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Retour sur la géographie physique. — La

Suisse est située entre 8°4o/ et 8°10' de longitude orientale et 45o30' et 47°-45/ de latitude.

Elle est bornée à l’ouest par la France, au sud par 1*1talie, à l’est par F Autriche, au nord par le lac. de Constance et le grand-duché de Bade.

Elle a une superficie dé -41,000 kilomètres carrés.

Elle appartient au climat alpestre , et, située presque tout entière sur le versant septentrional de la chaîne, elle en a les plus rudes hivers. Les roches cristallines centrales des Alpes composent en grande partie son are te méridionale; les roches calcaires des contreforts des Alpes, sa partie centrale: au nord, s’étend la plaine tertiaire de l’Aar et du Rhin. C’est le pays le plus montagneux del’Europe (voir§ 15 les Alpes). Elle a par conséquent de nombreux lacs, ceux de Genève, de Neufchàtel , de Thun ., des Quatre-Cantons, de Zurich , de Constance ; elle est arrosée, au sud, par le Rhône, le Tessin, affluent du Pô, 17wn, affluent du Danube ; mais la plus grande partie de son territoire appartient au bassin du Rhin , et d’un de ses principaux affluents, Y Aar.

195. La formation politique. — Habité originairement par les Helvètes , peuple gaulois, ce pays fut en grande partie soumis par César et prit, sous l’Empire romain, le nom de Grande Séquanaise. Les Burgundes s’y établirent au ve siècle, et les Francs le rattachèrent à leurs possessions. Après la dissolution de l’empire de Charlemagne, il forma le royaume d e Bourgogne transju raen , puis fit partie du royaume d’Arles, jusqu’au moment où il passa, avec ce royaume, sous l’autorité des empereurs d’Allemagne (1032). Cette autorité se fit peu sentir dans l’Helvétie, où se formèrent de nombreuses villes libres. Mais la maison de Habsbourg étant montée sur le trône et ayant essayé par des mesures tyranniques de soumettre directement le pays à sa domination, les trois cantons d'Uri, Schwitz (d’où le nom de Suisse ) et Unterwald se révoltèrent (1308), consolidèrent leur indépendance par leurs victoires, et admirent bientôt dans leur ligue Lucerne, Zurich, Glaris, Zug, Berne (de 1332 à 1333), puis Fribourg, Soleure, Bàle, etc. (1481 à 1313). Redoutables par leur courage, les Suisses furent recherchés dans toutes les armées du xvie siècle. L’Allemagne reconnut, au traité de Westplialie, l’indépendance des Cantons helvétiques (1G48). La France intervint deux fois pour modifier leur constitution aristocratique et rendit égaux en droits les 19 cantons (1798 et 1803). Les traités de 1815 portèrent le nombre de ces cantons à 22, et changèrent le pacte fédéral, qui lui-même fut remplacé, par une nouvelle constitution fédérale, en 1848.

196. Les cantons. — La Confédération suisse , dont la ville fédérale est Berne, se compose de 22 cantons : Bèilc , canton divisé en Bàle-villc et BcUe-campagne (ch.-l.

Liestall).

Soleure

cap. Soleure.

A rgovie

— Aarau.

Zurich

— Zurich.

Schaffouse — Schaffouse.

Tlvurgovie — Frauenfeld.

Appenzell, canton divisé en Rhodes intérieure (ch.-l. Ap-

penzell) et Rhodes extérieure^ ch.-î. Ilerisau).

Grisons cap. Coire, composés de 3 ligues : ligue — Grise (ch.-l. Dissentis); ligue de la Maison-de-Diea (ch.-l. Goire); ligue des Dix-Droitures (ch.-l. Davos), dontles2o juridictions forment en réalité autant de petites républiques.

Tessin cap. Lugano, Bellinzona et Locarno.

Valais — Sion, formé delà confédération de 13

dizaines.

Genève

Vaud

Neufchàtel

Fribourg

Berne

Genève.

Lausanne.

Neufchàtel.

Fribourg-

Berne, divisé en six parties (Mitlelland, Seeland, Jura Bernois, Ober-Aarau, Emmenthal, Oberland). '

Zug

Lucerne

Schwitz

Uri

Zug.

Lucerne.

— Schwitz.

— Altorf.

Unterwald , canton composé de deux parties : Obcrwald

(Sarnen) et Niederwald (Stanz).

Glaris cap. Glaris.

