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Retour sur la géographie physique. — Le

royaume d’Italie, situé entre 4° 12' et 16° 10' de longitude occidentale, et entre 46° 40' et 36° 40' de latitude, comprend, outre la péninsule italique, deux grandes îles, la Sardaigne et la Sicile; il est borné par la France, la Suisse et T Autriche au N. -O., N. et N.-E. ; par la mer Tyrrhénienne et la Méditerranée à l’O. ; par la Méditerranée et la mer Ionienne au S. ; par le canal cVO branle et la mer Adriatique à TE. Il a une superficie de 296,000 kilomètres carrés.

L’Italie appartient au climat ' méditerranéen par ses îles et par toute la péninsule, moins les pentes des Alpes qui dépendent du climat alpestre. Les terrains crétacés et les terrains tertiaires dominent sur toute la ligne de l’Apennin, avec quelques bandes de terrains jurassiques dans le centre et dans le sud ; la plaine du Pô et celle du Tibre sont des allumions modernes ; les roches éruptives dominent dans la campagne de Rome, dans celle de Naples, dans la Sardaigne et à l’Orient de la Sicile. Les Alpes Tenceignent au N. et les Apennins la traversent dans toute sa longueur. Le Pô, VAdige , la Br enta , la Piavey le Taglia'tnento, Ylsonzo , l’arrosent au N. ; 1 ’Arno, YOm-

brone , le Tibre, le Go.rigliano , le Vulturne à 1*0. ; le Basiento et le Bradano au S.; l’Ofanto à l’E. La partie alpestre compte de nombreux lacs, lac Majeur , lac de Corne, lac de Garde, etc. ; et la partie centrale, les lacs de Pérouse ou de Trasimène , de Bolsena, etc.

273. La formation politique. — L’Italie fut habitée primitivement par les Pélasges, au centre et au midi, par les Ligures , tribu ibérique qui s’établit à l’ouest ; par les Venètes , d’origine slave, qui s’établirent à l’est ; par les Gaulois (Ombriens, etc.) qui occupèrent toute la Cisalpine, plus tard elle fut dominée par les Étrusques ou Toscans, qui fondèrent au nord et au centre un ilorissant empire, et colonisée au midi par les Phéniciens et par les Grecs ; puis elle tomba, après de longues guerres, sous la puissance des Romains (765 à 163 avant J.-C.), et, pendant six siècles, Rome domina sur le monde. L’Italie, ravagée par les Wisigoths, les Huns et les Vandales, passa, après la chù te de l’Empire romain d’Occident (476 après J.-C.), au pouvoir des Hérules, puis des Ostrogoths (489- 554), enfin des Lombards (568). Charlemagne réunit à son empire toute l’Italie du nord jusqu’à la Pescara et rendit tributaire le duc de Bénévent, qui possédait le midi. Après la dissolution de Y Empire carlovingien , une période de troubles et d’anarchie commença en Italie ; de petites principautés se formèrent et les villes s’organisèrent en municipalités. Avec Othon le Grand, qui reçut à Rome la couronne impériale (962), les Allemands rentrèrent dans la péninsule qui resta soumise à leur domination, ou du moins à leur influence pendant trois siècles (1250). Cependant les Normands avaient formé dans le midi le royaume de Naples, devenu le royaume des Deux - Siciles (1016-1194), et la puissance temporelle des papes, établie par Charlemagne, s’était accrue. Au moyen âge, brillèrent les républiques de Gênes, de Pise qui s’éclipsa promptement, de Florence , de Venise. Au xve siècle, les

