc., travaillent pour le matériel des chemins de fer ; Anvers , pour les constructions maritimes; Bruxelles fait la carrosserie.
144. Les besoins intellectuels. — Les principales ; papeteries de Belgique sont situées à Bruxelles et dans les environs, dans Y arrondissement de Nivelles ,à Andenne s , à Huy , etc., à Dinant, qui fait le papier pour cartes, à Turnliout, qui fait le papier de fantaisie. L 'imprimerie, la lithographie, la photographie, la librairie ont pour siège Bruxelles et les grandes villes (Tournai, Namur, Gand, Matines). La fabrication des instruments de musique a lieu à Bruxelles pour les pianos, à Ixelles, à Laeken, etc., pour les orgues.
145. Le résumé de la production agricole & industrielle. — La Belgique est, proportionnellement à sa population, un des deux pays d’Europe les plus riches par leur production agricole et manufacturière. Elle peut se diviser, au point de vue économique, en quatre régions bien distinctes :
1° et 2° La région du nord-est , caractérisée par la Campine et la région du sucl est, caractérisée par Y Ar donne ; régions de pâturage et de culture pastorale, élevan t quelque bétail au pâturage, surtout des moutons dans l’Ardenne, nues au nord, boisées au sud, n’ayant aucune industrie et ne faisant vivre qu’une population peu nombreuse et généralement pauvre.
3° La région occidentale, comprenant les Flandres , le
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Brabant, une partie du Iiainaut et de la province d'Anvers; région de riche culture, où il n’est pas une parcelle de terrain qui ne soit fumée, labourée, et qui ne donne en abondance les céréales et les plantes industrielles ; sur certains points particuliers, des herbages ; beaucoup de gros bétail ; des fabriques agricoles , distilleries, raffineries, huileries; de plus, deux grandes industries manufacturières dont une est liée à la production agricole : le tissage du lin et le tissage du colon , et dont les principaux sièges sont G and, Saint- Nicolas, Cour irai, Bruxelles , etc. ; industries auxquelles il faut ajouter, dans le voisinage de Roubaix, le tissage de la laine peignée ; enfin toutes les industries diverses que font naître d’ordinaire un grand port (Anvers) et une grande capitale (Bruxelles).
4° La région de Sambre-et-Meuse, comprenant une portion du Iiainaut , des provinces de Namur et de Liège, et formant une étroite et longue bande sur laquelle se trouvent la houille et les métaux ; c’est la région où sont la plupart des carrières, où le travail des usines et des fabriques est le plus actif, et où se concentrent toutes les industries à feu (Mo ns, Charleroi, Namur, Liège), hautsfourneaux, forges, ateliers de construction, verreries, faïenceries, fabrication des produits chimiques , des armes, de la chaudronnerie, etc. Là aussi, à cause des troupeaux des Ardennes et de la houille, s’est concentrée une grande industrie textile : la fabrication des draps, dont Vervicrs est le centre.
146. Les voies de communication. — La Belgique, pays de plaines et pays riche, ne peut manquer d’avoir de nombreuses voies de communication : (Voir la carte n° G de la planche 1 1 .)
1° 7,000 kilomètres de routes, sans compter plus de 17,000 kilomètres de chemins vicinaux ;
2° Environ 1,500 kilomètres de voies navigables, moitié pour les canaux, parmi lesquels les plus importants sont :
le canal de Charleroi , qui conduit à Bruxelles les houilles du bassin de la Sambre, et qui, continuant sous le nom de canal de Willebrock, relie Bruxelles à Anvers ; le canal de Louvain et le canal de la Campine y aboutissent, venant de l’est : d’autre part, le canal de Gancl ci Bruges , qui envoie, de ces deux villes, des embranchements à l’embouchure de l’Escaut et à Ostende ; le canal cV Antoing , qui relie le bassin de la Sambre à l'Escaut, et différents canaux (canal de Roubaix, d’Ypres, etc.), qui sont le prolongement du réseau de la Flandre française ;
3° Environ 2,900 kilomètres de chemins de fer , sur lesquels le mouvement des voyageurs et des marchandises est plus actif que sur aucune autre voie du continent européen, et qui, par un réseau de lignes dirigées du sud au nord, et de l’ouest à l’est, relient, d’une part, toutes les villes importantes de la Belgique entre elles, et, d’autre part, les chemins de la France aux chemins de la Hollande et de la Prusse. Les uns sont exploités par l’État : ligne du nord, de Bruxelles à Anvers ; ligne de l’ouest, de Malines à Ostende, etc. ; ligne de l’est, de Malines à la Prusse ; ligne du sud, de Bruxelles à la France ; les autres par des compagnies (Liège à Givet, le Grand-Luxembourg, etc.). Bruxelles , Liège , Narnur, Charleroi , Mons , Courtrai , Bruges , Gand, Louvain , Malines , sont les principales villes d’où rayonnent les voies ferrées.
