‹ L'EuropeChapitre 38 sur 93 · Le commerce intérieur. — Les transports que · texte numérisé non relu

Le commerce intérieur. — Les transports que

nécessite le commerce intérieur se font par le cabotage, par les voies fluviales, par les routes et les chemins de fer. Le cabotage est médiocrement important. La navigation fluviale, au contraire, est assez active sur le Weser, sur l’Oder ; très-active sur l’Elbe dont Magdebourg est le principal entrepôt. Les chemins de fer transportent environ 33 millions de tonnes pour la Prusse seule, et probablement plus de 43 millions pour l’Allemagne entière. De tous les entrepôts, le plus important est Leipzig, situé dans une belle plaine au centre de l’Allemagne, avec des chemins de fer rayonnant dans tous les sens ; depuis la lin du quinzième siècle, Leipzig a des foires célèbres où des marchands de l’Europe entière et môme des autres parties du monde se donnent rendez-vous, et qui longtemps ont approvisionné l’Europe orientale de produits fabriqués et de denrées coloniales ; la facilité des communications tend à amoindrir les foires en permettant aux négociants de faire directement leurs achats aux lieux de production ; cependant deux des foires de Leipzig, celle de la Saint-Michel et surtout celle de Pâques qui est le rendez-vous des libraires de toute l’Allemagne, donnent encore lieu à un trafic considérable.

Au second rang, sont les foires de Franc fort-sur -le- Mein qui ont été longtemps les rivales de celles de Leipzig; celles de Brunswick dans l’Allemagne du Nord ; celles de Nuremberg, qui a été au moyen âge le plus grand marché de l’Europe centrale et celle d ’ Augsbourg, qui tend à reprendre son influence perdue. Les grandes villes manufacturières, Berlin, Breslau, Dresde , Cologne, Munich , Mulhouse et les ports sont, avec les villes déjà citées, les principales places du commerce allemand.

189. Le commerce extérieur. — Le commerce extérieur qui, en 1843, était d’environ 1 milliard 600 millions, atteint aujourd’hui 3 milliards, dont 3 milliards

800 millions pour le commerce spécial et 1200 millions pour le mouvement d'entrée et de sortie du transit ; mais il ne faut pas oublier qu’il ne comprend pas tout le mouvement commercial de l’Àllemagne, les grands ports de Hambourg et de Brême n’y figurant pas (1). Il consiste :

A l’importation :

En matières premières pour le tissage , coton et laine (environ 50,000 tonnes), fils de coton venant d’Angleterre, des États-Unis par Brême et Hambourg, de Belgique par Cologne, laine (env. 25,000 tonnes) et fils de laine , venant d’Australie, du Cap et de la Plata directement ou par l’intermédiaire de l’Angleterre et de l’Autriche, soie êcrue (plus de 1,000 tonnes), chanvre et lin ;

En denrées coloniales, café (70,000 tonnes), sucre brut, cacao, thé, poivre et piment, ainsi que du tabac , venant directement par les villes Hanséatiques ou indirectement par l’Angleterre et la Belgique ;

En métaux et minéraux, fonte brute et vieux fer (100,000 tonnes), minerai de fer et d’acier, acier, fer forgé, calamine, cuivre, étain, plomb, soufre, houille, venant principalement de Belgique par Cologne, de Suède et d’Angleterre ;

En céréales et graines, froment, seigle, orge, avoine,

riz, graines de colza et de lin, venant principalement de la Pologne et de la Russie, et par Hambourg ;

En bestiaux, porcs (plus de 400,000 têtes), bêtes à cornes, chevaux , moutons et viande, venant principalement d’Autriche, de Pologne et de Suisse :

En matières premières pour les industries chimiques, en bois de teinture (26,000 tonnes), en sel, en cuirs et crins, en soude, tan, poix et goudron, résine, suif, huile de poisson, huiles diverses, salpêtre, indigo, caoutchouc,

t. Les chiffres des valeurs ne sont pas officiels, mais ils sont calculés par des statisticiens, la douane ne donnant que des quantités.