Français essayèrent en vain d’établir leur domination en Italie : la couronne de Naples, longtemps disputée, resta à l’Espagne (1503) ; Gharles-Quint s’empara du Milanais (1535) et établit en Italie la toute-puissance de la maison d’Espagne- Autriche. Au commencement du dix- huitième siècle, l’influence passa de la branche espagnole 5 la branche autrichienne; et à la meme époque, le Piémont, érigé en royaume (1713), prit le nom de royaume de Sardaigne (1720). Pendant les guerres de la République et de l’Empire, la constitution de l’Italie fut plusieurs fois remaniée : toute la partie nord-ouest jusqu’à Terracine forma des départements français , par suite de diverses réunions qui eurent lieu de 1802 à 1810; toute la partie nord-est forma le royaume d'Italie dont Napoléon Ier fut roi (1803). Le royaume de Naples, au S., avait pour roi Murat, beau-frère de Napoléon (1808). Les événements de 1815 rendirent le royaume des Deux-Siciles

aux Bourbons, les Etats pontificaux au pape, le Piémont avec Gènes au roi de Sardaigne, rétablirent les duchés de Toscane, de Parme, de Lucques, de Modène, et donnèrent la Vénétie et la Lombardie jusqu’au Tessin à l’Autriche, qui reprit une influence toute-puissante en Italie. Une tentative pour échapper à ce joug échoua en 1849. En 1859 et 1860, à la suite de l'expédition de Napoléon III en Italie. l’Autriche céda la Lombardie jusqu’au

Mincio. Bientôt après, les duchés, Une partie des Etats pontificaux et le royaume des Deux-Siciles s’annexèrent au Piémont devenu l’instrument de l’indépendance et de l’unité italienne et qui prit en 1861 le nom de royaume d’Italie. L’unité s’est accomplie par la cession de la Vénétie en 1866 et l’occupation de Rome en 1870.

274. Les provinces. — Le royaume d’Italie, dont Florence est la capitale, comprend 69 provinces désignées par le nom des chefs-lieux et réparties en 11 grandes divisions :

1° Piémont et Ligurie , comprenant les 6 provinces d’Alexandrie ’, Goni , Gênes , Novare , Port - Maurice , Turin ;

2 o Sardaigne , comprenant les 2 provinces de Cagliari et Sassari;

3° Lombardie , comprenant les 8 provinces deBergame, Brescia, Corne, Crémone, Mantoue, Milan, Pavie, Sondrio ;

4° Emilie , comprenant les 9 provinces de Bologne, Ferrare, Forli, Massa et Carrare, Modène, Parme, Plaisance, Ravenne, Reggio ;

5° Marches , comprenant les 4 provinces d’Ancône, Ascoli-Piceno, Macerata, Pesaro et Urbino ;

6° Ombrie , comprenant la province de Pérouse ;

7° Toscane , comprenant les 7 provinces d’Arezzo, Florence, Grosseto, Livourne, Lucques, Pise, Sienne ;

8° Provinces napolitaines, comprenant les 16 provinces d’Aquila (anciennement Abruzze ultérieure seconde), Avcllino (anc. Principauté ultérieure), Bari (anc. Terre de Bari), Bénévent, Gampo-Basso (anc. Molise), Caserta (anc. Terre de Labour), Catanzaro (anc. Calabre ultérieure seconde), Cosenza, Ghiéti (anc. Abruzze citérieure), Foggia (anc. Capitanate), Lecce (anc. Terre d’Otrante), Naples, Potenza (anc. Basilicate), Reggio (anc. Calabre ultérieure), Salerne (anc. Principauté citérieure), Teramo (anc. Abruzze ultérieure première) ;

91 Sicile, comprenant les 7 provinces de Caltanisetta, Catane, Girgenti, Messine, Païenne, Syracuse, Trapani ;

10° Vénétie, comprenant les 8 provinces de Bellune, Padoue, Rovigo, Trévise, Udine, Venise, Vérone, Vicence.

11° L’ancien Patrimoine de X Eglise formant la province de Rome, autrefois divisée en 5 délégations (Rome, Givitta-Vecchia, Viterbe, Frosinone et Velletri).

Entre l’Émilie et les Marches est enclavée la petite

république de Saint-Marin , qui occupe un espace de 61 kil, carrés et compte 7,000 habitants.