147. Les monnaies et mesures. — Les monnaies et mes'ures sont les mêmes en Belgique quen France.
148. Le commerce, — Le commerce de la Belgique est très-actif. A l’intérieur, il est facilité par l’absence de tout octroi à l’entrée des villes.
La marine belge ne compte guère plus de 30,000 tonneaux, son commerce par terre ayant une importance beaucoup plus grande, à cause de la nature de ses frontières, que son commerce maritime. Cependant le mouvement total, entrée et sortie réunies, de la navigation na-
tionale et indigène dans ses ports, s’élève à 1 million et demi de tonneaux . Elle ne possède que quatre ports : Nieuport , Ostende , Gand et Anvers; ce dernier fait à lui seul les sept huitièmes du commerce maritime.
Le commerce extérieur de la Belgique, qui n’était guère que de 400 millions en 1840, dépasse aujourd’hui 2 milliards et demi (commerce général).
L 'importation consiste surtout en substances alimentaires : céréales, de Prusse, de Russie, de Hollande, de France, etc. ; beurre, de Hollande, etc.; riz, des colonies anglaises ; café, de Hollande, du Brésil, etc; sucre, de Cuba, de Hollande ; vins, de France; et, en matières premières : minerai de fer et coton, d’Angleterre ; lin et chanvre, de Hollande, de France* de Russie ; laines, de France et d’Angleterre ; graines oléagineuses, peaux brutes, résines, sel, zinc, houille, de France, d’Angleterre, etc.
L ’ exportation consiste surtout, comme celle des pays industriels, en produits manufacturés, et principalement en tissus : tissus de laine (plus de 100 millions de fr.), tissus de soie , tissus de lin , tissus de coton , pour la Hollande, la France, la Prusse, le Chili, Cuba, etc. ; en rubans ; en fils , surtout en fils de lin et fils de laine, pour la Prusse, la France, la Hollande, l’Angleterre ; en machines, pour la Russie, la France, l’Espagne, etc. ; en sucre , brut ou raffiné, pour l’Italie, l’Angleterre ; en cristaux et ivoires ; en armes , pour la France, l’Italie, etc. ; en fer , minerai, fonte, rails, etc., pour la Hollande, la France, la Prusse, l’Espagne ; en papier , pour l’Angleterre, la Hollande, etc. Elle exporte aussi en grande quantité la houille (plus de 50 millions de fr.),pour la France et la Hollande ; les peaux, le café, le beurre, pour la Grande-Bretagne et la France; la laine , le chanvre, le coton, pour la France, l’Angleterre.
Son commerce d’importation et d’exportation donne lieu à un grand mouvement de métaux précieux.
149. Le commerce avec les divers pays. — Dans les relations commerciales de la Belgique, la France est au premier rang. La Grande-Bretagne (275 millions au commerce spécial), les Pays-Bas (215 millions) viennent au second ; Y Association douanière allemande (210 millions) et les États-Unis (env. 100 millions) au troisième. La Belgique a naturellement ses principales relations avec les pays qui sont sur sa frontière. C’est par ces mêmes pays que passent la plupart des produits destinés à des contrées plus lointaines ; aussi le transit est-il très-considérable avec Y Allemagne (env. 300 millions), les Pays- Bas (env. 150 millions) et la Grande-Bretagne.
La plus grande partie du commerce de la Belgique se fait par terre.
150. Le commerce avec la France. — La France, qui borde la Belgique sur toute sa frontière méridionale, qui est réunie à elle par de nombreuses voies ferrées, qui parle la même langue, qui a des industries analogues et des intérêts souvent communs, qui lui emprunte quelques-unes de ses matières premières, doit h ces diverses causes le rang qu’elle occupe dans le commerce belge. Elle figure pour 490 millions environ au commerce spécial et pourprés de 700 millions au commerce général (1). De la Belgique, elle tire surtout de la houille , du lin, des bestiaux et de la laine ; elle y envoie, soit pour être vendus dans le pays, soit pour être transportés sur des marchés plus lointains, des laines , des lainages , des vins , des soieries , du bois , etc.
151. Les grandes villes. — La Belgique compte 5 villes de 30 à 100,000 âmes et 4 villes de plus de 100,000 âmes , à savoir la capitale, deux villes manufacturières et un port (Voir les cartons de la planche 11) :
Liège (106,000 hab.), entouré de nombreuses communes
1. D’après la douane belge ; caria douane française porte ce nombre a plus d'un milliard.
(Herstal, Seraing, Chenée, Ougrée, etc.) qui sont en quelque sorte ses faubourgs, et qui portent à plus de 150,000 âmes l'agglomération. C’est un des deux centres houillers de la Belgique ; c’est le siège principal de la grande industrie métallurgique, ferv zinc et cuivre, et de la fabrication des machines et des armes.