garance, venant, pour les matières exotiques, surtout par Brême et Hambourg; pour les produits européens, surtout par les frontières de l’est et du sud-est ;

En bois, bois de construction (environ 2 millions de pièces, de Suède et Norvège et de Russie, et bois d'ébénisterie d’Amérique ;

En produits alimentaires , harengs (200,000 tonnes), surtout de Norvège; vins et eaux-de-vie surtout de France et de Portugal ; fruits secs (dattes, ligues) et fruits du Midi (oranges, citrons), huile d’olive venant principalement d’Italie par mer ;

En objets manufacturés , ouvrages en fer et en acier (18,000 tonnes), tissus de laine, de lin, de soie, de coton, papier, verrerie et porcelaine d’Angleterre, d’Autriche, de France, etc.

A Y exportation ;

En céréales (environ / millions d’hectolitres en 4864). li ornent, seigle, orge, etc., farines et légumes secs, pour 1 Angleterre, la Hollande, la Belgique, la Suisse, etc. ;

En animaux vivants et produits animaux , bêtes a cornes (plus de 100,000 têtes) moutons (plus de 450,000), pot es (120,000), chevaux (20,000), viande, cuirs , peaux et poils, laines , beurre , pour les pays de l’Occident, Angleterre, France, Belgique, Hollande et pour la Russie ;

En boissons, eaux-de-vie , vin , bière , principalement pour les pays d'Occident;

En produits agricoles divers : graines de colza, de lin et de trèfle (environ 60,000 tonnes), huiles de graines et tourteaux , sucre et mélasse, tabac , houblon ;

En bois de construction et bois d’œuvre (environ 1 million et demi de pièces), pour l’Angleterre, la Hollande, la France, la Belgique ;

En houille (2 millions de tonnes), pour la France, la Hollande, l’Autriche, la Suisse ;

En métaux : minerai de fer (180,000 tonnes), zinc (36,000 tonnes), fonte , fer forgé et l'ails (25,000 tonnes), acier (3,500 tonnes), plomb (15,000). etc., et ouvrages en métaux , ouvrages en fer et en acier (34,000 tonnes), ouvrages en zinc et en fer-blanc , tôle et fer-blanc, cuivre ouvré, principalement pour les pays de l’Occident ;

En eaux minérales et en sel ;

En coton , en laine , en Un et chanvre, en tissus, lainages, (16,000 tonnes), et fils de laine, cotonnades et bonneterie (9,000 tonnes), et fils de coton, toiles (7,000 tonnes), soieries 1,500 tonnes), pour la Russie, la Suisse, l’Autriche, la Hollande, la France, etc. ;

En produits manufacturés divers, verrerie (verre à bouteilles, gobeleterie, etc.) et porcelaine, bijouterie et horlogerie, papier et cartonnages, livres et gravures, instruments de m usique ;

En denrées coloniales , que l’Allemagne revend surtout à l’Autriche, à la Suisse et à la Russie.

190. Le commerce avec la France. — Dans le commerce du Zollverein, l’Angleterre vient au premier rang, l’Autriche au second, la France au troisième. La France fait avec l’Allemagne (Zollverein et villes hanséatiques) environ 550 millions d’affaires, expédiant en assez grande quantité des soieries, de la mercerie, des lainages; en moindre quantité des vins, des soies, de la lingerie et des modes, des fils ; et recevant des bestiaux , de la laine , du bois , de la houille , des peaux , des grains dans les années de mauvaise récolte en France, des cendres et regrets d’orfèvre, etc.; ces relations ont lieu par terre beaucoup plus que par mer. Il est difficile, d’ailleurs, de dresser un compte exact des exportations de la France pour l’Allemagne, un certain nombre (le marchandises qui lui sont destinées passant par la Belgique ou par la Suisse, et un certain nombre de marchandises qui entrent direc-

tement par la frontière du Zollverein étant destinées à r Autriche et à l’Europe orientale.

4n,c Section.

Page 1