(Voir la carte n* 23.)

275. Les régions agricoles. — Le royaume d’Italie peut se diviser en cinq régions agricoles :

1° Au N., la région du Pô, qui comprend elle-même deux parties très-distinctes :

La première, située aie nord du Pô, "descend du sommet des Alpes jusqu’au fleuve par trois étages: d’abord, c’est la montagne abrupte et rocheuse, percée d’étroites vallées, avec quelques rares bois résineux et de vastes pâturages alpestres; dans le fond des gorges, de petits champs de seigle et d’avoine que le paysan propriétaire retourne de ses mains et crée presque entièrement par son labeur en apportant à la hotte et en retenant par des murailles de pierres sèches les terres prêtes à s’ébouler ; puis vient la colline et le plateau où domine' la culture du mûrier et où l’on trouve la vigne, le froment, le seigle et le sarrasin cultivés à la bêche par de petits métayers ; enfin, c’est la plaine, terre d’alluvion, contrée riche par excellence, exploitée en général par la grande culture, dont la terre donne souvent deux récoltes par an, et dont la fertilité est due beaucoup moins au sol lui-même qu’aux nombreux cours d’eau descendant de la montagne et répartis dans la plaine, a l’aide de canaux habilement multipliés (canal Cavour , Naviglio grande, canal Muzza débitant 50 mètres cubes d’eau par seconde). C’est h ces derniers que l’on doit les rizières et les prairies dont quelques-unes (les marcites ou prés d’hiver, arrosés par la I Vettabia) donnent jusqu’à huit coupes par an. Là où viennent l’herbe ou le riz, on les préfère à toute autre culture, comme beaucoup plus productifs ; là où ils ne viennent pas, on trouve les prairies artificielles, qui aident

â l’élève d’un nombreux bétail, le maïs et le froment, le

seigle, l’avoine, le colza, le sorgho, le millet, sur certains points le mûrier; presque partout le peuplier marque la ligne des canaux ; sur le bord des lacs mûrissent l’olivier et l’oranger. Plus froide dans le Piémont , cette partie de la région du Pô a dans la Lombardie ses campagnes les plus riches et les mieux arrosées, et dans la Vénétie ses plaines les plus étendues, lesquelles, vers le bord delà mer, se changent en marécages et en lagunes.

La partie située au sud du Pô, moins bien arrosée, comprend le Mont ferrât dont les coteaux portent la vigne et le mûrier ; la Ligurie montagneuse et aride au nord, mais produisant, sur les versants méditerranéens échauffés par le soleil, les plus beaux fruits des contrées méridionales, l'olivier, l’oranger, l’amandier ; V Emilie pierreuse et sauvage dans l’Apennin où elle rend plus de châtaignes que de blé, mais plantée de vignobles sur les coteaux et couverte dans la plaine, surtout dans la plaine de la Romagne, de moissons, de champs de maïs et de chanvre, que coupent de distance en distance de petites rivières bordées de prairies.

2° La région du centre comprend trois parties :

La Toscane, dont les hauts plateaux montagneux sont couronnés tantôt de forets de hêtres, de châtaigniers, de genévriers ; et tantôt de pâturages où chèvres et moutons passent l’été. Pendant l’hiver ces troupeaux descendent dans les marécages plantureux, mais malsains, dits marc mmes, dont les collines présentent au regard le mûrier et la vigne, et dont les plaines bien cultivées donnent le maïs, le blé, le lupin ;

L ’Ombrie, montagneuse, mais généralement bien cultivée par de robustes campagnards, et les Marches, plus accidentées encore sur les crêtes de l’Apennin, mais rappelant, sur les bords de l’Adriatique, la culture de la Romagne ;

La campagne de Rome , plaine d’un aspect sévère,

presque entièrement déserte, n’offrant aux regards attristés que de maigres pâturages, de rares champs de blé et de vastes marécages : les marais Pontins n’occupent pas moins de 18,000 hectares.