Gand (121,000 hab.), au confluent de l’Escaut et de la Lys et relié à la mer par un canal, a conservé, comme la plupart des villes flamandes, quelque chose de l’aspect des villes du moyen-âge, tout en prenant le caractère des villes manufacturières modernes, C’est le grand centre de la fabrication du coton ; on y compte les deux tiers des broches à filer que possède la Belgique. C’est aussi la première ville pour la filature et le tissage du lin ; elle a de plus un grand nombre de raffineries, de distilleries, de brasseries.
Anvers (120,000 hab.), le grand port de la Belgique, situé sur la droite de l’Escaut, au point où le fleuve élargi (700 mètres) porte de gros navires ; cette ville, qui a eu des fortunes diverses, ret que la fermeture de l’Escaut a longtemps ruinée, commença à devenir une place importante de commerce au xvic siècle ; sa prospérité actuelle date de l’indépendance du royaume de Belgique; outre sa citadelle, elle a une enceinte de forts détachés qui la défendent au sud et à l’est.
Bruxelles (171,000 hab.), capitale du royaume; sa population totale, avec les 8 communes qui forment ses faubourgs, s’élève à 314,000 âmes ; elle n’a pas de rivière navigable; mais des canaux la mettent en communication avec Mons et Anvers, et des chemins de fer y rayonnent dans cinq directions vers les frontières. C’est une ville animée de tout le mouvement des affaires dans la partie basse, qui forme la vieille ville, élégante dans la partie haute, du côté où se trouvent le parc et la résidence royale, toute semée de grandes fabriques dans les faubourgs. Son industrie est très-variée ; elle possède de grands ateliers
de machines, des tissages, des filatures, des teintureries, des fabriques de faïence, et, comme Paris, toutes les petites industries d’une grande capitale.
152. Le gouvernement. — Les communes ont pour administrateurs un conseil communal nommé par les habitants, et un bourgmestre nommé par le roi pour six ans et assisté d’échevins ; les provinces, des conseils provinciaux déléguant, dans l’intervalle des sessions, une partie de leurs pouvoirs à des députations permanentes, et des gouverneurs nommés par le roi, ainsi que les conimiss aires d ’arro n dissemen t .
L’État est gouverné par le Roi, assisté de ministres responsables, et par le Corps législatif, composé de la Chambre des représentants , élus pour 4 ans, à raison de 1 pour 40,000 habitants, et du Sénat, élu pour 8 ans, à raison de 1 pour 80,000 habitants.
Le budget , dont les principales ressources consistent dans le revenu des chemins de fer, dans les droits d’accise et les contributions directes, est d’environ 175 millions.
L’armée est d’environ 40,000 hommes.
La justice est h peu près organisée comme en France. L’exercice des cultes et renseignement sont libres. L’Église catholique compte 5 évêchés, et 1 archevêché, Ma- . Unes. L’instruction est donnée dans les écoles primaires, entretenues pour la plupart par les communes, dans les écoles moyennes et dans les athénées royaux, dans les universités, qui sont au nombre de quatre : deux universités de l’État, Liège et Gand, et deux universités libres, Bruxelles et Louvain. Les Flandres ont des écoles d’apprentissage.
153. La population. — La population est de près de 5 millions d’iiabitants, c’est-à-dire de plus d’uN habitant et demi tar hectare, ou, plus exactement, de 164 habitants par kilomètre carré. Dans la partie occidentale (Flandre, Hainaut, Brabant) cette population est très-agglomérée
(267 habitants au kilomètre carré clans la Flandre orienale) ; elle est clairsemée dans l’Ardenne (4-4 habitants au kilomètre carré dans le Luxembourg).
Presque tous les Belges professent la religion catholique. L’instruction primaire est moyennement répandue, moins dans les Flandres que dans l’est; la langue française est la langue officielle; mais, dans l’ouest et le nord, les habitants parlent le flamand .
Cette population, si industrieuse et si pressée sur un étroit espace, doit à la nature le lin , qui lui fournit la matière de sa première industrie, la houille et le fer , sans lesquels son activité industrielle n’aurait pu s’exercer de nos jours; mais elle a eu à triompher d’un sol peu fertile par lui-même, et c’est à de longues traditions de travail remontant aux premiers temps du moyen-âge, à d’abondants capitaux, à la facilité des communications créées de main d'homme sur un terrain peu accidenté, en un mot, c’est surtout aux efforts persévérants d’une population laborieuse qu’elle doit sa puissance économique. L’âge moyen des vivants en Belgique est de 27 ans environ, à très-peu près comme en France et en Angleterre, supérieur au chiffre de 1* Allemagne et surtout de l’Europe orientale et méridionale; les naissances, relativement à la population, sont à peu près aussi nombreuses qu’en Angleterre (32 naiss. sur 1 ,000 hab.), plus nombreuses qu’en France, beaucoup moins qu’en Allemagne et en Autriche ; c’est dans les Flandres que les conditions de bien-être et de vitalité de la population paraissent être le moins favorables ; la phthisie est la plus fréquente cause de mort (env. 30 pour 100 des décès).