197. Les réglons agricoles. — Le territoire agricole de la Suisse se divise en deux régions : la montagne, qui comprend le Jura, les Alpes et leurs nombreux rameaux ; et la plaine; celle-ci, presque partout enchevêtrée dans la montagne, comprend ses dernières pentes ainsi que le fond étroit des vallées et le long plateau tertiaire de Berne et Zurich s’étendant du Jura au lac de Constance.

L’EUIIOPE.

1° La 'plaine est la région des vignes et des céréales. Elle n’occupe guère que les 3/20 de la surface du pays, et, si l’on excepte le plateau de Berne et Zurich, elle n’est représentée, dans la plupart des cantons du centre et du sud, que par de petits champs isolés, suspendus au pied d’une montagne ou placés au bord d’un torrent sur le sol nivelé par ses eaux ; l’orge ou le seigle y montrent seuls leurs épis clairsemés : la vigne s'y mêle quelquefois, et, sur les pentes bien exposées, mûrit jusqu’à une hauteur de plus de 600 mètres. Nulle part de grande culture : ni les mœurs, ni le sol ne s’y prêtent. La plupart des paysans sont propriétaires et cultivent eux-mêmes, à la bêche plus qu’à la charrue ; aussi, bien que leur mode d’exploitation ne soit pas perfectionné, leur travail énergique et les vastes pâturages de la région montagneuse, qui procurent du fumier en abondance, rendent leurs terres très-productives. D’élégants chalets s’élèvent sur le bord des routes et sur les flancs des collines.

2o La montagne , en Suisse, comme dans tous les pays, présente, sur un étroit espace, le résumé des climats les plus divers ; et une ascension de 1000 mètres suffit pour faire trouver des différences aussi grandes dans la végétation,que si l’on faisait un voyage de 1000 kilomètres du sud au nord. Les parties inférieures entre 600 et 1000 mètres d’altitude offrent disséminés çà et là les derniers champs d’orge et de seigle, de belles et vastes prairies irriguées, dont on fauche l’herbe pour nourrir le bétail à l’étable durant l’hiver ; des arbres à feuilles caduques bordant les prairies ou réunis en massifs, le châtaignier et le noyer, près des hameaux, le tremble au bord de l’eau, quelques chênes et enfin le hêtre qui atteint l’altitude de 1,300 mètres. Mais déjà, à cette hauteur, on est dans le domaine des arbres résineux: au sapin argenté succède l’épicéa, qui règne bientôt en souverain vers l’altitude de 1,800 mètres, et qui, avec ses troncs élancés de 40 mètres

et plus, ses rameaux d’un vert sombre, est un des ornements caractéristiques du paysage alpestre. Au-dessus de lui se dressent jusque sur les pentes ardues des massifs de mélèzes et d’aroles, qui semblent s’allonger en colonnes d’attaque montant à l’escalade des crêtes. Mais ils n’y parviennent pas; vers 2,000 mètres, la rigueur du climat triomphe, les avalanches renversent les aroles qui se sont hasardés trop loin, et le sol n’est plus couvert que de rhododendrons et çà et là de pins rampants et de bouleaux rabougris dont les immenses racines ont de la peine à nourrir et à soutenir un tronc maigre et tortueux. C’est avant cette limite extrême, vers 1,700 à 1,800 mètres, que se termine la première partie de la montagne, c’est-à-dire la région des forêts , qui comprend environ 1/5 du territoire.

Au-dessus est la région des Alpes , c’est-à-dire des pâturages alpestres, que l’hiver couvre chaque année, pendant plus de six mois, d’un manteau de neige et qui donnent l’été une herbe courte et d’aspect maigre, mais fine et savoureuse, source de richesse pour le paysan suisse. La nature y est partout grandiose et sévère. La région des forêts est calcaire ; celle des alpes appartient surtout aux terrains granitiques : plus d’arbres ; des rocs nus, des neiges perpétuelles d’où descendent les glaciers, et des alpages jetés sur les pentes ou couronnant les plateaux. Des chalets ou plutôt des huttes de pierres sèches abritent le berger, qui y fabrique ses fromages ; ses vaches passent la belle saison dans les alpes inférieures, que l’on fauche quelquefois pour augmenter la provision d’hiver ; les alpes supérieures sont accessibles aux seuls moutons, qui, du fond de la vallée, apparaissent au voyageur comme des points grisâtres sur la verdure. Les alpes et les prairies de la région des forets forment plus du tiers de la surface du pays.

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