3° Au S., la région napolitaine comprend quatre parties :

Les riches plaines de Vouest , situées entre l’Apennin et la mer Tyrrhénienne, embrassent la terre de Labour , Naples et la Principauté citérieure , et donnent d’excellents blés durs, du maïs, des pastèques, du chanvre, ainsi que l’oranger, le mûrier, l’olivier et le peuplier mariés à la vigne et abritant les récoltes contre les ardeurs d’un soleil brûlant ;

Les âpres montagnes du centre et de l'est couvrent presque entièrement les Abruzzes et s’étendent par la principauté de Béncvent et la Principauté ultérieure jusque sur la Basilicate, avec leur population rare et sauvage, leurs pâturages couverts de moutons l’été et déserts l’hiver ;

La plaine du sud-est comprend l’ancienne Pouille et s’étend jusqu’au cap Leuca. C’est une terre calcaire, mal arrosée par de maigres filets d’eau et mal cultivée ; les oliviers y abondent ; les moutons, chassés des montagnes par le froid, y passent l’hiver, mais leurs migrations fréquentes sont une des causes de l’état misérable de l’agriculture ; les Calabres , ou extrémité sud-ouest de l’Italie, contrée malsaine sur le littoral, montagneuse au centre, avec de vastes plateaux (plateau de la Sila, etc.), mais en grande partie inculte et livrée à la vaine pâture, nourrissent une bonne race de petits chevaux.

4° La Sicile présente au centre un vaste plateau élevé de 4 à 500 mètres, sans routes, sans bois et presque sans culture ; sa côte méridionale est malsaine et peu habitée ; mais les côtes orientale et septentrionale sont, au contraire, assez peuplées et animées par une végétation luxu-

riante et presque tropicale ; on y trouve le cotonnier et la canne à sucre.

5° La Sardaigne présente il l’intérieur une série de plateaux montagneux diversement découpés, très-boisés, avec un littoral généralement insalubre et des plaines fertiles comme le Gampidano, mais peu cultivées faute d’habitants et de voies de communication.

276. Les cultures herbacées. — L’Italie consacre au labourage environ les 2/5 de son sol, c’est-à-dire plus de 15 millions d'hectares et récolte environ 70 millions d’ hectolitres de grains , quantité qui n’est pas tout à fait suffisante pour nourrir ses habitants. Sa récolte se compose, moitié de froment (35 mill. d’hect.), dont les plus belles espèces sont le grano gentile de Toscane, trèsestime et exporté contre importation de blés de qualité inférieure, et les beaux blés durs de Naples (blé de Barletta, ceux de la plaine d’Arezzo, etc.), et de Sicile , riches en gluten. Un quart appartient au maïs (16 mill. d’hect.) cultivé surtout dans la vallée du Pô et dans la Toscane, et donnant par hectare 30 à 40 hectolitres, tandis que le froment n’en donne guère que 17 : il sert à faire la polenta, sorte de bouillie dont se nourrissent les paysans. Un huitième se compose d’orge et d’avoine (7 millions 1/2 d’hectolitres) ; le reste, de seigle, de sorgho et surtout de riz que l’Italie produit en plus grande quantité qu’aucun autre pays d’Europe (1 million 1/2 d’hectolitres pour 150,000 hectares) : il réussit surtout dans les plaines irriguées, inondées meme jusqu’en juillet, du Piémont, de la Lombardie (Géra d’Adda, etc.), et de la Vénétie (districts de Pavie, Novare, Vérone, Verceil, Milan, Mantoue, Itovigo, etc.) (1).

La pomme de terre fournit près de 10 millions d’hecto-

1. Tous les chiffres relatifs à la production agricole ou industrielle ne doivent être regardés que comine des évaluations approximatives.

litres â l’alimentation ; les haricots, les doliques du nord, les poids chiches du midi ajoutent environ 4 millions.

Les principales cultures industrielles sont : le chanvre et le lin , qui produisent 63,000 tonnes de filasse, dont 30,000 pour le chanvre ; le plus renommé est celui du Bolonais , celui du Ferrarais , de la Toscane , du Modénais ; la Lombardie est presque au môme rang, à cause de son lin ; vient au second rang le Piémont ; la terre de Labour et la Sicile au troisième ; le lin réussit surtout dans les environs de Crémone, de Crème, de Potcnza. La garance vient de Toscane et de Salerne ; le sumac de Vénétie et de Sicile (val de Mazzara près de Palerme) ;

J anis, le safran, des provinces méridionales ; le coton (valeur, 60 millions de fr.), de la Sicile, de la Calabre , des districts de Salerne et de Lecce, et de quelques vallées de la Sardaigne.

En Sicile on cultive encore un peu la canne à sucre (env. 8,300 tonnes). Les prairies naturelles , les marcites ou prés d'hiver, les prairies artificielles (trèfle, lollio et luzerne) qui se trouvent en certain nombre dans la Lombardie, n’occupent en tout qu’un million d’hectares ; les pâturages , au contraire, pâtis de l’Apennin, etc., occupent près de o millions 1/2 d’hectares et abondent dans les provinces napolitaines.

277. Les arbres. — Les principales cultures arborescentes de l’Italie sont :

1° La vigne dont le soleil ardent, les pentes du terrain et la nature du soi favorisent la culture. La Sicile est au premier rang, avec une production de plus de 4 millions d’hectolitres et des crus renommés, le Mar s al a, le muscat de Guarnaccio , le Syracuse , le granatino ou vin blanc de Gatane, etc.; au second, Y Emilie avec ses coteaux de l’Apennin qui regardent le soleil levant, de la vallée du Pô (le Lambrusco, le Gisolo, etc.) ; au troisième, le Piémont et

la Ligurie, avec les coteaux du Montferrat (malvoisie d’Asti), du Novarais, de la vallée d’Aoste, les pentes des Alpes maritimes et de l’Apennin (le Dolcetto, le Couad, le Gattinara, etc.) ; la Yénétie avec les coteaux des monts Euganéens et du Frioul ; les Marches et l’Ombrie avec les crus de Pérouze, etc. ; la Toscane avec le Chianti, etc. ; les provinces napolitaines avec les coteaux qui vont de Naples aux Abruzzes et qui s’étendent dans la Calabre, et les crus du Lacryma-Christi au pied du Vésuve, les vins du Pausilippe, d’ischia, de Capri, ceux de la province de Lecce, le gréco de Nocéra, etc. La production totale atteint peut-être 20 millions d’hectolitres. Une culture meilleure et l’abandon de l’usage antique de marier la vigne à d’autres arbres d’où elle pend en festons, mais où elle mûrit mal, la rendrait encore plus abondante. L’Italie méridionale fournit beaucoup de raisins secs. Les provinces napolitaines ( Vasto, etc.), Venise, Trévise, Vi-

cence, etc., fournissent du vinaigre ; Y Emilie et Venise, de l’eau-de-vie.

2° L’olivier occupe un demi-million d’hectares dans les provinces 'napolitaines (surtout terre de Bari et terre d’Otrante), dans la Sicile, la Ligurie, la Toscane (Lucques, etc.), et dans les expositions favorables du Piémont et de la Lombardie, fournit 1 million et demi d’hectolitres d’huile.

3° Le mûrier, dont la feuille nourrit le ver à soie, est cultivé dans presque toutes les provinces italiennes, surtout celles de la vallée du Pô (en première ligne la Lombardie), du Frioul et de l’Ombrie ; c’est encore une des belles industries agricoles de l’Italie, quoique la maladie des vers h soie en ait considérablement diminué le rendement (des 4/3 environ depuis 10 ans).

4° L’oranger, donne des fruits savoureux dans. les provinces napolitaines et dans la Sicile.

D'autres fruits , le citron, le cédrat, la figue, la prune,

l’amande, la pistache, l’ananas poussent sous le climat des 'provinces méridionales et de la rivière de Gênes.

5° Le châtaignier et le noyer, qui garnissent certaines parties de Y Apennin (Toscane et Lucques, Abruzzes) et des Alpes , ont plus d’importance encore ; la châtaigne fournit plus de 5 millions d’hectolitres de substance alimentaire à la population des montagnes.

Parmi les produits arborescents, il faut encore citer les noix et avelines de l’Italie méridionale, la réglisse des Abruzzes et de la Calabre, la pistache de Sicile.

Relativement â son étendue, l’Italie, quoique la plupart de ses montagnes et de ses plateaux soient dénudés à cause de l’incurie des hommes, compte presque autant de forets que la France (4 millions d’hectares) ; mais les espaces désignés sous ce nom n’ont souvent que des arbres trèsclair semés, et les difficultés du transport en rendent l’exploitation difficile. Le pin, le hêtre et le châtaignier dominent dans les forêts du nord (Piémont, Lombardie, Vénétie) ; près de Ravenne, est la plus grande forêt de pins de l’Italie (o,000 hect.). La Toscane , dans ses nombreuses forêts, exploite avec grand profit le tan ou écorce du chêne ordinaire, le liège que donne le chêne-liège, et exporte une assez grande quantité de charbon et de potasse. La Sardaigne possède aussi de belles forêts de chênes et de chênes-liège (forêt de Montana, etc.). Le mélèze des plateaux de la Sila donne de bonne poix , et le frêne de la Sicile et du mont Gargano de la manne.

278. Les animaux. — L’Italie est pauvre en bétail. Elle possède environ :

1 million et demi de chevaux élevés surtout dans les prairies de Rovigo, de Padoue et dans le midi (Capitanate et Calabre) dont la petite race d’origine arabe est estimée ;

Un peu plus de 3 millions et demi de bêtes à cornes , de race médiocre: la majorité se trouve dans les provinces

clu nord (Piémont, Lombardie, Parme, Modène), où l’on engraisse en général des bœufs de la race de Schwitz • dans les maremmes de Toscane et dans les provinces méridionales on rencontre, à côté du bœuf rustique le bu ffle ;

9 millions de moutons , d’une laine généralement commune, vivent, pour la plupart, sur les pâtis des provinces méridionales (Abruzzes, Pouille, Sicile), dans un état à demi saunage , ils liassent 1 cte dans les m.ontagnes des Abruzzes, l’hiver dans les plaines de la Pouille ;

4 millions de porcs , seul bétail que l’Italie possède en abondance, nombreux surtout dans la Romagne et dans les provinces méridionales .

Il faut ajouter à cette liste les chèvres en assez grand nombre, comme dans tous les pays de montagnes, et les abeilles dont les essaims sont nombreux, surtout dans les provinces du nord (miel de Piémont, de Bormio d’Empoli).

279. La pêche. Sur les côtes si étendues de l’Italie, la pêche est abondante : le thon , le maquereau, la sardine, l’anchois sont les produits ordinaires de cette pêche, pratiquée surtout sur les. côtes de Gênes, de Toscane, de s provinces napolitaines (golfe de Gacte , golfe de Tarcnte , ol< .), de Sicile , de Sardaigne et dans l’Adriatique par les marins de Chioggia. La lagune de Comacchio est disposée i en bassins où l’on élève et où l’on pêche une grande quantité de poissons, principalement d y anguilles. Les lacs et les torrents des Alpes donnent en grande quantité la truite et la tanche.

. Les marms de Naples, de Livourne , de Sainte-Marguerite près de Gênes , pêchent le corail sur les côtes sudouest de la Corse et sur la côte d’Afrique

(Voir la carte n° 21.)

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